Garry Kasparov

Garry (ou Garri ou Gary) Kimovitch Kasparov (en russe : Гарри Кимович Каспаров), né le à Bakou (RSS d'Azerbaïdjan, URSS), est un joueur d'échecs soviétique puis russe. En exil depuis 2013, il a acquis la nationalité croate en 2014 et vit aujourd'hui à New York.

Pour les articles homonymes, voir Weinstein et Kasparov.

Garry Kasparov

Garry Kasparov lors du London Chess Classic 2010.

Nom de naissance Garik Vaïnstein
(Гарик Вайнштейн)
Naissance
Bakou, Union soviétique
Nationalité  Russe
 Croate
(depuis 2014)[1],[2]
Titre Grand maître international (1980)
Champion d'URSS (1981, 1988)
Oscar des échecs
(1982-1983,
1985–1996, 1999, 2001-2002)
Champion de Russie (2004)
Champion du monde Champion du monde junior (1980)
Champion du monde d'échecs
(1985–2000)
Meilleur classement Elo 2851
(juillet 1999 et janvier 2000)
Meilleur classement mondial 1er

Treizième champion du monde d'échecs de l'histoire, de 1985 à 2000 et vainqueur de nombreux tournois, il est considéré comme l'un des meilleurs joueurs de l'histoire[3].

En , il est le premier joueur à dépasser les 2 800 points Elo. En , il atteint le classement Elo le plus élevé jusqu'alors, avec 2 851 points. Ce record ne fut battu que 14 ans plus tard, en 2013, par Magnus Carlsen.

En 2005, Kasparov renonce à la reconquête de son titre de champion du monde perdu en 2000. Il s'engage en politique dans l'opposition au président russe Vladimir Poutine. En 2007, le magazine américain Time le place dans la liste des Time 100, une liste des cent personnes les plus influentes dans le monde. En 2012, il devient président de l'ONG Human Rights Foundation, qui promeut les droits de l'homme dans le monde.

Il reste néanmoins impliqué dans l'univers des échecs. Il entraîne pendant un an Magnus Carlsen en 2009, publie trois séries de livres sur les échecs et sa carrière : My Great Predecessors (2003-2006), Garry Kasparov on Modern Chess (2007-2010) et Garry Kasparov on Garry Kasparov (2011-2014), et brigue la présidence de la Fédération internationale des échecs (FIDE) en 2014.

Famille et enfance

Garik Vaïnstein à 11 ans.
Kasparov et sa mère Klara.
Kasparov et son fils Vadim.

Garik Kimovitch Vaïnstein[4] (transcription allemande : Weinstein[5]) nait le 1963 d'un père juif, Kim Moïssevitch Vaïnstein[4] (ou Weinstein) et d'une mère d'origine arménienne du Haut-Karabagh, Klara Chaguenovna Kasparova[6]. Ses parents s'étaient rencontrés au laboratoire industriel de Bakou (Azerbaïdjan) où ils travaillaient comme ingénieurs. Le père de Garik était issu d'une famille de musiciens. Le père de Kim, Moïsseï (mort en 1971) était un compositeur et chef d'orchestre. Le frère cadet de Kim Vaïnstein, Léonide Vaïnstein, était compositeur en Azerbaïdjan.

Le père de Garik, opposé à ce qu'il apprenne la musique, lui apprit les échecs lorsqu'il eut cinq ans. Il lui donna également le goût de la géographie[7]. La mère de Garik lui transmit sa passion pour l'histoire.

Son père tombe malade pendant l'été 1970 et meurt en 1971[8], à l'âge de trente-neuf ans, d'un lymphome de Hodgkin[6]. La mère de Garik ne l'emmène pas à l'enterrement et Garik raconte à son école que son père est parti en voyage d'affaires[8]. Son grand-père maternel, Chaguen, un ouvrier du pétrole et fervent communiste, prend sa retraite en 1971 et s'occupe de Garik. Ils ont ensemble de nombreuses conversations sur le régime soviétique. En 1975, Garik prend le nom de sa mère (qui avait gardé son nom lors du mariage) en russifiant son nom, devenant Garri[9] (Garry[10] ou Gary[11]) Kasparov.

En janvier 1990, Kasparov est victime des pogroms anti-arméniens de Bakou (du 13 au ) et contraint de fuir la capitale azérie, comme des milliers d'autres Arméniens, en direction de l'Arménie[12].

Vie privée

Garri Kasparov a quatre enfants : Polina (née en 1993 de sa première épouse, Macha  Maria Arapova  épousée le [13]), Vadim (né en 1997, de sa deuxième épouse Julia), Aida (née en 2006, de sa troisième épouse Daria) et Nickolas (né le , de son épouse Dasha).

Carrière aux échecs

Débuts et formation aux échecs

Kasparov en 1976.

Garik Vaïnstein apprend à jouer aux échecs avec son père, qui n'a pourtant jamais été un joueur intéressé, alors que sa mère était douée. En septembre 1970, celle-ci était à Moscou, où son père était hospitalisé. Les oncles de Garik, Léonide Vaïnstein et Konstantin Grigorian, l'inscrivent au cercle d'échecs du Palais des pionniers de Bakou[14]. À la fin de l'année, Garik atteint le grade de joueur de troisième catégorie[8]. En 1972, il donne une partie simultanée contre des ouvriers du pétrole de Bakou[15]. En juin 1972, il atteint la phase finale du championnat de blitz adulte de Bakou, marquant neuf points sur neuf dans le tour préliminaire. Pour ce résultat, Garik reçoit le grade de joueur de première catégorie à neuf ans[16]. En janvier 1973, il termine troisième du championnat junior de Bakou[17]. En mars 1973, il marque quatre points sur quatre lors d'une tournée de l'équipe junior d'Azerbaïdjan en Lettonie et en Estonie[18]. En juillet 1973, il participe aux Jeux soviétiques de la jeunesse à Vilnius où il est remarqué par Aleksandr Nikitine, désigné au début de l'année entraîneur de l'équipe nationale d'échecs par le Comité d'État aux sports.

Kasparov à l'issue du championnat du monde junior en 1980.

