Raphaël Enthoven

Raphaël Enthoven, né le dans le 13e arrondissement de Paris, est un essayiste, animateur de radio et de télévision français.

Pour les articles homonymes, voir Enthoven.

Agrégé de philosophie, il a enseigné dans des lycées, universités, ainsi qu'à Sciences Po et Polytechnique.

Depuis 2008, il présente l'émission de télévision Philosophie sur Arte. Il est présentateur et producteur de septembre 2007 jusqu'à juillet 2011 de l’émission Les nouveaux chemins de la connaissance sur France Culture. Depuis 2015, il intervient sur Europe 1.

Biographie

Origines familiales

Raphaël Enthoven est né le dans le 13e arrondissement de Paris[1]. Il est le premier enfant né du mariage de l'écrivain et éditeur Jean-Paul Enthoven (issu d'une famille juive bourgeoise) et de l'écrivain Catherine David ; il a deux demi-sœurs et un demi-frère[2].

Dans son ouvrage Le Temps gagné, il affirme qu'il a été élevé avec violence par son beau-père[3],[4].

Formation

Raphaël Enthoven fait ses études à Paris, au lycée Montaigne, de la sixième à la classe de seconde, puis au lycée Henri-IV dans la filière A2[5].

Après son baccalauréat, il poursuit dans le même lycée en hypokhâgne et en khâgne. En 1994, il intègre l'École normale supérieure par la voie A/L. Il obtient l'agrégation de philosophie en 1999 à la seconde tentative[5],[alpha 1]. Il rédige son mémoire de diplôme d'études approfondies en l'an 2000 (sujet : Aspects du nihilisme), sous la direction de Pierre-François Moreau qui devient ensuite, avec François Guéry, son directeur de thèse (sujet : La Mort de Dieu, d'Épicure à Albert Camus), thèse qui ne sera pas soutenue.

Il a été élève des philosophes Patrick Wotling[6] et Jacques Darriulat[7].

Dans un tout autre registre, il a été président de la branche jeune de la Conférence Olivaint en 1996-1997, où il fut ensuite lui-même reçu comme invité à plusieurs reprises[alpha 2].

Famille

Le [8], dans le 6e arrondissement de Paris[9], il épouse Justine Lévy, fille de Bernard-Henri Lévy (l'un des meilleurs amis de son père, Jean-Paul Enthoven). À partir de 2000, il partage la vie de Carla Bruni[10] (qui vivait auparavant avec son père Jean-Paul Enthoven) et divorce d'avec Justine Lévy qui souffre alors de dépression pendant plusieurs années[11],[12]. Le couple se sépare en 2007.

Raphaël Enthoven est père de quatre fils[13] :

  • Aurélien, né le de Carla Bruni[14], laquelle se trouve en outre être l'ancienne compagne de son père Jean-Paul Enthoven [15];
  • Sacha, né le de l'actrice Chloé Lambert[16] ;
  • Loup, né le , troisième enfant de la navigatrice Maud Fontenoy[17] ;
  • un fils mentionné sous le prénom Zadig dans les remerciements de La vie ordinaire d'Adèle Van Reeth, mère de l'enfant, dont la grossesse et la naissance sont au centre du livre[18].

Il apparaît dans plusieurs œuvres de ses ex-compagnes :

  • il est présenté  quoiqu'il s'en défende [alpha 3] comme l'Adrien du livre Rien de grave (2004) de son ex-épouse Justine Lévy, où elle relate notamment le désespoir dans lequel l'a plongée leur rupture[20],[21] ;
  • il est présenté comme le Raphaël de la chanson figurant sur l'album Quelqu'un m'a dit de Carla Bruni, sa compagne au moment de la parution de l'album[22].

Vie professionnelle

Raphaël Enthoven en 2009.

Enseignement

Il dispense ses premiers cours en 1999-2000 à l'institut d'études judiciaires de Paris ; préparateur en culture générale au concours interne de l'École nationale de la magistrature. Il enseigne comme allocataire-moniteur normalien (AMN) à l'université Jean-Moulin-Lyon-III de à (son cours porte sur l'esthétique de la délicatesse, autour de Bergson et David Hume), puis à l'université Paris-Diderot (où il fait cours sur la naissance de la Tragédie - 2002-2003). À partir de 2002, il anime le séminaire hebdomadaire de philosophie générale à l'université populaire de Caen dont il est, avec Michel Onfray, Gérard Pouloin, Séverine Auffret et Gilles Geneviève, l’un des cinq membres fondateurs, mais qu'il sera contraint de quitter en 2003 pour avoir fait l’éloge de la maïeutique[alpha 4]. C'est à la suite de cette rupture que s’est créée la « société normande de philosophie »[24]. Il enseigne également à Sciences Po Paris de à , puis de à  ; le thème de sa conférence de méthode est alors : Un autre monde est-il impossible ?

