Paul Éluard

Paul Éluard, nom de plume d'Eugène Grindel, né à Saint-Denis le et mort à Charenton-le-Pont le (à 56 ans), est un poète français.

En 1916, il choisit le nom de Paul Éluard[1], patronyme emprunté à sa grand-mère maternelle[2], Félicie. Il adhère au dadaïsme et devient l'un des piliers du surréalisme en ouvrant la voie à une action artistique politiquement engagée auprès du Parti communiste.

Il est connu également sous les pseudonymes de Didier Desroches et Brun[3].

Biographie

Gala et la naissance du surréalisme (1917-1930)

Paul Éluard est né à Saint-Denis, au 46 boulevard de Châteaudun (actuellement boulevard Jules-Guesde)[4], le à 11 heures du matin[5]. Son père, Clément Eugène Grindel, est comptable lorsque naît son fils mais ouvre, peu après 1900, un bureau d'agence immobilière. Sa mère, Jeanne-Marie Cousin, est couturière. Éluard fréquente l'école communale de Saint-Denis, puis celle d'Aulnay-sous-Bois à partir de 1903[6],[7]. Vers 1908, la famille s'installe à Paris, rue Louis-Blanc. Il entre comme boursier à l'école supérieure Colbert. Il obtient son brevet en 1912 et en juillet, sa santé apparaissant fragile, part avec sa mère se reposer à Glion, en Suisse. Une grave crise hémoptysique l'oblige à prolonger son séjour et il est contraint, à l'âge de seize ans, d'interrompre ses études car il est atteint de tuberculose. Il reste hospitalisé jusqu'en au sanatorium de Clavadel, près de Davos[8].

Il y rencontre une jeune Russe de son âge en exil Helena Diakonova qu'il surnomme Gala. La forte personnalité, l'impétuosité, l'esprit de décision, la culture de la jeune fille impressionnent le jeune Éluard qui prend avec elle son premier élan de poésie amoureuse, un élan qui se prolongera dans tous ses écrits. Elle dessine son profil, et il ajoute à la main : « Je suis votre disciple ». Ils lisent ensemble les poèmes de Gérard de Nerval, Charles Baudelaire, Lautréamont et Guillaume Apollinaire.

Mobilisé en 1914, il part sur le front comme infirmier militaire avant d’être éloigné des combats en raison d’une bronchite aiguë. Cette expérience de la guerre et de ses champs de bataille le traumatise et lui inspire Poèmes pour la Paix (publiés en 1918).

Devenu majeur à 21 ans, le , il épouse Gala dès le suivant[9].

Le , il écrit à l'un de ses amis :

« J'ai assisté à l'arrivée au monde, très simplement, d'une belle petite fille, Cécile, ma fille ».

En 1918, lorsque la victoire est proclamée, Paul Éluard allie la plénitude de son amour à une profonde remise en question du monde : c'est le mouvement Dada qui va commencer cette remise en question, dans l'absurdité, la folie, la drôlerie et le non-sens. C'est ensuite le surréalisme qui lui donnera son contenu. Juste avant les surréalistes, les dadaïstes font scandale. Éluard, ami intime d'André Breton, est de toutes les manifestations dada. Il fonde sa propre revue, Proverbe, dans laquelle il se montre, comme Jean Paulhan, obsédé par les problèmes du langage. Tous deux veulent bien contester les notions de beau / laid, mais refusent de remettre en question le langage lui-même. En 1920, Éluard est le seul du groupe à affirmer que le langage peut être un «but», alors que les autres le considèrent surtout comme un « moyen de détruire ».

Maison de Paul Éluard à Eaubonne, où il habite à partir de 1923.

En 1922, il promet à André Breton de « ruiner la littérature » et de ne plus rien produire.

