Marocains en Belgique

Les Marocains en Belgique est la population issue de l'immigration depuis 1964. Ils sont démographiquement la minorité ethno-culturelle d'origine étrangère la plus importante du pays[2].

Marocains en Belgique

Populations significatives par région
Région de Bruxelles-Capitale 41,4 % des personnes d'origine marocaine en Belgique (18,9 % de la population de la région et 28,1% des moins de 18 ans )
 Région flamande 38,9 % des personnes d'origine marocaine en Belgique (3,3 % de la population de la région)
 Région wallonne 19,6 % des personnes d'origine marocaine en Belgique (3,0 % de la population de la région)
Population totale 556 365 (4,8 % de la population nationale et 8,8 % des moins de 18 ans) (1er janvier 2020)[1]
Autres
Régions d’origine Belgique, Maroc
Langues français, tamazight, arabe marocain, néerlandais
Religions islam et autres

Selon le recensement du Centre de recherche en démographie et sociétés de l'Université catholique de Louvain datant de 2012, environ 429 000 allochtones marocains, davantage issus de la deuxième génération que la première, vivaient en Belgique[1].

Au 1er janvier 2020, il y avait, en prenant en compte la nationalité de naissance des parents, 556 365 personnes d'origine marocaine (4,8 % de la population tous âges confondus et 8,8 % des moins de 18 ans) en Belgique. Les personnes d'origine marocaine sont les plus nombreuses des personnes d'origine maghrébine, loin devant les personnes d'origine algérienne et celles d'origine tunisienne[3],[4],[5].

Histoire

Histoire contemporaine

La principale immigration marocaine a démarré à la suite de la convention belgo-marocaine signée le et passée presque totalement inaperçue à l’époque[6]. Cette immigration se caractérise par la permanence de son installation, par son regroupement familial et par aussi la présence d'une immigration féminine[7]. Elle se poursuit jusqu'en 1974, année à laquelle, le , est reconnu le culte islamique, qui bénéficie d’un financement public.

Néanmoins les archives attestent d'une première présence d'un petit nombre de travailleurs marocains en Belgique à Châtelineau en 1920, essentiellement des hommes non qualifiés, qui restent en moyenne pendant 2 mois dans le pays avant de rentrer chez eux[7].

Après 1974, le regroupement familial reste autorisé, ce qui va permettre l’installation durable de nouveaux immigrés marocains dans le pays. L'immigration se poursuit également de manière « illégale »[8].

À l'issue du 50e anniversaire de l'immigration marocaine et turque en Belgique en 2014, le premier ministre belge Elio Di Rupo remercie les immigrés pour leur contribution au pays et exprime ses vœux pour : «  Une Belgique colorée, multiculturelle fraternelle et solidaire. Une Belgique fière de son histoire, de sa culture et de ses valeurs. Une Belgique heureuse d’offrir ce qu’elle a, et d’accueillir les apports du monde entier. »[9].

Démographie

La région du Rif, au nord du Maroc, d'où la plupart des Marocains en Belgique est originaire

Une grande majorité des Marocains en Belgique sont originaires des villes de la région du Rif comme Nador, Al Hoceïma, Berkane, Tétouan ou encore Tanger, et cela n'empêche pas de trouver un nombre important de marocains originaires des villes de Meknès, Fès, Casablanca et Taza.

Certaines catégories de Marocains à l'immigrations tardive, étudiants universitaires par exemple étant restés en Belgique après leur cursus, proviennent des grandes villes marocaines [réf. nécessaire].

Discrimination

Les Belgo-Marocains des deuxième et troisième générations se sentent plus Marocains que Belges, ont moins souvent un diplôme, un travail et se disent plus souvent victimes de discrimination. Le fait d'être né en Belgique a un impact négatif sur leur sentiment d'identification à la Belgique et à ses valeurs, et sur leur participation à la vie politique[réf. nécessaire]. Les espoirs déçus engendrent chez eux de la frustration et du repli sur soi, rarement une remise en question ressort-il d'une enquête de la Fondation Roi Baudouin[10]. La communautarisation prend de l'ampleur partout à Bruxelles, notamment dans la commune de Schaerbeek, d'Anderlecht ainsi que de Molenbeek où plus de la moitié des habitants ont des origines marocaines.[réf. nécessaire]

