Yves Montand

Ivo Livi, dit Yves Montand, né le à Monsummano Terme (Italie) et mort le à Senlis (France), est un chanteur et acteur français d'origine italienne, naturalisé en 1929.

« Montand » redirige ici. Pour l’article homophone, voir Montant.

Pour les articles homonymes, voir Livi (homonymie).

Yves Montand
Yves Montand en 1965 à La Haye.
Nom de naissance Ivo Livi
Naissance
Monsummano Terme (Italie)
Nationalité Italienne
Française (naturalisation en 1929)
Décès (à 70 ans)
Senlis (France)
Profession Acteur
Chanteur
Films notables voir filmographie

Issu d'une famille ayant fui l'Italie fasciste, le jeune Ivo Livi grandit à Marseille et se passionne pour le cinéma, notamment pour les comédies musicales américaines, admirant Fred Astaire et ses numéros de claquettes. D'abord dans les cabarets marseillais, puis dans des salles et en tournée, grâce à son producteur Émile Audiffred, il se fait un nom dans la chanson et finit par monter à Paris après la guerre. Grâce au soutien d'Édith Piaf, il devient une vedette du music-hall français, avec des chansons comme Les Feuilles mortes, C'est si bon, Mais qu’est-ce que j’ai ?, Rien dans les mains, rien dans les poches ou encore La Bicyclette.

Son succès musical l'amène vers le cinéma. Il parvient à s'imposer en tant qu'acteur avec son premier grand rôle dans Le Salaire de la peur (1952), film multiplement récompensé, ainsi qu'au théâtre dans Les Sorcières de Salem en 1955. Son passage sur les scènes de Broadway le conduit à tourner Le Milliardaire (1960), film musical hollywoodien, où il joue aux côtés de Marilyn Monroe. La consécration critique arrive avec la trilogie politique de Costa-Gavras (Z, L'Aveu et État de siège), qui lui confère son statut d'acteur engagé.

Acteur à succès tout au long des années 1960, 1970 puis 1980, il tourne sous la direction de grands réalisateurs français tels que Henri-Georges Clouzot, Jean-Pierre Melville, Henri Verneuil, Costa-Gavras, Claude Sautet ou encore Alain Corneau, alternant les drames, les films politiques, les polars et les comédies. Beaucoup de ses films sont devenus des classiques du cinéma français, comme Paris brûle-t-il ? (1966), Le Diable par la queue (1969), Le Cercle rouge (1970), La Folie des grandeurs (1971), César et Rosalie (1972), Vincent, François, Paul… et les autres (1974), Le Sauvage (1975), Police Python 357 (1976), I… comme Icare (1979) et le diptyque Jean de Florette / Manon des sources (1986).

Connu pour son engagement politique à gauche, Montand interprète de nombreux films et chansons engagés, dont ceux de Costa-Gavras dénonçant les extrémismes. Militant du Mouvement de la paix et des Droits de l'homme, il donne notamment un récital à l'Olympia en soutien aux Chiliens après le coup d'État de Pinochet. Dans les années 1980, son revirement idéologique sera total, il adhèrera au courant d'idées du libéralisme.

Avec Simone Signoret, qu'il épouse en 1951, il forme l'un des couples les plus célèbres du cinéma français.

Biographie

Famille et jeunesse

Ivo Livi, fils de Giovanni Livi et Giuseppina Simoni (1893-1971), naît à Monsummano Alto, en Toscane (Italie), un an avant l'arrivée au pouvoir de Benito Mussolini (le ) et la mise en place du régime fasciste. Il est le dernier d'une fratrie de trois enfants (sa sœur Lydia (1915-2003), et son frère aîné Giuliano — Julien — (1917-1994))[pourquoi ?]. Il est issu d'une famille ouvrière et militante, qu'il vénérera toute sa vie, et qui lui transmet son attachement pour le communisme[1].

En 1923, Ivo n'a que deux ans lorsque sa famille fuit l'Italie fasciste et émigre vers la France. Les Livi s'installent au sein des quartiers pauvres de Marseille. Le père d'Ivo crée une petite fabrique de balais dans le quartier des Crottes. Ses deux aînés quittent rapidement l'école pour gagner leur vie : Lydia devient coiffeuse, et son frère Julien serveur de café, et fervent militant communiste. L'enfance d'Ivo est difficile matériellement ainsi que moralement. Il est en effet considéré comme un « immigré rital ». C'est à cette époque qu'il se passionne pour le cinéma et notamment pour les comédies musicales américaines, en particulier celles de son idole, Fred Astaire, et ses numéros de claquettes.

Par décret du [2], la famille Livi obtient la nationalité française et Ivo devient Yves. La même année, la famille déménage dans le quartier de La Cabucelle, dans l'impasse des Mûriers. Les conséquences de la Grande Dépression ruinent le père d'Yves qui se voit contraint de déposer le bilan de la fabrique familiale de balais en 1932. Yves a onze ans et est nettement plus grand que la moyenne des enfants de son âge lorsqu'il falsifie ses papiers pour se faire engager dans une fabrique de pâtes (la loi interdit le travail avant l'âge de quatorze ans)[3]. Il sera encore livreur, également serveur dans la confiserie « Mignon » avant d'être à quatorze ans apprenti dans le salon de coiffure pour dames où travaille sa sœur Lydia, et passe avec succès un CAP de coiffeur[4]. Il travaille par la suite sur les docks de Marseille.

Ascension

En 1938, à l'âge de dix-sept ans, Yves Livi décroche une place de « chauffeur de salle » dans un cabaret de music-hall de Marseille. Par la suite, il participe à un spectacle dont la première partie accueille des débutants. Il chante Trenet, C'est la vie, Boum, Chevalier, On est comme on est et se livre à des imitations de Fernandel et de personnages de Walt Disney. L'organisateur le prend sous son aile et lui conseille de se trouver un nom de scène. Yves Livi devient Yves Montant — orthographié alors avec un « t » — pseudonyme choisi en souvenir de sa mère. En effet, par un mélange d’italien et de français, elle lui disait, afin qu’il monte à leur appartement : « Ivo, monta »[5].

