Jean Dasté

Jean Dasté, né Jean Georges Gustave Dasté le à Paris 10e et mort le [1] à Saint-Priest-en-Jarez, est un acteur, metteur en scène et directeur de théâtre français. Il a été un trait d'union original entre Jean Vigo, la Nouvelle Vague, Alain Resnais et François Truffaut. Il a aussi été une figure importante de la décentralisation théâtrale.

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Jean Dasté
Jean Dasté (à gauche) avec Alain Meilland (photo prise à l'occasion du spectacle de Jean Dasté à la maison de la culture de Bourges en mai 1974).
Nom de naissance Jean Georges Gustave Dasté
Naissance
Paris, France
Nationalité Française
Décès
Saint-Priest-en-Jarez, Loire, France
Profession comédien, metteur en scène, directeur de théâtre
Films notables Zéro de conduite
L'Atalante
La Grande Illusion
la Chambre verte

Biographie

Jean Dasté est initié au théâtre par sa mère. Jacques Copeau, dont il épousera la fille, Marie-Hélène, le prend comme élève à l'école du Vieux-Colombier en 1922. Il suit son maître en Bourgogne, où le « groupe des Copiaux » joue de 1924 à 1929, première tentative de décentralisation théâtrale. Après la dissolution de la troupe, les anciens Copiaux retrouvent Paris en 1931 pour former la « Compagnie des Quinze », dirigée durant deux ans par Michel Saint-Denis. Traversant une période de doute et sur le point de renoncer au théâtre, Jean Dasté rencontre Maurice Jacquemont et André Barsacq avec qui il fonde la « Compagnie des Quatre-Saisons » (1937). Souhaitant faire sortir le théâtre des salles pour retrouver l'esprit des bateleurs, Dasté monte Le Médecin volant sur le Pont-Neuf, Les Fourberies de Scapin sous la Tour Eiffel. Il travaillera plus tard à l'Atelier d'André Barsacq (1940-1944).

C'est Jean Renoir qui le fait débuter au cinéma en 1932 dans Boudu sauvé des eaux. Mais Jean Vigo lui donne ses lettres de noblesse en le faisant jouer dans Zéro de conduite (1933) et surtout dans L'Atalante (1934). Aux côtés de Michel Simon et de Dita Parlo, il y est un peu en retrait, mais campe un marinier émouvant. Après la mort de Vigo (1934), il tourne avec Renoir dans Le Crime de Monsieur Lange (1936), La vie est à nous (1936) et La Grande Illusion (1937). Il participera quelques années plus tard à Remorques de Jean Grémillon et à Adieu Léonard de Pierre Prévert.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Jean Dasté fonde son « Théâtre de la Saison-Nouvelle ». Soutenu par Jeanne Laurent, directrice des spectacles et de la musique au Ministère de l'éducation, il est appelé en 1945 par Georges Blanchon à Grenoble pour créer la « Compagnie des comédiens de Grenoble », entouré de Tonia Cariffa, Hubert Deschamps, Jacques Lecoq et Julien Verdier. Cet événement marque les débuts "officiels" de la décentralisation théâtrale. Ne pouvant obtenir de subvention municipale, la compagnie est dissoute en 1947. Jean Dasté fonde alors à Saint-Étienne le centre dramatique de la Cité des mineurs (actuellement Comédie de Saint-Étienne), coopérative ouvrière d'intérêt public régional. Comédiens et techniciens réunis autour de lui sillonnent les routes de campagne de la région stéphanoise pendant près de dix ans. La troupe parvient à attirer un public populaire, qu'elle initie au répertoire des grands classiques français et étrangers : Molière, Beaumarchais, Shakespeare, Pirandello, Tchekhov, Lorca, Claudel, Sophocle. Dasté éprouve le besoin de présenter aussi des auteurs contemporains, Herbert Le Porrier, Yves Jamiaque, Audiberti, Michel Vinaver, Jean-Paul Sartre, Jean Lescure, tout en se livrant à des expériences sur le mime, le japonais et la tragédie grecque. En 1966 Armand Gatti vient mettre en scène son Homme seul

