École de Paris

L'École de Paris[note 1] désigne l'ensemble des artistes, dont un grand nombre d'étrangers, qui ont travaillé à Paris de 1900 à 1960, faisant de cette ville un centre d'art de premier plan dans le monde.

André Warnod, Les Berceaux de la jeune peinture, Paris, 1925.
Illustration d'Amedeo Modigliani.

Signification de l'expression « École de Paris »

Cette expression pose problème lorsqu’on l’utilise pour désigner un groupe d’artistes en particulier. En réalité, elle ne fait référence à aucune « école » ayant véritablement existé ; l’expression, qui a fait l’objet d’emplois impropres, reste donc ambiguë et doit être explicitée.

Dans son Dictionnaire des peintres de l’École de Paris (1993), Lydia Harambourg justifie l’emploi de l'expression par la continuité qu’elle permet d’établir entre les différentes phases de développement de l’art moderne de la part d’artistes ayant eu Paris pour résidence. Son livre ne présente pas une école ou un courant particulier, mais vingt années de peinture à Paris

« Le terme École de Paris sera gardé, parce qu’aucun autre ne peut mieux désigner, en ces années d’après-guerre, la suprématie de la capitale en matière d’art. »

Dans cette acception, « École de Paris » désigne les artistes ayant contribué à faire de Paris le foyer de la création artistique jusque dans les années 1960.

On distingue en général trois grandes périodes de mutation dans le paysage artistique parisien au XXe siècle. La première va de 1900 aux années 1920, la seconde couvre l’entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale et la dernière correspond à l’après-guerre.

Chronologie

Les précurseurs

Lazar Meyer, né le 20 janvier 1847 à Fegersheim (Alsace) et venu s'établir à Paris pour raisons politiques et religieuses en 1870, est un artiste-peintre français, considéré comme l'un des premiers précurseurs de l'École de Paris. Il fut l'un des tout premiers peintres venus s'établir à Montmartre. Il a été tout d'abord l'élève d'Alexandre Laemlein, puis d'Alexandre Cabanel et d'Émile Lévy.

1900-1920

Marc Chagall, Autoportrait (1914), localisation inconnue.

Apparition de la notion d'École de Paris

L'historien et critique d'art Adrian M. Darmon[1], note que l'expression « École de Paris » est employée avant la Première Guerre mondiale par certains journaux d'outre-Rhin lorsqu'ils soulignèrent les tendances d'avant-garde opposées à l'expressionnisme allemand.

C'est le qu'André Warnod utilise l'expression « École de Paris » pour la première fois en France, dans un article de la revue littéraire Comœdia (fondée par Gaston de Pawlowski en 1907). Il désigne ainsi l'ensemble des artistes étrangers arrivés au début du XXe siècle dans la capitale à la recherche de conditions favorables à leur art. De 1900 à la Première Guerre mondiale, Paris voit en effet l'afflux d'artistes, souvent d'Europe centrale, qui se fixent essentiellement à Montparnasse. Parmi eux, Marc Chagall, Pablo Picasso, Pinchus Kremegne, Abraham Mintchine, Chaïm Soutine, Pascin, Amadeo Modigliani, Kees van Dongen, Moïse Kisling, Alexander Archipenko, Joseph Csaky, Ossip Zadkine et Tsugouharu Foujita, pour ne citer que les plus célèbres. L'expression « École de Paris » acquiert ainsi un sens propre et communément admis.

Les artistes juifs de l'École de Paris

Nombreux sont les peintres juifs de l’École de Paris. Ces artistes viennent de l’Est : Russie, Pologne, Allemagne, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Roumanie, Hongrie. Ils ont été familiarisés avec les grands maîtres français du XIXe siècle et connaissent les impressionnistes par l’intermédiaire de leurs professeurs, tels Józef Pankiewicz à Cracovie, Ilia Répine à Saint-Pétersbourg, Adolf Fényes, Isaac Perlmutter à Budapest et Lovis Corinth à Berlin. Âgés d’une vingtaine d’années pour la plupart, ils sont des acteurs de l’émancipation juive et participent au mouvement de réveil social et intellectuel en Europe qui se caractérise par la perte du religieux et l’engagement politique, et se trouvent en coïncidence avec le contexte cosmopolite des grandes capitales de l’époque, Vienne, Berlin et surtout Paris. Ils seront plus de cinq cents peintres[2] dans le Paris de l'entre-deux-guerres, formant un réseau d'amitié et, de proche en proche, se connaissant tous.