Il travaille son jeu de scène avec Francis Trottebas — alias Berlingot — et prend des cours de chant avec Marguerite Francelli à partir de l'été 1937. Le débutant, de temps à autre, décroche quelques engagements ; sur scène, il est accompagné au piano par Mado, la fille de son professeur de chant. Ses galas le conduisent parfois jusqu'à Narbonne et Toulouse et, au début de 1940, son nom attire le public. Montand ambitionne alors de passer à l'Alcazar de Marseille.

Le , il est sur la scène de l'Alcazar de Marseille, le public est conquis par son tour de chant qui mêle aux reprises des créations originales. Mais la guerre éclate et remet tout en cause pour celui qui ambitionnait de monter[non neutre] à Paris tenter sa chance.

Yves Montand se retrouve manœuvre aux « Chantiers et Ateliers de Provence ». Un emploi qu'il finit par perdre et, ne retrouvant pas de travail, il décide de chercher des engagements comme chanteur. Il passe dans des cafés, des cabarets modestes, des cinémas où il chante durant l'entracte. Il trouve un emploi de docker et chante encore parfois le dimanche. Berlingot, en , lui permet de reprendre à plein temps la chanson.

Au début de l'été 1941, Yves Montand se produit une seconde fois à l'Alcazar et obtient un triomphe. Il est remarqué par le producteur Émile Audiffred, qui prend en charge sa carrière. Avec lui le chanteur suit des cours de danse et affine son jeu de scène, et lui présente Reda Caire pour travailler sa façon de chanter. Audiffred le fera chanter au Colisée Plage à Marseille et à Lyon en première partie de Rina Ketty. À Marseille, il obtient un nouveau succès avec son passage au Théâtre de l'Odéon. Il chante à Aix, Nice, Toulon

À la rentrée 1941 Émile Audiffred, surnommé "Audi", monte la revue Un soir de folie dont Yves est la vedette. Pour cela, il a besoin d'un répertoire original. Hubert Melone, alias Charles Humel, un auteur-compositeur aveugle, lui écrit deux chansons : Y'a du swing partout, qu'il n'enregistrera jamais, et Dans les plaines du Far-West, qui sera son premier vrai succès[6] Envoyé aux chantiers de la jeunesse créés par Vichy, il y reste presque une année durant, puis reprend la scène. En cette période, malgré l'occupation, il gagne assez bien sa vie, mais doit régulièrement prouver que son nom Livi ne dissimule pas en fait celui de Lévy. Risquant enfin d'être envoyé en Allemagne, afin d'éviter le service du travail obligatoire (STO), il décide, en accord avec Émile Audiffred, de partir pour Paris[7].

En 1944, fraîchement débarqué dans la capitale, épaulé par Audiffred et le comédien Harry Max, Montand se produit au théâtre de l'ABC en février. Par la suite il joue à Bobino, aux Folies-Belleville et au célèbre Moulin Rouge, où il passe grâce aux relations d'Émile Audiffred, fin juillet, en première partie d'Édith Piaf. Cette rencontre est décisive pour Montand, désormais soutenu par la déjà célèbre chanteuse et ses conseils avisés sur le métier et la vie d'artiste. Piaf lui apporte la reconnaissance d'un public élargi et le présente à de nombreux futurs collaborateurs : Loulou Gasté, Jean Guigo, Henri Contet, Louiguy, Marguerite Monnot, Philippe-Gérard… Une idylle naît, mais ils doivent s'aimer en secret car Piaf est alors - pour un temps encore - la maîtresse d'Henri Contet[8].

Le chanteur, sous l'influence d'Édith, peaufine ses entrées en scène, abandonne son accent méridional, se constitue un nouveau répertoire et renouvelle son jeu de scène. Peu à l'aise dans « son nouveau costume », en tournée avec Piaf, durant l'automne 44, Montand ne convainc pas vraiment le public. Le chanteur emporte son adhésion, en au Théâtre de l'Étoile, une fois encore en première partie d'Édith Piaf, laquelle lui a écrit plusieurs chansons, notamment Elle a… qui obtient du succès.

Le , il enregistre pour la première fois pour la marque Odéon : Luna Park, Dans les plaines du Far West, Elle a…, Il fait des…[9]. En octobre, Édith Piaf permet à Montand de chanter en vedette à l'Étoile. Durant sept semaines, il obtient un considérable succès, qu'il prolonge à l'Alhambra. La carrière du chanteur est définitivement lancée.

La même année, il débute au cinéma dans Étoile sans lumière de Marcel Blistène, avec Édith Piaf en vedette[10]. En 1946, il obtient un succès d'estime avec Les Portes de la nuit de Marcel Carné qui est un échec critique et commercial. Yves Montand partage la vedette avec Nathalie Nattier, vedettes par défaut de rôles initialement prévus pour Jean Gabin et Marlène Dietrich. Le chanteur fera encore quelques films, avant de trouver la consécration au cinéma en 1952.

En 1946, Édith et Yves se séparent, à l'initiative de Piaf qui juge que le talent de Montand lui fait quelque peu de l'ombre[9].

Six nouvelles chansons sont enregistrées en novembre, puis il passe au Club des Cinq, un cabaret Faubourg-Montmartre. Francis Lemarque est présent dans le public et enthousiasmé par la performance de Montand, il lui propose trois chansons : Ma douce vallée, Bal, petit bal et Tueur affamé. Cela scelle le début d'une collaboration fructueuse et Montand, qui se réserve l'exclusivité sur les chansons de Lemarque, lui devra quelques-uns de ses plus grands titres.