Terrorisme

Le terrorisme en Belgique fait de plus en plus son apparition. Une organisation djihadiste belge a carrément été fondée en par des Belgo-Marocains qui porte le nom de Sharia4Belgium. Presque 90 % des Belges qui partent en Syrie sont d'origine marocaine[11]. Ce sont plus souvent les Belgo-Marocains qui sont les auteurs des actes terroristes commis en Belgique et en dehors du pays. Hassan el-Haski, Belgo-Marocain est l'auteur des Attentats de Madrid du 11 mars 2004 faisant 191 morts et 1 858 blessés. Le , la Tuerie de Liège a eu lieu, faisant 7 morts ainsi que 125 blessés, le tueur, Nordine Amrani, d'origine marocaine se serait suicidé après avoir commis l'acte terroriste. Molenbeek, la commune majoritairement d'origine marocaine passe dans les Unes des journaux après les Attentats du 13 novembre 2015 en France. Une grande partie des pseudos-terroristes qui ont participé aux Attentats sont des Belgo-Marocains, tous passés par Molenbeek. Quelques jours après les attentats, la commune fait l'effet de la capitale du djihadisme en Europe[12]. Les autres terroristes belgo-marocains Bilal Hadfi, Brahim Abdeslam, Chakib Akrouh, Abdelhamid Abaaoud, ont tous été tués. Salah Abdeslam, le terroriste français né à Bruxelles d'origine marocaine a été l'homme le plus recherché d'Europe[13]. Il fut arrêté le à Molenbeek[14]. Mohammed Amri, Hamza Attou, Ali Oulkadi et Mohamed Abrini deviennent alors les hommes les plus recherchés de Belgique ainsi que d'Europe[15]. Quatre jours après l'arrestation de Salah Abdeslam, l'Aéroport de Bruxelles-National et la station de métro Maelbeek explosent[16]. Elles font état de 35 morts et de 340 blessés (dont deux Marocains morts et six blessés)[17]. L'attaque est revendiquée par l'État islamique[18] et les auteurs des attentats Najim Laachraoui, Mohamed Abrini, Ibrahim et Khalid El Bakraoui seraient tous des Belges d'origine marocaine[19]. Le seul terroriste survivant Mohamed Abrini, fut arrêté le , dans la commune d'Anderlecht[20].

Culture

Société

D'après un portrait dressé par la Fondation Roi Baudouin[21], 60 % des Belgo-Marocains se sentent aussi Belges que Marocains, 21 % trouvent que leur identité d'origine est plus importante que l'identité belge. Il ressort néanmoins ici que chez les jeunes Belgo-Marocains, le fait d’être né sur le sol belge a plutôt un impact négatif en termes d’inclusion et de participation à la société belge. Ainsi, par rapport aux Belgo-Marocains non nés sur le sol belge, les Belgo-Marocains nés en Belgique ont moins de chances d’être actif sur le marché de l’emploi, se montrent moins en accord avec les valeurs démocratiques, font preuve de moins d’intérêt pour la vie politique belge, possède un groupe d’amis globalement moins hétérogène, ressentent davantage la discrimination et ont plus l’impression d’être différents des Belgo-belges. C’est une des grandes conclusions des chapitres liés aux revenus et à l’enseignement notamment. On constate en effet une augmentation de la proportion de Belgo-Marocains possédant un diplôme de l’enseignement supérieur et une nette hausse des revenus par rapport aux dernières enquêtes. Une classe moyenne émerge : plus ou moins 20 % des Belgo-Marocains gagnent désormais plus de 3 000 euros bruts par mois (alors qu’en 2009 seuls 2,2 % des Belgo-Marocains rentraient dans cette catégorie !) La tranche de la population gagnant de 1 500 à 3 000 euros a aussi augmenté tandis que la classe la plus précaire (en dessous de 1 500 euros) a diminué.

95,4 % des Belgo-Marocains se disent musulmans. Une identité qui est d’ailleurs vécue comme forte et positive puisque trois quarts des répondants se disent fiers d’être musulmans. Les pratiques religieuses sont globalement très suivies. La fréquentation de la mosquée par exemple est majoritaire mais sa régularité est très variable. Ils ne sont plus que 10 % à se rendre dans ce lieu de culte tous les jours. Certains n’y vont que lors de la prière du vendredi ou de façon très occasionnelle. La prière quotidienne, le ramadan ainsi que la zakât (le don) sont aussi très observés. Idem pour la consommation halal et l’interdiction de boire de l’alcool. Le port du foulard, sujet de polémique par excellence, est observé par 52,4 % des Belgo-Marocaines. Mais 23 % des femmes belgo-marocaines le retirent sur leur lieu de travail.

Les chercheurs ont également sondé l’adhésion à une série importante de valeurs. Démocratie, séparation de l’Église et de l’État, liberté d’expression, égalité des sexes : autant de valeurs dont on met souvent en doute la compatibilité avec l’islam et qui rencontrent pourtant une adhésion majoritaire. D’ailleurs, 73 % des Belgo-Marocains pensent qu’ils doivent s’adapter à la société belge. 17 % des Belgo-Marocains estiment néanmoins que les « Belgo-belges » devraient s’adapter aux musulmans.

Le vrai tabou reste la sexualité. Ainsi, près de 7 sondés sur 10 sont opposés aux relations sexuelles avant le mariage, tant pour les filles que pour les garçons. Et 4 sur dix sont même contre le flirt avant une union officielle. Ensuite, pour 59 % des Belgo-Marocains, l’homosexualité n’est jamais justifiée. Globalement, 20 % pensent que c’est tolérable dans certaines circonstances et 20 % estiment que c’est toujours justifié.