Vacataire à l'École polytechnique de 2007 à 2010, il y enseigne la philosophie politique aux élèves de deuxième année (thème : le pouvoir, une force faible ?). Il dispense, depuis 2013, des cours de philosophie aux élèves de seconde et de première de l’école active bilingue Jeannine-Manuel, école associée de l'Unesco, établissement parisien privé sous contrat avec l’État[25].

Enseignement de la philosophie en seconde

Engagé en faveur de l’extension de l'enseignement de la philosophie aux classes de seconde et de première[26],[27], il est notamment à l'origine de la déclaration de Luc Chatel (alors ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative) à la tribune de l’Unesco, en , prônant l'extension de l'enseignement de la philosophie en seconde[28]. Accusé par Sophie Coignard et Romain Gubert (dans L’Oligarchie des incapables) d'avoir joué de ses relations avec Carla Bruni-Sarkozy pour influencer à cette occasion la politique française en matière de philosophie, Raphaël Enthoven relève, sur le site de L’Express, les inexactitudes de leur enquête[29].

Radio

D’abord chroniqueur aux Vendredis de la philosophie sur France Culture, animés par l'ex directeur de la thèse qu'il n'a pas soutenue, François Guéry, qui succédait lui-même à Blandine Kriegel[alpha 5], il devient producteur à l’occasion d’un « radio-libre » sur Raymond Aron, qui réunissait Nicolas Baverez, François George, Pierre Hassner et Jean-Claude Casanova, puis comme artisan de la série d’été Présences lointaines de Vladimir Jankélévitch[31],[alpha 6].

De 2003 à 2006, il anime les Vendredis de la philosophie en alternance avec François Noudelmann. Le cahier des charges de Raphaël Enthoven est alors de constituer une bibliothèque orale avec des textes classiques qui lui tombaient sous la main et que, pour la plupart, dit-il, il « n’avait pas lus »[30]. Certaines de ses émissions sont ensuite parues en CD aux éditions Naïve.

Durant l’année électorale 2006-2007, il produit le Rendez-vous des politiques sur France Culture en partenariat avec L'Express. C’est notamment au cours de cette émission que, le , Raymond Barre, dénonçant les « opérations indignes d’un lobby juif », déclara ne pas regretter la présence de Maurice Papon dans son gouvernement, ni ses propos sur l’assassinat de « Français innocents » (non juifs) lors de l’attentat de la rue Copernic[33].

Raphaël Enthoven, animateur radio en direct du Salon du livre de Paris pour son émission Les nouveaux chemins de la connaissance, 2010

Raphaël Enthoven présente et produit, de septembre 2007 jusqu'à juillet 2011, l’émission Les nouveaux chemins de la connaissance sur France Culture, et se donne pour tâche de produire une « hebdomadaire quotidienne »[alpha 7] qui « soumettrait l’érudition à la vie ». Reprise en août 2011 par Adèle Van Reeth (et renommée en 2017 Les Chemins de la philosophie), l’émission Les Nouveaux Chemins de la connaissance est, depuis 2007, la deuxième émission la plus téléchargée du groupe Radio France et l'émission la plus téléchargée de France Culture, selon les chiffres communiqués par Médiamétrie[34].

Dans un entretien accordé au site Actuphilosophie, Raphaël Enthoven revient longuement sur la méthode mise en œuvre dans Les nouveaux chemins de la connaissance[35].