La guerre de 1914-1918 aura tôt fait de les disperser, renvoyant en Allemagne Rudolf Levy, Walter Bondy et Otto Freundlich. Léopold Gottlieb part rejoindre en Pologne l'armée du maréchal Pilsudski. Marc Chagall, Emmanuel Mané-Katz, Abram Brazer, Savely Schleifer retournent en Russie. Eugène Zak s'installe à Nice et à Vence, avant de rejoindre en compagnie de son épouse sa ville natale.

Nombreux sont ceux qui se portent volontaires dans l'armée française : Kisling est réformé en 1915, après une blessure ; Louis Marcoussis, ami d'Apollinaire, sera décoré ; quant à Simon Mondzain, il gardera l'uniforme jusqu'en juillet 1918. Certains, réformés pour raisons de santé, comme Modigliani et Soutine, se portent alors volontaires pour des corvées. Pascin part pour Londres afin d'échapper au service dans l'armée bulgare.

Pendant les années de guerre, les artistes restés à Paris sans pension ni aide se solidarisent. À partir de 1915, Marie Vassilieff tient une cantine artistique dans son atelier situé dans l'impasse du 21 de l'avenue du Maine, qui ne désemplit pas durant toute la guerre. On y parle toutes les langues.

La Première Guerre mondiale marque l'entrée des peintres juifs de Montparnasse sur la scène parisienne. En décembre 1915, Germaine Bongard, sœur du couturier Paul Poiret, parraine une série d'expositions dans sa boutique de la rue de Penthièvre. La première présente des tableaux de Modigliani, des tableaux de Kisling, qui voisinent avec des tableaux de Picasso, des tableaux de Fernand Léger, d'Henri Matisse et d'André Derain.

Ces peintres se défont peu à peu de la position de marginaux qui était la leur. Le retour du front leur procure un « certificat de bonne conduite », des perspectives s'ouvrent alors.

Léopold Zborowski organise le 3 décembre 1917 la première exposition personnelle de Modigliani, à la galerie B. Weill, et pour la préface du catalogue, Blaise Cendrars écrit un poème.

François Mitterrand, président de la République, a inauguré l’exposition « De la Bible à nos jours, 3 000 ans d’art » le . Cette exposition présentait parmi l’ensemble des œuvres une rétrospective des artistes juifs de l’École de Paris de Paris. L’École de Paris de Paris est un terme employé par André Warnod sous la demande de Paul Signac (président de la société des artistes indépendants) pour accueillir les nouveaux artistes d’ascendance israélite qui ont fui les conditions sociales et politiques de l'Europe centrale ou de l'Europe de l’Est. L’exposition rend hommage plus particulièrement aux artistes juifs qui ont inauguré de nouvelles conceptions artistiques grâce au Salon des indépendants. Le Salon des indépendants fut un espace, à l’origine, pour accueillir de nouveaux esprits, de nouvelles cultures dont les artistes ont pu manifester à travers les formes plastiques et le choix des couleurs un imaginaire lyrique, poétique, humoristique, tragique proche de la culture juive.

Cet hommage au Salon par François Mitterrand aux peintres juifs de l'École de Paris s’est imposé pour mesurer l’importance de ces peintres comme Marc Chagall, Amedeo Modigliani, Eugène Zak, Abraham Mintchine[3].

En 2021, le musée d'Art et d'Histoire du judaïsme à Paris rend hommage aux artistes juifs de l'École de Paris et à Hersh Fenster en présentant deux expositions temporaires liées : « Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école. 1905-1940 » et « Hersh Fenster et le shtetl perdu de Montparnasse ». Hersh Fenster (Baranow, 1892 – Paris, 1964) était un journaliste et écrivain yiddish. Après un long travail de recherche, son ouvrage Undzere farpaynikte kinstler (Nos artistes martyrs) est publié à Paris en 1951 en yiddish. Accompagné d'un poème en préface écrit par Marc Chagall, ce livre d'art et mémorial retrace les trajectoires de 84 artistes juifs de l'École de Paris plus ou moins célèbres qui périrent durant la Seconde Guerre mondiale. À l'occasion de l'exposition « Hersh Fenster et le shtetl perdu de Montparnasse », une nouvelle édition de cet ouvrage, pour la première fois en français, paraît. Cette publication permet à un plus large public de connaître et de se souvenir de la vie et de l'œuvre de ces nombreux artistes juifs au destin tragique[4].