En août 1973, Nikitine recommande Kasparov à Mikhaïl Botvinnik, qui avait décidé, après trois ans d'interruption, de rouvrir l'école Botvinnik, la meilleure école de formation aux échecs d'URSS. Kasparov suit les cours de l'ancien champion du monde, de Nikitine et de Mark Dvoretski[19], spécialiste des fins de parties. D'autres maîtres contribuent à sa formation, comme Alexandre Ivanovitch Chakarov[20], entre autres dans le domaine des ouvertures. Au fil des années, lors de ses passes d'armes pour le championnat du monde, il sera aidé d'une équipe de « secondants » comme Iossif Dorfman, Zurab Azmaiparashvili, Sergueï Dolmatov, Ievgueni Vladimirov et Iouri Dokhoïan.

Changement de nom (1974-1975)

En 1975, toujours sous le nom de Vaïnstein, Garik termine septième du championnat d'URSS junior (joueurs de moins de 18 ans). Le changement de nom en Garri Kasparov intervient en août 1975, lors d'un conseil des familles Vaïnstein et Kasparov[21]. La décision revient à la mère de Kasparov, Klara Kasparova, mais c'est l'entraîneur Nikitine qui défend ce changement, dans l'intérêt de la carrière de Garri, qui pourrait être freinée à cause d'un « mauvais nom »[22]. Dès 1974, avec l'accord de Botvinnik, Garik avait commencé à en parler avec sa mère[23]. En 1975-1976, les relations entre Israël et l'URSS sont rompues. En 1976, l'URSS boycotte l'olympiade d'échecs de Haïfa, alors qu'elle avait envoyé son équipe à Tel Aviv en 1964.

Premiers succès en URSS (1975-1978)

Kasparov en 1980 (vainqueur du tournoi international de Bakou).

En octobre-novembre 1975, Garri, sous son nouveau nom, remporte la coupe de la ville de Bakou (adultes) et sa victoire est relayée par l'hebdomadaire de Moscou, 64. En novembre 1975, il rencontre pour la première fois le nouveau champion du monde Anatoli Karpov (alors âgé de 24 ans) lors d'un tournoi de parties simultanées à Moscou. Karpov remporte facilement la partie. En 1976 et 1977, Garri Kasparov devient le plus jeune champion d'URSS junior de l'histoire et est envoyé en France pour disputer les premiers championnats du monde cadets (moins de seize ans). Ce furent ses premiers voyages en dehors de l'URSS.

En janvier-février 1978, il remporte le mémorial Sokolski à Minsk, puis le tournoi de sélection de Daugavpils et se qualifie pour la finale du championnat d'URSS adulte à Tbilissi où il termine neuvième.

Premiers succès internationaux (1979-1983)

En 1979, à l'âge de 16 ans et encore inconnu en Occident, Kasparov remporte son premier tournoi international de grands maîtres à Banja Luka en Yougoslavie, terminant invaincu avec 11,5 points sur 15 devant de grands noms de l'époque comme l'ancien champion du monde Tigran Petrossian et les grand-maîtres András Adorján, Jan Smejkal et Ulf Andersson. En juillet, il obtient son premier classement Elo international, 2 545, ce qui le place au 38e rang mondial[24].

Kasparov au tournoi de Tilburg en 1981.

En 1980, il remporte le championnat du monde junior et obtient le titre de grand maître international ; l'année suivante, en décembre 1981, il remporte le championnat d'URSS ex æquo avec Lev Psakhis. En 1982, il sort vainqueur du tournoi international de Bugojno et de l'interzonal de Moscou et entre ainsi dans le cycle des candidats au championnat du monde. Dans ce cycle, en 1983, il élimine Aleksandr Beliavski (+4, −1, =4) en quart de finale (Note : ici, et dans la suite de cet article, la notation (+4, –1, =4) signifie un bilan de quatre victoires, une défaite et quatre parties nulles).

En 1983, la demi-finale des candidats contre Viktor Kortchnoï aurait dû se dérouler initialement à Pasadena en Californie sous les auspices de la Fédération internationale des échecs (FIDE). Cependant, les autorités soviétiques refusent de laisser Kasparov se rendre aux États-Unis et la FIDE le déclare perdant par forfait. Le président de la FIDE, le Philippin Florencio Campomanes, parvient cependant à organiser le match à Londres, avec l'accord de Kortchnoï[25] qui obtient la fin du boycott organisé par la fédération soviétique et dont il faisait l'objet depuis sa défection à l'ouest en 1976. À Londres, Kasparov élimine Kortchnoï (+4 –1 =6), puis, à Vilnius dans la finale disputée en 1984, l'ancien champion du monde de 1957, Vassily Smyslov (+4 –0 =9).

En janvier 1984, Kasparov occupe la première place au classement Elo, devant le champion du monde Anatoli Karpov.

Vainqueur du championnat du monde face à Karpov (1984-1985)

Kasparov (à gauche) et Anatoli Karpov lors du Championnat du monde d'échecs 1985.

Kasparov dispute son premier championnat du monde en 1984 à Moscou contre Anatoli Karpov, le champion du monde en titre depuis 1975. Après 5 mois et 48 parties, aucun des deux joueurs ne parvenant à obtenir les 6 victoires nécessaires, ce match interminable est finalement interrompu par la FIDE pour « préserver la santé des joueurs ». Cette interruption est critiquée par Kasparov alors qu'il était mené 5-3 après avoir été mené 5-0, rattrapant son retard sur la fin du match. Les éditions ultérieures prévirent un maximum de 24 parties.

C'est en 1985, lors du deuxième match contre Karpov, qu'il devient champion du monde, à l'âge de 22 ans sur le score de 13-11 (+5, −3, =16)[note 1].

Défense du titre mondial (1986-1990)

Après le match de 1985, Anatoli Karpov avait droit à un match revanche l'année suivante. Kasparov conserve son titre (+5 =15 –4) en 1986 lors du championnat disputé dans deux villes : la première moitié à Londres et la fin à Léningrad.

En 1987, Karpov remporte la finale du tournoi des candidats. À la fin de l'année, les deux adversaires disputent leur quatrième match en quatre ans, cette fois-ci à Séville. Kasparov égalise (+4 =16 –4) lors de la vingt-quatrième et dernière partie. Selon les conditions du match, en cas d'égalité au score (12–12) le champion du monde conserve son titre.

Trois ans plus tard, en 1990 à New York et Lyon, Kasparov retrouve Karpov. Deux parties avant la fin du match, Kasparov était sûr de conserver son titre. Les deux dernières parties furent disputées pour décider la répartition des prix, score final : 12,5–11,5 (+4, =11, –3).

Victoire dans la coupe du monde GMA (1988-1989)

Kasparov avec Bessel Kok.