Nationalité marocaine

Il est presque impossible de perdre la nationalité marocaine. On considère que les Marocains doivent à leur roi une allégeance perpétuelle («fidélité éternelle»)[réf. nécessaire]. Il est donc possible d'envoyer une demande de radiation de la nationalité marocaine, mais cette demande doit être accordée par arrêté ministériel et cela arrive très rarement. Les Marocains peuvent donc se naturaliser en Belgique, mais conserver leur nationalité marocaine. Parce que les enfants des Marocains sont automatiquement marocains aussi, cela signifie que la deuxième génération de Marocains en Belgique a également la nationalité marocaine.

Cette double nationalité suscite régulièrement des polémiques.[réf. nécessaire]

Langues

Une partie des Belges d'origine marocaine parlent à la maison l'une des langues berbères, principalement le rifain (ou tarifit). Une autre partie parle à la maison l'arabe marocain. La plus jeune génération, quant à elle, parle en Région flamande le néerlandais et souvent également le français, en Région wallonne le français et à Bruxelles le français en grande majorité (idem pour les parents qui ne comprennent pas le néerlandais). Une minorité, qui réside dans la Communauté germanophone de Belgique à l'est du pays, parle l'allemand et le français car les communes germanophones sont toutes à facilités pour les francophones et se trouve en région Wallonne par conséquent le français est enseigné dès le plus jeune âge et maîtrisé par la quasi totalité de la population germanophone .

Vie politique

En 2019, 20 députés d'origine marocaine sont élus aux parlementaires régionaux et 6 au parlement fédéral[22].

Représentation politique

Personnalités de la religion

Notes et références

  1. (fr) Statbel,Office belge de statistique, Statbel, Statbel, Office belge de statistique, 2021.
  2. « 1/2 siècle d’immigration belgo-marocaine », La Libre Belgique, (lire en ligne, consulté le ).
  3. Statbel, Office belge de statistique, Statbel, Statbel, Office belge de statistique, 2021
  4. http://www.ote.nat.tn/fileadmin/user_upload/doc/Repartition_de_la_communaute_tunisienne_a_l_etranger__2012.pdf
  5. http://aida-association.org/diaspora/index.php
  6. « La convention belgo-marocaine du 17 février 1964 relative à l'occupation de travailleurs marocains en Belgique », sur La librairie du CRISP (consulté le ).
  7. Moroccan Migration in Belgium: More than 50 Years of Settlement Christiane Timmerman Leuven University Press, 26 Oct 2017
  8. https://www.lalibre.be/international/les-illegaux-marocains-seront-renvoyes-plus-rapidement-au-pays-56d4983b3570ebb7a8d89181
  9. Camille Wernaers, « Elio Di Rupo: «Nous pouvons être fiers des immigrés marocains» », Le Soir, (lire en ligne , consulté le ).
  10. « Victimes de discrimination, les Belgo-Marocains de 2e et 3e générations sont démoralisés », sur RTBF Info, (consulté le ).
  11. « Maroc : visite du quartier général de l'antiterrorisme, à Rabat » [vidéo], sur RTL Info (consulté le ).
  12. « Le chagrin de Molenbeek », sur RTBF Info, (consulté le ).
  13. France Inter avec, Corinne Audouin, « Salah Abdeslam, de l'homme le plus recherché d'Europe au plus attendu de France » , sur franceinter.fr, (consulté le ).
  14. ClDD, « Salah Abdeslam arrêté en 10 minutes: les vidéos d’une arrestation musclée », Le Soir, (lire en ligne , consulté le ).
  15. « Salah Abdeslam fugitif le plus recherché d’Europe », sur deredactie.be, VRT NWS: le site d'information de référence, (consulté le ).
  16. Lavenir.net, « Attentats à Brussels Airport et à la station de métro de Maelbeek: au moins 31 morts », L'Avenir, (lire en ligne , consulté le ).
  17. AFP, « Le bilan des attentats de Bruxelles s'alourdit à 35 morts et 340 blessés », sur francetvinfo.fr, France 3 Hauts-de-France, (consulté le ).
  18. Claude De Decker, « Daesh revendique officiellement le double attentat de Bruxelles », Le Soir, (lire en ligne , consulté le ).
  19. « Attentats de Bruxelles: qui sont les kamikazes et leurs complices présumés? », La Libre Belgique, (lire en ligne, consulté le ).
  20. Rédaction en ligne avec agences, « Mohamed Abrini et au moins un complice auraient été arrêtés ce vendredi (direct) », Le Soir, (lire en ligne , consulté le ).
  21. Elodie Blogie, « Les Belgo-Marocains nés en Belgique se sentent moins intégrés à la société », Le Soir, (lire en ligne , consulté le ).
  22. « Belgique: six Marocains élus députés à la chambre des représentants », sur fr.le360.ma, (consulté le )
  23. Samir Hilal, 29 mai 2017, « Le modèle marocain de religiosité est une référence en Europe (Président du Rassemblement des Musulmans de Belgique) », sur Maghreb Arabe Presse (consulté le )

Annexes

Articles connexes

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