Abbé Pierre

Marie Joseph Henri Grouès[1], dit l’abbé Pierre[2], né le à Lyon 4e et mort le à Paris 5e, est un prêtre catholique français, d'abord capucin, puis du diocèse de Grenoble (1939), résistant, puis député, fondateur du mouvement Emmaüs (organisation non confessionnelle de lutte contre l'exclusion) comprenant la Fondation Abbé-Pierre pour le logement des défavorisés et de nombreuses autres associations, fondations et entreprises de l'économie sociale en France.

Biographie

L'abbé Pierre avant Emmaüs

Henri Grouès est né à Lyon (IVe) dans une famille bourgeoise aisée et pieuse de négociants en soie lyonnais, originaire, du côté paternel, du hameau de Fouillouse à Saint-Paul-sur-Ubaye (son père y est négociant, son grand-père marchand toilier et son arrière-grand-père propriétaire-cultivateur-colporteur[3]), et de Tarare dans le Rhône du côté maternel. Il est le cinquième de huit enfants. Il est baptisé à l'église Saint-Eucher, dans le 4e arrondissement de Lyon. Il passe son enfance à Irigny, une commune au sud-ouest de Lyon. Dès l'âge de six ans, il accompagne son père catholique actif et pieux qui, chaque dimanche matin, s'occupe des sans-abris et mendiants aux alentours du quai Rambaud[4]. À 12 ans, il accompagne son père à la confrérie séculaire des hospitaliers veilleurs où, le dimanche, les bourgeois se font coiffeurs barbiers pour les pauvres.

Élève des Jésuites à l'internat Saint-Joseph (actuel lycée Saint-Marc), il est scout de France, y recevant le totem de « Castor méditatif ». Il connaît, à cette époque ce qu'il appelle des « illuminations » qui orientent sa vie. En 1928 à 16 ans, à l'occasion d'un pèlerinage à Rome, il est frappé d'un « coup de foudre avec Dieu » selon ses propres mots, à la suite duquel il souhaite entrer chez les franciscains. Cependant, vu son âge (17 ans) il devra attendre[5].

Entrée dans les ordres

En 1931, il fait sa profession religieuse chez les capucins où il prononce ses vœux. Par vœu de pauvreté il renonce cette année-là à sa part du patrimoine familial, et donne tout ce qu’il possède à des œuvres caritatives. En religion, Henri Grouès devient frère Philippe. En 1932, il termine la période de noviciat et est transféré au couvent des Capucins de Crest (Drôme), où il passe sept années de formation intellectuelle et religieuse dans une grande austérité de vie. Il est particulièrement marqué par l'adoration quotidienne nocturne[6].

Le 18 décembre 1937, Henri Grouès (frère Philippe) est ordonné diacre par monseigneur Camille Pic, évêque de Valence (Drôme), dans la chapelle du Grand Séminaire, 75 rue Montplaisir, qui abrite aujourd’hui le lycée privé catholique Montplaisir.

Il est ordonné prêtre le en la chapelle de son ancien collège, le lycée Saint-Marc, en même temps que le jésuite Jean Daniélou, futur cardinal. En accord avec ses supérieurs, il quitte l'ordre des Capucins le à cause de sa santé fragile. Le cardinal Gerlier l'invite alors à intégrer le diocèse de Grenoble où il est incardiné le et nommé le suivant vicaire à la basilique Saint-Joseph de Grenoble par l'évêque Mgr Caillot[7].

Seconde Guerre mondiale

Il est mobilisé comme sous-officier dans le régiment du train des équipages, en , au début de la Seconde Guerre mondiale.

Il souffre de pleurésie et passe la totalité de la drôle de guerre à l'hôpital. En , il est nommé aumônier de l'hôpital de La Mure (Isère) puis de l'orphelinat de La Côte-Saint-André[8].

Selon sa biographie officielle issue des archives du ministère de la Défense nationale[9], « vicaire à la cathédrale Notre-Dame de Grenoble[10], il recueille des enfants juifs dont les familles ont été arrêtées lors des rafles des Juifs étrangers en zone sud, en  »[11].

En novembre 1943 il fait passer en Suisse le plus jeune frère du général de Gaulle, Jacques, ainsi que son épouse qu’il confie au réseau de l’abbé Marius Jolivet, curé de Collonges-sous-Salève[12]. Il participe à la création de maquis dont il est un des leaders dans le massif du Vercors et le massif de la Chartreuse. C’est à cette époque qu’il rencontre Lucie Coutaz, qui le cache sous un faux nom, et restera sa secrétaire particulière jusqu’à sa mort en 1982. Elle est considérée comme la cofondatrice du mouvement Emmaüs.

Il aide les réfractaires au service du travail obligatoire (STO). Dans la clandestinité il adopte le nom d’abbé Pierre qui lui restera jusqu'à la fin de sa vie. En 1944, il est arrêté par l’armée allemande à Cambo-les-Bains, dans les Pyrénées-Atlantiques, mais est relâché et passe en Espagne puis rejoint via Gibraltar le général de Gaulle à Alger en Algérie[13]. Il devient aumônier de la Marine sur le cuirassé Jean Bart à Casablanca (Maroc). Toute sa vie il portera la croix d'aumônier de la marine sur la poitrine.

Ses actions dans la résistance lui valent la croix de guerre 1939-1945 avec palme à la Libération. À son expérience passée et aux drames dont il a été témoin, il doit, comme bien d’autres résistants de tout bord qui l’ont côtoyé, son engagement politique pour restaurer une société digne fondée sur les droits humains fondamentaux, mais aussi sa profonde détermination à agir pour des causes qu’il croit justes, y compris parfois dans l’illégalité, et à mobiliser autour de lui pour faire changer les lois établies et les regards indifférents.

Parcours politique

Henri Grouès
Fonctions
Député français

(5 ans, 7 mois et 27 jours)
Élection 21 octobre 1945
Réélection 2 juin 1946
10 novembre 1946
Circonscription Meurthe-et-Moselle
Législature Ire, IIe (GPRF)
Ire (IVe République)
Groupe politique MRP (1945-1950)
Gauche indépendante (1950-1951)
Biographie
Parti politique MRP (1946-1950)
JR (1950-1951)

Après la guerre, sur les conseils de l’entourage du général de Gaulle, et l’approbation de l’archevêque de Paris, il est élu par trois fois député en Meurthe-et-Moselle comme indépendant apparenté au Mouvement républicain populaire (MRP) : le puis le , dans les deux assemblées nationales constituantes successives ; puis à l’Assemblée nationale, de 1946 à 1951, où il siège d’abord au sein du groupe MRP[14]. Sa profession de foi affiche un programme dit de troisième force (« ni capitaliste, ni collectiviste »)[15]). Il siège sous le nom de Grouès (M. l'abbé Pierre) puis, à partir du 13 juin 1946, est enregistré au nom de Pierre-Grouès (M. l'abbé)[16].