En 1986, Kasparov estime que les intérêts des joueurs professionnels ne sont pas défendus au sein de la FIDE, et crée alors avec l'homme d'affaires et mécène néerlandais Bessel Kok une association de joueurs professionnels de haut niveau, la GMA (Grand Master Association) ; celle-ci organise entre 1988 et 1990 des compétitions prestigieuses comme les six tournois de la coupe du monde GMA (19881989), remportée par Kasparov. Des dissensions internes au sein de l'association, le retrait du principal sponsor (Bessel Kok) et la création de la PCA (Professional Chess Association) ont raison de la GMA au début des années 1990[26].

Rupture avec la FIDE (1993-1995)

En 1993, Kasparov fonde la Professional Chess Association (PCA) avec le vainqueur du tournoi des candidats FIDE, le britannique Nigel Short[27]. En septembre, la PCA organise à Londres un championnat du monde dit « classique » en se réclamant de la tradition commencée par Wilhelm Steinitz.

En septembre 1993, Kasparov l'emporte sur Short par le score de 12,5 à 7,5 (+6, =13, –1)[note 1] dans le cadre d'un Championnat du monde organisé par la PCA, organisme non reconnu par la FIDE, ce qui lui vaut une exclusion provisoire.

Kasparov face à Viswanathan Anand en 1995.

La FIDE ne reconnaît pas ce match et considère que les deux joueurs se sont exclus du cycle du championnat du monde ; elle organise un match entre Anatoli Karpov et Jan Timman pour le titre de Champion du monde FIDE. C'est le début d'un schisme qui dura jusqu'en 2006. Kasparov admit plus tard que cette séparation d'avec la FIDE était une grave erreur[26].

La FIDE exclut brièvement Kasparov et Short du classement Elo à titre de représailles, mais les réintègre avant la fin de l'année 1993.

En 1995, Kasparov conserve son titre de champion du monde PCA en battant l'Indien Viswanathan Anand au World Trade Center à New York 10,5 à 7,5 (+4, =13, –1)[note 1].

À la recherche de sponsors (1996–1999)

À la suite du retrait du sponsor principal (Intel) de la PCA en 1996, l'organisation du championnat du monde est transférée à l'éphémère World Chess Council en 1998 ; les droits sont ensuite revendus à une organisation privée, Brain Games Network en 2000, puis rachetés en 2002 par le Einstein Group et finalement transférés à Dannemann en 2004.

En 1998, Alekseï Chirov bat Vladimir Kramnik dans un match de 10 parties (+2, –0, =7)[note 1], mais Kasparov estime qu'il n'est pas possible de trouver de sponsor pour un match contre Chirov (dont le score contre Garry Kasparov est très mauvais) en raison du peu de suspense lié à un tel match.

En , après ses victoires à Wijk aan Zee (janvier), Linares (février-mars) et Sarajevo (mai), Kasparov atteint un classement Elo record avec 2 851 points. Indépendamment du titre de champion du monde, Kasparov reste no 1 mondial au classement Elo de la FIDE, de 1984 jusqu'à sa retraite en 2005, soit pendant plus de vingt années consécutives, partageant seulement la première place avec Vladimir Kramnik au classement de [28].

En 1999, il est élu joueur du siècle par le magazine New in Chess[29].

Perte du titre mondial (2000)

Kasparov lors du match contre le programme Deep Junior à New York en 2003.
Kasparov au tournoi de Linares en 2005.

En 2000, Kasparov remporte une deuxième fois consécutivement les tournois de Wijk aan Zee, de Linares (ex æquo avec Kramnik) et de Sarajevo sans perdre une partie. Après avoir annoncé un match contre Viswanathan Anand en 1999, c'est finalement contre Vladimir Kramnik qu'il défend son titre de champion du monde en 2000 à Londres. Kasparov perd ce match (+0, –2, =13)[note 1].

Ancien champion du monde (2001 à 2005)

Après sa défaite, en 2000, Kasparov multiplie les victoires en tournoi, malgré des contre-performances au tournoi de Linares où il est devancé pour la première place par Kramnik ou Péter Lékó en 2003 et 2004. Entre 2000 et 2005, les diverses tentatives pour réunifier le titre mondial (dont la plus sérieuse est l'accord de Prague en 2002) ou d'organiser un match-revanche contre Kramnik échouent.

Retraite des échecs (depuis 2005)

Le 2005, après avoir gagné le prestigieux tournoi de Linares pour la neuvième fois de sa carrière, Kasparov annonce qu'il se retire du monde des échecs professionnels. Son nom est rayé du classement Elo en avril 2006, à la suite d'une inactivité de plus d'un an, comme le veut le règlement de la FIDE.

À partir de cette période, Kasparov écrit plusieurs ouvrages échiquéens, publié par la maison d'édition Everyman Chess, dont il devient conseiller éditorial en chef. Ainsi voient le jour les séries de livres My Great Predecessors, en cinq tomes (2003-2006), Kasparov on Modern Chess, en quatre tomes (2007 à 2010) et Garry Kasparov on Garry Kasparov en trois tomes (2011-2014) .

En 2008, en marge du Corsican Circuit, il affronte cinq joueurs corses en partie simultanée et gagne 5-0.

En 2009 et 2010, Kasparov entraîne Magnus Carlsen. D'après Carlsen, leur travail a beaucoup contribué à son accession à la première place du classement mondial FIDE en janvier 2010[30],[31],[32],[33].

En août 2017, Kasparov participe au tournoi Rapid and Blitz de Saint-Louis, réunissant 4 joueurs du top 10 mondial[34],[35],[36]. Son retour à la compétition génère un engouement médiatique autour de l'évènement. Il termine à la 8e place sur 10[37].

Candidature à la présidence de la FIDE (2014)

Après avoir soutenu Anatoli Karpov en 2010 à cette élection, Garry Kasparov se porte candidat en 2014 à la présidence de la Fédération internationale des échecs (FIDE) contre le président en place, le russe Kirsan Ilioumjinov[38]. Les fédérations membres de la FIDE sont appelées à voter en marge de l'Olympiade d'échecs à Tromsø, dans le nord de la Norvège. Kasparov recueille 61 voix contre 110 voix pour le président en place, et perd l'élection[39],[40].

En octobre 2015, il est suspendu de toutes activités à la FIDE pour deux ans au motif de tentative de corruption lors de l'élection à la présidence de la FIDE en 2014[41],[42].