Le , il embarque à Marseille pour un voyage autour du monde. Le lendemain, paraît le recueil Mourir de ne pas mourir qui porte en exergue « Pour tout simplifier je dédie mon dernier livre à André Breton ». Il est de retour à Paris au début du mois d'octobre comme si de rien n'était. Breton en dit : « Alors il m'a mis un petit mot, qu'il m'attendait hier [au café]. Cyrano, ni plus ni moins. C'est bien le même, à n'en pas douter. Des vacances, quoi ! »[10]. Tout naturellement, il participe au pamphlet Un cadavre, écrit par les surréalistes en réaction aux funérailles nationales faites à l'écrivain Anatole France.

Toute la vie d'Éluard se confond à présent avec celle du mouvement surréaliste. C'est cependant lui qui échappe le mieux à la réputation de violence et qui est le mieux accepté comme écrivain par la critique traditionnelle. Éluard se plie à la règle surréaliste résumée par cette phrase du Comte de Lautréamont : « La poésie doit être faite par tous, non par un ». Avec Benjamin Péret, il écrit 152 proverbes mis au goût du jour. Avec André Breton, L'Immaculée Conception. Avec Breton et René Char, Ralentir travaux.

Dès 1925, il soutient la révolte des Marocains et en , il adhère au Parti communiste français, avec Louis Aragon, Breton, Benjamin Péret et Pierre Unik. Ils s’en justifient dans le tract collectif, Au grand jour[11].

C'est aussi l'époque où il publie deux recueils essentiels : Capitale de la douleur (1926) et L'Amour la poésie (1929).

En 1928, malade, il repart dans un sanatorium avec Gala, où ils passeront leur dernier hiver ensemble. C'est à ce moment que Gala, qui était ouvertement la maîtresse de Max Ernst, rencontre Salvador Dalí et quitte le poète pour le peintre. Paul Éluard dit à Gala : « Ta chevelure glisse dans l'abîme qui justifie notre éloignement. »

Peu après, il fait la connaissance de Maria Benz, une artiste de music-hall d'origine alsacienne surnommée «Nusch» avec qui il se mariera en 1934[12].

Nusch et le combat pour la liberté (1931-1946)

Les années 1931-1935 comptent parmi les plus heureuses de sa vie. Marié avec Nusch en 1934, il voit en elle l'incarnation même de la femme, compagne et complice, sensuelle et fière, sensible et fidèle. En 1931, il s'insurge contre l'Exposition coloniale organisée à Paris et signe un tract où est écrit : « Si vous voulez la paix, préparez la guerre civile ».

Avec plusieurs amis écrivains (René Char, André Breton, Louis Aragon, etc), il attaque frontalement l’Exposition coloniale de 1931, qu'ils décrivent comme un « carnaval de squelettes », destiné à « donner aux citoyens de la métropole la conscience de propriétaires qu’il leur faudra pour entendre sans broncher l’écho des fusillades ». Ils réclament également « l’évacuation immédiate des colonies », et la tenue d'un procès sur les crimes commis[13].

Exclu du Parti communiste à la fin de l'année 1933, il se fait ambassadeur du surréalisme et voyage en Europe, afin de dénoncer le fascisme. Bien qu'engagé dans les milieux pacifistes, il déclare au sujet d'Hitler que « La mobilisation contre la guerre n’est pas la paix »[13]. En , avec André Breton, il est en Tchécoslovaquie, une des rares démocraties européennes, où la capitale Prague, les accueille avec chaleur. L'organe du Parti communiste hongrois les présente comme deux poètes, les plus grands de la France contemporaine. En Espagne en 1936, il apprend le soulèvement franquiste, contre lequel il s'insurge violemment. L'année suivante, le bombardement de Guernica lui inspire le poème Victoire de Guernica. Pendant ces deux années terribles pour l'Espagne, Éluard et Picasso ne se quittent guère. Le poète dit au peintre : « Tu tiens la flamme entre tes doigts et tu peins comme un incendie ». Des désaccords politiques mais aussi littéraires (refus de l’écriture automatique) conduisent à la rupture entre Éluard et le groupe surréaliste organisé autour d'André Breton en 1938[14].