Il fonde, le , le groupe parlementaire fédéraliste français, avec 80 autres députés[17]. Il participe ensuite au Congrès de Montreux des 27- à la fondation du Mouvement universel pour une Confédération mondiale[18], mouvement fédéraliste mondialiste. Il en devient le vice-président. Avec Albert Camus et André Gide, il fonde en 1948 le comité de soutien à Garry Davis, fondateur d'un autre mouvement mondialiste, celui des Citoyens du monde, qui s’oppose à la remontée rapide des égoïsmes nationaux et déchire son passeport devant l’ambassade américaine. En 1966, il lance avec des personnalités internationales un appel à s'inscrire dans le Registre international des citoyens du monde[19].

Il se désolidarise du parti politique après « l’incident sanglant » de Brest d’, ayant provoqué la mort de l’ouvrier Édouard Mazé. Dans sa lettre de démission du , Pourquoi je quitte le MRP, il dénonce les positions politiques et sociales du Mouvement. Il rejoint ensuite la Ligue de la jeune République, mouvement chrétien socialiste, ainsi que le groupe de la Gauche Indépendante[14].

Il se présente aux élections législatives de 1951, à la tête d’une liste de Défense des intérêts démocratiques et populaires composée de gens humbles et dépourvus de toute notoriété, sans le soutien du MRP ni celui de la hiérarchie catholique. Il n'est pas réélu[14].

L’abbé Pierre retourne à sa vocation première de prêtre-aumônier et s’investit, avec sa petite rente d’ex-député, dans ses actions caritatives. Il expliquera plus tard qu'il est plus intéressant d'être « ex-député » que député[20].

Il participe néanmoins à certaines campagnes, en parrainant par exemple, lors de la guerre d'Algérie, le comité pour la défense du droit à l'objection de conscience créé par Louis Lecoin, aux côtés d'André Breton, Albert Camus, Jean Cocteau et Jean Giono. Ce comité obtient un statut, restreint, en pour les objecteurs.

Fondation d’Emmaüs

Il fonde en 1949 le mouvement Emmaüs (en référence à Emmaüs, village de Palestine apparaissant dans un épisode du dernier chapitre de l'Évangile selon saint Luc). Ce mouvement est une organisation laïque de lutte contre l'exclusion, présente aujourd’hui dans 41 pays du monde. Il commence ainsi dès l'été 1949 par fonder la communauté Emmaüs de Neuilly-Plaisance, au 38 avenue Paul Doumer, au départ auberge de jeunesse[21].

La rencontre avec George, désespéré qui a perdu toute raison de vivre, et à qui l'abbé Pierre demande « Viens m'aider à aider » marque cependant le véritable acte fondateur du mouvement Emmaüs[22].

Les communautés Emmaüs se financent par la vente de matériel et d’objets de récupération et construisent des logements[23] :

« Emmaüs, c'est un peu la brouette, les pelles et les pioches avant les bannières. Une espèce de carburant social à base de récupération d'hommes broyés[24]. »

Non réélu en 1951 en raison du système des apparentements, il perd ses 12 000 FF d'indemnités de député et est réduit à mendier ou vendre des publications à la dérobée pour subvenir aux besoins d'Emmaüs. Dans le même temps, les compagnons d'Emmaüs systématisent la chine qui est complétée à partir de février 1952 par la « biffe sur le tas »[25].

Le , il participe au jeu Quitte ou double animé par Zappy Max sur Radio Luxembourg pour alimenter financièrement son combat, où il gagnera 256 000 francs de l'époque[26] (ce qui correspond à près de 5 500  en 2017[27]).

Hiver 1954 : l'insurrection de la bonté

L'abbé Pierre en 1955.

L’abbé Pierre acquiert sa notoriété à partir du très froid hiver de 1954, meurtrier pour les sans-abri.

Il lance le un appel mémorable sur les antennes de Radio-Luxembourg (future RTL)[28], qui deviendra célèbre sous le nom d'« Appel de l'abbé Pierre ».

Le lendemain, la presse titra sur « l’insurrection de la bonté ». L’appel rapportera 500 millions de francs en dons (dont 2 millions par Charlie Chaplin qui dira à cette occasion : « Je ne les donne pas, je les rends. Ils appartiennent au vagabond que j'ai été et que j'ai incarné. »)[29], une somme énorme pour l’époque et complètement inattendue, des appels et courriers qui submergèrent complètement le standard téléphonique de la radio, et des dons en nature d’un volume si immense qu’il fallut des semaines pour simplement les trier, les répartir et trouver des dépôts pour les stocker convenablement un peu partout en France.

Avec l'argent rassemblé à la suite de son appel à la radio, il fait construire des cités d'urgence (dont celle de Noisy-le-Grand, qui ressemble à un bidonville car elle s'inspire du projet de l'architecte américain Martin Wagner, les bâtiments sont en forme de demi-bidon métallique[30]). Ces cités appelées à être provisoires se transformèrent progressivement, dans le meilleur des cas, en cités HLM.

Le combat de l’abbé Pierre a aussi permis l’adoption d’une loi interdisant l’expulsion de locataires pendant la période hivernale.

Les événements de l'hiver 1954 ont donné lieu, en 1989, à un film produit par Christian Ardan réalisé par Denis Amar, Hiver 54, l'abbé Pierre, avec Claudia Cardinale et Lambert Wilson.

Développement d'Emmaüs

L’appel de 1954 attira des bénévoles de toute la France pour aider d’abord à la redistribution, mais aussi fonder les premiers groupes se réclamant de cet appel. Rapidement, il dut organiser cet élan inespéré de générosité, et le il fonde, avec ces dons, l'association Emmaüs, ayant pour objectif de regrouper l'ensemble des communautés Emmaüs. Cependant, l'association Emmaüs perdra rapidement ce rôle de fédération des groupes Emmaüs, pour se concentrer sur la gestion des centres d'hébergement et d'accueil Emmaüs de Paris et sa région.

À l'époque, ces communautés construisent des logements pour les sans-abri, et les accueillent en leur procurant non seulement toit et couvert en situation d’urgence mais aussi un travail digne. Nombre de compagnons d’Emmaüs seront ainsi d’anciens sans-abri, de tous âges, genres et origines sociales, sauvés de la déchéance sociale ou parfois d’une mort certaine et rétablis dans leurs droits fondamentaux, par les communautés issues de cet élan de générosité à qui ils retournent leurs remerciements par leur propre engagement caritatif.

