Chemins de Compostelle

Les chemins de Compostelle sont les itinéraires empruntés par les pèlerins pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Pour les articles homonymes, voir Chemin (homonymie).

Chemins contemporains en Europe pour se rendre à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Exemples de balisage des chemins de Compostelle.
Borne marquant l'entrée dans le municipio de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Itinéraires historiques

Les quatre principaux itinéraires historiques sont très sommairement évoqués dans le Codex Calixtinus, par les principales villes ou lieux remarquables traversés :

« Il y a quatre routes qui, menant à Saint-Jacques, se réunissent en une seule à Puente la Reina, en territoire espagnol ; l’une passe par Saint-Gilles du Gard, Montpellier, Toulouse et le Somport ; une autre par Notre-Dame du Puy, Sainte-Foy de Conques et Saint-Pierre de Moissac ; une autre traverse Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay, Saint-Léonard en Limousin et la ville de Périgueux ; une autre encore passe par Saint-Martin de Tours, Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Jean d’Angély, Saint-Eutrope de Saintes et la ville de Bordeaux. »

« La route qui passe par Sainte-Foy, celle qui traverse Saint-Léonard et celle qui passe par Saint-Martin se réunissent à Ostabat et après avoir franchi le col de Cize, elles rejoignent à Puente la Reina celle qui traverse le Somport ; de là un seul chemin conduit à Saint-Jacques. »

Le dernier Livre du Codex Calixtinus ne décrivait que le chemin en Espagne. Dans ce qui était la Grande Aquitaine du XIIe siècle, il ne donnait qu'une liste de sanctuaires balisant très imparfaitement les quatre routes qu'il mentionnait dès la première ligne.

Itinéraires modernes

Itinéraire culturel européen

Ce n'est qu'après la définition des Chemins de Compostelle comme premier itinéraire culturel européen, officialisé en 1987[1] que de véritables itinéraires et chemins ont été plus ou moins arbitrairement tracés et balisés jusqu'aux confins de l'Europe.

Patrimoine mondial

Le Camino francés d'Espagne (cf. infra) a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1993.

La situation de la France n'est pas comparable à celle de l'Espagne. Un dossier a été présenté à l'UNESCO sous le titre général « Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France », mais seulement 71 édifices ou ensembles architecturaux et 7 tronçons du GR 65 ont été inscrits le .

Les cheminements en Europe

France

Chemins de Compostelle contemporains en France, tracés à partir des années 1970 sur la base des lieux mentionnés par le Guide du pèlerin et d'hypothèses locales.

En France, depuis seulement la fin du XIXe siècle, l'habitude a été prise de ne considérer que les quatre chemins indiqués dans le Codex Calixtinus, traduit en 1938 avec le titre contemporain, inexistant dans le manuscrit, de Guide du pèlerin.

Les quatre chemins contemporains ont été tracés à partir des années 1970, sous l'impulsion de la FFRP (Fédération française de la randonnée pédestre) et de la Société des Amis de Saint Jacques. Ils passent par les grands sanctuaires qui bornaient la Grande Aquitaine, Tours, Vézelay, Le Puy-en-Velay, Arles, mentionnés dans le Codex Calixtinus.

Via Turonensis

Aussi connu sous le nom d'EuroVélo 3, la via Turonensis (1 460 km), qui passe par Tours, d'où son nom, et Paris. Aucun historien n'a jamais pu confirmer les indications de la plaque, donnée par l'Espagne à la ville de Paris en 1965, selon laquelle les pèlerins se rassemblaient à l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie à Paris (l'actuelle tour Saint-Jacques), l'une des plus anciennes paroisses de la ville. Les pèlerins en provenance de Picardie, du Ponthieu, des Flandres, du Hainaut, des Pays-Bas, de Scandinavie ainsi que les Champenois, les Belges et les Allemands prenaient ce chemin et le prennent encore. Ils rejoignent ceux qui partent de Paris et empruntent la rue Saint-Jacques, le faubourg Saint-Jacques et la Tombe Issoire. C'est le « Chemin de Tours ». En effet, une étape majeure est la basilique Saint-Martin de Tours haut lieu de pèlerinage à partir de la fin du IVe siècle (Clovis choisit Saint Martin comme saint patron du royaume des Francs et de la dynastie des Mérovingiens), le pèlerinage de Tours fut déclaré aussi important que le pèlerinage de Rome par le concile de Chalon en 813. Il apparaît dans des récits de pèlerins médiévaux comme « grand chemin de Saint-Jacques ». Il présente une certaine réalité historique de chemin de pèlerinage, tout en ayant été utilisé par quantité d'autres voyageurs. Il traverse aisément Paris, franchit la Loire, n'offre pas de difficultés particulières, et permet de cheminer sous un climat tempéré.