L'Entre-deux-guerres : une période de forte immigration

Eugene Zak quitte Varsovie pour Paris dès 1900, Mela Muter en 1901, Jacques Gotko arrive d'Odessa en 1905 et Adolphe Feder d'Ukraine en 1908, la même année que l'Allemand Otto Freundlich et que le Russe Alexandre Zinoview. Samuel Granowsky arrive en 1909, tout comme Maurice Mendjizki, qui vient de Łódź. Quittant la Russie, Marc Chagall passe d'abord, à partir de 1910, quatre années à Paris. Istvan Farkas arrive de Budapest en 1912, Emmanuel Mané-Katz d'Ukraine en 1913…

Ceux qui se sont installés entre 1900 et 1912 ont eu le temps de mettre en place le réseau d'amitiés et de relations nécessaires à leur essor. D'autres peintres leur succèdent, fascinés par Montparnasse.

Les rejoignent bientôt : Vladimir Naïditch de Moscou en 1920, Kostia Terechkovitch venant de Moscou, après un long périple de 3 ans, en 1920, Zygmunt Landau de Pologne la même année, le hongrois Jean Toth en 1921 qui s'installe à la grande Chaumière à Montparnasse, Alexandre Fasini d'Ukraine en 1922, le Biélorusse Ossip Lubitch arrive en 1923, le Biélorusse Isaac Antcher en 1924, l n Federico Cantú (es) en 1924, la Polonaise Esther Carp en 1925. Issachar Ryback et Abraham Mintchine arrivent d'Ukraine en 1926, Abraham Iris (dit Antoine Irisse) arrive de Bessarabie en 1926, Jacob Macznik de Pologne en 1928. Quant au prince russe, le peintre Alexis Arapoff, né à Saint-Pétersbourg, il a fui l'URSS, en 1924, avec une troupe de théâtre.

L'entre-deux-guerres connaît donc l'arrivée d'autres artistes (russes notamment, comme André Lanskoy, Serge Poliakoff, Alexandre Garbell, etc.) et voit l'émergence de nouvelles tendances stylistiques, telle l'abstraction, ainsi que l'importance de la couleur en peinture.

Dès l'accession d'Hitler au pouvoir en 1933, les peintres fuient l'Allemagne nazie : le Lituanien Moses Bagel, Jesekiel David Kirszenbaum (en) et Jacob Markiel arrivent à Paris. En Pologne, Sam Ringer, après avoir été forcé de travailler à la construction du camp d'Auschwitz, fut déporté successivement dans neuf camps différents et finit par venir à Paris en 1947 pour entrer aux Beaux-Arts.

Montparnasse remplace Montmartre. À Montparnasse, pendant vingt ans, sous le manteau ou sous les tables des terrasses de La Rotonde, du Dôme, de la Coupole, des trafiquants achètent et vendent des tableaux de Derain, des tableaux d'Utrillo, des tableaux de Modigliani ou de Picasso échappés par miracle du carton des peintres. En effet, les trois principaux cafés de l'École de Paris sont le Dôme, la Rotonde et la Coupole. Plus excentré à Puteaux, on trouve le restaurant de Camille Renault, dit « Big Boy ».

Le Dôme a été créé en 1898 et c'est vers 1903 que les peintres juifs de langue germanique, Walter Bondy, Rudolf Levy, Béla Czobel, Jules Pascin, Reszo Balint… en font leur lieu de prédilection selon la tradition des cafés munichois. Ils y retrouvent les marchands de tableaux Alfred Flechtheim, Henir Bing… D'autres groupes se composent de peintres hollandais et scandinaves.

La Rotonde est un établissement ancien, pris en main par Victor Libion en 1911. Cet homme très généreux envers les peintres accueille peintres et parfois homme de ménage en échange de consommations, mais aussi Michel Larionov, Nathalie Gontcharova, Adolphe Feder. Des difficultés financières obligent Libion à vendre La Rotonde en 1920. Au même titre que les marchands de tableaux, cet homme a largement contribué à l'éclosion de cette vie grâce à son attitude et à sa sensibilité.

On raconte qu'André Salmon pendant des années a fait campagne pour que la statue de Balzac, boulevard Raspail, soit remplacée par celle de Libion.