Le mouvement Emmaüs se développe ensuite rapidement dans le monde entier, au gré des voyages de l'abbé Pierre, principalement en France et en Amérique latine.

En 1963, il est victime d'un naufrage dans le Río de la Plata (Argentine). Annoncé mort pendant quelques jours, l'abbé Pierre prend alors conscience que sa mort signifierait la disparition du seul lien entre les groupes Emmaüs du monde, ce qui aurait pu mener à la disparition du mouvement. C'est donc à la suite de cet événement que l'abbé Pierre décide de préparer la fondation d'Emmaüs International, qui verra le jour en 1971.

Ainsi, d'abord très désorganisé et très spontané, le mouvement Emmaüs se structure progressivement jusqu'à acquérir sa forme actuelle. En 1985 est créée l'association Emmaüs France, qui regroupe alors tous les groupes Emmaüs français, alors que l'association Emmaüs se focalise sur Paris et ne joue plus son rôle initial de fédération.

Plus tard, en 1988, l'abbé Pierre crée avec son ami Raymond Étienne la Fondation Abbé-Pierre, chargée de poursuivre son combat. Reconnue d'utilité publique en 1992, la Fondation Abbé-Pierre a pour objet la lutte contre le mal-logement.

Rôle au sein d'Emmaüs

L'abbé Pierre est, avec sa secrétaire Lucie Coutaz, à l'origine d'Emmaüs. Cependant, il n'en a jamais été un dirigeant opérationnel. D'un caractère spontané, il est peu porté vers l'organisation. Ainsi, il préférera toujours créer de nouvelles structures, initier de nouveaux projets, que de gérer celles qui existent[31].

Par exemple, il marquera à plusieurs reprises son opposition à la création de l'Union centrale de communautés Emmaüs, qui en 1958 se donne pour objet de professionnaliser la gestion des communautés Emmaüs, et qui selon l'abbé Pierre voulait donner une « trop rigide définition de tout »[31].

Cependant, l'abbé Pierre a bien conscience de la nécessité d'une telle structuration, même si elle ne correspond pas à son penchant naturel. Il encouragera ainsi la fondation d'Emmaüs International en 1971 (voir la section Développement d'Emmaüs).

Mort

L’abbé Pierre meurt le , tôt le matin (5 h 25 heure locale), à l’hôpital du Val-de-Grâce à Paris, des suites d’une infection du poumon droit consécutive à une bronchite. Il était âgé de 94 ans[32],[33].

Il affirmait : « J’ai passé ma vie à prier Dieu pour mourir jeune », et ajoutait : « Vous voyez, c’est raté ! ». L'abbé Pierre faisait également régulièrement allusion à sa mort en évoquant son départ en « grandes vacances ».

Obsèques

À la suite de la demande de la famille, les drapeaux français n'ont pas été mis en berne lors de l’hommage national. Les obsèques se sont déroulées le 26 janvier à 11 heures dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, en présence de la famille, de nombreux membres du mouvement Emmaüs, ainsi que de diverses personnalités de tous bords Jacques Chirac, Valéry Giscard d'Estaing, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, Bertrand Delanoë, Jack Lang, François Bayrou, de nombreux ministres français, des artistes… et d’une immense foule anonyme[34]. Durant la cérémonie, étaient aussi présents le président du Conseil français du culte musulman Dalil Boubakeur, un dignitaire orthodoxe et un bouddhiste[35] qui lui ont remis symboliquement des cadeaux placés sur son cercueil, posé à même le sol. Le cortège funéraire a été applaudi par le public, ainsi que dans la cathédrale[36].

Son cercueil a ensuite été transféré vers le village d’Esteville dans la Seine-Maritime, à « La Halte d’Emmaüs » (maison de repos, foyer de vacances pour personnes âgées, principalement du mouvement Emmaüs) où l’abbé Pierre a résidé pendant plusieurs années, et où se trouve désormais un lieu de mémoire, le centre abbé Pierre Emmaüs, propriété de la Fondation Abbé-Pierre[37]. Son enterrement s'est déroulé dans la plus stricte intimité[38].

Plusieurs personnalités politiques se sont prononcées pour le transfert de sa tombe au Panthéon[39], malgré le souhait de l’abbé dans son livre-testament et ses déclarations.

Hommages

L’ensemble de la classe politique française ne tarit pas d’éloges et reconnaît le travail réalisé par l’abbé Pierre, notamment le président de la République Jacques Chirac, le Premier ministre Dominique de Villepin, la candidate socialiste Ségolène Royal et le candidat de l'UMP Nicolas Sarkozy.

De très nombreuses associations et fondations françaises ou internationales qui ont milité avec l’abbé Pierre dans des causes communes en faveur des plus démunis lui rendent le jour même un vibrant hommage par des communiqués officiels.

L’ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing demande que soient célébrées « des obsèques nationales » en l’honneur de l’abbé Pierre. La présidence de la République se prononce le jour de sa mort pour savoir si un « hommage national » ou un « deuil national » (la plus haute distinction funéraire française) serait rendu. Conformément aux souhaits de la Fondation Abbé-Pierre et la famille qui semble s’opposer à la seconde option, c’est la première option qui est choisie (réservée tout de même à des personnalités telles que Jean-Paul II et le Commandant Cousteau), plus conforme au testament de l’abbé qui préférait que tout l’argent serve plutôt à la collecte au profit des œuvres de sa fondation, à laquelle il a donné tout au long de sa vie l’ensemble de ses droits ainsi que les dons personnels faits à son nom.

Une chapelle ardente est ouverte à tous, les 24 et , toute la journée, à l'église du Val-de-Grâce à Paris, où son cercueil simplement surmonté de sa canne et son béret est exposé aux remerciements du public. Un hommage populaire à l’abbé Pierre est organisé par le mouvement Emmaüs le 25 janvier au palais omnisports de Paris-Bercy, de 19 à 23 heures. Par ailleurs, des livres d’or collectent les hommages populaires à Paris, Metz et dans plusieurs communautés Emmaüs du Sud de la France. Face aux demandes, d’autres communautés Emmaüs en France ou dans le monde recueillent aussi les hommages du public.

À Lyon, sa ville de naissance, une messe commémorative est dite par l'archevêque de Lyon et primat des Gaules, le cardinal Philippe Barbarin en la primatiale Saint-Jean (l'église Saint-François de Sales, associée à l'abbé Pierre, a d'abord été envisagée, mais sa taille n'aurait pas permis d'accueillir le public dans des conditions de sécurité suffisantes). Lors de cette messe, l'évangile est proclamé par un diacre, neveu de l'abbé Pierre.