En 1956, après le succès rencontré par la création du Cercle de craie caucasien de Brecht, Jean Dasté recentre son activité à Saint-Étienne. La troupe se scinde alors en deux équipes : Les Tréteaux, animés par André Lesage, sillonnent la campagne tandis que la Comédie plante son chapiteau. En 1962 elle s'installe dans la salle des Mutilés du travail qui peut accueillir un millier de spectateurs. Après dix ans de démarches, la maison de la culture de Saint-Étienne, gérée par un conseil d'administration, subventionnée par l'État et les collectivités locales, commence en 1969 à fonctionner dans un bâtiment appartenant à la ville. Par suite de divergences politiques avec la municipalité, Jean Dasté n'y dispose que d'une petite salle à laquelle il donne le nom de Copeau et démissionne l'année suivante de ses fonctions de directeur du Centre dramatique.

En 1963, après près de vingt ans d'absence du cinéma, Jean Dasté accepte, à la demande d'Alain Resnais, de jouer dans Muriel ou le Temps d'un retour, où il tient le rôle modeste mais impressionnant de l'homme à la chèvre, puis dans La guerre est finie (1966). François Truffaut, sûrement en partie en hommage à Vigo, lui donne un rôle important à ses côtés, dans L'Enfant sauvage (1969) et, plus tard, dans L'Homme qui aimait les femmes (1977). Mais c'est dans La Chambre verte (1978) qu'il interprète un personnage magnifique et inquiétant, Bernard Humbert, et là encore Truffaut lui donne personnellement la réplique. Il revient chez Resnais pour Mon oncle d'Amérique en 1980 et L'Amour à mort en 1984.

On peut remarquer aussi ses apparitions en 1969 dans Z de Costa-Gavras, en 1976 dans Le Corps de mon ennemi d'Henri Verneuil, en 1978 dans le Molière d'Ariane Mnouchkine, en 1980 dans Une semaine de vacances de Bertrand Tavernier, en 1989 dans Noce blanche de Jean-Claude Brisseau.

Enfin, hommage au deuxième degré, Suzanne Schiffman, assistante et scénariste de Truffaut le fait jouer dans son film Le Moine et la sorcière (1987), l'un de ses derniers rôles.

Jean Dasté meurt à Saint-Étienne en 1994. Sa mort provoquera une grande émotion à Saint-Etienne, et même en France, car comme Jean Vilar, il était vu et reconnu comme une référence culturelle, d'autant plus qu'il était très écouté, et même consulté. Un théâtre et un collège y portent son nom. « Il a ouvert une brèche dans laquelle se sont engouffrés Jean Vilar, Hubert Gignoux, puis Roger Planchon ou Ariane Mnouchkine. Sans lui le monde du théâtre en France n'aurait pas la même apparence », observe Le Monde au lendemain de sa disparition[2].

Filmographie

Théâtre

Comédien

Metteur en scène

Publications

  • Jean Dasté, Qui êtes-vous, Lyon, La Manufacture, 1987
  • Le Théâtre, 1989
  • Voyage d'un comédien, Éditions Stock, 1977
  • Le Théâtre et le risque, 1992
  • Pour que vive le théâtre, 2009 (parution posthume)

Notes et références

  1. Les gens du cinéma pour certificats de naissance et de décès
  2. Bénédicte Mathieu, Mort de Jean Dasté, Le pionnier de la décentralisation théâtrale, dans Le Monde, mardi 18 octobre 1994, p. 21
  3. Critique de la pièce par Claude Olivier dans Les Lettres françaises du 26 novembre 1964

Voir aussi

Bibliographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Bénédicte Mathieu, « Mort de Jean Dasté, Le pionnier de la décentralisation théâtrale » et Michel Cournot, « Vous ne saurez jamais ce que vous lui devez », dans Le Monde, mardi , p. 21.

Article connexe

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