Bataille de Heiligerlee

La Bataille de Heiligerlee s'est déroulée le à Heiligerlee, dans l'actuelle province de Groningue, et constitue l'un des premiers affrontements de la guerre de Quatre-Vingts Ans, qui devait déboucher sur l'indépendance des Provinces-Unies. Bien que la bataille de Rheindalen près de Roermond, remportée par le duc de Parme, ait eu lieu dès le , on considère ordinairement que la guerre de Quatre-Vingts Ans éclate ce 23 mai, avec cette bataille qui s'acheva par une victoire des rebelles néerlandais.

Bataille de Heiligerlee
La bataille de Heiligerlee par Frans Hogenberg (1536-1590).
Informations générales
Date
Lieu Heiligerlee, Groningue
Issue Victoire de Guillaume d'Orange et de ses alliés
Belligérants
 Monarchie espagnole Rebelles hollandais
Commandants
Jean de Ligne (†)Guillaume Ier d'Orange-Nassau
Louis de Nassau
Adolphe de Nassau (†)
Forces en présence
3 200 fantassins
20 cavaliers
3 900 fantassins
200 cavaliers
Pertes
1 500 à 2 000 morts, blessés ou prisonniers50 morts ou blessés

Guerre de Quatre-Vingts Ans

Batailles

Coordonnées 53° 09′ nord, 7° 01′ est
Géolocalisation sur la carte : Pays-Bas

Contexte

L’arrivée du duc d'Albe aux Pays-Bas espagnols et l'institution du Conseil des troubles en 1567 ont marqué le début d'une répression brutale, où le plénipotentiaire espagnol n'hésite pas à arrêter les gouverneurs indociles. Guillaume d'Orange, stathouder des provinces de Hollande, de Zélande et d’Utrecht, s'est réfugié sur les terres de son beau-père (le Prince-électeur de Saxe) pour éviter d'être arrêté comme le comte d’Egmont et le comte de Hoorne. Le roi Philippe II d'Espagne a confisqué ses terres et l'a déchu de ses titres aux Pays-Bas.

En 1568, Guillaume d'Orange a levé une armée et entreprend de marcher vers les Pays-Bas pour relever de son commandement l'impopulaire duc d'Albe : il n'entend pas se rebeller contre Philippe II, mais plutôt laisser au souverain une porte de sortie pour apaiser le pays et ainsi retrouver le rôle d'autorité impartiale[1].

Guillaume d'Orange tente d'encercler les Pays-Bas en ouvrant quatre fronts ; une armée menée par son frère pénètre en Gueldre depuis l'Allemagne tandis que des huguenots français doivent attaquer au sud.

Déroulement

Les mercenaires allemands de Louis de Nassau comptent 3 900 fantassins, et Adolphe de Nassau dirige un escadron de 200 cavaliers.

L’armée du stathouder pro-espagnol de Frise, Jean de Ligne, qui était aussi comte d’Aremberg, comprend 3 200 fantassins et un escadron de 20 cavaliers. Conscient de son infériorité numérique, il cherche d'abord à éviter le combat en attente de renforts, mais il est intercepté le 23 mai aux abords du village d’Heiligerlee par l'armée du beau-père de Guillaume d'Orange, venue d'Allemagne. Les deux capitaines ennemis, Jean de Ligne et Adolphe de Nassau, perdent la vie dans cet engagement. Les mercenaires espagnols, en fuite, sont massacrés par les rebelles et laissent entre 1 500 et 2 000 hommes sur le terrain.

Conséquences

Cette victoire, la première du rebelle Guillaume d'Orange, sonne comme un avertissement pour la couronne d'Espagne : la révolte est de grande ampleur et il va falloir employer les grands moyens. Le Comte d'Egmont et le Comte de Hoorne sont exécutés en place publique à Bruxelles au mois de juin suivant.

Mais la tentative d'invasion des Pays-Bas espagnols va tourner court, Guillaume d'Orange manquant d'argent pour payer ses mercenaires. Ses alliés subissent une défaite décisive quelques mois plus tard à la bataille de Jodoigne devant l'armée du duc d'Albe. Guillaume d'Orange doit s'enfuir à nouveau.

Adolphe de Nassau est évoqué dans l’hymne national néerlandais :

« En Frise au champ d’honneur, le comte Adolphe est tombé » (Graef Adolff is ghebleven, in Vriesland in den slaech.)

Notes et références

  1. Ce point de vue s'exprime au travers de l'hymne national néerlandais, le Wilhelmus, dont le couplet final s'ouvre sur : « den koning van Hispanje heb ik altijd geëerd… » J'ai toujours honoré le roi d'Espagne »). Dans les proclamations et les courriers qu'il adressait à ses alliés, Guillaume insistait régulièrement sur le droit des sujets à renoncer à leur serment de fidélité si le roi ne respectait pas lui-même leurs droits : cf. Limm 1989, p. 32.

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Peter Limm, The Dutch revolt, 1559-1648, London New York, Longman, coll. « Seminar studies in history » (no 1989: 1), , 147 p. (ISBN 978-0-582-35594-1).
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