Mobilisé dès septembre 1939 dans l'intendance, il s'installe avec Nusch à Paris après l'armistice (). Ses premiers poèmes de résistance paraissent dans la clandestinité, dès 1941. Il y fustige la collaboration, y exalte ceux qui disent non, sauve les martyrs et les fusillés de l’oubli : « Péri est mort pour ce qui nous fait vivre »

En , il s'installe chez des amis, Christian et Yvonne Zervos, près de Vézelay à proximité des maquis. Éluard demande sa réinscription, clandestine, au Parti communiste.

Les vingt et une strophes de Liberté, publiées dans le premier numéro de la revue Choix, sont parachutées par les avions anglais[15] à des milliers d'exemplaires au-dessus de la France (ce poème est mis en musique par Francis Poulenc dès 1944).

Paul et Nusch Éluard, à droite, le jour de la Libération de Paris.

En 1943, avec Pierre Seghers et Jean Lescure, il rassemble les textes de nombreux poètes résistants et publie un livre intitulé L'Honneur des poètes. Face à l'oppression, les poètes chantent en chœur l'espoir, la liberté. C'est la première anthologie d'Éluard où il montre sa volonté d'ouverture et de rassemblement. En , Éluard se réfugie avec Nusch à l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban (aujourd'hui considéré comme le berceau de la psychothérapie institutionnelle), dirigé par le docteur Lucien Bonnafé (proche des surréalistes) et François Tosquelles, où se cachaient de nombreux juifs et résistants[16]. Dans cet hôpital, il est séduit par les œuvres des patients, notamment celles d'Auguste Forestier, qui fabrique des petites statues avec des bouts de ficelle, de bois ou de métal, et il en rapporte à Paris, les faisant connaître à Picasso, Raymond Queneau, Jean Dubuffet, qui donnera à l'« art brut » ses lettres de noblesse.

À la Libération, il est fêté avec Louis Aragon comme le grand poète de la Résistance.

Avec Nusch, il multiplie tournées et conférences. Mais le , pendant un séjour en Suisse, il reçoit un appel téléphonique lui apprenant la mort subite de Nusch, d'une hémorragie cérébrale. Terrassé, il écrit :

Vingt huit novembre mil neuf cent quarante-six
Nous ne vieillirons pas ensemble.
Voici le jour
En trop : le temps déborde.
Mon amour si léger prend le poids d'un supplice.

Un couple d'amis intimes, Jacqueline et Alain Trutat (pour qui il écrit Corps Mémorable), lui redonnent peu à peu le « dur désir de durer ». Son recueil De l'horizon d'un homme à l'horizon de tous retrace ce cheminement qui mène Éluard de la souffrance à l'espoir retrouvé.

La bataille de Grèce n'est pas terminée, et son amour et sa lutte avec Nusch se poursuit au-delà de la mort :

Il y a les maquis couleur de sang d'Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l'espoir
Toi que j'aime à jamais toi qui m'as inventé
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre
Tu rêvais d'être libre et je te continue.

Dominique et l'engagement pour la paix (1947-1952)

Plaque commémorative à Charenton, où il est mort.

En , Paul Éluard et Picasso sont invités à participer au Congrès pour la paix à Wrocław (Pologne). En juin, Éluard publie des Poèmes politiques préfacés par Louis Aragon. L'année suivante, au mois d'avril, c'est en tant que délégué du Conseil mondial de la paix, qu'Éluard participe aux travaux du congrès qui se tient à la salle Pleyel à Paris. Au mois de juin, il passe quelques jours auprès des partisans grecs retranchés sur les monts Gramos face aux soldats du gouvernement grec. Puis il se rend à Budapest pour assister aux fêtes commémoratives du centenaire de la mort du poète Sándor Petőfi. Il y rencontre Pablo Neruda.

En septembre, il est à Mexico pour un nouveau congrès de la paix. Il rencontre Odette, dite Dominique Lemort avec qui il rentre en France. Ils se marieront en 1951[17]. Éluard publie cette même année le recueil Le Phénix entièrement consacré à la joie retrouvée.

En 1950, avec Dominique, il se rend à Prague pour une exposition consacrée à Vladimir Maïakovski, à Sofia en tant que délégué de l'association France-URSS et à Moscou pour les cérémonies du 1er mai.