Rencontres et actions internationales

Rencontres avec les représentants de l'Église catholique

L’abbé Pierre a rencontré au cours de sa vie les papes Pie XI, Pie XII, Jean XXIII et à plusieurs reprises Jean-Paul II ; trop fatigué pour voyager il n’a pas pu rencontrer directement le nouveau pape de l'époque Benoît XVI, mais il a noué des contacts épistolaires.

Bien qu’ayant souvent critiqué les positions de l’Église et tenu des propos parfois interprétés comme anticléricaux, l’abbé Pierre ne s’est jamais placé contre l’Église et tenait plus que tout à sa mission pastorale mais non prosélyte ; il respectait sa hiérarchie, à laquelle il reprochait seulement mais ouvertement d’user de trop de faste, et il a conservé sa liberté de ton et d’action ainsi que sa franchise même sur les sujets réputés dérangeants.

Autres rencontres et actions internationales

Refusant toute montée en responsabilité au sein de l’Église pour pouvoir se consacrer à ses missions au plus près du peuple, il a su cependant rencontrer les plus grands, et il a rencontré des membres éminents de la communauté scientifique, politique ou religieuse internationale notamment :

Image et polémiques

Mythe de l'abbé Pierre selon Roland Barthes

L’image du grand barbu en soutane, en grosse pèlerine élimée avec une canne, un béret et des godillots que lui a un jour offerts un sapeur-pompier, forge vite son statut de « héros légendaire », de « juste » (d'après son testament évoqué par les membres du mouvement Emmaüs, cette pèlerine emblématique reviendra au musée des pompiers de Paris).

Après l’appel de 1954 et la sortie du film Les Chiffonniers d'Emmaüs consacré à l’abbé Pierre, Roland Barthes a analysé, dès 1957, son visage « qui présente clairement tous les signes de l’apostolat : le regard bon, la coupe franciscaine, la barbe missionnaire, tout cela complété par la canadienne du prêtre-ouvrier et la canne du pèlerin. Ainsi sont réunis les chiffres de la légende et ceux de la modernité. »[44] Sa coupe, « équilibre neutre entre le cheveu court […] et le cheveu négligé », approche selon le sémiologue l’intemporalité de la sainteté, et l’identifie à saint François d’Assise. La barbe, celle du capucin et du missionnaire, symbolise quant à elle la pauvreté et la vocation apostolique comme pour le père de Foucauld. Son visage évoque donc à la fois la spiritualité de l’Homme, le combat de son sacerdoce, et sa liberté vis-à-vis de sa hiérarchie. Pour Pierre Bourdieu, l’abbé est même un prophète, « surgi[ssant] en temps de disette, de crise », « pren[ant] la parole avec véhémence et indignation »[45].

Mais Barthes se demande aussi si « la belle et touchante iconographie de l’abbé Pierre n’est pas l’alibi dont une bonne partie de la nation s’autorise, une fois de plus, pour substituer impunément les signes de la charité à la réalité de la justice. » Cette grande popularité en France ne s’est jamais démentie, les enquêtes d’opinion de la presse le plaçant pendant une dizaine d’années (un record inégalé, après avoir succédé au commandant Jacques-Yves Cousteau, à peine éclipsé durant un an par une seconde place temporaire imputée à l’affaire Garaudy) en tête des personnalités préférées des Français, comme celles du Journal du dimanche publiées plusieurs fois par an, jusqu’à ce qu’il demande à en être retiré au début de 2004. « C’est à la fois une arme et une croix », dit-il, pour laisser la place des honneurs aux plus jeunes.

Une image de miraculé

L'abbé Pierre a été régulièrement malade, notamment des poumons quand il était jeune. Il s’est sorti indemne de situations dangereuses :

Tous ces accidents vont contribuer à lui forger une image de miraculé.

Présence dans les médias

L’abbé Pierre s’est toujours appuyé sur son image diffusée par les médias, depuis son appel sur Radio Luxembourg en 1954 jusqu’à sa présence à l’Assemblée nationale en , en faveur de la loi SRU sur le logement social. Selon Bernard Kouchner, fondateur de Médecins sans frontières, il est ainsi l’inventeur de la loi du tapage médiatique[46].

Même pendant les dernières années de sa vie, malgré la maladie et l’âge, il est descendu dans la rue pour soutenir la cause des pauvres. Il a soutenu l’association Droit au logement (DAL). Un dernier combat qui fait encore l’actualité politique en pleine campagne présidentielle 2007, où les candidats se pressent pour défendre une future loi sur le logement opposable poussée par l’action médiatique d’associations de sans-logis, un texte qu’ils veulent maintenant nommer « loi abbé Pierre », comme avant lui son ami Coluche à qui on a attribué la loi sur les dons aux œuvres caritatives, une autre icône populaire et médiatique de la fin du XXe siècle restée dans le cœur des Français et que l’abbé Pierre avait soutenu avant de devoir, lui le vieil homme, lui succéder dans son combat inachevé pour les « exclus du partage ».

Enfin, la marionnette de l'abbé Pierre dans l'émission télévisée satirique Les Guignols de l'Info contribue également au façonnement de son image publique et médiatique. À l'instar d'un Johnny Hallyday, il fait ou faisait aussi les choux gras de nombreux imitateurs de la scène francophone tels Laurent Gerra ou Bernard Castaing. La Fondation Abbé-Pierre a su, à sa suite, s'installer médiatiquement dans le paysage humanitaire français.

Affaire Roger Garaudy

En , son ami de longue date Roger Garaudy (penseur marxiste et ancien responsable politique communiste converti au catholicisme et ensuite à l'islam) est mis en accusation puis en procès pour négationnisme à la suite de la publication de son livre Les mythes fondateurs de la politique israélienne. Un des points de départ de l'auteur est le marxisme anti-israélien. Au cours de ce procès, l'abbé Pierre lui apporte son soutien, ce qui lui vaudra d’être exclu du comité d’honneur de la LICRA. Dans une lettre de soutien à l'auteur rendue publique le , l'abbé Pierre écrit tout le respect que lui inspire « l'énorme travail » réalisé par Roger Garaudy pour l'écriture du livre, et son « éclatante érudition, rigoureuse ». Il ajoute qu'accuser Roger Garaudy de « révisionnisme » (ce qui veut dire remise en cause de la réalité de la Shoah) est une « imposture », une « véritable calomnie »[47],[48].