Via Lemovicensis

La via Lemovicensis (1 750 km), qui passe par Limoges, d'où son nom ; le sanctuaire était Vézelay. On parle aujourd'hui de « Chemin de Vezelay ».

Via Podiensis

La via Podiensis (1 530 km), qui tire son nom du Puy-en-Velay ; lieu de pèlerinage marial ; ce chemin est balisé comme « GR 65 », dès Genève ; le trajet préambulaire Genève-Le Puy est appelé via Gebennensis. Il y a deux autres trajets préambulaires : Cluny-Le Puy et Lyon-Le Puy. On parle aujourd'hui de « Chemin du Puy ». Au Puy-en-Velay, on dit « le Saint-Jacques », comme on dit « le Stevenson ».

Ces trois premiers chemins font leur jonction dans les Pyrénées-Atlantiques à Ostabat, mais pour certains la Via Turonensis et la voie Lemovicensis se rejoignent à Saint Palais, peu avant Ostabat, ou la voie Podiensis les rejoint. Au niveau de l' appellation du « Carrefour de Gibraltar ». Ce dernier ne doit rien à Tariq ibn Ziyad, c’est simplement une déformation phonétique du sanctuaire de Saint-Sauveur, sur la colline. Chabaltore en basque, est devenu Chibaltare, Chibraltare et enfin Gibraltar. En 1964, le docteur Clément Urutibehety, promoteur local des chemins de Compostelle a fait poser à ce carrefour une stèle discoïdale provenant d'un ancien cimetière.

La traversée de la frontière se fait actuellement par le col de Bentarte (sv) ou par Valcarlos, en amont du col de Roncevaux. La suite du chemin prend le nom de Camino navarro, selon les acceptions : à Roncevaux, à la frontière espagnole, à Saint-Jean-Pied-de-Port, à la jonction d'Ostabat, voire dès l'entrée en Basse-Navarre.

Muséum du chemin de Saint-Jacques à l'aire d'Hastingues sur l'autoroute A64.

Via Tolosana

La via Tolosana, qui passe par Toulouse, d'où son nom ; mais elle s'est aussi appelée via Arelatensis, du sanctuaire d'Arles. Elle a eu aussi comme nom via Aegidiana, ou route de Saint-Gilles, du nom du sanctuaire de Saint-Gilles du Gard. Ce chemin rejoint l'Espagne par le col du Somport. On parle aujourd'hui de « Chemin d'Arles ».

La via Tolosana est précédée par :

La via Tolosana possède une variante parallèle, le chemin du Piémont ou « El cami deu pé de la coste », qui recevait les pèlerins du début de la via Tolosana au niveau de Narbonne. Cet itinéraire continue ensuite par Carcassonne, Fanjeaux, Mirepoix, Saint-Lizier, Saint-Bertrand-de-Comminges, L'Escaladieu, pour rejoindre le chemin d'Arles à Oloron-Sainte-Marie. Au-delà du col du Somport, le pèlerin entrait en Espagne par le Camino aragonés, ainsi nommé puisqu'il rejoint l'Aragon.

Camino navarro et Camino aragonés se rejoignent ensuite à Puente la Reina, finissant la jonction des quatre chemins français. La poursuite du chemin prend, à partir de là, le nom de Camino francés.

Autres itinéraires

Il existe aussi des chemins de traverse qui permettent aux pèlerins de se rendre dans des lieux de pèlerinages, comme :

Différents chemins en provenance d'autres pays, comme l'Allemagne ou le Luxembourg, traversent la Lorraine ou l'Alsace comme :

Sculpture d'une coquille marquant le chemin de Saint-Jacques de Compostelle à la chapelle Sainte-Croix de Forbach.

Espagne

Pèlerinage de Saint-Jacques chemins contemporains en France et Camino francés.

En Espagne le chemin le plus utilisé et qui regroupe les itinéraires venant d'Europe dans les Pyrénées prend le nom de « Camino francés » puisqu'il est emprunté par les « Francos », sans distinction de nationalité. En Espagne ce chemin est aussi appelé la « Ruta interior » par opposition à la « Ruta de la costa » ou « Camino del Norte », chemin historique des pèlerins européens avant que les rois catholiques ne favorisent le pèlerinage par les terres de Castille.

D'autres voies traversent le pays au départ de Barcelone, Madrid ou Séville pour rejoindre le « camino francés ».

Le chapitre de la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle considère comme chemins (rutas) les plus utilisés par les pèlerins[4] :

D'autres itinéraires secondaires de la péninsule Ibérique rejoignent, à un endroit ou à un autre, l'un des chemins principaux ci-dessus pour arriver à Saint-Jacques-de-Compostelle, tels :

Certains itinéraires sont des sections d'un chemin principal, tel :

Il existe aussi des chemins connexes, tels que :

  • Le Camino de Fisterre, de Muxía vers Saint-Jacques ; cet itinéraire, utilisé dans le sens de Saint-Jacques-de Compostelle vers l’Océan Atlantique, est un chemin hérétique, au regard du pèlerinage chrétien.