Kasparov et les ordinateurs

Premières confrontations (1985 à 1994)

Un supercalculateur de marque IBM, similaire à Deep Blue qui affronta Kasparov en match.

Dès 1985, Kasparov se passionne pour les jeux d'échecs sur ordinateur et, après avoir participé à l'élaboration de la première version de Chessbase sur micro-ordinateur Atari ST, il en devient le premier utilisateur officiel en 1987 et en fait un outil d'entraînement décisif[43],[44],[45].

Le , il défait facilement par le score de 2-0 Deep Thought, un superordinateur spécialisé dans le jeu d'échecs et capable de calculer 720 000 coups par seconde.

En , à Munich, le programme Fritz 3, tournant sur un processeur Pentium à 90 MHz, gagne une partie de blitz dans un tournoi contre Kasparov, et les deux compétiteurs terminent ex æquo. Kasparov le bat dans les parties de départage : 4-1 (+3 =2). En , lors du premier tour du grand Prix d'Intel à Londres, le champion du monde affronte Chess Genius 2.9 (tournant sur un Pentium à 100 MHz) en jeu semi-rapide (30 min. la partie) et perd 0.5-1.5[46].

Matchs contre Deep Blue (1996 et 1997)

En février 1996, Kasparov affronte en six parties le supercalculateur Deep Blue, développé par une équipe d'ingénieurs d'IBM sous la direction de Feng-hsiung Hsu, fonctionnant avec 256 processeurs en parallèle et capable de calculer entre 50 et 100 millions de positions par seconde. Il perd la première partie du match, en gagne trois ensuite et annule les autres[46].

En mai 1997, Kasparov perd le match revanche contre Deeper Blue, la version améliorée de Deep Blue, capable de calculer de 100 à 300 millions de positions par seconde. Deeper Blue défait Kasparov 3,5 à 2,5 dans un match de six parties ; c'est la première fois qu'un ordinateur bat officiellement un champion du monde en match singulier à cadence normale de compétition. Lors de ce match, Kasparov fut perturbé par un coup de l'ordinateur qu'il ne comprit pas et le prit pour un coup suggéré par un grand maître humain ; il s'avéra plus tard que ce fameux coup était en fait un bug informatique de Deeper Blue et non le produit d'une stratégie programmée[47].

Portails et plateformes internet

En 1999, Kasparov fonde la société « Kasparov Chess Online », un fournisseur de services en ligne payants (jeu en ligne), fermé en 2002 faute de financements.

En 2017, il ouvre un nouveau portail, « MasterClass, Kasparov Teaches Chess Online »[48].

Matchs exhibition (2003)

Kasparov contre X3D Fritz en 2003.

En janvier 2003, Kasparov affronte Deep Junior, un programme tournant sur un micro-ordinateur multiprocesseur, dans un match de championnat du monde homme-machine sous les auspices de la FIDE, avec une bourse d'un million de dollars américains[49] ; avec une victoire de part et d'autre le match se solde finalement par un nul 3-3 (+1, −1, =4). Pour la première fois, un programme sur PC gagne une partie avec les noirs contre le champion du monde à une cadence de tournoi[50].

En novembre 2003, Kasparov joue un match de quatre parties contre le programme X3D Fritz, dont le classement Elo est estimé à 2 807, en utilisant un échiquier virtuel, des lunettes stéréoscopiques et un système de reconnaissance de la parole. Le match se solde à nouveau par un nul (+1, −1, =2) et Kasparov emporte la bourse de 175 000 dollars.

Logiciels et jeux développés avec Kasparov ou utilisant son nom

Kasparov Pocket Plus

Kasparov a prêté son nom à plusieurs logiciels d'échecs ;

Engagement politique

Années 1980 et 1990

Kasparov et Helmut Kohl à Berlin (date ?).
Kasparov lors d'une marche en juin 2007.

En 1987, Kasparov est élu au Komsomol, l'organisation de jeunesse du Parti communiste de l'Union soviétique. Il quitte le parti en 1990, soutient Boris Eltsine au nom du Parti démocratique de Russie et est décoré du Keeper of the Flame award, décerné par le cercle de réflexion Center for Security Policy, proche des milieux néoconservateurs américains. Il entretient des liens avec des cercles de réflexion de la même obédience, comme l’Hudson Institute[52].

En juin 1993, Kasparov est impliqué dans la création du bloc de partis « Choix de la Russie » qui participe aux élections législatives de décembre 1993. Ce mouvement est suivi de 1994 à 2001 par le « Choix démocratique de la Russie ». Kasparov prend part en 1996 à la campagne électorale de Boris Eltsine.

Depuis 2005

Kasparov lors d'un meeting de Solidarnost en 2010.

En 2005, Kasparov abandonne la compétition échiquéenne après sa neuvième victoire au tournoi de Linares. Il poursuit depuis une carrière politique en Russie. Fondateur du Front civique unifié, il est l'un des chefs du mouvement L'Autre Russie, une coalition d'opposants à Vladimir Poutine. Il a été notamment brièvement interpellé lors d'une manifestation du mouvement à Moscou le 2007[53].

Kasparov à Moscou en décembre 2011.
Kasparov à Saint-Pétersbourg en décembre 2011.

Kasparov a été arrêté une nouvelle fois le [54] lors d'une manifestation à Moscou contre la tenue le 2007 d'élections législatives russes qu'il juge « injustes »[54], et condamné en comparution immédiate à cinq jours d'emprisonnement pour manifestation non autorisée et refus d'obéir aux ordres de la police. Son avocate, Me Mikhaïlova, a précisé qu'elle avait déposé plainte contre cette arrestation arbitraire. « Notre but est le démantèlement de ce régime qui couvre le pays de honte et le déteste. […] Nous allons sortir de ce marécage de corruption et de mensonge et nous gagnerons ! », avait lancé à la foule Garry Kasparov peu avant son interpellation[55],[56].

Depuis son engagement politique en opposition contre le président Vladimir Poutine, Kasparov se dit inquiet pour sa vie. Il a par exemple en permanence cinq gardes du corps et ne voyage plus avec la compagnie nationale Aeroflot[57].

Kasparov est également un des défenseurs de la théorie historique de la Nouvelle Chronologie de l'académicien russe Anatoli Fomenko[58].

En , le magazine américain Time le place dans la liste des Time 100, une liste des cent personnes les plus influentes dans le monde[59] pour sa lutte contre l'autoritarisme en Russie[60].