De à , Raphaël Enthoven intervient comme chroniqueur hebdomadaire dans la matinale de Marc Voinchet sur France Culture : Le monde selon Raphaël Enthoven[36]. Les textes qu’il écrit à cette occasion sont ensuite partiellement repris dans son recueil intitulé Matière première. En , il crée l'émission Le gai savoir[37], diffusée chaque dimanche sur France Culture, de 16 h à 17 h, jusqu'en . Conçue comme un dialogue à bâtons rompus entre une élève et un professeur, scandée par la lecture d’extraits de chaque texte, « l'émission, dit-il, a pour but de donner à comprendre, c'est-à-dire à aimer, des livres qui nous comprennent et nous aiment déjà ». Depuis 2012, il anime six rencontres thématiques par an, de janvier à mai, sur la grande scène du Théâtre de l'Odéon, qui, mêlant le jeu d’acteur à la discussion sur les grands textes, tentent de transformer un cours en spectacle. Jusqu’à présent, les thèmes abordés ont été « les philosophes amoureux », « l’amitié dangereuse », « le régime des passions » et « le pouvoir imaginaire »[38].

Une partie de ses émissions de radio est désormais accessible par podcasting depuis le site de France Culture, ce podcast étant intitulé « La philosophie avec Raphaël Enthoven »[39].

En , Raphaël Enthoven quitte France Culture pour Europe 1 où il intervient chaque jour, du lundi au vendredi, dans la matinale de Thomas Sotto à 7 h 25 pour la saison 2015-2016 et à 8 h 25 pour les saisons 2016-2017 et 2017-2018, sous le titre « La morale de l’info »[40] puis « Le fin mot de l'info », et le samedi, de 15 h à 16 h, dans « Qui-vive ? »[41]. Depuis son arrivée à Europe 1, il est devenu actif sur Twitter[42].

Presse

Raphaël Enthoven signe ses premiers articles dans Le Magazine littéraire à l’invitation de Jean-Jacques Brochier[43] avant de collaborer pendant trois ans au magazine Lire, dont il rédige les dossiers des « écrivains du Bac » en alternance avec Jean Montenot. Conseiller de la rédaction de Philosophie Magazine depuis son pilote (2006), il y rédige pendant trois ans (2006-2010) la rubrique « Sens et vie », dont les articles ont été rassemblés dans L’Endroit du décor et dans Le Philosophe de service et autres textes. Raphaël Enthoven remplace en 2011 la rubrique « Sens et vie » par une série intitulée « Le chant des signes » dont l'objet est d'examiner, dans le sillage des Mythologies de Roland Barthes, les fétiches du monde contemporain. L’ensemble de ces textes se trouve dans son recueil Matière première. Chroniqueur mensuel à L'Express de 2008 à 2011, il y défend notamment le droit d’être Gérard Depardieu[44], d’aimer la corrida[45] et de ne pas rire avec Stéphane Guillon[46].

Télévision

Après avoir été trois ans chroniqueur à Campus, sur France 2, il est en 2007 rédacteur et présentateur de l’émission Philosophie sur Arte, encore diffusée chaque dimanche à 13 h[47].

Il est aussi l’auteur de l'émission Imaginez[48], quarante pastilles de philosophie de cent secondes diffusées sur Arte.

Lectures

Lui-même lecteur, il a enregistré les Mythologies de Roland Barthes aux éditions Thélème, L'Insoutenable Légèreté de l'être de Milan Kundera pour les éditions Gallimard (prix de la plume de paon 2015 sélection littérature classique) et Si c'est un homme de Primo Levi pour Audiolib.

Raphaël Enthoven est également l’auteur de plusieurs montages de textes : Spinoza en toutes lettres (lu et interprété avec Georges Claisse au Festival de la correspondance de Grignan ), Justine-Juliette – les infortunes de la vertu (lu par Isabelle Huppert[49]), Les Intermittences du cœur et Albertine endormie, avec Karol Beffa au piano.

Conventions et séminaires d'entreprises

Raphaël Enthoven officie également comme orateur dans des conventions ou séminaires d'entreprises[50].

Prises de position

Il dénonce les abstentionnistes qu'il estime être des « fainéants et des ingrats »[51].

Il se prononce contre l'écriture inclusive, la qualifiant de « négationnisme vertueux »[52].

À l'occasion d'une exposition consacrée au révolutionnaire Che Guevara à l'hôtel de ville de Paris, il critique la maire de Paris Anne Hidalgo qui le qualifiait d'« icône militante et romantique »[53].

Il est proche du Printemps républicain et de Marlène Schiappa[54].

Il qualifie la militante écologiste Greta Thunberg de « cancre mondiale, idole des bons sentiments », de « tête creuse »[55], « une arnaque, une image, une enveloppe vide mandatée pour dire le bien »[56].