La Coupole est inaugurée en décembre 1927 par les artistes gérants du Dôme Fraux et Laffont. Une trentaine de peintres ont décoré les piliers et les murs avec des tableaux peints directement sur le béton : Fernand Léger, Marie Vassilieff, David Seifert, Nathan Grunsweigh, Georges Kars, Othon Friesz

La Seconde Guerre mondiale

Un groupe de peintres, qui entreprennent d'exposer sous l'Occupation, est rassemblé par l'exposition « Vingt jeunes peintres de tradition française », organisée en 1941 par Jean Bazaine et l'éditeur André Lejard. L'intitulé de l'exposition masque en réalité la démonstration d’une peinture non conforme à l'idéologie nazie de l'art dégénéré. En 1998 Jean Bazaine écrit[5] :

« Tous ces peintres, d'âge et de tendance très divers, se trouvèrent d'accord sur la résistance nécessaire de la peinture. Ce qui leur fit accepter ce titre général et lénifiant, destiné à rassurer l'occupant (…) Il ne s'agissait de rien d'autre – de rien moins – que de permettre, par surprise, une exposition judéo-marxiste, sous toutes ses formes, à une époque où les galeries n'osaient montrer que de l'art d'obédience nazie. Après refus d'un certain nombre de galeries, la galerie Braun accepta le risque de l'exposition, qui fut accueillie par des torrents d'injures d'une presse bien dressée. »

En effet ces peintres sont bien loin des formes traditionnelles de l’art. Rangés toutefois sous le terme de « tradition », ils ne sont pas inquiétés par la censure du régime de Vichy. « Je me souviens assez bien du vernissage : sont arrivés deux officiers allemands qui se sont avancés jusqu'au milieu de la galerie. Ils ont jeté un coup d'œil, se sont regardés, ont tourné les talons. C'est tout. C'était l'époque où les Allemands voulaient encore être gentils », dira encore Bazaine[6]. L’exposition devient le manifeste d’une peinture moderne et fédère plusieurs artistes à tendance non figurative : Jean Le Moal, Alfred Manessier, Charles Lapicque, Jean Bazaine, Édouard Pignon, Léon Gischia, Maurice Estève, Charles Walch, Gustave Singier, Jean Bertholle, André Beaudin et Lucien Lautrec.

Deux ans plus tard, du 6 février au , une exposition collective, « Douze peintres d’aujourd’hui », se tient à la Galerie de France avec Bazaine, Bores, Chauvin, Estève, André Fougeron, Gischia, Lapicque, Le Moal, Pignon, Singier, Villon, Lautrec, Tal Coat. Malgré leurs différences esthétiques, émergent de ce groupe ces artistes qui seront bientôt désignés comme membres d’une « Nouvelle École de Paris ».

Pierre Francastel, dans un livre écrit sous l’Occupation, mais publié à la Libération en 1946 (Nouveau dessin. Nouvelle peinture. L’École de Paris), labellise en effet le style roman et cubiste de ces peintres dit « de tradition française » en reprenant la formule d’André Warnod.

L'après-guerre

Aujourd’hui, l'expression « École de Paris » recouvre plusieurs acceptions.

Mises en question de l'École de Paris

L’expression a été détournée par certains dans les années 1950 pour définir une esthétique figurative nationale ; elle prend alors une connotation fortement péjorative dans le vocabulaire de la critique de la fin des années 1960 flagornant l’École de New York. Par ailleurs, des galeries parisiennes relaient la confusion quant à l’utilisation du terme.

En janvier 1952, lors d’une exposition à la galerie Babylone, Charles Estienne prend le parti de ne rassembler que des artistes à tendances abstraites. Ils y sont présentés comme garants de la Nouvelle École de Paris née entre 1940 et 1950. La galerie Charpentier, en 1960, élargit sa sélection d’artistes. Elle est exposée par la Biennale de Paris en 1961. L’article de Connaissance des arts[réf. nécessaire] paru au moment de l’exposition en retrace le contenu :

« L’art présent est à Paris, mais aussi ailleurs en Italie, par exemple. C’est ce qu’ont compris les organisateurs de l’exposition annuelle dite de l’École de Paris (galerie Charpentier). Ils ont ajouté à leurs invités vingt-sept peintres dont Peverelli et Orazi qui habitent à Paris. Parmi d'autres, François Baron-Renouard, Burri, Dova, Schneider, Fontana, Orazi se sont acquis une réputation internationale. »

La « Jeune peinture » de l'École de Paris

Créé juste après la guerre, le Salon de la Jeune Peinture rassemble les peintres nés pendant ou peu après le premier conflit mondial. Le peintre Gaëtan de Rosnay en est le vice-président. Ce sont parfois des artistes qui se sont peu manifestés pendant l'Occupation ou même pas du tout parce qu'ils participaient activement au conflit dans les rangs des armées alliées ou dans ceux de la Résistance. À propos de ces peintres, André Warnod utilise l'expression « Nouvelle École de Paris »[7]. C'est celle qu'il emploie en particulier pour classer Maurice Boitel en 1954 et en 1955 dans Le Figaro.

