Théâtre Marigny

Le théâtre Marigny est situé carré Marigny, à l'angle de l'avenue des Champs-Élysées et de l'avenue de Marigny, dans le 8e arrondissement de Paris.

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Théâtre Marigny
Le théâtre Marigny, depuis les jardins des Champs-Élysées.
Type Théâtre
Lieu Paris VIIIe, France
Coordonnées 48° 52′ 07″ nord, 2° 18′ 49″ est
Architecte Édouard Niermans
Inauguration 1894
Nb. de salles 2
Capacité 1024 (grande salle)
311 (salle Popesco)
Anciens noms Salle Lacaze (1848-1855)
Bouffes-Parisiens (1855-59)
Théâtre Debureau (1859-65)
Folies-Marigny (1865-1880)
Panorama Marigny (1883-1894)
Statut juridique SAS
Gestionnaire SAS Marigny (Pinault/Fimalac)
Direction artistique Jean-Luc Choplin
Protection  Inscrit MH (1990)
Site web theatremarigny.fr
Logo de Théâtre Marigny.
Géolocalisation sur la carte : Paris
Géolocalisation sur la carte : 8e arrondissement de Paris

Histoire

Le carré Marigny en 1855 (avec le cirque de l’Impératrice, le palais de l'Industrie et la salle Lacaze).

En 1835, un physicien-prestidigitateur propose ses attractions au carré Marigny. Après la révolution de 1848, une petite salle, le Château d'enfer, dirigée par Lacaze et régie par Hypolite Rivail, y présentent des spectacles de « physique amusante, fantasmagorie et curiosité ».

Cette modeste attraction devant fermer ses portes, Jacques Offenbach, jugeant l'emplacement idéal dans la perspective de l'exposition universelle de 1855, obtient d'en disposer, y fait quelques travaux, et ouvre le le théâtre des Bouffes-Parisiens, bientôt rebaptisé Bouffes d'été, la troupe d'Offenbach trouvant refuge durant l'hiver aux Bouffes d'hiver, rue Monsigny (cette salle conservera d'ailleurs le nom de théâtre des Bouffes-Parisiens jusqu'à aujourd'hui).

En 1859, à l'expiration du bail d'Offenbach, la salle devient le théâtre Deburau, du nom de son directeur Charles Deburau, fils du célèbre mime Jean-Gaspard Deburau. Il est dirigé après lui par Céleste Mogador avant de devenir en 1865 les Folies-Marigny, sous la direction du ménage Montrouge.

Le théâtre est démoli en 1881 pour céder la place en 1883 à un panorama construit par Charles Garnier, l'architecte de l'Opéra de Paris. En 1885, on peut y admirer les dioramas Paris à travers les âges en huit tableaux de Theodor Josef Hubert Hoffbauer (1839-1922) et Jérusalem d'Olivier Pichat[1].

Le Panorama est transformé en théâtre en rotonde en 1894 par l'architecte Édouard Niermans[2]. Dirigé par Abel Deval à partir de 1910, il enchaîne les productions à succès. La salle est encore agrandie et modernisée en 1925 par son nouveau directeur, Léon Volterra, déjà à la tête du théâtre de Paris et de l'Eden.

En 1946, il cède la gestion de la salle à son épouse, Simone Volterra, qui fait appel à des anciens membres de la Comédie-Française pour constituer une troupe « maison » autour de Jean-Louis Barrault : la compagnie Renaud-Barrault est née. En 1954, Jean-Louis Barrault aménage dans le théâtre une seconde petite salle, le Petit-Marigny.

Propriété de la ville de Paris, le théâtre, alors très délabré, est fermé en 1962. En juillet 1966, dix-neuf candidatures sont évoqués pour sa reprise et sa direction, parmi lesquelles Antoine Bourseiller, Léon Ledoux, Véra Korène, Charles Aznavour, Paquita Claude, Yves Dautun, Paul Maquaire, Jean Rouvet, Loulou Gasté, Robert Baze ou Jacques Doué[3].

Finalement, de 1966 à 1978, la direction est assurée par la comédienne Elvire Popesco, assistée de Hubert de Malet et Robert Manuel. Jean Bodson leur succède et entreprend d'importants travaux de rénovation, ainsi que la transformation totale de la seconde salle en petit théâtre de 311 places, la salle Gabriel, rebaptisée quelques années plus tard salle Popesco. À sa mort en 1980, il est remplacé par Christiane Porquerel, assistée de Jean-Jacques Bricaire.

La concession du théâtre (les murs appartenant à la Ville de Paris) est accordée en 2000 à la holding Artémis de François Pinault, qui en confie la direction à Robert Hossein, puis à Pierre Lescure à partir de 2008[4]. La fréquentation cumulée des deux salles en 2007 était de 170 000 spectateurs[4].

En 2010, le théâtre Marigny fait partie des cinquante théâtres privés parisiens qui se regroupent au sein de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP) et le Syndicat national des directeurs et tourneurs du théâtre privé (SNDTP). Sous l'enseigne “Théâtres parisiens associés”[5], ils souhaitaient renforcer leur action sur le modèle historique du théâtre privé.