La journaliste Hélène Richard remarque que Garry Kasparov « a longtemps bénéficié de l’aura d’ "opposant numéro un" à Poutine » dans la presse occidentale, en dépit d'une « audience microscopique en Russie »[61]. ».

Le , il est désigné comme le candidat du mouvement d'opposition L'Autre Russie à l'élection présidentielle de 2008[62]. Le , il annonce son retrait de la course à la présidence, s'estimant victime d'ostracisme[63]. Le , Kasparov publie dans le quotidien Le Monde un article dans lequel il critique durement la complaisance de Nicolas Sarkozy envers Vladimir Poutine et les dangers que celle-ci présente à ses yeux[64]. Le , Kasparov, Boris Nemtsov et d'autres personnalités de l'opposition, dénoncent « la décision aventuriste » du président russe Dmitri Medvedev de lancer une invasion de la Géorgie au-delà de l'Ossétie du Sud. Elle risque selon eux d'isoler la Russie sur la scène internationale[65].

Le , Kasparov annonce la naissance de son nouveau parti politique : Solidarnost. Le parti rassemble des membres de l'union des forces de droite ainsi que des partisans de l'ancien président du gouvernement Mikhaïl Kassianov[66].

Le , l'ancien champion du monde participe au troisième rallye de l'opposition à Moscou pour contester les résultats des élections législatives russes de 2011.

Exil de Russie

Le , Kasparov est interpellé puis relâché par la police russe après des échauffourées devant le tribunal après le verdict condamnant le groupe punk les Pussy Riot à deux ans de prison[67]. Se sachant menacé, Kasparov choisit de s'exiler en 2013 d'abord en Suisse, puis aux États-Unis[68].

Il devient président de l'ONG Human Rights Foundation[69].

En 2013, il reçoit le Prix des droits de l'homme de l'ONG UN Watch[70].

Garry Kasparov obtient la citoyenneté et le passeport croate le 2014 à la suite d'une recommandation du ministère des Anciens combattants de la guerre d'indépendance (1991-1995)[2].

Le , à la suite de l'attentat du métro de Saint-Pétersbourg, Kasparov insinue une possible manipulation du FSB et de Vladimir Poutine dans l'attentat[71],[72].

Il vit aujourd'hui à New York[73].

Palmarès

Kasparov à l'olympiade de Malte en 1980.

Les tables suivantes donnent les résultats et les scores de Garry Kasparov dans les tournois[74].

1975 – 1982 : champion d'URSS et champion du monde junior

Dans toute la carrière de Kasparov, les seuls tournois individuels à cadence lente où il ne se classa pas parmi les trois premiers, furent le championnat d'URSS junior 1975 (il finit 7e-10e), le tournoi de maîtres de Bakou 1976, la ligue supérieure du championnat d'URSS 1978 (il finit neuvième sur dix-huit joueurs), le tournoi international de Tilburg 1981 (il termina 6e-8e avec la moitié des points) et le tournoi de Horgen en 1995 (il finit cinquième sur onze joueurs avec la moitié des points)[75].

Le tournoi de maîtres de Bakou 1976, le tournoi de qualification junior de Léningrad en 1977, les championnats d'URSS 1978 et 1979 et le tournoi international de Tilburg 1981 sont les seuls tournois dans la carrière de Kasparov où il perdit plus de deux parties.

Lors des olympiades d'échecs, Kasparov reçut la médaille de bronze individuelle à Malte en 1980 (2e remplaçant) et à Lucerne en 1982 (2e échiquier).

Palmarès 1975-1982[74]
Année Vainqueur Deuxième à neuvième
1975 Coupe de la ville de Bakou adultes[23] Championnat d'URSS junior (7e-10e) : 5,5 / 9 (+4, −2, =3)
(Vilnius, tournoi remporté par Ievgueni Vladimirov)
1976 Championnat d'URSS junior (Tbilissi) : 7 / 9 (+5, =4)[note 1]
(vainqueur au départage Bucholtz devant Z. Sturua[note 2])

Bakou (tournoi de maîtres[76],[77]) : 6,5 / 13 (+4 −4 =5)
Coupe du monde cadets[note 3] (3e-6e) : 6 / 9 (+5, −2, =2)
(Wattignies, coupe remportée par Grinberg[note 4])
1977 Championnat d'URSS junior (Riga) : 8,5 / 9

Match URSS-Australie par télex (1-0)
(échiquier junior)
Léningrad (juniors[note 5]) (2e) : 7 / 13 (+4, −3, =6)[78]
(tournoi de sélection remporté par Youssoupov)
Championnat du monde cadets[note 3] (3e) : 8 / 11 (+6, −1, =4)
(Cagnes-sur-Mer, tournoi remporté par Arnason)
1978 Minsk (mémorial Sokolski) : 13 / 17 (+11, −2, =4)
Daugavpils : 9 / 13 (+6, −1, =6)
(tournoi de sélection du championnat d'URSS 1978)
(ex æquo avec Igor Ivanov)
Championnat d'URSS (9e) (Tbilissi) : 8,5 / 17 (+4, −4, =9)
(championnat remporté par Tal et Tsechkovski)
1979 Banja Luka : 11,5 / 15 (+8 =7)
Spartakiade d'URSS (Moscou) : 5,5 / 8 (+4 –1 =3)
Championnat d'URSS (3e-4e) (Minsk) : 10 / 17 (+6, −3, =8)
(tournoi remporté par Geller devant Youssoupov)
1980 Championnat d'Europe par équipes (Skara) : 5,5 / 6
Tournoi international de Bakou : 11,5 / 15 (+8 =7)
Championnat du monde junior
(Dortmund) : 10,5 / 13 (+8 =5)
Olympiade de Malte : 9,5 / 12 (+8, −1, =3)
(3e au 2e échiquier de réserve)
1981 Moscou[note 6] (tournoi des générations) : 4 / 6 (+3, −1, =2)
Olympiade universitaire (Graz[note 7]) : 9 / 10 (+8 =2)

Championnat d'URSS (Frounzé) (1er-2e)
(ex æquo avec Lev Psakhis) : 12,5 / 17 (+10, −2, =5)
Moscou (2e-4e) : 7,5 / 13 (+3, −1, =9)
(tournoi international remporté par Karpov)
Tilburg (6e-8e): 5,5 / 11 (+3, −3, =5)
(tournoi international remporté par Beliavski
devant Petrossian, Portisch et Timman)
1982 Tournoi de Bugojno : 10,5 / 13 (+6 =7)
Tournoi interzonal de Moscou : 10 / 13 (+7 =6)
Coupe d'URSS par équipes (Kislovodsk) : 4 / 7 (+3 –2 =2)
Olympiade de Lucerne (3e au 2e éch.) : 8,5 / 11 (+6 =5)

1983 – 1990 : la conquête du championnat du monde

Le sacre de Kasparov en 1985.
Kasparov face à Lajos Portisch à Dubaï lors de l'olympiade d'échecs de 1986.
Kasparov et Rafael Vaganian en 1986.

