Jacques Villeret

Jacques Villeret, né Jacky Boufroura[1] le à Tours (Indre-et-Loire) et mort le à Évreux (Eure), est un acteur français.

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Interprétant souvent des personnages au caractère gentil et attachant, il est notamment connu du grand public français pour son rôle de l'extraterrestre La Denrée dans La Soupe aux choux (1981), du maréchal Ludwig von Apfelstrudel dans Papy fait de la résistance (1983), ou encore de François Pignon dans Le Dîner de cons (1998).

Biographie

Jacky Boufroura naît à Tours le [2], d'un père algérien d'origine kabyle installé en France, Ahmed Boufroura, et d'une mère française, Annette Bonin († 2013), qui tenait un salon de coiffure. Ses parents divorcent alors qu'il est âgé de neuf mois. Il est élevé par le nouveau mari de sa mère, Raymond Villeret, dont le nom de famille devient son nom d'usage. Vers l'âge de sept ans, ses parents lui expliquent que Raymond n'est pas son père biologique[3]. Il a une demi-sœur, Ghislaine. Ce n'est qu'à l'âge de quarante ans qu'il fera changer son état civil pour s'appeler officiellement Villeret.

À l'école, il aime imiter ses professeurs et jouer au football, sport qu'il pratique avec talent et dextérité selon ses anciens camarades. Durant son passage chez les éclaireurs, il a l'occasion de découvrir le théâtre. La première pièce qu'il joue est une comédie de Roger Ferdinand, créée en 1943, les J3 ou la nouvelle école[4], où il tient le rôle de Barbarin. Il effectue sa première représentation le au Palace-Cinéma, dans sa ville, à Loches. Au lycée, il décroche une bourse de voyage Zellidja qui lui permet de partir à l'étranger pendant plus d'un mois.

Par la suite, il suit une formation théâtrale au conservatoire de Tours puis au Conservatoire de Paris, promotion 1973[5], où il a pour professeur Louis Seigner, avant de faire ses débuts sur scène avec la compagnie Marcelle Tassencourt.

Copie du costume de La Denrée dans La Soupe aux choux lors de l'exposition sur Louis de Funès à la Cinémathèque française en 2020.

Au cinéma, c'est le réalisateur Yves Boisset qui lui confie son premier rôle en 1973 : celui d'un soldat durant la guerre d'Algérie dans R.A.S. Il tourne à nouveau sous la direction de Boisset l'année suivante dans Dupont Lajoie.

Dans les années 1970, il incarne des personnages de Français moyen, rondouillard assez naïf, le plus souvent souffre-douleur. Il tourne sous la direction de Jean-Claude Brialy (Un amour de pluie), Élie Chouraqui (Mon premier amour) et Jacques Rozier (Les Naufragés de l'île de la Tortue). Dans ce dernier film, il incarne le frère du personnage joué par Maurice Risch, acteur qui lui ressemblait alors beaucoup.

Il obtient ses premiers rôles importants grâce à Claude Lelouch, avec qui il tournera au total huit films dont Le Bon et les Méchants (1976) et Robert et Robert (1978), qui lui vaut le César du meilleur acteur dans un second rôle.

Bien qu'ayant obtenu le premier rôle de Bête, mais discipliné en 1979, il n'accède véritablement à la célébrité qu'en 1981 avec son rôle d'extra-terrestre « oxien » (La Denrée) dans La Soupe aux choux de Jean Girault en compagnie de Louis de Funès et de Jean Carmet dans les deux premiers rôles principaux. Autre second rôle fameux : le demi-frère d'Adolf Hitler dans Papy fait de la résistance (1983), où il interprète la chanson Je n'ai pas changé, reprise parodique (avec un fort accent allemand) de la chanson de Julio Iglesias.

En 1998, Francis Veber adapte sa pièce Le Dîner de cons dans un film au titre homonyme. Le réalisateur fait de nouveau appel à Villeret afin de jouer le personnage de François Pignon et l'acteur remportera pour ce rôle le César du meilleur acteur. Par la suite, Jacques Villeret tourne notamment sous la direction de Jean Becker dans Les Enfants du marais (1999), Un crime au Paradis (2001) et Effroyables Jardins (2003), incarnant des rôles poignants et touchants salués par le public et la critique.

Il meurt à Évreux (Eure) le des suites d'une hémorragie interne en rapport avec une maladie hépatique. Il est enterré à Perrusson (Indre-et-Loire), auprès de sa grand-mère maternelle.

Vie privée

Alain Meilland et Jacques Villeret en 1993 durant la tournée de La Contrebasse.

Il épouse la comédienne Irina Tarassov le , après deux ans de vie commune. Le couple se sépare en 1998. Il rencontre Seny, une veuve sénégalaise qui s'apprêtait à quitter Lille pour vivre avec lui à Paris, quand il meurt.

Jacques Villeret était le parrain de Charlotte Russo, la fille de son ami Daniel Russo[6].

Dans Un jour tout ira bien (2006), publié aux éditions Flammarion[7], Irina Tarassov relate leur parcours et leur combat contre l'alcoolisme qui finit par emporter Jacques Villeret en 2005. Cet ouvrage a fait l'objet d'une polémique. Ghislaine Villeret, la sœur de Jacques Villeret, a dénoncé « les mensonges sur son frère »[8].

Théâtre

Filmographie

Longs métrages

Courts métrages

Télévision

Distinctions

Décorations

Récompenses

Nominations

Notes et références

  1. Selon un entretien donné à Isabelle Racicot dans Flash en 1999, il dit : « Je m'appelle Jacques Villeret Ahmed Boufroura, […] je suis Algérien de père. Et je vous emmerde. »
  2. « Jacky Villeret », sur deces.matchid.io (consulté le ).
  3. Tout Le Monde En Parle | France 2 | 5/10/2005 Thierry Ardisson reçoit Ghislaine Villeret : https://www.youtube.com/watch?v=YnK9EIfK2h8
  4. Librairie-théâtrale
  5. Association des élèves et anciens élèves du Conservatoire national supérieur d'art dramatique
  6. Jacques Villeret : l’angoissé qui voulait nous faire rire, Radio télévision suisse
  7. « Irina Villeret : Un jour, tout ira bien », La Dernière heure, 19 août 2006.
  8. Ina Talk Shows, « Ghislaine Villeret "Les mensonges sur mon frère Jacques Villeret" | Archive INA », (consulté le )
  9. Jacques Villeret est également coproducteur du film.

Voir aussi

Bibliographie

  • Irina Tarassov-Villeret, Un jour, tout ira bien, Paris, Flammarion, , 327 p. (ISBN 2-08-068891-X). Prix de la Biographie de l'Académie des Belles-Lettres et des Beaux-Arts du Pays de Caux, décerné le et prix 2006 de la Biographie de la ville d'Aumale, décerné le .
  • Seny, Mon bébé blanc, Paris, Le Cherche-Midi, , 236 p. (ISBN 2-7491-0459-9)
  • Jean-Jacques Jelot-Blanc, Les Plus Belles Répliques de Jacques Villeret, Monaco ; Paris, Éditions du Rocher, coll. « Les plus belles répliques de », , 155 p., 21 cm (ISBN 2-268-05479-9)
  • Claude Sartirano et Gilles Durieux, Villeret : du rire aux larmes (biographie), Paris, Editions de l'Archipel, , 308 p. (ISBN 978-2-8098-0003-6)

Documentaire

  • Jacques Villeret : l’angoissé qui voulait nous faire rire, de Frédéric Zamochnikoff (2014)

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