Tombe au Père-Lachaise.

En , il est à Genève pour une conférence sur le thème La Poésie de circonstance. Le , il représente « le peuple français » à Moscou pour célébrer le cent cinquantième anniversaire de la naissance de Victor Hugo.

Le à neuf heures du matin, Paul Éluard succombe à une crise cardiaque à son domicile, 52 avenue de Gravelle à Charenton-le-Pont. Les obsèques ont lieu le au cimetière du Père-Lachaise où il est inhumé[18]. Le gouvernement refuse les funérailles nationales.

L'écrivain Robert Sabatier déclare :

« Ce jour-là, le monde entier était en deuil. »

Analyse

Exaltation de l'expérience amoureuse

La poésie d'Éluard est d'abord une exaltation lucide du désir. Capitale de la douleur (1926) montre que le monde de la maladie, de la solitude et de la mort, est toujours menaçant, mais c'est justement aussi ce qui donne son prix au bonheur[19]. Son titre était à l'origine L'art d'être malheureux[20].

L'amour « égoïste » de L'Amour la poésie peut également s'ouvrir et œuvrer pour le bonheur de tous, comme en témoignent les poèmes des recueils La Vie immédiate (1932) et Les Yeux fertiles (1936), célébrant son amour partagé avec Nusch. La mort de Nusch est l'occasion d'un pari fou sur l'avenir, d'un authentique recommencement. Le Dur Désir de durer est un acte de foi envers le langage conçu comme une lumière capable de faire reculer les ténèbres de la souffrance.

Chez Paul Éluard, les exigences morales épurent le mot sans jamais éluder les bouleversements de l’homme, tant la logique de l’amour les soutient. « Pour lui, l’amour est la grande force révolutionnaire », souligne Jacques Gaucheron dans son livre Paul Éluard ou la fidélité à la vie. Il l’approfondit sans cesse, du désir le plus charnel à l’érotisme et jusqu’à cette ouverture au monde qu’est l’amour. Passer de « je » à « tu », c’est passer à « nous », au « nous » le plus vaste. L’amour, par nécessité intérieure, donne à voir, donne à vivre, donne à vouloir un monde sans mutilation qui s’épanouirait en investissant toutes les dimensions humaines. La seule exigence totalisante étant celle du bonheur. Éluard écrit : « Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d’autre ».

Libérer le langage pour changer la vie

Le langage de la poésie d'Éluard dépasse l'automatisme pur et ne se contente pas de mettre au jour le minerai de l'inconscient. Il cherche à rendre évidentes des associations de mots, d'images, qui pourtant échappent à tout lien logique. Car si, selon le vers célèbre du recueil L'Amour la Poésie, « La terre est bleue comme une orange »[21], c'est que, pour le poète, tout est possible à qui sait « voir ». C'est en affranchissant la pensée de ses limites qu'il découvre l'absolu poétique. Chez Éluard, la parole affirme : « J'ai la beauté facile et c'est heureux » (Capitale de la douleur)[19].

Une poésie engagée

C'est également en combattant la mort et les atrocités liées à la guerre que le poète aspire à redonner un sens à la vie. On compte notamment, parmi ses écrits les plus engagés :

  • Cours naturel, 1938
  • Facile proie, 1938
  • Le Livre ouvert, 1941
  • Poésie et vérité, 1942
  • Poèmes politiques, 1948
  • Poème à Staline, Cahiers du communisme,

Jacques Gaucheron, auteur du livre Paul Éluard ou la fidélité à la vie, rencontre le poète après la guerre au Comité national des écrivains. Devenus amis, ils publient ensemble Les Maquis de France. Pour lui : « Paul Éluard est entré dans l’histoire littéraire lorsqu’il parle de poésie ininterrompue, ce n’est pas un vain mot ».