Fermé depuis en raison de problèmes structurels[6], le bâtiment est l'objet des travaux de réhabilitation (notamment d'un renforcement de la coupole), menés conjointement par les groupes Pinault et Vinci, à l'issue desquels la société Fimalac se substitue au groupe Vinci en tant d'exploitant[7]. La direction artistique du lieu est confiée à Jean-Luc Choplin, ancien directeur du théâtre du Châtelet, qui axe sa programmation sur le théâtre musical. La réouverture a lieu en avec l'adaptation scénique du film musical de Jacques Demy et Michel Legrand, Peau d'âne[8],[9].

Événements

Plaque commémorative apposée en hommage à Ödön von Horváth par son éditeur Thomas Sessler Verlag sur la façade du théâtre Marigny.

Le , Ödön von Horváth, dramaturge et écrivain de langue allemande, décède devant le théâtre tué par une branche d'un marronnier déraciné par la tempête. En 1998, une plaque commémorative est apposée en commémoration par son éditeur sur le côté gauche de la façade.

Le , la Citroën DS y est présentée en avant-première aux 350 concessionnaires Citroën, qui sont très enthousiasmés, tant cette automobile rompt avec les canons esthétiques en vigueur dans le secteur[10].

Le théâtre Marigny accueille, de 1966 à 1988, l'émission de télévision Au théâtre ce soir, ainsi que plusieurs cérémonies des Molières.

Spectacles représentés

L'entrée du théâtre sur l'avenue de Marigny.

Grande salle

direction Abel Deval
  • 1913 : Les Anges gardiens de Jean-José Frappa et Henry Dupuy-Mazuel
  • 1919 : Aladin ou la Lampe merveilleuse, opérette-féérie en 3 actes de Rip, musique de Willy Redstone
direction Léon Volterra
  • 1940 : Mes amours, opérette en 2 actes de Léopold Marchand et Albert Willemetz, musique d’Oscar Straus
  • 1941 : Trois jeunes filles nues, opérette en 3 actes d'Yves Mirande et Albert Willemetz, musique de Raoul Moretti
  • 1941-1942 : Passionnément !, comédie musicale en 3 actes de Maurice Hennequin et Albert Willemetz, musique d'André Messager
  • 1941-1942 : Ciboulette, opérette en 3 actes de Robert de Flers et Francis de Croisset, musique de Reynaldo Hahn
  • 1942 : La Folle Nuit ou le Dérivatif amoureux, conte galant en 3 actes mêlé de couplets de Félix Gand'ra et André Mouézy-Éon, musique de Marcel Pollet
  • 1942-1943 : Coups de roulis, opérette en 3 actes d'Albert Willemetz, musique d'André Messager
  • 1943-1944 : Dédé, opérette en 3 actes d'Albert Willemetz, musique d'Henri Christiné
  • 1944 : Là-Haut, opérette bouffe en 3 actes d'Yves Mirande, Gustave Quinson et Albert Willemetz, musique de Maurice Yvain
direction Simonne Volterra (compagnie Renaud-Barrault)
direction Simonne Volterra (suite)
direction Elvire Popesco
direction Jean Bodson
direction Christiane Porquerel et Jean-Jacques Bricaire
direction Robert Hossein
direction Pierre Lescure

2013-2018 : Fermeture pour travaux

direction Jean-Luc Choplin

Salle Popesco

Entrée de la salle Popesco.

Liens externes

Notes et références

  1. Transféré en 1899 à Montmartre, rue Lamarck.
  2. Jean-François Pinchon, Édouard Niermans, architecte de la Café-Society, Mardaga, 1991.
  3. Jacqueline Vandel, Treize candidats-directeurs nous disent leurs projets pour le théâtre Marigny, in Le Figaro littéraire no 900 du samedi 20 juillet 1966, p. 17.
  4. « Pierre Lescure nommé directeur du théâtre Marigny », L'Obs, 21 avril 2008.
  5. Le théâtre Marigny sur le site des Théâtres parisiens associés
  6. Nathalie Simon, « Le théâtre Marigny, des travaux et un plan de licenciement », Le Figaro, 26 juin 2013.
  7. « Théâtre Marigny : Fimalac et Pinault main dans la main pour sa réouverture », sur Le Figaro, (consulté le ).
  8. Sylvain Merle, « Le théâtre Marigny va rouvrir avec la féerie musicale Peau d’âne », Le Parisien, 19 juin 2018.
  9. Laurence Le Saux, « Pour sa réouverture, le théâtre Marigny met l’accent sur les comédies musicales », Télérama, 19 juin 2018.
  10. Jean-Louis Loubet, « 1955 : naissance d'une déesse… », L'Histoire no 302, octobre 2005, p. 24-25.
  11. La Rampe du 25 février 1923
  12. En raison d'importants travaux de restauration, la salle Richelieu est fermée de 1973 à 1976, obligeant la troupe de la Comédie-Française à se produire dans d'autres salles parisiennes.

Liens externes

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