Il expliquera néanmoins par la suite avoir agi « à titre amical[49] » et se démarquera des tentatives pour « nier, banaliser ou falsifier la Shoah » dont il avait été lui-même témoin. Mais, selon les termes du quotidien L'Humanité, « ce revirement tardif ne dissipe cependant pas le malaise. »[50]. L’historien Pierre Vidal-Naquet déclara pour sa part : « Je crains que la prise de position de l’abbé Pierre ouvre les vannes d’une poussée antisémite. »[51]

Certains ont critiqué les propos de l’abbé Pierre sur l’idée de la terre promise dans l’Ancien Testament. En effet, il dénonçait la prise très violente de cette terre par les israélites, telle qu’elle est décrite dans la Bible : « Que reste-t-il d’une promesse lorsque ce qui a été promis, on vient de le prendre en tuant par de véritables génocides des peuples qui y habitaient, paisiblement, avant qu’ils y entrent », dira-t-il à Bernard Kouchner[52]. Il n’hésitera pas à en déduire une véritable vocation à l’exil de ce peuple : « Je crois que — c’est ça que j’ai au fond de mon cœur — que votre mission a été — ce qui, en fait, s’est accompli partiellement — la diaspora, la dispersion à travers le monde entier pour aller porter la connaissance que vous étiez jusqu’alors les seuls à porter, en dépit de toutes les idolâtries qui vous entouraient »[52].

Certains ont vu dans ces déclarations une reprise tout juste voilée de l'ancienne thématique chrétienne de l'auto-malédiction d'un peuple juif « avatar de Caïn[53] » (thématique désavouée par l'Église à l'occasion de la déclaration Nostre Ætate issue de Vatican II[54]) et, finalement, « une lecture de la Bible très conforme à l'antijudaïsme de certains catholiques avant Vatican II[55],[54] ».

L'abbé Pierre considère que le débat sur la Shoah reste ouvert : « ils [la LICRA] n’acceptent absolument pas le dialogue, contrairement à Garaudy. Ils considèrent que le débat (sur le génocide des juifs) est clos. Qu’oser le rouvrir n’est pas possible. Par exemple sur la question des chambres à gaz, il est vraisemblable que la totalité de celles projetées par les nazis n’ont pas été construites »[56], propos auquel l’abbé Pierre ajoute toutefois : « Mais mes amis de la LICRA me disent qu’avancer de telles affirmations, c’est contester la Shoah. Ce n’est pas sérieux »[56] (Roger Garaudy sera finalement condamné pour contestation de crimes contre l’humanité et incitation à la haine raciale).

Cette controverse ne doit toutefois pas masquer les faits qui plaident pour l'abbé Pierre, notamment son combat pendant la Seconde Guerre mondiale pour sauver des Juifs[57]. Son engagement profond contre l'antisémitisme est en particulier attesté par le fait qu'il ait lui-même toujours souligné[58] que ses actions contre les persécutions anti-juives avaient précédé et motivé son entrée dans la Résistance. Ses positions politiques sont sans ambiguïtés quand il dénonce le fait que ces rafles anti-juives ont été conduites par la police française en un temps (été 1942) et un lieu (Grenoble, en zone non occupée) qui ne permettent pas d'invoquer le prétexte de la contrainte allemande.

La polémique, qui meurtrira durablement l’abbé Pierre, lui valut le désaveu de certains de ses amis. Bernard Kouchner lui reprocha « d'absoudre l’intolérable[56] ». L'abbé est publiquement fustigé par le cardinal Jean-Marie Lustiger[55]. L'abbé Pierre est alors sommé par sa hiérarchie de prendre une retraite médiatique temporaire[59] et part quelque temps en séminaire en Italie. Il y a déclaré au Corriere della Sera que la presse française était « inspirée par un lobby sioniste international[60] ». L'affaire ne reçut cependant que peu d’écho auprès de l'opinion française[61] qui lui renouvela sa confiance pendant de nombreuses années[62], le classant en tête des personnalités françaises les plus aimées (jusqu’à ce que l’abbé retirât lui-même son nom du classement).

L'abbé Pierre et les Brigades rouges

L'abbé Pierre a spontanément témoigné dans les années 1980 en faveur d'un groupe d'Italiens résidant à Paris et animant l'école de langues Hypérion. Le directeur de cette école, Vanni Mulinaris, avait été arrêté et emprisonné le , lors d'une visite en Italie. Il était accusé d'être membre des Brigades rouges (BR). Il sera par la suite relaxé, totalement blanchi de cette accusation[63] et même dédommagé par l'État italien pour trois ans de détention injustifiée[64].

L'abbé Pierre se rend plusieurs fois en Italie pour protester contre les conditions de détention sans motivations et sans procès de Vanni Mulinaris, il rencontre le président Sandro Pertini, les juges, les avocats, plusieurs autorités morales, qui constitueront un comité italien demandant justice pour Vanni Mulinaris (le cardinal Martini, le sénateur et philosophe Norberto Bobbio, Giuseppe Branca ancien président de la Cour constitutionnelle, bientôt rejoints par 75 autres personnalités dont le journaliste Giorgio Bocca et le cinéaste Luigi Comencini).

L'abbé Pierre effectue également, pour réclamer justice, une grève de la faim durant 8 jours du au , dans la cathédrale de Turin.

Il témoigne alors de son expérience personnelle des dérives de la justice italienne de l'époque. François Mitterrand décidera à partir de d'accorder l'asile aux réfugiés politiques italiens, pour ceux qui auraient clairement rompu avec la violence[65],[66],[67].

Prises de position quant à la question de l'ordination des hommes mariés et des femmes

En 2005, dans son livre Mon Dieu… pourquoi ?, rédigé avec Frédéric Lenoir, il déclare qu’il a été attiré par des jeunes filles, étant lui-même jeune homme et avant d’entrer dans les ordres. À ce sujet, il invite les dirigeants d'Église à réfléchir sur une éventuelle réforme de la discipline de l’Église en faveur de l’ordination des hommes mariés. Et ne comprend pas l’opposition des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, l’ordination des hommes mariés étant autorisée par l’Église dans certains rites catholiques orientaux. En outre, il voit dans cette autorisation un moyen de lutter contre la pénurie de nouveaux ministres du culte de l’Église. Il incite également à réfléchir à l’ordination des femmes[68].

Il a déclaré avoir connu le sexe et souhaiter l'ordination des femmes[69].

Distinctions et hommages

Œuvres

Les droits d’auteur et autres droits dérivés provenant de la vente ou de la diffusion de ses livres, disques audio et vidéo ont été reversés par l’abbé Pierre tout au long de sa vie au mouvement Emmaüs puis à la Fondation Abbé-Pierre à partir de la création de celle-ci en 1988. Depuis sa mort, Emmaüs International est légataire universel de ces droits[75].