Cette cohérence tient à la profondeur de l’invention d’Éluard, qui n’est pas seulement une manière de dire, mais une manière d’être. L’intuition fondamentale du poète, explique Jacques Gaucheron, est précocement à l’origine de la revendication inconditionnelle du bonheur. Sa méditation poétique s’expérimente dans les remous de sa vie personnelle. On pense souvent à lui comme poète de la Résistance. Durant les années de l’occupation nazie, il est celui qui ne se résigne pas, qui n’accepte pas. Le sommet est atteint avec Liberté qui sera diffusé dans le monde entier en 1942. Paul Éluard est un porteur d’espérance.

Mais il est aussi le poète de la résistance, sans majuscule. Il écrit contre l’ordre du monde. Sa lutte est tout aussi ininterrompue que sa poésie. Lorsqu’il écrit l'Immaculée Conception en 1930 avec André Breton, il se bat contre les traitements que l’on inflige aux aliénés, l’aliénation étant l’une des pires représentations de l’exclusion. Au sens que lui confère Éluard, la poésie est une entreprise de désaliénation. La poésie en devient donc « un art de langage, un art de vie, un instrument moral ».

« Voir et Donner à voir »

Les liens très profonds qui unissaient Éluard et ses amis artistes, peintres et sculpteurs, se reflètent dans les nombreux poèmes qu’il leur a consacrés, sans compter ceux qu'il leur a dédiés. Il est aussi sans doute le poète chez qui la collaboration avec les peintres, qui va parfois jusqu'à la fusion de l'image et du texte, a été la plus importante, plus de quarante artistes ayant œuvré avec lui. Jean-Charles Gateau dit de lui : « Aucun poète de ce siècle, et je pèse mes mots, n'a eu comme Éluard l'amour de la peinture. » Toute sa vie, il sera un collectionneur passionné achetant, vendant, échangeant. Plus de 400 œuvres sont passées successivement dans sa collection. Dès le milieu des années 1920, il collectionne des objets d’Arts Premiers, collection qu’il poursuivra jusqu’à sa mort.

Hommage

  • Un prix de poésie porte son nom, décerné par la Société des poètes français.
  • Françoise Sagan a trouvé, dans le second vers du poème À peine défigurée, du recueil La Vie immédiate (1932), le titre de son premier roman, Bonjour tristesse. Le titre de son roman Un peu de soleil dans l'eau froide est, quant à lui, tiré du poème d'Éluard, Vivre ici, publié en 1926.
  • Frédéric H. Fajardie a donné le nom d'Eugène Grindel au héros de son roman, Clause de style, publié en 1984 (adapté au cinéma sous le titre Ne réveillez pas un flic qui dort avec Alain Delon et Michel Serrault).
  • Jairo Chanteur argentin, a composé et enregistré en 1977 une version du poème Liberté, paru dans un premier album éponyme en France (Ici en public en 1988 au Bataclan, en hommage aux victimes des attentats de ).
  • En , le président français Georges Pompidou cite un poème de Paul Éluard dans une interview concernant une professeure de français de 32 ans, Gabrielle Russier, qui s'est donnée la mort après avoir eu une relation avec un de ses élèves de 17 ans: « Comprenne qui voudra, Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d'enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés[22]. ».