Certaines galeries parisiennes soutiennent activement ces artistes dès la Libération : la galerie Suillerot, la galerie Le Chapelain, la galerie de l'Élysée, la galerie Bernier, la galerie Drouant David, puis Maurice Garnier et Jean Minet de La Galerie d'Art de la Place Beauvau.

Parmi les peintres figuratifs les plus représentatifs de cette « jeune peinture » se trouvent René Aberlenc, Guy Bardone, François Baron-Renouard, Jean Baudet, Michel Bertrand, Roland Bierge, Bernard Buffet, Maurice Boitel, Yves Brayer, Paul Collomb, Maurice Verdier, André Minaux[8], Gaëtan de Rosnay[8], Françoise Adnet[8], Bellias[8], Cara-Costea[8], Geoffroy Dauvergne, Jean Dries, Roger Forissier, Daniel du Janerand, Michel de Gallard[8], Jansem, Jean Joyet, François Heaulmé[8], Gabriel Dauchot, René Margotton, Marinette Mathieu, Yvonne Mottet, Orazi, Michel Patrix, Danièle Perré[9], Pierre-Henry, Raoul Pradier, Claude Schürr, Paul Schuss, Gaston Sébire, Éliane Thiollier[10], Michel Thompson[8], Jean Vinay et Louis Vuillermoz.

Ce sont les mêmes peintres qui refuseront de se conformer aux standards officiels de l'ère Malraux et dont on retrouve les œuvres dans les principaux Salons parisiens, indépendants du pouvoir politique, pendant toute la seconde moitié du XXe siècle. Une petite minorité d'entre eux passa rapidement à l'art abstrait, tout comme avaient fait François Baron-Renouard, Édouard Pignon et Orazi.

Des critiques d'art et des écrivains de renom ont écrit sur les peintres de l'École de Paris des préfaces, des livres et des articles, notamment dans des périodiques comme Libération, Le Figaro, Le Peintre, Combat, Les Lettres françaises, Les Nouvelles littéraires. Ce sont notamment Georges-Emmanuel Clancier, Jean-Paul Crespelle, Arthur Conte, Robert Beauvais, Jean Lescure, Jean Cassou, Bernard Dorival, André Warnod, Jean-Pierre Pietri, George Besson, Georges Boudaille, Jean-Albert Cartier, Jean Chabanon, Raymond Cogniat, Guy Dornand, Jean Bouret, Raymond Charmet, Florent Fels, Georges Charensol, Frank Elgar, Roger Van Gindertael, Georges Limbour, Marcel Zahar.

L'Unesco organise en 1996, le 50e anniversaire de l'École de Paris (1954-1975) qui a rassemblé « 100 peintres de la Nouvelle École de Paris ». On y retrouve notamment : Arthur Aeschbacker, Jean Bazaine, Leonardo Cremonini, Olivier Debré, Chu Teh-Chun, Jean Piaubert, Jean Cortot, Zao Wou-ki, François Baron-Renouard… Cette grande exposition rassemble cent peintres de 28 pays différents au sein du palais de l'Unesco à Paris. Les commissaires de l'exposition sont les deux critiques d'art Henry Galy-Carles et Lydia Harambourg.

Liste des artistes de l'École de Paris

Précurseurs

Première École de Paris

Liste établie notamment selon l'ouvrage Peintre juifs à Paris. École de Paris (1905-1939) de Nadine Nieszawer[2], le livre Undzere farpaynikte kinstler (Nos artistes martyrs) de Hersh Fenster[11] et le catalogue de l'exposition Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école. 1905-1940[12] :

Peintres et sculpteurs français

Peintres et sculpteurs étrangers

Liste établie notamment selon l'ouvrage Peintre juifs à Paris. École de Paris (1905-1939) de Nadine Nieszawer[2] et Panorama des arts plastiques contemporains de Jean Cassou[14] :

Figuration

Abstraction, non-figuration, figuration allusive

Sculpture

Autres

Notes et références

Notes

  1. Cet article traite à la fois de l'« École de Paris » et de la « Nouvelle École de Paris » (dite aussi « Seconde École de Paris »).