Début 1947, le chanteur passe en vedette à l'ABC. Il signe un contrat de sept ans avec la Warner, qu'il finira par juger trop contraignant et qu'il dénoncera plus tard. Attaqué en justice, l'affaire se conclut sans préjudice pour lui. En , il chante Mais qu’est-ce que j’ai ? (musique d'Henri Betti et paroles d'Édith Piaf) au Théâtre de l'Étoile et l'enregistre le . L'année suivante, il enregistre trois autres chansons composées par Henri Betti qui seront des succès : C'est si bon (paroles d'André Hornez) le , Maître Pierre (paroles de Jacques Plante) et Rien dans les mains, rien dans les poches (paroles d'André Hornez) le .

Montand se console de la rupture avec Piaf en multipliant ses prestations sur scène. Il participe à l'opérette Le chevalier Bayard qui est un échec, sans que son succès personnel en soit entaché. Cette année-là, il engage le pianiste Bob Castella, qui pour les quarante-quatre années à venir sera son accompagnateur. Grâce à Jacques Prévert, il rencontre le guitariste Henri Crolla, qui sera emporté par un cancer en 1960.

Fort de cette fructueuse collaboration, le chanteur, plus jazzy, plus swing, enchaîne les enregistrements : Clopin-clopant, À Paris, Les cireurs de souliers de Broadway, Les enfants qui s'aiment - ces deux dernières sont signées Prévert - Clémentine… Le , il enregistre Les Feuilles mortes[Note 1],[11].

En 1948, son producteur, Émile Audiffred, meurt prématurément, Yves Montand fera une pause de trois ans au Music-hall. Prévert lui fait découvrir La Colombe d'Or, une auberge de Saint-Paul-de-Vence. Il y devient un habitué et c'est là qu'il rencontre Simone Signoret le . C'est un coup de foudre, ils ne se quittent plus. L'actrice met un temps sa carrière entre parenthèses et après son divorce avec le réalisateur Yves Allégret - de leur union est née Catherine Allégret - ils vivent place Dauphine.

Yves Montand en 1952.

En , le chanteur triomphe avec un tour de chant de vingt-deux chansons, qui marque l'histoire du music-hall et influencera nombre de chanteurs qui s'essayeront au one-man-show[12]. En 1953, ce tour de chant restera à l'affiche à l'Étoile pendant 8 mois à guichets fermés, un record, et ce sera le premier double album 33 T enregistré en live (toujours disponible en CD) qui reste une leçon de music-hall toujours exemplaire.

Le , Simone Signoret et Yves Montand se marient à la mairie de Saint-Paul-de-Vence et deviennent l'un des couples français les plus en vogue du monde du spectacle.

L'accès à la gloire

En 1953, Montand, avec le film d'Henri-Georges Clouzot Le Salaire de la peur, obtient son premier rôle marquant au cinéma. Cette année-là, le film obtient le Grand Prix du Festival de Cannes (ancêtre de la Palme d'or). La même année, la chanson Quand un soldat, datée de 1952, chantée par Montand et écrite par Francis Lemarque est interdite[13].

En 1954, le couple achète une propriété à Autheuil-Authouillet, en Normandie. Cette demeure devint par la suite un haut lieu pour des rencontres artistiques et intellectuelles. Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Serge Reggiani, Pierre Brasseur, Luis Buñuel, Jorge Semprún y séjournent régulièrement. Le couple milite en faveur de ses idées de gauche et est bientôt catalogué « compagnon de route » du Parti communiste français (PCF).

En 1955, Montand et Signoret se produisent au théâtre avec la pièce Les Sorcières de Salem de l'écrivain Arthur Miller. Traduite et adaptée en français par Marcel Aymé, elle est présentée pour la première fois au Théâtre Sarah Bernhardt à Paris, dans une mise en scène de Raymond Rouleau. Le succès est tel que les représentations durent jusqu'à Noël 1955[précision nécessaire].

En 1956, il s'apprête à entamer une tournée de music-hall en URSS, lorsque le les chars de l'Armée rouge envahissent Budapest, en Hongrie (insurrection de Budapest). Montand décide malgré tout de chanter devant les Soviétiques à Moscou, où il rencontre le Premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique, Nikita Khrouchtchev. L'entretien dure quatre heures, et Montand demande personnellement des explications au chef du Kremlin sur les raisons de l'invasion de la capitale hongroise[réf. nécessaire].

En 1957, accompagné de Simone Signoret, (et ses musiciens, Bob Castella, Henri Crolla, Emmanuel Soudieux, Roger Paraboschi, et Marcel Azzola, qui remplace Freddy Balta pour la tournée en URSS), il entreprend une tournée triomphale dans tous les pays du Bloc de l'Est. Cependant, il en revient profondément désabusé, déçu de ce qu'il a vu de l'application concrète du communisme dans ces pays de l'Europe de l'Est. Ses convictions dans ce système politique étant enracinées en lui avant tout par les profondes croyances familiales, surtout paternelles, il aura beaucoup de mal à les réfuter et mettra du temps à reconnaître ses erreurs de jugement[14].

Yves Montand et Marilyn Monroe dans Le Milliardaire (1960).

En 1959, il est engagé par le producteur Norman Granz et, une fois les visas accordés, accompagné par Simone Signoret, il part pour les États-Unis, où, à partir du , il se produit à Broadway durant trois semaines. Le soir de la première, il est applaudi par de nombreuses célébrités : Montgomery Clift, Lauren Bacall, Ingrid Bergman et Marilyn Monroe. Le chanteur triomphe, obtient pas moins de seize rappels ; le lendemain, la presse ne tarit pas d'éloge sur sa prestation. Il chante ensuite à Hollywood, San Francisco et Montréal. Montand conquiert l'Amérique[15]. Il accède alors au statut de vedette internationale : il se produira à New York en 1961 et sera de retour à Broadway en 1963. Il accomplit également avec succès plusieurs tournées à travers le monde, au Canada et au Japon.

À cette époque, il danse à la télévision avec Dinah Shore, et c'est grâce à cette apparition sur la chaîne NBC qu'il se voit proposer un rôle dans le film Le Milliardaire de George Cukor, avec Marilyn Monroe[15].