Lors du mouvement social contre la réforme des retraites en France de 2019, il critique la Confédération générale du travail (CGT) : « Grâce à la grève, on assiste à la dégradation définitive dans l’opinion publique d’un syndicat totalitaire, la CGT, qui suspend la liberté d’un pays entier (comme la liberté de la presse) à la seule acceptation de ses demandes. Et qui appelle ça « dialogue[57] ».

Lors d'une émission de L'Heure des pros datant de , il critique la démarche de Didier Raoult concernant le traitement de la covid-19 à l'hydroxychloroquine, traitant l'infectiologue de « charlatan » et soulignant l'apparente inefficacité du traitement en le comparant à des fraises Tagada[58].

En juin 2021, il déclare sur Twitter qu'en cas de duel Marine Le Pen / Jean-Luc Mélenchon au second tour de la présidentielle 2022, se demandant lequel serait « le pire du pire » : « Je peux encore changer d’avis, mais je crois que, s’il fallait choisir entre les deux, et si le vote blanc n’était pas une option, j’irais à 19h59 voter pour Marine Le Pen en me disant, sans y croire, "Plutôt Trump que Chavez" »[59], déclenchant une vague d'indignation, y compris parmi les membres du gouvernement[60]. En réponse aux nombreuses réactions, Enthoven a précisé que l'objectif de son argumentaire de politique-fiction était de « pointer la gémellité » entre le Rassemblement national et La France insoumise, et ajoute que « la seule différence entre les deux pestes, c'est le calcul de leur intérêt. L'intérêt de Marine Le Pen est de se présenter comme archi-républicaine, ce qu'elle n'est pas. L'intérêt de Jean-Luc Mélenchon est de se présenter en islamo-gauchiste, ce qu'il n'est pas. Si le vote était obligatoire, je préférerais voter pour une fausse républicaine que pour un démagogue dont l'intérêt l'emporte sur les convictions »[61].

En juillet et août 2021, il se montre très critique vis-à-vis des positions antivax et des manifestations anti-passe sanitaire[62],[63],[64].

Critiques

En 2011, François-Xavier Petit, professeur agrégé d'histoire, publie un article dans lequel il critique l'approche erronée par Enthoven de la démondialisation d’Arnaud Montebourg : « Parmi les interprétations erronées, celle du philosophe Raphaël Enthoven se distingue par son acharnement. Nous voudrions ici nous attarder sur certains de ses propos. Pour ce passeur talentueux de savoir en effet, depuis quelques mois, rien ne va plus. Son analyse philosophique se mue en commentaire de l’actualité[65]. »

En 2012, le journaliste Quentin Girard écrit un billet de blog en réponse à celui publié par Raphaël Enthoven à son sujet[66]. Il considère que ce dernier développe un « mépris de classe »[67].[pertinence contestée]

En 2015, Le Vif Weekend écrit : « Certains de ses confrères lui reconnaissent un vrai talent d'intercesseur. Mais cela ne suffit pas à être pris au sérieux par ses détracteurs, qui lui reprochent de faire de la métaphysique de comptoir. On se gausse çà et là de son éloquence un peu appuyée, de son physique romantique à la Sami Frey, voire de son dressing avec ses impeccables chemises noires[68]. »

L'association de critique des médias Acrimed estime en 2017 qu'il est « le prototype du fast-thinker, tirant prestige d’une stature (ou d’une posture) de « philosophe » pour distribuer bons et mauvais points avec une outrance digne des plus décomplexés des éditocrates[69] ».

Enthoven est, selon Marianne, « souvent critiqué pour sa médiatisation ». En 2019, il est mentionné, parmi d'autres vulgarisateurs de la philosophie tels que Charles Pépin et Vincent Cespedes, par deux jeunes agrégés de philosophie, Henri de Monvallier et Nicolas Rousseau, dans leur ouvrage Les Imposteurs de la philo[70]. Ils y dénoncent une instrumentalisation de la philosophie au service de leur ego[71]. Dans un entretien donné à La Nouvelle République, ils exposent leur point de vue selon lequel Enthoven arrive « parfois » à raisonner sur l'actualité « assez bien dans certaines de ses chroniques », mais ils relèvent son « narcissisme » qui ferait que ses invités « ont du mal à exister »[72].