De décembre 1981 (championnat d'URSS d'échecs) à décembre 1990 (championnat du monde d'échecs), Kasparov termine premier (seul ou ex æquo) des quinze tournois individuels auxquels il participe et vainqueur de tous ses matchs (la victoire dans la dernière ronde du championnat du monde de Séville en 1987, lui permit d'égaliser et de conserver son titre mondial). Son seul échec est le premier match contre Karpov, disputé en 19841985, qui fut interrompu et annulé par la FIDE alors que Kasparov était mené sur le score de trois victoires, cinq défaites et quarante parties nulles ; le match fut rejoué en octobre – .

En décembre 1985, au lendemain de la fin de son match contre Jan Timman, Kasparov dispute une simultanée à la pendule contre une équipe de huit joueurs du club de Hambourg. Il gagne deux parties, perd trois autres et fait trois nulles. Il prend sa revanche en février 1987, remportant six parties et ne concédant que deux nulles.

Dans les compétitions par équipes, Kasparov reçut la médaille d'or au premier échiquier aux olympiades 1986 et 1988 et il réalisa également la meilleure performance Elo de la compétition.

Palmarès 1983-1990[74]
Année Seul vainqueur ou ex æquo
1983 Spartakiade d'URSS : 1 / 2 (+0 −0 =2) contre Beliavski et Tal
Tournoi de Niksic : 11 / 14 (+9 −1 =4)
Tournoi des candidats (Moscou et Londres) :
(Moscou) Quart de finale contre Beliavski : 6 – 3 (+4 −1 =4)
(Londres) Demi-finale contre Kortchnoï : 7 – 4 (+4 −1 =6)
1984 (Vilnius) Finale des candidats contre Smyslov : 8,5 – 4,5 (+4 −0 =9)
(Londres) Match URSS - Reste du monde contre Timman : 2,5 – 1,5 (+1 =3)
(Londres) Partie simultanée à la pendule : 8,5 / 10 (+7 =3)
1984-1985 (Moscou) : match interrompu contre Karpov : 23 – 25 (+3 −5 =40)
1985 (Hambourg) Match contre Hübner : 4,5 – 1,5 (+3 =3)
(Belgrade) Match contre Andersson : 4 – 2 (+2 =4)
Championnat du monde contre Karpov (Moscou) : 13 – 11 (+5 −3 =16)
(Hilversum) Match contre Timman : 4 – 2 (+3 −1 =2)
1986 (Bâle) Match contre Miles : 5,5 – 0,5
Championnat du monde contre Karpov : 12,5 – 11,5 (+5 −4 =15)
(Londres et Léningrad, match revanche)
Olympiade de Dubaï (meilleure performance Elo) : 8,5 / 11 (+7 −1 =3)
Bruxelles (tournoi OHRA) : 7,5 / 10 (+6 −1 =3)
1987 Bruxelles (tournoi SWIFT) : 8,5 / 11 (+6 =5) (ex æquo avec Ljubojević)
Simultanée à la pendule contre Hambourg : 7 – 1 (+6 =2)
Championnat du monde contre Karpov (Séville) : 12 – 12 (+4 −4 =16)
(Kasparov conserva son titre)
1988 Amsterdam (tournoi Optiebeurs) : 9 / 12 (+6 =6)
Belfort (Coupe du monde GMA) : 11,5 / 15 (+9 −1 =5)
Championnat d'URSS (Moscou) : 11,5 / 17 (+6 =11) (ex æquo avec Karpov)
Reykjavik (Coupe du monde GMA) : 11 / 17 (+6 −1 =10)
Olympiade de Thessalonique (meilleure performance Elo) : 8,5 / 10 (+7 =3)
1989 Barcelone (GMA) : 11 / 16 (+7 −1 =8) (ex æquo avec Ljubojević)
Skelleftea (GMA) : 9,5 / 15 (+4 =11) (ex æquo avec Karpov)
Tournoi de Tilburg[79] : 12 / 14 (+10 =4)
Belgrade[80] : 9,5 / 11 (+8 =3)
1990 Tournoi de Linares : 8 / 11 (+6 −1 =4)
Match exhibition télévisé contre Hansen au Château de Valdemar : 1,5–0,5
Match d'entrainement contre Psakhis à Murcie : 5 – 1 (+4 –0 =2)
Championnat du monde contre Karpov
(New York et Lyon) : 12,5 – 11,5 (+4 −3 =17)

1991 – 1998 : champion du monde PCA

Garry Kasparov en 1993.

En 1991, lors du tournoi de Linares, Vassili Ivantchouk est le premier joueur à battre Anatoli Karpov et Kasparov dans le même tournoi. En définitive, Ivantchouk devance le champion du monde d'un demi-point, mettant fin à la série ininterrompue de victoires en tournois de Kasparov qui durait depuis plus de neuf ans. À Amsterdam, Kasparov finit troisième ex æquo avec Karpov, devancé par Nigel Short et Valeri Salov. Après une nouvelle déconvenue à Reggio d'Émilie en 1991-1992, il remporte deux fois de suite le tournoi de Linares (devant Karpov), gagne le tournoi de Dortmund, reçoit la médaille d'or à l'olympiade de 1992 et bat Short en finale du championnat du monde. En 1994, Kasparov est devancé par Karpov à Linares et ne termine que 17e du classement individuel lors de l'olympiade de Moscou. En 1996, il remporte le super-tournoi de Las Palmas où participaient les meilleurs joueurs du monde, à l'exception de Gata Kamsky6e joueur mondial, remplacé par le 7e joueur au classement mondial : Veselin Topalov. En 1997, Kasparov remporte les trois tournois auxquels il participe, mais perd le match revanche contre Deep Blue.