En , Signoret et Montand au Beverly Hills Hotel de Los Angeles sympathisent avec leurs voisins Arthur Miller et Marilyn Monroe, alors époux à la ville. En avril, Signoret reçoit l'Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation dans Les Chemins de la haute ville de Jack Clayton, puis part à Rome pour un prochain tournage. Miller, lui, regagne New York. Marilyn et Montand tournent à Hollywood le film de George Cukor. Bientôt, ils sont bien plus l'un pour l'autre que des partenaires de cinéma… Leur brève liaison alimente la presse, brise le couple Miller-Monroe, alors que Simone Signoret donne le change face à la presse à scandale.

Il tourne encore Sanctuaire de Tony Richardson avec Lee Remick pour partenaire, puis déclinant plusieurs autres propositions, il rentre en France. Cette infidélité de Montand brise définitivement une bonne partie de la confiance que Simone Signoret portait en elle-même. Yves Montand, de son côté, demeure un séducteur impénitent[réf. nécessaire]. Bien que l'équilibre du couple soit profondément affecté par cet épisode, que Signoret en son for intérieur a très mal vécu[16], ils resteront unis jusqu'à la mort de Simone Signoret, en 1985.

En , Montand triomphe encore à Broadway, au Golden Theatre, où il chante durant huit semaines. L'année suivante, il effectue une longue tournée qui le mène de l'Angleterre au Japon. Début 1963, il chante à Paris à l'Étoile, où, bien que sa popularité soit sans faille, il constate que tout est en train de changer dans le métier. Il peine à trouver des titres nouveaux, et Francis Lemarque, à l'instar des Brassens, Brel, Ferré, Aznavour et autres Gainsbourg ou Nougaro, interprète désormais ses propres créations. Une autre génération, dont un certain Johnny Hallyday, bouleverse tout et Montand est conscient que sa grande période d'artiste de music-hall s'achève[17].

En 1963, il fait la narration dans le film Le Joli mai de Chris Marker et Pierre Lhomme, et y interprète la chanson Joli Mai, adaptation par Michel Legrand de la chanson populaire russe Odinokaya garmon' (russe : Одинокая гармонь, littéralement, « accordéon solitaire ») composée par Boris Mokrousov. Les paroles du poète Mikhaïl Issakovski n'ont pas été conservées dans cette version française.

Yves Montand dans une loge du Théâtre Royal de La Haye (Pays-Bas), le .

À partir de 1964, il se consacre presque exclusivement à sa carrière d'acteur et ne reviendra à la scène que de façon épisodique. C'est à partir de 1965 qu'il s'impose définitivement au cinéma. La rencontre avec Costa-Gavras, avec qui il tourne Compartiment tueurs en est la clef de voûte. Il tourne avec Alain Resnais, René Clément, Claude Lelouch, Philippe de Broca, Jean-Pierre Melville, Gérard Oury, Jean-Luc Godard… et devient l'un des acteurs fétiches de Claude Sautet avec qui il tourne trois films[18]. Durant les années 1970, l'acteur alterne drames, films engagés et comédies et s'impose comme l'un des acteurs français les plus populaires.

Costa-Gavras, qui en 1969 a réalisé Z, dénonçant le régime des colonels grecs, adapte en 1970 L'Aveu d'Artur London publié en 1968. Ce dernier, né à Prague en 1915, entré aux Jeunesses communistes à l'âge de quatorze ans, fut des Brigades internationales anti-franquistes, résistant en France, et déporté à Mauthausen. Après la guerre, il devient vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, il sera arrêté en 1951 et accusé de trahison lors d'un procès stalinien à Prague en 1952, au cours duquel onze condamnations à mort sont prononcées. Artur London en réchappera, et sera réhabilité en 1956. Le film L'Aveu s'achève sur l'arrivée des chars soviétiques à Prague en 1968. Cette fois encore, Costa-Gavras a coécrit le scénario avec Jorge Semprun, mais c'est l'interprétation magistrale d'Yves Montand qui retiendra l'attention et permettra de faire comprendre au grand public l'ampleur de la répression dans les pays du bloc soviétique. L'exemple du courage d'Artur London suffit pour dénoncer les méthodes staliniennes des régimes communistes[19].

En septembre 1968, Yves Montand redevient chanteur le temps de se produire à l'Olympia. Il crée La bicyclette et Mon frère.

Cette même année, son engagement et ses convictions politiques connaissent un revirement complet : après l'écrasement du Printemps de Prague, sa rupture avec le parti communiste français est définitive.

En , pour soutenir les réfugiés chiliens et condamner le coup d'état du capitaine-général Pinochet, il donne un récital unique à l'Olympia. La préparation de ce tour de chant donne lieu à un film de Chris Marker La Solitude du chanteur de fond, dans lequel on voit les répétitions avec son pianiste Bob Castella et son interprétation, entre autres, du Temps des cerises.

Un monument de la chanson et du cinéma

Le début des années 1980 marque le grand retour d'Yves Montand à la chanson et à la scène, après treize ans d'absence (à l'exception du concert de 1974)[20]. Le chanteur enregistre l'album Montand d'hier et d'aujourd'hui, publié en 1980, qui donne lieu à un quatrième show télévisé de Jean-Christophe Averty ; l'album remporte un grand succès avec plus d'un million d'exemplaires vendus, ce qui le certifie deux fois disque d'or[21]. Montand triomphe ensuite sur la scène de l'Olympia, à guichets fermés trois mois durant, du au [21]. À presque soixante ans, il livre une prestation énergique, seul en scène, avec un chapeau, une canne et une chaise[20]. Le succès est tel que, après s'être produit en province de mars à juillet, il revient à l'Olympia durant l'été pour de nouvelles représentations, du au [21]. Fin août, il entame une tournée mondiale, qui le conduit au Brésil, aux États-Unis, au Canada et au Japon[20]. Ce retour triomphal est aussi son dernier passage au music-hall[20]. La captation de la tournée par Guy Job sort en 1983 sous le titre Montand International[21],[22].

Dans les années 1980, Yves Montand milite pour les droits de l'homme et s'engage en faveur du syndicat polonais Solidarnosc de Lech Wałęsa, en .