Œuvres

Livres en tant qu'auteur

  • 2007 : Un jeu d'enfant : la philosophie, Fayard, 203 p. (ISBN 978-2-213-63205-6) ; Pocket, 2008 (ISBN 978-2-266-17827-3)
  • 2009 : L'Endroit du décor[73], Gallimard, coll. « L'infini », 151 p. (ISBN 978-2-07-012508-1)
  • 2010 : La Dissertation de philo, Fayard (ISBN 978-2-213-65463-8)
  • 2010 : Barthes, Fayard (ISBN 978-2-213-65590-1)
  • 2010 : L'Absurde, Fayard (ISBN 978-2-213-65589-5)
  • 2011 : Le Philosophe de service et autres textes, Gallimard (ISBN 978-2-07-013296-6)
  • 2011 : Lectures de Proust, Fayard (ISBN 978-2213662527)
  • 2011 : La Folie, Fayard/France Culture
  • 2012 : La Dissertation de philo (vol. 2) Fayard/France Culture (ISBN 978-2213661827)
  • 2013 : Matière première, Gallimard (ISBN 978-2070139583)
  • 2017 : Little Brother, Gallimard (ISBN 978-2070179336)
  • 2018 : Morales provisoires, Éditions de l'Observatoire
  • 2019 : Nouvelles morales provisoires, éd. de l'Observatoire, 480 p. (ISBN 979-10-329-0510-4, présentation en ligne, lire en ligne)
  • 2020 : Le Temps gagné (roman), éd. de l'Observatoire

Livres en collaboration

CD audio

DVD

  • 2011 : Philosophie - Coffret 6 DVD, émissions d'Arte, réalisation Philippe Truffault
  • 2012 : Philosophie - deuxième coffret, Arte/France Inter

Chanson

Dessin animé

Il interprète le personnage de Paul le Poulpe dans la saison 2 de la série animée Silex and the city sur Arte.

Distinction

Annexes

Notes

  1. Il est reçu 17e à l'agrégation de philosophie[réf. nécessaire].
  2. Il est l'invité de la Conférence Olivaint en sur le thème de la révolte et le sur la question du pouvoir.
  3. Raphaël Enthoven déclare : « Je suis le seul (avec ceux qui me connaissent, bien sûr) à ne pas m'être reconnu dans un livre qui n'a pas un atome de « vérité » dans ces pages. Il est vrai que la promotion du livre a été faite sur la conformité fiction / réalité et la notoriété d'un des « personnages réels », mais la vraie fiction, justement, est là ! Pas une phrase, pas une virgule, pas une anecdote ne correspond à la réalité des faits ou des caractères en présence. Mais comment faire valoir un point de vue qui prend le contrepied du sentiment délicieux de mater une « vraie » vie ? Si j'avais dit « ce n'est pas moi », on m'aurait dit « mon œil ! ». Si j'avais dit « oui, c'est moi », on m'aurait dit « pour qui te prends-tu ? ». Le livre était ainsi fait qu'il permettait à son auteur de récupérer les dividendes commerciales de l'indiscrétion tout en déclarant, comme l'indiquait la couverture, qu'elle avait écrit un « roman ». De façon générale, on ne lutte pas contre ce que les gens ont envie de croire. C'est une drôle d'expérience. J'étais dépossédé de ma vie sans qu'on l'ait racontée, comme si quelqu'un s'était promené tout nu dans la rue avec un masque à mon effigie. »[19]
  4. « J’étais en charge d’un séminaire hebdomadaire de philosophie générale, où je papillonnais d’un philosophe à l’autre. Autrement dit, j’avais deux heures par semaine pour mettre des textes classiques sur des problèmes quotidiens, et donner envie de lire des philosophes intimidants. C’était merveilleux. Michel, lui, se représentait déjà l’Université populaire comme l’occasion de présenter sa contre-histoire de la philosophie. Tout marchait très bien jusqu’au jour où, par hasard, j’ai fait l’éloge de la maïeutique socratique comme l’art de penser par soi-même… la semaine où lui-même expliquait que Platon, premier nazi, organisait des autodafés pour les livres de Démocrite. Or, ce que j’ignorais complètement à l’époque, c’était que Michel Onfray tenait le désaccord pour une offense. J’ai donc été remercié à la fin de la seconde année, sous un motif mensonger : il a annoncé à la tribune qu’au mépris de la parole donnée, j’avais décidé de finir ma thèse. C’est à la suite de ce mauvais procédé que s’est créée, à l’initiative de certains élèves, la « société normande de philosophie » où j’ai pu continuer, à un rythme beaucoup moins soutenu, d’animer le séminaire de philosophie générale sans risquer l’excommunication. »[23]
  5. « Un jour, Guéry m'appelle donc et me demande de participer à l'émission. Je me souviens d'une discussion sur la sécularisation autour d'un livre de Jean-Claude Monod, au cours de laquelle j'étais tombé en désaccord avec une psychanalyste qui voulait interdire la lecture du Marquis de Sade aux moins de dix-huit ans. Pourquoi pas Freud, tant qu’on y est ? Guéry m’avait viré de l'émission en m'expliquant, je le cite, qu'une telle « apologie de la liberté d’expression ne trouvait pas sa place dans son émission. » Or, par bonheur, notre directrice Laure Adler qui, comme toujours, arrivait en retard à la radio, avait entendu l'émission en voiture, l'avait trouvée intéressante et, sans rien savoir de l'exclusion qui m'avait frappé, m'appela le jour-même pour me proposer de faire une série d'été sur Vladimir Jankélévitch. Et puis les choses légères ont commencé quand, à la rentrée, j'ai repris les rênes de l'émission dont j'avais été viré quelques mois plus tôt. »[30]
  6. Raphaël Enthoven revient dans son premier livre sur la préparation de ces émissions, et sur l'influence qu'eurent sur sa formation les « derniers cours particuliers » d'un mort centenaire[32].
  7. « Les contraintes d’une émission dont, à son commencement, j’avais décidé qu’elle serait une « hebdomadaire quotidienne », ont eu la double vertu de m’enlever toute forme de temps libre et de m’inviter à remplacer l’introspection par le retour aux textes. Avec les Chemins, j’étais occupé sans être diverti, accaparé sans être absent. Je pouvais donner à mes opinions la force des argumentaires, traduire en textes, en problèmes et en musique mon petit tas de secrets, bref, partir de moi au lieu d’y revenir comme à mon foyer. »[30]