Œuvres

Poésies

  • 1913 : Premiers Poèmes
  • 1916 : Le Devoir
  • 1917 : Le Devoir et l'Inquiétude , avec une gravure sur bois par André Deslignères
  • 1918 : Pour vivre ici
  • 1920 : Les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux
  • 1923 : L'Amoureuse
  • 1924 : La Courbe de tes yeux
  • 1924 : Mourir de ne pas mourir
  • 1925 : Au défaut du silence
  • 1926 : La Dame de carreau
  • 1926 : Capitale de la douleur
  • 1926 : Les Dessous d'une vie ou la Pyramide humaine
  • 1929 : L'Amour la poésie
  • 1930 : Ralentir travaux, en collaboration avec André Breton et René Char
  • 1930 : À toute épreuve
  • 1930 : L'Immaculée Conception
  • 1932 : Défense de savoir
  • 1932 : La Vie immédiate
  • 1935 : La Rose publique
  • 1935 : Facile, avec des photographies de Nusch par Man Ray
  • 1936 : Les Yeux fertiles, avec la participation de Picasso
  • 1937 : Quelques-uns des mots qui jusqu'ici m'étaient mystérieusement interdits, GLM
  • 1938 : Les Mains libres, en collaboration avec Man Ray.
  • 1938 : Cours naturel
  • 1938 : La Victoire de Guernica
  • 1939 : Donner à voir
  • 1939 : Je ne suis pas seul
  • 1941 : Le Livre ouvert
  • 1942 : Poésie et Vérité 1942
  • 1942 : Liberté
  • 1943 : Avis
  • 1943 : Courage
  • 1943 : Les Sept poèmes d'amour en guerre
  • 1944 : Au rendez-vous allemand
  • 1946 : Poésie ininterrompue
  • 1946 : Le Dur désir de durer
  • 1947 : Le Cinquième Poème visible
  • 1947 : Notre vie
  • 1947 : À l'intérieur de la vue
  • 1947 : Le temps déborde
  • 1948 : Poèmes politiques
  • 1951 : Le Phénix

Œuvres complètes

Les Œuvres complètes en deux tomes sont établies par Marcelle Dumas et Lucien Scheler et publiées en 1968 par Gallimard dans la collection Bibliothèque de la Pléiade. À cette occasion un Album Éluard est réalisé.

Divers

  • Elle se fit élever un palais, 1947 : in-folio (330x510) publié avec Serge Rezvani, en feuillets sous couverture repliée. Livre tiré à 16 exemplaires en , pour le compte de Maeght éditeur.
    Le texte de Paul Éluard est constitué du poème Elle se fit élever un palais (extrait de la Rose publique), et Serge Rezvani l'a orné de gravures[23], et a agrémenté chaque exemplaire de vignettes originales[24]. Rezvani avait alors 18 ans, et n'avait pas le sou. Il raconte : « Ne pouvant plus peindre faute de toiles et de couleurs, la nuit j'allais voler des poubelles, à l'époque de simples caisses de bois. Me servant des planches brutes, je gravais des profils de femme. Ensuite, en les encrant, je tirais sur une feuille de papier ces silhouettes de chair en réserve, dont la blancheur nue naissait des nœuds, veines, striures du bois vivant par le tremblé d'une richesse de dentelle de Chine. Paul Éluard vit par hasard les premiers tirages de ces gravures chez Monny de Boully. Il voulut me rencontrer. Ces profils de femmes verticales coïncidaient avec un rêve qu'il avait célébré par un poème. Pendant six mois je tirai chez Mourlot les planches de ce livre (...) j'allais souvent chez Éluard pour lui montrer les planches au fur et à mesure que je les tirais. Avant même que je ne sorte les gravures, il me faisait asseoir à table et m'apportait du pain et du fromage. Je mourais de faim, il le savait. »
  • Ode à Staline[25], 1950
  • Picasso, dessins, 1952
  • Anthologie des écrits sur l'art, Cercle d'Art, collection Diagonales, Paris, 1987[26], (ISBN 978-2702202142)
  • Le Poète et son ombre, Seghers, 2008 : textes provenant de plaquettes à tirage limité, de catalogues rares et de revues.

Correspondance

  • Paul Éluard & Jean Paulhan, Correspondance 1919-1944, édition établie et annotée par Odile Felgine et Claude-Pierre Pérez, Éditions Claire Paulhan, MMIII [2003], 208 p. (ISBN 2-912222-20-6).
  • Lettres de jeunesse, Paris, Seghers, 1962.
  • Choix de lettres à sa fille (1932-1949), revue Europe, N° spécial Paul Éluard, novembre-, p. 21-33.
  • Lettres à Joë Bousquet, Paris, Éditeurs français réunis, 1973.
  • Lettres à Gala 1924-1948, Paris, Gallimard, 1984, 522 p. (ISBN 2-07-070230-8).
  • André Breton et Paul Éluard, Correspondance 1919-1938, présentée et éditée par Étienne-Alain Hubert, Paris, Gallimard, 2019, 458 p.