Ouvrages

  • 1987 : Bernard Chevalier interroge l’abbé Pierre : Emmaüs ou venger l’homme, avec Bernard Chevalier, Éditions Le Centurion, éd. LGF/Livre de poche, Paris (ISBN 978-2-253-04151-1).
  • 1988 : Cent poèmes contre la misère, éd. Le Cherche-midi, Paris (ISBN 978-2-86274-141-3).
  • 1993 : Dieu et les hommes, entretien avec Bernard Kouchner, éd. Robert Laffont (ISBN 978-2-221-07618-7).
  • 1994 : Testament… (ISBN 978-2-7242-8103-3). Réédition 2005, éd. Bayard/Centurion, Paris (ISBN 978-2-227-47532-8).
  • 1994 : Une terre et des hommes, éd. Cerf, Paris.
  • 1994 : Absolu, éd. Seuil, Paris.
  • 1996 : Dieu merci, éd. Fayard/Centurion, Paris.
  • 1996 : Le bal des exclus, éd. Fayard, Paris.
  • 1997 : Mémoires d’un croyant, éd. Fayard, Paris.
  • 1999 : Fraternité, éd. Fayard, Paris.
  • 1999 : Paroles, éd. Actes Sud, Paris.
  • 1999 : C’est quoi la mort ?, livre didactique destiné aux enfants, utilisé aussi dans l’apprentissage de la langue française, éd. Albin Michel, Paris. (Cet ouvrage bénéficie aussi de nombreuses traductions et rééditions dans divers pays).
  • 1999 : J’attendrai le plaisir du Bon Dieu : l’intégrale des entretiens d’Edmond Blattchen, éd. Alice, Paris.
  • 2000 : En route vers l’absolu, éd. Flammarion, Paris.
  • 2001 : La Planète des pauvres. Le tour du monde à vélo des communautés Emmaüs, de Louis Harenger, Louis Harenger, Michel Friedman, Emmaüs international, Abbé Pierre, éd. J’ai lu, Paris (ISBN 978-2-290-30999-5).
  • 2002 : Confessions, éd. Albin Michel, Paris (ISBN 978-2-226-13051-8).
  • 2002 : Je voulais être marin, missionnaire ou brigand, rédigé avec Denis Lefèvre, éd. Le Cherche-midi, Paris (ISBN 978-2-7491-0015-9). Réédition en livre de poche, éd. J’ai lu, Paris (ISBN 978-2-290-34221-3).
  • 2004 : Abbé Pierre et Père Pedro, Pour un monde de justice et de paix : Entretiens, Paris, Presses de la Renaissance, , 230 p., broché (ISBN 978-2-7509-0044-1).
  • 2004 : L’Abbé Pierre, par Bernard Violet, éd. Fayard. Biographie réactualisée en avec la reproduction intégrale du testament de 114 pages que l’Abbé Pierre avait confié à l’auteur.
  • 2004 : L’Abbé Pierre, la construction d’une légende, par Philippe Falcone, éd. Golias (ISBN 978-2-914475-49-5).
  • 2004 : L’Abbé Pierre parle aux jeunes, avec Pierre-Roland Saint-Dizier, éd. Du Signe, Paris (ISBN 978-2-7468-1257-4).
  • 2005 : Le sourire d’un ange, éd. Elytis, Paris.
  • 2005 : Mon Dieu… pourquoi ? Petites méditations sur la foi chrétienne et le sens de la vie, recueil où il aborde également des sujets d’actualités comme le célibat des prêtres, l’ordination des femmes, le fanatisme religieux, le désir et le sexe, le mariage homosexuel. Il a été rédigé avec Frédéric Lenoir, éd. Plon (ISBN 978-2-259-20140-7).
  • 2006 : Servir : Paroles de vie, avec Albine Navarino, éd. Presses du Châtelet, Paris (ISBN 978-2-84592-186-3).
  • 2006 : L'abbé Pierre : Entretien et portrait, par Ariane Laroux : Portraits Parlés, éditions de l'Âge d'Homme.
  • 2007 : Clandestin, 1942-1944, éd. Vollodalen, Collection Citadelle, Paris (ISBN 978-2-9522069-3-8). Cet ouvrage reprend le texte d'une conférence prononcée par l'abbé Pierre le .
  • 2011 : Donnons-leur un toit aujourd’hui, avec P.Dufau, R. Gid, R. Morel, G.-H. Pingusson et Fr. Spoerry, éditions du Linteau, 2011. Fac-similé du livret publié au printemps 1954.
  • 2012 : Abbé Pierre, Inédits. Textes de combat, écrits intimes, correspondances, éd. Bayard.

Discographie

  • 1989 : Les Enfants sans Noël, avec une chorale d'enfants et une pléiade d'artistes, au profit d'Emmaüs.
  • 2001 : Radioscopie : Abbé Pierre - Entretien avec Jacques Chancel, CD Audio, ASIN B00005NK45.
  • 1988-2003 : Éclats De Voix, suite de CD Audio, Poèmes et réflexions, en quatre volumes :
    • Vol. 1 : Le Temps des Catacombes, rééd. label Celia, ASIN B00005R2LK,
    • Vol. 2 : Hors de Soi, rééd. label Celia, ASIN B00005R2LL,
    • Vol. 3 : Corsaire de Dieu, rééd. label Celia, ASIN B00005R2LM,
    • Vol. 4 : L'éternel combat, label Scalen, ASIN B00004VAP4.
  • 2003 : Le CD merci l'abbé de Gérard Verchère.
  • 2004 : Paroles de Paix de l’Abbé Pierre, suivi l'appel de l'hiver 54 ré-enregistré par l'Abbé Pierre pour le 50e anniversaire, CD audio, label Frémeaux & Associés, Créations pour la Paix, direction artistique : Christiane Gugger, ASIN B0001GLG2Y.
  • 2005 : Le CD Testament…, pour fêter le 56e anniversaire de la fondation d'Emmaüs (réflexions personnelles, textes et paroles inspirées de la Bible) (ISBN 978-2-227-47532-8).
  • 2005 : Avant de partir…, le testament audio de l’Abbé Pierre, CD audio et vidéos pour PC, prières et musiques de méditation, ASIN B000CCZ2PE.
  • 2006 : L’Insurgé de l’amour, label Revues Bayard, Paris, ASIN B000EQHSPU.

Films documentaires, documents vidéos, entretiens filmés, etc.