Le , alors qu'il tourne les films Jean de Florette et Manon des Sources de Claude Berri d'après Marcel Pagnol, Simone Signoret meurt d'un cancer du pancréas à l'âge de soixante-quatre ans.

En 1989 il préside le jury du Festival international du film de Tokyo.

La dernière compagne d'Yves Montand sera Carole Amiel, son assistante sur la tournée de 1982, avec qui il entretenait déjà une liaison au moment où disparaissait Signoret. Avec elle, il a son seul enfant, Valentin, né le .

Il tourne encore trois autres films : Trois places pour le 26 de Jacques Demy (1988), Netchaïev est de retour de Jacques Deray (1991) et IP5 de Jean-Jacques Beineix.

Décès

Tombe de Simone Signoret et d'Yves Montand au cimetière du Père-Lachaise à Paris

Le à 13 heures 50, Yves Montand meurt à Senlis[23] d'un infarctus du myocarde à l'âge de 70 ans, le lendemain du dernier jour de tournage du film IP5 de Jean-Jacques Beineix (à la fin duquel son personnage, lui aussi, meurt d'une crise cardiaque). L'acteur-chanteur ambitionnait de faire sa rentrée sur la scène de Bercy au printemps 1992[24],[21].

Pour les besoins du scénario, protégé par une combinaison de plongeur sous ses vêtements, il s'était baigné, fin septembre, dans un lac glacé des étangs de Commelles dans la forêt de Chantilly, près de Senlis. Après le tournage d'un dernier raccord, Montand ressent un malaise. « Avec tout ce que j'ai vécu, j'ai eu une vie tellement formidable que je ne regretterai pas de partir », déclare-t-il à l'un des ambulanciers[25]. Il meurt à l'hôpital de Senlis et est inhumé au cimetière du Père-Lachaise aux côtés de Simone Signoret, la seule femme à laquelle il fut marié.

Devant le 114, boulevard Saint-Germain à Paris et dernier domicile parisien de l’acteur chanteur, une silhouette de roses rouges et blanches a été dressée en hommage éphémère à l’homme de scène[26].

À ses obsèques le , furent présents entre autres Jean-Louis Livi, son neveu, Catherine Allégret, sa belle-fille, Jean-Pierre Castaldi, son gendre, Catherine Deneuve, Michel Piccoli, Jack Lang, le sculpteur César, la marraine de Valentin Christine Ockrent, Bernard Kouchner, Gérard Depardieu, Claude Sautet, Alain Corneau, Claude Berri, André Glucksmann, Gérard Oury, Michèle Morgan, Danièle Thompson, Jean-Paul Rappeneau, Jorge Semprun, François Léotard, Léon Schwartzenberg, Olivier Martinez, Jean-Jacques Beineix, Serge Reggiani, François Périer, Costa-Gavras, Miou-Miou ou encore Daniel Auteuil [27].

Vie privée

En , Yves Montand rencontre Simone Signoret en vacances à Saint-Paul-de-Vence. C'est le coup de foudre. Elle quitte Yves Allégret pour le suivre, avec sa fille Catherine Allégret, et ils se marient en .

En 1960-1961, il tourne Le Milliardaire et a une liaison passagère avec l’actrice principale, Marilyn Monroe.

En , il vit le drame de la disparition de Simone Signoret et fait la connaissance, lors du tournage de Manon des sources, d'une jeune assistante, Carole Amiel, dernière femme de sa vie et mère de son unique enfant, Valentin, né le . Invitée de l'émission « On va se gêner » de Laurent Ruquier sur la station Europe 1 en , Carole Amiel révèle qu'elle avait croisé Yves Montand sur une route de Saint-Paul-de-Vence alors qu'elle avait 14 ans. Elle avait ensuite entretenu une relation amicale avec lui jusqu'à l'âge de vingt ans, moment où cette relation a « évolué en relation amoureuse ». Au moment de la naissance de Valentin, Montand est âgé de 67 ans.

En 1989, Anne Drossart, ex-comédienne, engage une action en recherche de paternité au nom de sa fille Aurore, née le , pour démontrer que l'acteur est le père d'Aurore. En , le tribunal de Paris demande une analyse sanguine mais Yves Montand refuse de son vivant de se soumettre à cette expertise biologique et conteste la validité des témoignages suggérant des « relations stables et continues » entre lui et Anne Drossart. Ce refus des témoignages (dont celui de Claude Sautet) entraîne l'ouverture d'une instruction pénale qui conclura deux ans plus tard, en 1993, à l'existence confirmée de cette relation. Le tribunal de grande instance de Paris, par un jugement du tirant les conséquences probatoires d'un tel refus et s'appuyant sur les conclusions de l'instruction pénale ainsi que « sur la grande ressemblance de la jeune fille », déclare la paternité d'Yves Montand[28]. Les ayants droit d'Yves Montand (Catherine Allegret et Carole Amiel) saisissent la Cour d'appel deux ans plus tard, en 1996, pour obtenir la réformation de la décision. Toutes les parties au procès sollicitent du juge que soit autorisée une expertise comparative d'ADN post-mortem. Sa dépouille est exhumée nuitamment les et , trois experts remettent à la cour d’appel de Paris leur rapport concluant à la « non-paternité » d’Yves Montand[29]. Les Drossart, défendus par Gilbert Collard, se pourvoient en cassation en 1999. L’année 2001 marque la fin de la procédure avec le rejet du pourvoi en cassation[30].

Son petit-fils adoptif, Benjamin Castaldi, dans son livre Maintenant, il faudra tout se dire (éditions Albin-Michel, 2004), soutient qu'il y aurait eu une liaison amoureuse filialement perturbante, à la fois dite et non dite et connue de Signoret, entre Yves Montand et sa mère Catherine Castaldi née Allégret, fille de Simone Signoret, élevée par Montand et tout juste majeure[31].

