Jean Tulard

Jean Tulard, né le à Paris, est un universitaire et historien français.

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Il est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes de Napoléon Ier et de l'époque napoléonienne (Directoire, Consulat et Premier Empire). Il s'est aussi beaucoup intéressé à l'histoire du cinéma. Il était professeur à la Sorbonne, à Sciences Po et au Collège de France. Il est membre de l'Institut[1],[2],[3].

Il a contribué à plus d'une cinquantaine d'ouvrages, comme auteur unique, en collaboration ou en tant que directeur de publication.

Biographie

Son père est André Tulard, haut fonctionnaire de Vichy chargé des affaires juives à la Préfecture de Paris, qui a établi le célèbre "fichier juif". Jean (Claude, Fernand) Tulard passe son enfance à Albi et se passionne pour le cinéma[4].

Vie privée

Marié à Marie-Josée Fagnot, Jean Tulard a trois enfants : Jacques, Pierre et Florence[réf. nécessaire].

Sa mère est institutrice et conservatrice des archives du Musée de la préfecture de police[1].

Pourquoi l'Empire ?

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Ayant ses entrées à la préfecture de Paris et ses archives grâce à son père, ses parents l'ont encouragé à préparer sa thèse de doctorat sur l'histoire de l'Administration à Paris ("Paris et son administration, 1800-1830").

Il se destinait pourtant à étudier à la fac de droit et devenir juge d'instruction. Un problème d'inscription l'a fait changer de voie[3]. Après sa thèse, qui couvrait la période de l'Empire, devenu enseignant à la Sorbonne dès 1967, il entreprend de se consacrer aux études napoléoniennes. En effet, à cette période là, seuls André Castelot et Alain Decaux s'intéressent à Napoléon. Il publient des livre sur le sujet qui connaissent un immense succès public. Mais ils ne sont pas universitaires, et leur travail empreint d'anecdotes pas toujours fiables. De plus, de très nombreuses sources ont été découvertes depuis les années 1960.

Par ailleurs, l’âge d’or des napoléonogues tels qu’Albert Sorel, Albert Vandal, Henry Houssaye, Louis Madelin ou G. Lenotre[incompréhensible].

A l'heure du bicentenaire de la naissance de Napoléon en 1969, aucune chaire spécialisée dans la période. Cette année, les deux grands succès, jamais démentis depuis du fait de leurs nombreuses traductions et rééditions, sont le Bonaparte et Napoléon de Castelot[1].

En 1967, Michel Fleury cherchait donc à créer une nouvelle direction d'études à l'Ecole pratique des hautes études, à la Sorbonne, qui soit consacrée au Premier Empire. Jean Tulard a été élu à cette chaire, qu'il a conservée pendant trente-cinq ans, parallèlement à son enseignement à Paris-IV et à Sciences-Po[3].

Carrière universitaire

Jean Tulard fait ses classes au lycée Louis-le-Grand.

Reçu premier à l'agrégation d'histoire, docteur ès lettres, puis pensionnaire de la Fondation Thiers (1961-1964), il devient attaché de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) (1964).

Ensuite, il est directeur d'études à l'École pratique des hautes études (1965-2001) et professeur à l'université de Paris-Sorbonne (1967-2001, professeur depuis 1981) et à l'Institut d'études politiques de Paris (1981-2001). Il a également enseigné au lycée Pierre-d'Ailly de Compiègne.

Président de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France (1973-1977), il est également président (1974-1999) puis président d'honneur (depuis 1999) de l'Institut Napoléon, membre du Conseil d'administration de la Cinémathèque française (depuis 2004) et du Comité pour l'histoire préfectorale (2012-2018)[1],[5].

Il a succédé à Jean-Philippe Lecat comme membre du conseil de la Fondation du Crédit agricole - Pays de France en 2012.

Depuis 2012, il préside le conseil scientifique du Figaro histoire[6].

Au Figaro en 2015, il déclare:« Je m'inscris, quant à moi, dans l'école de Jullian, Lavisse, Seignobos et Langlois, l'école positiviste, qui voue, d'abord, un culte au document et proclame que l'on ne peut rien avancer sans preuve »[3].

Activités cinématographiques

Jean Tulard participe en tant que « consultant historique » au téléfilm Valmy, réalisé par Jean Chérasse et Abel Gance et diffusé, pour la première fois, en 1967. D'une durée totale de 208 minutes, cette œuvre est divisée en trois parties : 1. Chute de la royauté, 2. Chronique de l'été 1792, 3. Bataille et naissance de la République.

En 1989, il est le « conseiller historique » pour le film La Révolution française, réalisé par Robert Enrico et Richard T. Heffron, dans une coproduction réunissant des capitaux français, italiens, allemands, canadiens et britanniques. Ce film, selon les versions, dure de 180 à 360 minutes.

Jean Tulard est membre du Comité de parrainage de l'Institut régional du cinéma et de l'audiovisuel de Corse présidé par le réalisateur Magà Ettori (depuis 2009).