  • Vous direz à vos enfants… Le plus beau témoignage sur la beauté du don, entretien avec l’abbé Pierre, studio LCJ Éditions, Paris, ASIN B000BU9OVA, DVD PAL (région 2), 2005
  • L'abbé Pierre, la voix des sans-voix d'Agnès Hubschman, 2005

Films de fiction

Archives

Le fonds d'archive de l'abbé Pierre renfermant toute sa documentation, est conservé aux Archives nationales du monde du travail[77].

Notes et références

  1. « Fichier des décès : Marie Joseph Henry Grouès », sur MatchID (consulté le ).
  2. Alias pris dans la Résistance.
  3. Jean-Louis Beaucarnot, Quand nos ancêtres partaient pour l'aventure, JC Lattès, , p. 107.
  4. André Bonnet, Michel Bolasell, Les insurgés de la pauvreté, Philippe Rey, , p. 83.
  5. Denis Lefevre, Les combats de l'Abbé Pierre, Le Cherche Midi, , p. 15.
  6. Denis Lefèvre, Les combats de l'Abbé Pierre, Le Cherche Midi, , p. 27.
  7. Gilles-Marie Moreau, La cathédrale Notre-Dame de Grenoble, L'Harmattan, , p. 227.
  8. Julien Arbois, Histoires insolites de la Résistance française, City, , 230 p. (ISBN 978-2-8246-0625-5 et 2-8246-0625-8, OCLC 920031841).
  9. voir.
  10. Sur cette période de la vie de l'abbé Pierre, voir Gilles-Marie Moreau, La cathédrale Notre-Dame de Grenoble, L'Harmattan, 360 p., 2012 (ISBN 978-2-336-00250-7).
  11. l’abbé Pierre a livré son récit, très tôt, dans une conférence donnée le 23 avril 1945, dans le cadre des « conférences de l’information », au palais de Chaillot.
  12. Christian Sorrel, La Savoie, éd. Beauchesne, 1996, 441 p.
  13. La vie de l’abbé Pierre sur le site de la Fondation Abbé-Pierre.
  14. « Région Lorraine / Il y a 70 ans, l'Abbé Pierre était élu député de Meurthe-et-Moselle », L'Est républicain, (lire en ligne, consulté le ).
  15. Sa profession de foi de juin 1946.
  16. « Assemblée Nationale - archives député Henri Pierre Grouès (Abbé Pierre) », sur assemblee-nationale.fr, (consulté le )
  17. « Frère des pauvres, provocateur de paix », sur emmaus-international.org (consulté le )
  18. « L'Abbé Pierre, fédéraliste européen et mondial », sur uef.fr (consulté le )
  19. « Plusieurs personnalités internationales lancent un appel en faveur de la citoyenneté mondiale », Le Monde,
  20. Abbé Pierre et Bernard Kouchner, Dieu et les hommes (dialogues), Paris, Robert Laffont, 1993.
  21. Axelle Brodiez-Dolino, Emmaüs et l'abbé Pierre, Presses de Sciences-Po, 2008, p. 39.
  22. Ibid., p. 40.
  23. C'est la même démarche qu'a utilisée l'Abbé Froidure, onze années auparavant en Belgique.
  24. Albine Novarino, l'abbé Pierre, Éditions du Huitième Jour, Paris, 2007 (ISBN 978-2-914119-88-7).
  25. Axelle Brodiez-Dolino, Emmaüs et l'abbé Pierre, Les Presses de Sciences Po, , p. 67.
  26. Il s'agit bien sûr d'anciens francs.
  27. « Convertisseur franc-euro », sur insee.fr (consulté le )
  28. Appel de l’abbé Pierre du 1er février 1954 - Site officiel d'Emmaüs France [PDF].
  29. « L'abbé Pierre, fondateur d'Emmaüs, est mort », Le Monde, 22 janvier 2007.
  30. EMMAÜS Société Anonyme - Blog : Laboratoire urbanisme insurrectionnel.
  31. Axelle Brodiez-Dolino, Emmaüs et l'abbé Pierre, Presses de Sciences-Po, Paris, 2008 (ISBN 978-2-7246-1094-9).
  32. Le Monde annonce la mort de l’abbé Pierre.
  33. Le Nouvel Obs annonce la mort de l’abbé Pierre.
  34. Funérailles de l'abbé Pierre à Notre-Dame, Lexpress.fr, 26 janvier 2007
  35. « Funérailles de l'abbé Pierre à Notre-Dame », LExpress.fr, (lire en ligne, consulté le )
  36. Hommage national à l'abbé Pierre, L’Obs, 26 janvier 2007
  37. Centre abbé Pierre Emmaüs – Esteville.
  38. L'abbé Pierre inhumé dans l'intimité, Le Monde avec AFP, 25 janvier 2007
  39. « Camus au Panthéon », sur le site de Jean-Jacques-Aillagon, consulté le 27 mars 2010.
  40. Dalaï-lama, Site web de Saillon.
  41. « His holiness the dalai lama to visit switzerland Bestows Two Public Talks to the People of Geneva », Bureau du Tibet.
  42. « L’Abbé Pierre est mort ».
  43. « L'Appel à la Fraternité - Ateliers Du Vivre Ennemble », sur Ateliers Du Vivre Ennemble, (consulté le ).
  44. « Iconographie de l'abbé Pierre » dans Mythologies, Roland Barthes, Éditions du Seuil, Paris, 1957.
  45. Luc Le Vaillant, « L’abbé ne fait pas le moine », 25 septembre 2002.
  46. « C’était ta grande découverte : autant qu’aider, il faut témoigner. Sans paroles, sans images, pas d’indignation », Bernard Kouchner à l’abbé Pierre, Dieu et les Hommes, Éd. Robert Laffont, 1993.
  47. Cité dans Michaël Prazan & Adrien Minard, Roger Garaudy, itinéraire d'une négation, février 2007, Calmann-Lévy.
  48. Annette Lévy-Willard, « L'abbé Pierre, un antijudaïsme qui date », sur Libération,
  49. L’abbé Pierre s’explique à ce sujet dans le documentaire Un abbé nommé Pierre, une vie au service des autres, documentaire télévisé de Claude Pinoteau, en précisant le soutien « à titre amical apporté à la personne de Roger Garaudy et non aux propos qu’il a tenus dans son livre, dont il n’avait pas pris connaissance.
  50. « L’abbé Pierre exclu de la LICRA, », L’Humanité, 2 mai 1996.
  51. Pierre Vidal-Naquet. Analyse des relais dont disposent les négationnistes sur les juifs et le judaïsme.
  52. Passage censuré dans Dieu et les Hommes, publié dans Le secret de l’abbé Pierre de Michel-Antoine Burnier et Cécile Romane, éd. Mille et une nuits, Paris 1996, p. 11. 10.
  53. « Chrétiens et Juifs - 4. juifs déicides, maudits, etc. », sur rivtsion.org.
  54. Site officiel du Vatican.
  55. « La mort de l'Abbé Pierre » sur Le Nouvel Observateur consulté le 27 mars 2010.
  56. L'Humanité.
  57. Voir à cet égard la tribune « Il aurait mérité dix fois d'être fait Juste parmi les nations », publiée par Jean-Claude Duclos, conservateur du musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, évoquant l’hommage national rendu aux Justes français au Panthéon, quelques jours avant la mort de l’abbé Pierre. Duclos rappelle que l’abbé Pierre n’a jamais prononcé de propos antisémites, ni pendant, ni après la guerre, et a sauvé des Juifs pendant la guerre au péril de sa vie.
  58. Avril 1945, conférence de Chaillot.
  59. col.fr | Mort de l’abbé Pierre.
  60. Libération daté du 23 janvier 2007, p. 4.
  61. En 1996 l’abbé Pierre perd une place au classement de la personnalité des français de l'institut de sondage IFOP, conservant tout de même la deuxième place. Cette chute de popularité dans l'opinion publique a été analysé comme une réaction à son soutien de Garaudy (Le Figaro 24/01/07, p. 9).
  62. « Le top 50 des personnalités », 12/06, sondage IFOP pour le Journal du dimanche p. 12 et suivantes.
  63. Tribunal de Venise et de Rome en .
  64. Bernard Langlois (dir.), L'Abbé Pierre plaide le Dossier Mulinaris, collection Résistance, Éditions du Centurion, 1985.
  65. D'après le Corriere della Sera cité dans « La presse étrangère dénonce l'« indécente récupération » de son combat », courrierinternational.com, 23 janvier 2007.
  66. (it) « Abbé Pierre, il frate ribelle che scelse gli emarginati », Corriere della Sera, 23 janvier 2007.
  67. AFP : « Rome, 23 janvier 2007 (AFP) - l'abbé Pierre et les Brigades rouges italiennes : un épisode méconnu » (23 janvier 2007), sur le site de La Croix lire en ligne ; D'inattendues amitiés brigadistes, Libération, 24 janvier 2007 ; « Quel giorno in Tribunale con lui Difese i terroristi rossi e l'Hyperion », Corriere della Sera, 23 janvier 2007 (it).
  68. « Son incompréhension était la même à l'égard des positions du magistère sur l'ordination des femmes : Quelles que soient leurs éminentes fonctions, ceux qui prennent de telles positions, estime le fondateur d'Emmaüs, n'ont jamais avancé un seul argument théologique décisif qui démontre que l'accès des femmes au sacerdoce serait contraire à la foi. » Lettre du 1er novembre 2005 à Benoît XVI, citée par Jean-Claude Lacaze, Le christianisme face à la crise écologique mondiale, L'Harmattan, 2009, p. 109-110.
  69. Henri Tincq, « L'abbé Pierre révèle qu'il a commis le « péché de chair » », Le Monde, 28 octobre 2005, mis à jour le 24 janvier 2007 (consulté le 6 août 2014).
  70. Page de l'abbé Pierre, sur le site officiel de l'ordre national du Québec.
  71. Journal officiel.
  72. École Abbé-Pierre de Hédé.
  73. Annonce officielle de l’Élysée le 22 janvier 2007.
  74. Dévoilement de la statue de l’abbé Pierre à la délégation générale de la Fondation Abbé-Pierre à Paris le 22 janvier 2013.
  75. « Emmaüs : un label, mais un lourd héritage », Le Figaro, 15/10/2007.
  76. (fr + de) Diane Lisarelli, « D'après une histoire vraie - L'abbé Pierre », sur ARTE (consulté le )
  77. « Fonds 2010 018. ABBE PIERRE (1912-2007). Archives d'une vie : les sources écrites personnelles : Répertoire Numérique Détaillé » [PDF], sur Archives nationales du monde du travail, . Cet instrument de recherche n'est pas complet, les documents iconographiques et sonores ainsi que le fonds Emmaüs International sont décrits dans d'autres fichiers présents sur le site des ANMT.