En 2005, quatre mois après les affirmations de son fils Benjamin Castaldi, Catherine Allégret évoque cette prétendue relation avec son beau-père, dans un livre intitulé Un monde à l'envers, dans lequel elle écrit qu'il se serait livré à des attouchements sur elle au moins une fois quand elle était enfant et qu'il aurait longtemps gardé plus tard une « attitude plus qu'équivoque » à son égard[32].

Montand et la politique

L'origine prolétarienne d'Yves Montand, issu d'un milieu communiste, est d'abord exploitée pour sa carrière de chanteur (J'aime flâner sur les grands boulevards, Luna Park), mais nourrit ensuite son engagement politique, empreint de coups de gueules, de ferveur, de lucidité (la reconnaissance de son aveuglement devant le stalinisme) et de fidélité aux idéaux de gauche : en 1973, après le coup d'État de Pinochet, il décide brutalement de remonter sur scène par soutien au peuple chilien, démarche filmée par Chris Marker dans La Solitude du chanteur de fond. Sa proximité avec les milieux communistes lui vaut d'être fiché et suivi par les Renseignements généraux et d'y disposer d'un numéro de dossier dès 1949[33].

Dans les années 1980, son revirement idéologique fut total. Il adhère au courant d'idées à l'extrême opposé, le libéralisme, qui arrive alors en France, promu par le courant de pensée TINA : There is no alternative[34]. Dans l'émission télé pédagogique Vive la crise ! ()[35] suivie par 20 millions de personnes[36], il prône un « capitalisme libéral »[37] tout en avouant ne rien connaître à l’économie[38]. Pendant ces années, Montand devient l’objet médiatico-politique qui l’installe à la Une de magazines. Plusieurs émissions de télévision dans lesquelles il apparaît réalisent d'importantes audiences. Le slogan « Montand président ! » fait son apparition et un sondage indique que 36 % des Français seraient prêts à voter pour lui lors d'une élection présidentielle à venir[21],[39].

A la suite de l'émission Questions à domicile du , dont il est l'invité[40], et pour laquelle il touche un cachet de 800 000 francs, Montand crée pour se défendre une polémique autour du cachet des personnages politiques participant à des émissions de télévision[41].

Il est l'acteur principal de la trilogie de Costa-Gavras dénonçant les extrémismes :

  • Z (1969), où il incarne Grigoris Lambrakis, un député de gauche assassiné par des fascistes, ce qui mènera au régime des colonels en Grèce ;
  • L'Aveu (1970) où il incarne le vice-ministre tchèque Artur London incarcéré par le régime communiste ;
  • État de siège (1972) où il incarne un agent américain, inspiré de Dan Mitrione, conseiller d'un régime militaire sud-américain, enlevé par l'extrême gauche.

Malgré ses engagements et soutiens publics, il n'a jamais appartenu à un parti politique, mais fut militant du Mouvement de la paix et des Droits de l'homme.

Montand l'acteur

Yves Montand au Printemps de Bourges en 1982.

Après une carrière fructueuse dans la chanson, Yves Montand parvient à s'imposer au cinéma. Au gré des tournages, il devint un acteur de premier plan tant pour la critique que pour le public. Le Salaire de la peur reste son meilleur chiffre en termes d’entrées sur Paris avec 1 601 140 entrées.

Tournant pour des réalisateurs aussi différents que peuvent l'être Henri-Georges Clouzot, Jean-Pierre Melville, Henri Verneuil, Costa-Gavras ou encore Gérard Oury et Claude Sautet. Il campe aussi bien un flic alcoolique en recherche de réhabilitation dans Le Cercle rouge, qu'un père primesautier dans Tout feu, tout flamme ; un procureur intègre dans I... comme Icare ou un désespéré amoureux dans Clair de femme. Aussi à l'aise dans la comédie (Le Sauvage, La Folie des grandeurs) que le drame (Le Salaire de la peur), il s'impose également dans plusieurs polars : Compartiment tueurs, Police Python 357, Le Cercle rouge, Le choix des armes.

Sa rencontre avec Claude Sautet lui permit d'apposer une empreinte supplémentaire sur le cinéma français : César et Rosalie (1972), Vincent, François, Paul... et les autres (1974) et Garçon ! (1983).

En 1986, Claude Berri l'appela pour camper un Papet plein de truculence et de tragédie dans le diptyque qu'il adapta de Marcel Pagnol : Jean de Florette et Manon des sources.

Enfin, en 1988, dans la comédie musicale Trois places pour le 26, Jacques Demy lui fit interpréter son propre rôle, revenant à Marseille pour y monter un spectacle chanté de sa vie.

Il cumule 94 739 993 entrées France et 39 films répertoriés au box office[42] et il occupe encore à ce jour la 184e place du classement "nombre de places cumulés par acteur /actrice.

Ses films ont été également exportés principalement :

  • en Italie depuis le succès du Salaire de la Peur qui fera finalement 3 300 000 entrées, exploitation d’abord sporadique puis de plus en plus régulière ;
  • en Espagne de manière régulière à partir de 1965 avec Compartiment tueurs.

Grand prix reste d’un de ses plus beaux succès à l’étranger avec 1 720 456 en Espagne et 3 500 000 en Italie.

Dans le tableau, sont comptabilisées et classées les entrées France des films auxquels Yves Montand a participé. Pour certains films, l’année de comptabilisation diffère avec l’année de tournage et de production pour des raisons de sortie et d’exploitation en salle différée.