Littérature

Jean Tulard est membre du jury du prix des Hussards, créé par Christian Millau[7].

Distinctions

Décorations

Prix

Autre

Jean Tulard est membre de l'Académie des sciences morales et politiques depuis le , élu à la section histoire et géographie au fauteuil de Roland Mousnier. Il a été président de cette académie en 2005.

Publications

  • 1962 : Histoire de la Crète.
  • 1964 : L'Anti-Napoléon, la légende noire de l'Empereur.
  • 1964 : La Préfecture de Police sous la monarchie de Juillet.
  • 1965 : Alexander von Humboldt, L'Amérique espagnole en 1800 (édition critique).
  • 1968 : Première édition critique des Œuvres littéraires et écrits militaires de Napoléon, 3 volumes.
  • 1970 : Nouvelle Histoire de Paris : le Consulat et l'Empire.
  • 1971 : Bibliographie critique des Mémoires sur le Consulat et l'Empire.
  • 1971 : Le Mythe de Napoléon.
  • 1973 : Atlas administratif de l'Empire français.
  • 1973 : Lettres inédites de Cambacérès à Napoléon (édition critique).
  • 1976 : Paris et son administration (1800-1830).
  • 1978 : La Vie quotidienne des Français sous Napoléon.
  • 1978 : Napoléon ou le mythe du sauveur - voir sa fiche.
  • 1979 : Napoléon et la noblesse d'Empire.
  • 1981 : Napoléon à Sainte-Hélène.
  • 1982 : Dictionnaire du cinéma. Tome I : Les Réalisateurs (réédition 1996-1997).
  • 1982 : Le Grand Empire - rééd. 2009.
  • 1983 : Murat.
  • 1985 : Dictionnaire du cinéma. Tome II : Acteurs, producteurs, scénaristes, techniciens (réédition 1996-1997).
  • 1985 : les Révolutions.
  • 1985 : Joseph Fiévée, conseiller secret de Napoléon.
  • 1987 : Histoire et dictionnaire de la Révolution française 1789-1799 (en collaboration)- voir sa fiche.
  • 1988 : Dictionnaire Napoléon (sous la direction de J. T.).
  • 1989 : Nouvelle Histoire de Paris : la Révolution.
  • 1990 : La Contre-Révolution (sous la direction de J. T.). (ISBN 2-262-00609-1)
  • 1990 : Guide des films (sous la direction de J. T.). (ISBN 2-221-90054-5)
  • 1990 : Almanach de Paris (sous la direction de J. T.). (ISBN 2-85229-702-7)
  • 1990 : Les Écoles historiques (en collaboration). (ISBN 2-13-042835-5)
  • 1991 : Le Directoire et le Consulat. (ISBN 2-13-043980-2)
  • 1991 : Le Métier d'historien (en collaboration). (ISBN 2-13-044024-X)
  • 1992 : Napoléon II (17e prix Fondation Pierre-Lafue 1993). (ISBN 2-213-02966-0)
  • 1993 : Procès-verbal de la cérémonie du sacre et du couronnement de Napoléon signé par Louis-Philippe de Ségur. (Présentation et notes) (ISBN 2-11-081287-7)
  • 1993 : Napoléon : jeudi 12 octobre 1809, le jour où Napoléon faillit être assassiné.
  • 1993 : Itinéraire de Napoléon au jour le jour (en collaboration).
  • 1994 : La Petite Histoire de France (en collaboration).
  • 1994 : Le Marché de l'histoire (en collaboration). (ISBN 2-13-046169-7)
  • 1995 : La France de la Révolution et de l'Empire. (ISBN 2-13-054191-7)
  • 1995 : Dictionnaire du Second Empire (sous la direction de J. T.). (ISBN 2-213-59281-0)
  • 1995 : Histoire et dictionnaire du Consulat et de l'Empire (en collaboration) - voir sa fiche. (ISBN 978-2-221-11421-6)
  • 1995 : La Morale de l'histoire (en collaboration).
  • 1996 : Mémoires de Talleyrand (présentation et notes). (ISBN 2-7433-0172-4)
  • 1996 : Le Temps des passions : espérances, tragédies et mythes sous la Révolution et l'Empire (en collaboration).
  • 1997 : Napoléon : le pouvoir, la nation, la légende.
  • 1997 : Jeanne d'Arc, Napoléon, le paradoxe du biographe (en collaboration).
  • 1998 : Joseph Fouché. (ISBN 2-213-59991-2)
  • 1999 : Le 18-Brumaire. Comment terminer une révolution. (ISBN 2-262-01221-0)
  • 2005 : Dictionnaire du roman policier, 1841-2005 : auteurs, personnages, œuvres, thèmes, collections, éditeurs (Fayard). (ISBN 2-213-62590-5)
  • 2005 : Les Thermidoriens (Fayard). (ISBN 978-2-213-62012-1)
  • 2006 : Napoléon - Les grands moments d'un destin. (ISBN 978-2-8185-0308-9)
  • 2008 : Les Pieds Nickelés de Forton (Armand Colin), coll. « Une œuvre, une histoire » (ISBN 978-2-200-35055-0).
  • 2009 : Dictionnaire amoureux du cinéma (ISBN 978-2-259-20831-4)
  • 2009 : Alexandre Dumas (PUF), (ISBN 978-2-35764-005-4).
  • 2011 : Talleyrand ou la douceur de vivre, Bibliothèque des Introuvables, Paris (ISBN 978-2-84575-343-3).
  • 2012 : Détective de l'histoire, Éditions Écritures
  • 2012 : Dictionnaire amoureux de Napoléon, Plon
  • 2012 : La Berline de Napoléon Albin Michel
  • 2012 : Le Pouvoir du Mal, les méchants dans l'Histoire Éditions SPM
  • 2012 : Napoléon chef de guerre, Tallandier (ISBN 978-2847349924).
  • 2013 : Quand Laurel rencontra Hardy, éditions SPM, Paris, (ISBN 978-2-917232-15-6).
  • 2014 : La Police parisienne - Entre deux révolutions (1830-1848), éditions du CNRS, collection Biblis, Paris, 194 pages, (ISBN 978-2-271-07994-7).
  • 2014 : Napoléon et quarante millions de sujets - La centralisation et le Premier Empire (avec Marie-José Tulard), Tallandier, (ISBN 979-1021001473).
  • 2015 : Le Monde selon Napoléon, Tallandier
  • 2016 : Rossini sous Napoléon, éditions SPM, (ISBN 978-2-917-232-49-1).
  • 2016 : Les historiens de Napoléon, éditions SPM, (ISBN 978-2-917-232-36-1).
  • 2017 : Le Monde du crime sous Napoléon, La Librairie Vuibert (ISBN 978-2-311-10202-4).
  • 2018 : Le Nouveau Guide des films (tome V), dir., Bouquins, 928 p.
  • 2019 : Tyrans, assassins et conspirateurs éditions SPM, (ISBN 978-2-917-232-94-1).
  • 2019 : De Napoléon et quelques autres sujets, Tallandier, (ISBN 979-10-210-3798-4).
  • 2019 : Le Musée du crime - Chroniques du 36 quai des Orfèvres (avec Hélène Tulard), Maisonneuve et Larose (nouvelles éditions), Hémisphères (éditions), (ISBN 9-782377-010387).
  • 2020 : L'Europe au temps de Napoléon (dir.), Cerf.
  • 2021 : Marengo ou l'étrange victoire de Bonaparte, Buchet/Chastel,