Références

  1. Laurence Durieu, « CV de stars : Raphaël Enthoven », sur le site du magazine VSD (magazine), (consulté le ).
  2. Who's Who in France, édition 1998-1999, p. 686.
  3. Jérôme Béglé, « « Le Temps gagné », Raphaël Enthoven en ses miroirs », sur le site du magazine Le Point, (consulté le Date invalide (25 septembre 20>20)).
  4. Thomas Mahler, « Raphaël Enthoven : "Une façon de reprendre la main sur l'enfance dont j'ai été dépossédé" », sur le site du magazine L'Express, (consulté le ).
  5. Sophie de Tarlé, « Raphaël Enthoven « A 20 ans, j'ai eu l'agrégation de philosophie, à la deuxième tentative » », sur le site du magazine L’Étudiant, (consulté le ).
  6. Émission Philosophie : « Tout se perd », diffusée sur Arte le .
  7. Émission Philosophie : « Éternité », diffusée sur Arte le .
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  9. Acte de mariage no 229 établi à l'état civil de la mairie de Paris 6e le .
  10. Eliane Georges, « Quand Carla Bruni brisait les cœurs… », sur le site du magazine Gala, (consulté le ).
  11. Judith Perrignon, « Justine Lévy, un peu larguée », sur le site du quotidien Libération, (consulté le ).
  12. « Biographie de Justine Lévy », sur le site du quotidien Le Figaro (consulté le ).
  13. Marion Ruggieri, « Raphaël Enthoven : « J’ai été la victime d’un livre haineux et le prétexte d’une chanson d’amour » », sur le site du magazine Elle, (consulté le ).
  14. F. R., « Aurélien, fils de Carla Bruni et Raphaël Enthoven, est une star de YouTube », sur le site du quotidien 20 Minutes, (consulté le ).
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  18. La vie ordinaire - Adèle Van Reeth - Gallimard - Grand format : Librairie Gallimard PARIS (lire en ligne).
  19. Dossier de Delphine Peras paru dans L'Express (no 3126 juin 2011, p. 111),
  20. « Justine Lévy, écrivain française », sur le site de la société Evene SAS (consulté le ).
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  25. « Présentation », sur le site de l'école « Jeannine-Manuel » (consulté le ).
  26. « Pour la philo en seconde! », sur le site du magazine L'Express, (consulté le ).
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