Yves Montand sur le tournage de Grand prix en 1966.
Box-office Yves Montand
Film Année Réalisateur Entrées
Jean de Florette 1986 Claude Berri 7 223 657 entrées
Le Salaire de la peur 1953 Henri-Georges Clouzot 6 944 306 entrées
Manon des Sources 1986 Claude Berri 6 645 117 entrées
La Folie des grandeurs 1971 Gérard Oury 5 565 824 entrées
Napoléon 1955 Sacha Guitry 5 405 252 entrées
Paris brûle-t-il ? 1966 René Clément 4 946 274 entrées
Le Cercle rouge 1970 Jean-Pierre Melville 4 339 821 entrées
Z 1969 Costa-Gavras 3 952 913 entrées
Paris chante toujours ! 1952 Pierre Montazel 3 144 242 entrées
Vivre pour vivre 1967 Claude Lelouch 2 936 035 entrées
Les héros sont fatigués 1955 Yves Ciampi 2 874 200 entrées
Vincent, François, Paul… et les autres 1974 Claude Sautet 2 807 800 entrées
La Route du bonheur (Saluti e baci) 1953 Maurice Labro et Giorgio Simonelli 2 712 791 entrées
César et Rosalie 1972 Claude Sautet 2 577 865 entrées
Les Portes de la nuit 1946 Marcel Carné 2 559 337 entrées
Aimez-vous Brahms ? 1961 Anatole Litvak 2 387 793 entrées
Souvenirs perdus 1950 Christian-Jaque 2 382 245 entrées
La Loi 1959 Jules Dassin 2 381 000 entrées
Le Sauvage 1975 Jean-Paul Rappeneau 2 373 738 entrées
Tout feu, tout flamme 1982 Jean-Paul Rappeneau 2 279 445 entrées
L’Aveu 1970 Costa-Gavras 2 140 297 entrées
L'Air de Paris 1954 Marcel Carné 2 074 167 entrées
I… comme Icare 1979 Henri Verneuil 1 829 220 entrées
Le Choix des armes 1981 Alain Corneau 1 787 299 entrées
Clair de femme 1979 Costa-Gavras 1 767 803 entrées
Les Sorcières de Salem 1957 Raymond Rouleau 1 686 749 entrées
Étoile sans lumière 1945 Marcel Blistène 1 651 284 entrées
Le Diable par la queue 1969 Philippe de Broca 1 620 703 entrées
Police Python 357 1976 Alain Corneau 1 464 582 entrées
Garçon ! 1983 Claude Sautet 1 434 467 entrées
Le Milliardaire 1960 George Cukor 1 434 281 entrées
La Menace 1977 Alain Corneau 1 346 966 entrées
Marguerite de la nuit 1955 Claude Autant-Lara 1 309 923 entrées
Hommes et loups (Uomini e lupi) 1957 Giuseppe De Santis 1 285 991 entrées
L'Idole 1948 Alexandre Esway 1 210 540 entrées
Compartiment tueurs 1965 Costa-Gavras 1 079 154 entrées
État de siège 1972 Costa-Gavras 1 067 741 entrées
Grand Prix 1967 John Frankenheimer 996 315 entrées
Un dénommé Squarcio (La grande strada azzurra) 1958 Gillo Pontecorvo 923 371 entrées
IP5 1992 Jean-Jacques Beineix 855 136 entrées
Le Fils 1973 Pierre Granier-Deferre 830 931 entrées
La Guerre est finie 1966 Alain Resnais 778 596 entrées
Le Hasard et la Violence 1974 Philippe Labro 717 036 entrées
Le Grand Escogriffe 1977 Claude Pinoteau 708 219 entrées
Ma geisha 1962 Jack Cardiff 684 781 entrées
Les Routes du sud 1978 Joseph Losey 561 951 entrées
Premier mai (Festa di maggio // Le Père et l’enfant) 1959 Luis Saslavsky 529 798 entrées
Un soir, un train 1968 André Delvaux 318 632 entrées
Trois places pour le 26 1988 Jacques Demy 295 017 entrées
Quelques pas dans la vie (Tempi nostri) 1954 Alessandro Blasetti et Paul Paviot 209 314 entrées
Netchaïev est de retour 1991 Jacques Deray 182 515 entrées
Tout va bien 1972 Jean-Luc Godard 157 162 entrées
Sanctuaire (Sanctuary) 1961 Tony Richardson 132 623 entrées
Mister Freedom 1969 William Klein 126 312 entrées
Beyond therapy 1987 Robert Altman 101 315 entrées
Melinda (On a Clear Day You Can See Forever) 1970 Vincente Minnelli 28 456 entrées

Citations

« Un certain Émile Audiffred, producteur de son état, le reconnaît lorsqu'il pousse la porte de son bureau sur la Canebière [...], il était à l'Alcazar lorsque Montand s'y produit, Audiffred croyait très fort à son potentiel scénique, mais regrettait la minceur de son répertoire. "Vivre sans chanson, pour un artiste c'est vivre sans amour ; on n'est rien du tout" lui dira-t-il[43]. »

 Philippe Grocq et Jean Mareska, Montand, qu'est-ce qu'elles ont à tant l'aimer ?

« À L'Alcazar, le patron c'est M. Émile Audiffred. C'est à lui que je dois mes débuts. Il a été très chic pour moi. Il me disait : "Tu verras, petit, tu seras mondial à Marseille !" Et on riait tous les deux. N'empêche que, le premier soir, j'avais un de ces tracs[44]. »

 Yves Montand, L'Express, 1969

« Je me souviens que c'est grâce à Édith Piaf que les Compagnons de la Chanson, Eddie Constantine et Yves Montand débutèrent. »

 Georges Perec, Je me souviens, no 49.

Filmographie

Longs métrages

Le prénom César est plusieurs fois présent dans sa filmographie, on peut citer, par ordre chronologique :

Courts et moyens métrages

  • 1945 : Silence...antenne de René Lucot - court métrage -
  • 1949 : La Ville et ses chansons de Jacques Planche - court métrage -
  • 1953 : Étoiles au soleil de Jacques Guillon - Lui-même - court métrage -
  • 1966 : Rotterdam Europort de Joris Ivens - court métrage, uniquement le commentaire -
  • 1966 : Le Cours d'une vie : Louis Lecoin de Jean Desvilles et Jacques d'Arribehaude- court métrage, uniquement le commentaire -
  • 1969 : Le Deuxième Procès d'Arthur London de Chris Marker - moyen métrage
  • 1969 : Jour de tournage de Chris Marker - court métrage -
  • 1974 : T'es fou Marcel... de Jean Rochefort - court métrage -
  • 1974 : Una mariposa en la noche de Armando Bo - court métrage, uniquement la voix -
  • 1977 : Jacques Prévert de Jean Desvilles - court métrage, documentaire : uniquement voix off-

Distinctions

Récompenses

Nominations

Théâtre

Publication

  • Yves Montand, Du soleil plein la tête, souvenirs recueillis par Jean Denys, Les Éditeurs français réunis, 1955.