1998 fut une année de faible activité pour Kasparov avec un seul super-tournoi disputé : le tournoi de Linares où il occupa la troisième-quatrième place, tandis que Viswanathan Anand remportait les tournois de Wijk aan Zee (ex æquo avec Kramnik), Linares (devant Chirov et Kasparov), Madrid et Tilburg. En 1997, puis en 1998, pour la première fois depuis 1985, Kasparov ne reçoit pas l'Oscar des échecs du meilleur joueur de l'année, qui est décerné à Anand. En 1998, il dispute un match semi-rapide « Advanced Chess » contre Topalov à León (match assisté par ordinateur) : six parties à la cadence de 60 minutes par joueur (+2, −2, =2), suivies d'un départage blitz en quatre parties sans ordinateur que Kasparov remporte[81]. Un mois auparavant, Kasparov avait battu Topalov 4-0 dans un match rapide organisé à Sofia. En 1998 et 1999, les tentatives pour organiser un match de championnat du monde contre Alekseï Chirov, puis contre Anand échouèrent.

Palmarès 1991-1998[74]
Année Seul vainqueur ou ex æquo Deuxième à cinquième
1991 Tilburg : 10 / 14 (+7 –1 =6)
(devant Short, Anand, Karpov, Kamsky et Timman)
Linares (2e après Ivantchouk[note 8]) : 9 / 13 (+6 –1 =6)
Amsterdam (mémorial Max Euwe, 3e-4e) : 5,5 / 9 (+2 =7)
(tournoi remporté par Short et Salov devant Karpov)
1992 Linares : 10 / 13 (+7 =6)
Dortmund : 6 / 9 (+5 –2 =2) (ex æquo avec Ivantchouk)
Olympiade de Manille[note 9] : 8,5 / 10 (+7 =3)
Championnat d'Europe par équipes (Debrecen) : 6 / 8 (+4 =4)
1991-1992 : Reggio d'Émilie (2e-3e) : 5,5 / 9 (+3 –1 =5)
(tournoi remporté par Anand devant Guelfand)


1993 Linares : 10 / 13 (+7 =6) (devant Karpov et Anand)
Championnat du monde PCA contre Short
(Londres) : 12,5 — 7,5 (+6 –1 =13)
1994 Amsterdam : 4 / 6 (+3 –1 =2)
(mémorial Max Euwe remporté devant Ivantchouk)
Novgorod : 7 / 10 (+4 =6) (ex æquo avec Ivantchouk)
Horgen : 8,5 / 11 (+6 =5) (devant Chirov et Youssoupov)
Linares (2e-3e) : 8,5 / 13 (+6 –2 =5)
(tournoi remporté par Karpov devant Chirov)

1995 Riga (mémorial Tal et Grand Prix PCA) : 7,5 / 10 (+5 =5)
(tournoi remporté devant Anand, Ivantchouk et Kramnik)
Novgorod (Grand Prix PCA) : 6,5 / 9 (+4 =5)
Championnat du monde PCA contre Anand
(New York) : 10,5 — 7,5 (+4 –1 =13)
Amsterdam (2e après Lautier[note 10]) : 3,5 / 6 (+3 –2 =1)
(mémorial Max Euwe)

Horgen (Grand Prix PCA, 5e) : 5 / 10 (+1 –1 =8)
(victoire de Kramnik et Ivantchouk)
1996 (Philadelphie) Match contre Deep Blue : 4–2 (+3 –1 =2)
Amsterdam : 6,5 / 9 (+5 –1 =3)
(mémorial Max Euwe, ex æquo avec Topalov)
Olympiade de Erevan[note 11] : 7 / 9 (+5 =4)
Las Palmas : 6,5 / 10 (+3 =7) (tournoi remporté
devant Anand, Kramnik, Topalov, Ivantchouk et Karpov)
Dos Hermanas (3e-4e) : 5 / 9 (+2 –1 =6)
(tournoi remporté par Topalov et Kramnik devant Anand)
1997 Linares : 8,5 / 11 (+7 –1 =3) (devant Kramnik)
Novgorod : 6,5 / 10 (+4 –1 =5) (devant Kramnik)
Tilburg  : 8 / 11 (+6 –1 =4) (ex æquo avec Kramnik et Svidler)
(New York) Match contre Deep Blue : 2,5–3,5 (+1 –2 =3)
1998 (Prague) Match contre Timman : 4-2 (+2 –0 =4)
(trophée Eurotel)
Linares (3e-4e) : 6,5 / 12 (+1 =11)
(tournoi remporté par Anand devant Chirov et Kramnik)

1999 à 2005 : numéro un mondial

Kasparov contre Vladimir Kramnik lors du Memorial Botvinnik 2001 à Moscou.
Kasparov à l'olympiade de Bled en 2002.
Kasparov vainqueur à Linares en 2005.

En 1999, le champion du monde fait son retour à la compétition en participant pour la première fois au tournoi de Wijk aan Zee. De 1999 à 2002, Kasparov remporte les dix super-tournois à cadence lente auxquels il participe[82] : trois fois consécutivement Wijk aan Zee, quatre fois de suite Linares, deux fois de suite Sarajevo et, en 2001, le tournoi d'Astana devant Vladimir Kramnik qu'il battit. Il ne partage la première place qu'avec Kramnik à Linares en 2000 et il ne concède qu'une défaite lors de ces dix tournois (+53, −1, =61), contre Ivan Sokolov à wijk Aan Zee en 1999, partie perdue après une série de sept victoires consécutives[83]. Kasparov termine l'année 2002 en réalisant la meilleure performance à l'olympiade de Bled. Sa série de succès en tournoi est interrompue en 2003 à Linares où il termine seulement troisième ex æquo et perd une partie contre Teimour Radjabov.