Références

  1. Adrian M. Darmon, Autour de l'Art Juif, Carnot, , 420 p. (ISBN 978-2-84855-011-4, lire en ligne), p. 29.
  2. Nadine Nieszawer, Peintres juifs à Paris. École de Paris (1905-1939), Denoël, , 368 p. (ISBN 978-2-207-25142-3), p. 12.
  3. Voir source bibliographie : catalogue d'exposition De la Bible à nos jours : 3 000 ans d’art : [96e exposition], Grand Palais-Paris, Salon des indépendants, 6 juin-.
  4. « Hersh Fenster et le shtetl perdu de Montparnasse », sur Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, (consulté le ).
  5. Cité dans Michel-Georges Bernard, Jean Le Moal, Ides et Calendes, Neuchâtel, 2001, p. 66-67.
  6. Entretien, dans Histoire de l'Art, 1940-1944 de Laurence Bertrand-Dorléac, publications de la Sorbonne, Paris, 1986, p. 351-352.
  7. « Jules Pascin (1885-1930) », sur lemondedesarts.com.
  8. Catalogue de l'exposition d'octobre à décembre 2016 au musée Mendjisky-Écoles de Paris Les Insoumis de l'art moderne, Paris 1950, .
  9. (fr) L'École de Paris 1961, à la Galerie Charpentier. Site officiel de Danièle Perré. Article de Frank Elgar, Journal Carrefour, du 25 octobre 1961. Consulté le 8 avril 2011.
  10. Secrétaire générale de la Jeune Peinture de 1957 à 1964.
  11. Hersh Fenster, Undzere farpaynikte kinstler (Nos artistes martyrs), Paris, Hazan, , 288 p. (ISBN 978-2754111935).
  12. Pascale Samuel, Chagall, Modigliani, Soutine… Paris pour école. 1905-1940, Paris, Coédition mahJ - RMN-GP, , 272 p. (ISBN 9782711875061).
  13. Sur sa date de décès, il existe un flou dans la documentation (1943, ou vers 1960-70). C'est la date de 1956 qui est attestée par un témoignage familial. Voir Hillel Bakis, « Témoignages », sur editionsbakish.com, 22 mars 2016.
  14. Jean Cassou, Panorama des arts plastiques contemporains, Gallimard, , 800 p. (ISBN 2-07-021273-4), p. 161-164.
  15. Kazimierz Zieleniewski sur Wikipédia Italie.

Annexes

Bibliographie

  • L. Carluccio, J. Leymarie, R. Negri, F. Russoli, Y. Brunhammer, École de Paris, Fabbri, Milan, 1967-1975 ; Rive Gauche, Productions, Paris, 1981 (ISBN 286535024X) (OCLC 932646669).
  • Hersh Fenster, préface de Marc Chagall, Undzere farpaynikte kinstler (Nos artistes martyrs), Paris, Hazan, 2021 (ISBN 978-2-7541-1193-5). Première édition en français de l'ouvrage paru en yiddish en 1951. Cette nouvelle édition est publiée à l'occasion de l'exposition « Hersh Fenster et le shtetl perdu de Montparnasse »] présentée au musée d'art et d'histoire du Judaïsme à Paris du 19 mai 2021 au 10 octobre 2021.
  • Lydia Harambourg, L'École de Paris 1945-1965. Dictionnaire des peintres, Ides et Calendes, Neuchâtel, 1993 (ISBN 2825800481), mise à jour 2010 (ISBN 978-2-8258-0241-0).
  • Nadine Nieszawer, Maris Boyé, Paul Fogel, Peintres juifs à Paris. École de Paris (1905-1939), Denoël, 2000 (ISBN 2-207-25142-X) (notice BnF no FRBNF37682813).
  • Jeanine Warnod, Les Artistes de Montparnasse, Éditions Mayer, Paris, 1988.
  • Jeanine Warnod, L'École de Paris, Arcadia Éditions, musée du Montparnasse, Paris 2004 (ISBN 2-913019-26-9).
  • Martin Schieder: Im Blick des anderen. Die deutsch-französischen Kunstbeziehungen 1945–1959 (mit einem Vorwort von Werner Spies und einem Gedicht von K. O. Götz), Berlin 2005 (Passagen/Passages, Bd. 12) (ISBN 978-3-05-004148-3).
  • Clotilde Scordia: Istanbul - Montparnasse, les peintres turcs de l'École de Paris, Editions Déclinaison 2021 (ISBN 978-2-9553310-4-0).

Articles connexes

Liens externes

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