Notes et références

Notes

  1. il grave également Et la fête continue - deux chansons extraites du film Les Portes de la nuit. Dès 1947, la chanson Les feuilles mortes est créée par Jacques Douai et enregistrée par Cora Vaucaire. En 1951, Yves Montand l'interprète dans le film de Luciano Emmer Paris est toujours Paris

Références

  1. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Montand raconte Montand, Seuil, , p. 15.
  2. Pierre Lherminier, Signoret Montand. Deux vies dans le siècle, Ramsay, , p. 20.
  3. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 4
  4. Hervé Hamon et Patrick Rotman, Montand raconte Montand, Seuil, , p. 31.
  5. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 3.
  6. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 6 et 7.
  7. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 9 et 10.
  8. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 10.
  9. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 11.
  10. Jean Tulard Dictionnaire du cinéma : les acteurs, ed. Robert Laffont
  11. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 13,14.
  12. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 15
  13. Biographie de Francis Lemarque Universalis.
  14. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 20.
  15. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 22.
  16. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 23.
  17. Rémi Raemackers, 2011, fascicule coffret CD Yves Montand Ce monsieur-là, p. 17, 23 et 24.
  18. Jean Tulard, Dictionnaire du cinéma : les acteurs, éd. Robert Laffont.
  19. Les années 70 de Claude Sérillon, Éditions du Chêne, Hachette Livre, 2006, p. 38.
  20. « Ivo Livi, dit Yves Montand », encyclopédie Larousse (consulté le ).
  21. « Biographie — Yves Montand », sur www.yves-montand-site-officiel.com (consulté le ).
  22. « Montand International », sur www.dvdcritiques.com (consulté le ).
  23. Décès en France, « M. LIVI Ivo - Décès en France - Moteur de recherche des personnes décédées en France », sur www.deces-en-france.fr (consulté le )
  24. « Montand, 10 ans d'absence », Catherine Pouplain-Pédron, RFI Musique.com, 6 novembre 2001 (consulté le 4 juillet 2016).
  25. « Les 7 stars du Père-Lachaise : les ultimes confidences d'Yves Montand à un pompier », Frédéric Lewino et Marie Salah, Le Point.fr, 1er novembre 2014 (consulté le 4 juillet 2016).
  26. Voir Les Archives du JT de l’INA du 13 novembre 1991.
  27. Archives INA JT : MONTAND: factuel obsèques. (consulté le 3 décembre 2019).
  28. Revue trimestrielle de droit civil, Sirey, , p. 540.
  29. Natalie Levisalles, « Trois experts, une seule conclusion. La comparaison des gènes leur permet d'être formels. », sur liberation.fr, .
  30. Condamnée à payer les dépens du procès (soit 33 500 euros) réclamés par la famille Montand, Aurore organise son insolvabilité, vit depuis de petits métiers et décide de ne jamais posséder d'appartement pour éviter qu’on saisisse son salaire ou son logement. (Juliette Demey, « Aurore Drossart : "Pour moi, mon père sera toujours Yves Montand" », sur archive.francesoir.fr, ).
  31. Article paru dans Libération, Par Luc Le Vaillant, mercredi 29 septembre 2004.
  32. Catherine Allégret : « Cette vérité, c’est à moi de la dire ».
  33. Beau, Nicolas., Dans l'oeil des RG, Paris, Robert Laffont, 245 p. (ISBN 978-2-221-22081-8 et 2-221-22081-1, OCLC 1125270238, lire en ligne)
  34. Vive la crise! Et caetera Bakchich (site internet) 2008
  35. Quand Yves Montand et Laurent Joffrin criaient « Vive la crise ! »… 20 minutes, 13/10/2008.
  36. André Halimi, Le show-biz et la politique, Ramsay, , p. 45.
  37. Vive la crise : pédagogie de la soumission. Reportage radio diffusé sur France Inter dans l'émission Là-bas si j'y suis en 2006.
  38. Il y a quinze ans, « Vive la crise ! » in le Monde diplomatique
  39. « Yves Montand n’envisage pas de devenir président » sur www.traces-ecrites.com : « Merci pour votre sympathie et pour vos encouragements, mais pour le moment je n'envisage rien », 11 août 1986.
  40. « Emissions politiques et argent », sur www.ina.fr, (consulté le ).
  41. « Polémique autour de l'émission de TF1 " Moi, Yves Montand, recordman des galas de bienfaisance je ne travaille pas que pour le pognon " », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  42. Cf. Nombre d’entrée des films classés au box office avec Yves Montand. consultation du 16 novembre 2018.
  43. Philippe Grocq et Jean Mareska, Montand, qu'est-ce qu'elles ont à tant l'aimer ?, lire en ligne.
  44. L'Express, 1969.

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

  • Ysabel Saiah, Montand Yves, Éditions du Sciapode), 1981.
  • Jorge Semprún, Montand la vie continue, Paris/Paris, éditions Denoël et Joseph Clims Éditeur, , 310 p. (ISBN 978-2-207-22876-0 et 2-207-22876-2, présentation en ligne)
  • Hervé Hamon et Patrick Rotman, Tu vois, je n'ai pas oublié, Éditions du Seuil/Fayard, 1990.
  • Hervé Hamon et Patrick Rotman, Montand raconte Montand, récit recueilli au cours de l'élaboration du livre Tu vois je n'ai rien oublié, Éditions du Seuil, 2001.
  • Carole Amiel, Lettres à Montand, 2007.
  • Agnès Michaux, Les Sentiments, Flammarion/J'ai lu, 2011.
  • Montand par Montand : confidences et entretiens présentés par Carole Amiel, Paris, Nouveau Monde éditions, 2016.

Liens externes

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