Notes et références

  1. Pierre Vilar, « Capitale de la douleur », sur Encyclopædia Universalis (consulté le ).
  2. Robert D. Valette, Éluard, livre d'identité.
  3. Autres pseudonymes : dans la Résistance, il se fait appeler Jean du Haut et Maurice Hervent (voir aussi L'Honneur des poètes).
  4. Une plaque commémorative y est apposée.
  5. Archives en ligne Saint-Denis, voir Registre d'état civil, Ville de Saint-Denis, Naissances, du 22/06/1895 au 31/12/1895, tome 2, page 100, acte no 1445, « Grindel ».
  6. Mairie d'Aulnay-sous-Bois, « Les personnages illustres », sur www.aulnay-sous-bois.fr (consulté le )
  7. Departement de la Seine-Saint-Denis - DCPSL - Service du Patrimoine Culturel, « Le Parc (Aulnay-sous-Bois) [005inv903] - L'Atlas de l'architecture et du patrimoine de la Seine-Saint-Denis (partie consacrée à l'école Paul Éluard) », sur www.atlas-patrimoine93.fr (consulté le )
  8. Œuvres complètes, tome I, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1968, p XV et XVI.
  9. Archives en ligne Saint-Denis, voir Registre d'état civil, Ville de Saint-Denis, Naissances, du 22/06/1895 au 31/12/1895, Tome 2, page 100, « Grindel », mariage avec Hélène Diakonoff, le 21-02-1917, Paris 18e arrondissement.
  10. Lettre à Marcel Noll du 7 octobre 1924 ; Henri Béhar, André Breton le grand indésirable, éditions Fayard, Paris, 2005, p. 189.
  11. Marguerite Bonnet, André Breton, œuvres complètes, tome 1 : chronologie, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 1988, p. LIII.
  12. Archives en ligne Saint-Denis, voir Registre d'état civil, Ville de Saint-Denis, Naissances, du 22/06/1895 au 31/12/1895, Tome 2, page 100, « Grindel », mariage avec Marie Benz, le 21-08-1934, Paris 7e.
  13. « Paul Éluard Faire face aux bâtisseurs de ruines », sur L'Humanité,
  14. Carole Reynaud-Paligot, Parcours politique des surréalistes 1919-1969, CNRS.
  15. Diana Cooper-Richet, Michel Rapoport, Robin Adams-Mayhew, L'entente cordiale : cent ans de relations culturelles franco-britanniques, 1904-2004, Creaphis éditions, (lire en ligne), p. 128.
  16. Didier Daeninckx, Caché dans la maison des fous, Paris, Éditions Bruno Doucey, coll. « Sur le fil », , 118 p. (ISBN 978-2-36229-084-8).
  17. Archives en ligne Saint-Denis, voir Registre d'état civil, Ville de Saint-Denis, Naissances, du 22/06/1895 au 31/12/1895, tome 2, page 100, « Grindel », mariage avec Odette Suzanne Lemort, le 15-06-1951, Saint-Tropez (Tar).
  18. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, , 867 p. (ISBN 978-2-914611-48-0), p. 314.
  19. « Capitale de la douleur », sur pierre.campion2.free.fr (consulté le )
  20. Lucien Scheler, « Préface », in Paul Éluard, Œuvres complètes, t. I, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1968, p. XXXVI.
  21. Valérie Le Boursicaud Podetti, Citations littéraires expliquées, Eyrolles, , 142 p. (ISBN 978-2-212-86513-4, lire en ligne).
  22. Ces vers cités par Georges Pompidou, sont extraits de « Comprenne qui voudra», un des poèmes du recueil « Au rendez-vous allemand », publié en .
  23. Gravures faites sur le bois de caisses à savon qui servent de poubelles dans les rues de Nice, où il lui arrive de séjourner.
  24. Jean-Charles Gateau, Éluard, Picasso et la peinture (1936-1952), Librairie Droz, 1983.
  25. « Staline et la poésie: rencontre fatale avec le Petit Père des Peuples » (consulté le )
  26. Page explicative sur le site de l'éditeur.

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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