Filmographie

  • Nos salles obscures (2012), documentaire de 52 min réalisé par Nicolas Lévy-Beff et écrit par Jean-Yves Le Naour- Histoire / Kilaohm Productions[16].

Notes et références

  1. « Jean Tulard : « La BD est devenue un véhicule de la culture historique » », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
  2. François-Guillaume Lorrain, « Napoléon : les dernières cartouches de Jean Tulard », sur Le Point, (consulté le )
  3. « Jean Tulard, le métier d'historien », sur LEFIGARO (consulté le )
  4. Bruno De Cessole, « Jean Tulard Projection privée », Valeurs actuelles, (lire en ligne) :
    « La vocation de cinéphile de Jean Tulard est née à l’âge de raison dans une ville de province, sous l’Occupation, époque malheureuse pour la patrie mais faste pour les cinéphiles. « Ce que reflète ce Dictionnaire amoureux du cinéma, c’est l’univers d’un cinéphile né avec l’avènement du parlant et qui découvre le cinéma à l’âge de 7 ans à Albi, en zone libre, pendant la guerre. Et notamment, jusqu’en 1942, les films américains de l’époque, tous les films français de cet âge d’or que fut l’entre-deux-guerres, sans oublier les films italiens du temps du fascisme, surtout des péplums. » C’est alors que le jeune garçon, séchant les vêpres un dimanche sur quatre, s’enflamme pour les Justiciers du Far West, Pacific Express, les Conquérants, les Inconnus dans la maison, le Capitaine Fracasse, Salvator Rosa et la Couronne de fer. »
  5. , sur univ-droit.fr, mars 2012.
  6. , sur lefigaro.fr, 29 mars 2012.
  7. « Jérôme Leroy rejoint le jury du prix des Hussards », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 19 / dimanche 20 novembre 2016, page 38.
  8. Décret du 2 avril 2010 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur
  9. Décret du 17 avril 2003 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur
  10. Décret du 31 décembre 1993 portant promotion et nomination dans l'ordre national de la Légion d'honneur
  11. Décret du 21 mai 2021.
  12. Décret du 14 mai 1998 portant promotion et nomination dans l'ordre national du Mérite
  13. Arrêté du 15 juin 2001 portant nomination ou promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres
  14. Arrêté du 24 novembre 1994 portant nomination ou promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres
  15. Arrêté du 7 janvier 1981 portant nomination ou promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres
  16. Nos salles obscures

Liens externes

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