Portugal

  • Lisbonne est le point de départ obligé du chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle, passant par Coimbra, Porto ;
  • Un autre chemin se situe plus à l'est, au départ de Faro, à l'extrême sud du pays ; il gagne le nord par Évora, Castelo Branco, et Guarda.

Suisse

La chapelle de St.Meinrad entre Pfäffikon et Einsiedeln

La ViaJacobi [5] à travers la Suisse est une partie du chemin de Compostelle européen longeant le pied des Alpes suisses. L'itinéraire débute au lac de Constance à Kreuzlingen ou à Rorschach, se poursuit à Einsiedeln, Brienz, Fribourg, Lausanne et finalement Genève. Les chapelles, les églises et les auberges s’alignent tout au long du parcours, offrant avec le paysage culturel varié, une expérience formidable de la randonnée. De nombreux monuments religieux sont situés sur la ViaJacobi : l'Abbaye de Saint-Gall, l'Abbaye de Fischingen, le pont de bois Rapperswil-Hurden, l'Abbaye bénédictine d'Einsiedeln, la Chapelle mortuaire de Saint Nicolas de Flue, la Cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg, l'Abbatiale de Payerne, la Cathédrale de Lausanne, la Cathédrale Saint-Pierre de Genève et des monuments naturels tels que le lac de Zurich, le lac des Quatre-Cantons, les lacs de Brienz et de Thoune, le trio Eiger-Mönch-Jungfrau et le lac Léman. Depuis Genève la Via Gebennensis mène à Lyon et au Puy-en-Velay.

Belgique

En Belgique, on connaît la Via Brabantica et sa continuation en Wallonie la Via Gallia Belgica, la Via Mosana, la Via Arduinna (liaison venant d'Aix la Chapelle à Vitry-le-François vers Vezelay) en passant, soit par Liège ou Malmedy et traversant l'Ardenne (elle est balisée depuis Malmedy) et d'autres variantes.

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, il existe deux trajets principaux vers Saint-Jacques-de Compostelle. L'un part de Groningue et l'autre de Haarlem. Les villes traversées ensuite sont :

Danemark

C'est à partir des XIIe et XIIIe siècles que les pèlerinages vers Saint-Jacques-de-Compostelle ont débuté.

Pour les pèlerins du nord, le signe de reconnaissance était non seulement la coquille mais aussi des médailles, très souvent à l'effigie de Saint Léonard de Noblat, où celui-ci tient le livre de l'Évangile. À ses pieds se trouve un fou ou un prisonnier enchaîné (datant du XIVe siècle).

Pologne

En Pologne, il existe trois chemins.

Croatie

La route de la Croatie débute à Zagreb, passe par Ljubljana, Trieste, Venise et Parme et rejoint la route d'Italie.

Hongrie

En Hongrie, il existe deux chemins.

Italie

En Italie, il existe deux chemins. Ils partent tous deux de Bari.

Voir aussi : Via Francigena et Chemin céleste.

Angleterre

En Cornouailles, le chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle débute à Saint Michael's Mount, île romantique et mystérieuse par excellence.

Quel que soit le point de départ dans le sud de l'Angleterre, la majorité des pèlerins qui choisissaient de passer par la France traversaient la Manche et rejoignaient le plus souvent la via Turonensis, par diverses branches affluentes :

Un grand nombre de pèlerins au départ d'Angleterre allaient sans doute directement en bateau à La Corogne en Espagne.

Autriche

Deux sentiers principaux traversent l'Autriche. D'abord un qui débute à Vienne et qui se dirige vers Linz puis descend près de la frontière avec l'Allemagne jusqu'à Salzbourg, puis Innsbruck et ensuite continuant en Suisse. De Linz à Innsbruck, il faut compter environ 345 km. Ce parcours est relativement plat jusqu'à Salzbourg, puis le sentier continue dans les Alpes autrichiennes, mais il reste dans les vallées. Le point de départ du second parcours est Graz pour se diriger vers Innsbruck. Le parcours étant plus au sud de l'Autriche, il est davantage dans les montagnes. Le sentier de Compostelle en Autriche a été rénové et balisé il y a environ 20 ans.

Notes et références

  1. www.coe.int Conseil de l'Europe : Les Chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
  2. Voir les cartes sur le site de l'association jacquaire de PACA.
  3. carte des chemins de Saint-Jacques en Lorraine
  4. (es) www.catedraldesantiago.es Catedral de Santiago de Compostela.
  5. ViaJacobi, wanderland.ch

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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