Voir aussi

Bibliographie

  • 1989 : Abbé Pierre L'insurgé de Dieu. Pierre Lunel. Édition°1, Paris, 1989 (ISBN 978-2-863-91328-4)
  • 1992 : Les Chercheurs de Dieu (t. 2 : L’Abbé Pierre, Pauline Jaricot, Xavier de Nicolo), BD de Lama Masudi (dessins), Hugues Labiano (dessins), Marc Malès (dessins), Jean-Louis Fonteneau (scénario), Thierry Lescuyer (scénario), Marie-Noëlle Pichard (scénario), éd. Bayard Jeunesse, Paris (ISBN 978-2-227-61072-9).
  • 2006 : Images d’une vie, recueil de près de 200 photos de l’abbé Pierre, réalisées avec Laurent Desmard, éd. Hoebeke (ISBN 978-2-84230-266-5).
  • 2007 : N'oublions pas les jeunes. Le dernier cri de l'abbé Pierre en faveur des jeunes, de l'éducation, du logement, en collaboration avec Christophe Robert, directeur des études à la Fondation Abbé Pierre, et Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, livre, éd. DDB (ISBN 978-2-220-05454-4).
  • 2008 : Axelle Brodiez-Dolino, Emmaüs et l'abbé Pierre, Paris, Presses de Sciences-Po, (ISBN 978-2-7246-1094-9).
    Cet ouvrage est le premier véritable travail d'historien(ne) sur le mouvement Emmaüs et son fondateur.
  • 2009 : Henri, Quelques pas avec l'Abbé Pierre, album photographique de Claude Iverné, Albin Michel (ISBN 978-2-226-18174-9).
  • 2010 : L'abbé Pierre et Jean Prouvé, Bernard Marrey, Éditions du Linteau, 2010.
  • 2012 : L'abbé Pierre, le roman de sa vie, biographie pour enfants de Chloé Caffarel, Bayard Jeunesse (ISBN 978-2-7470-4299-4).
  • 2013 : Le secret spirituel de l'abbé Pierre, Jean-Marie Viennet et René Poujol, Salvator (ISBN 978-2-7067-1089-6).
  • 2016 : L'abbé Pierre. Un bâtisseur d'humanité, Frédérique Féron, Pascal Meynadier, Marc Brincourt, Éditions du Chêne (ISBN 978-2-8123-1552-7).

Articles connexes

Liens externes

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