L'année 1999 est celle de tous les succès ; Kasparov obtient le plus haut classement Elo jamais atteint avec 2 851 points[84], un record qui ne fut battu que treize ans plus tard par le norvégien Magnus Carlsen (en janvier 2013)[85], même s'il faut prendre en considération l'inflation générale des points Elo, et que cela soit discutable de comparer les niveaux Elo d'époques différentes. Outre ses succès à Wijk aan Zee, Linares et Sarajevo, Kasparov remporte également le tournoi de blitz de Wijk aan Zee devant Anand, Kramnik, Ivantchouk et Topalov ainsi que le tournoi rapide des géants à Francfort, battant Anand, Kramnik et Karpov sur le même score de 2,5 à 1,5. Cependant, en novembre 2000, Kasparov, qui avait partagé la première place du tournoi de Linares avec Kramnik, perd son titre de champion du monde face à ce dernier. À la fin de l'année, l'oscar des échecs pour l'année 2000 est décerné à Kramnik, pour sa victoire sur Kasparov et ses premières places à Linares (ex æquo avec Kasparov) et au tournoi de Dortmund (ex æquo avec Anand ; Kasparov était absent à Dortmund). Malgré cette défaite, Kasparov conserve sa première place au classement Elo mondial jusqu'à sa retraite (en 2005) et reçoit l'oscar des échecs en 2001 et 2002. Entre la défaite contre Ivan Sokolov à Wijk aan Zee en 2000 et celle lors de la deuxième partie du championnat du monde de 2000, Kasparov est invaincu pendant soixante-trois parties[86].

En 2003 et 2004, l'oscar des échecs fut décerné à Anand qui avait remporté le tournoi de Wijk aan Zee, puis en 2005 à Topalov.

Palmarès 1999-2005[74]
Année Vainqueur ou ex æquo Deuxième ou troisième
1999 Tournoi de Wijk aan Zee : 10 / 13 (+8 –1 =4)
Linares : 10,5 / 14 (+7 =7)
Sarajevo : 7 / 9 (+5 =4)
Partie « Kasparov contre le monde » : 1-0
2000 Wijk aan Zee : 9,5 / 13 (+6 =7)
Linares : 6 / 10 (+2 =8) (ex æquo avec Kramnik)
Sarajevo : 8,5 / 11 (+6 =5)
Championnat du monde contre Kramnik
(Londres) : 6,5–8,5 (+0 –2 =13)
2001 Wijk aan Zee : 9 / 13 (+5 =8)
Linares : 7,5 / 10 (+5 =5)
Astana : 7,5 / 10 (+5 =5)
(Moscou) Match exhibition contre Kramnik[note 12]
(parties lentes : +0 −0 =4)
2002 Linares : 8 / 12 (+4 =8)
Olympiade de Bled : 7,5 / 9 (+6 =3)
(meilleure performance Elo)
2003 (New York)
Match contre Deep Junior : 3–3 (+1 –1 =4)
Match contre Fritz X3D : 2–2 (+1 –1 =2)
Linares (3e-4e) : 6,5 / 12 (+2 –1 =9)
(victoire de Leko et Kramnik devant Anand)

2004 Championnat de Russie
(Moscou) : 7,5 / 10 (+5 =5)
Linares (2e-3e) : 6,5 / 12 (+1 =11)
(tournoi remporté par Kramnik devant Leko)
Moscou (3e-6e) : 3,5 / 6 (+1 =5)
(Match Arménie-Reste du monde)
(mémorial Petrossian[87], victoire de Leko et Svidler)
2005 Linares : 8 / 12 (+5 –1 =6)
(vainqueur au départage devant Topalov)

Tournois de Linares (1990 – 2005)

Kasparov remporte neuf fois le tournoi de Linares en quatorze participations, dont quatre victoires consécutives de 1999 à 2002. L'édition de 1995 fut la seule où Kasparov fut absent de 1990 à sa retraite en 2005. Il ne concède que sept défaites lors de ses quatorze participations, et seulement deux parties perdues lors des huit dernières participations (de 1998 à 2005).

Palmarès de Kasparov au tournoi de Linares[74]
Année Classement Score Adversaires battus Défaites Début du classement et notes
1990 Vainqueur 8 / 11 (+6 –1 =4) Ivantchouk, Short, Youssoupov,
Spassky, Portisch et Illescas
Goulko 1er : Kasparov
2e : Gelfand (7,5 / 11) ; 3e : Salov
1991 Deuxième 9 / 13 (+6 –1 =6) Beliavski, Ljubojević, Gourevitch,
Gelfand, Kamsky et Ehlvest
Ivantchouk 1er : Ivantchouk (9,5 / 13) ;
3e : Beliavski
1992 Vainqueur 10 / 13 (+7 =6) Timman, Karpov, Gelfand, Short,
Youssoupov, Ljubojević et Illescas
1er : Kasparov avec 2 points d'avance
2e-3e : Ivantchouk et Timman (8 / 13)
1993 Vainqueur 10 / 13 (+7 =6) Karpov, Anand, Bareev, Kamsky,
Timman, Gelfand et Ljubojević
1er : Kasparov avec 1,5 point d'avance
2e-3e : Karpov et Anand (8,5 / 13)
1994 2e-3e 8,5 / 13 (+6, −2, =5) Bareev, Kamsky, Anand,
Ivantchouk, Illescas et J. Polgar
Lautier,
Kramnik
1er : Karpov (11 / 13) ; 2e-3e : Chirov
Performance record de Karpov (+9 =4)
En 1995, année du championnat du monde contre Anand, Kasparov ne disputa pas le tournoi, remporté par Ivantchouk.
En 1996, le tournoi fut remplacé par le championnat du monde féminin.
1997 Vainqueur 8,5 / 11 (+7 –1 =3) Kramnik, Adams, Topalov,
J. Polgar, Anand, Nikolic, Chirov
Ivantchouk 1er : Kasparov avec 1 point d'avance
2e : Kramnik (7,5 / 11) ; 3e : Adams
1998 3e-4e 6,5 / 12 (+1 =11) Anand 1er : Anand (7,5 / 12) ; 2e : Chirov ;
3e-4e : Kramnik
1999 Vainqueur 10,5 / 14 (+7 =7) Anand, Topalov, Svidler,
Ivantchouk (2 fois) et Adams (2 fois)
1er : Kasparov avec 2,5 points d'avance
2e-3e : Kramnik et Anand (8 / 14)
2000 Covainqueur
avec Kramnik
6 / 10 (+2 =8) Anand et Chirov 1er-2e : Kramnik
3e-6e : quatre autres joueurs (4,5 / 10)
2001 Vainqueur 7,5 / 10 (+5 =5) Karpov, Chirov, Leko
et Grichtchouk (2 fois)
1er : Kasparov avec 3 points d'avance
2e-6e : cinq autres joueurs (4,5 / 10)
2002 Vainqueur 8 / 12 (+4 =8) Ponomariov, Adams, Chirov
et Vallejo Pons
1er : Kasparov avec 1,5 point d'avance
2e : Ponomariov (6,5 / 12) ;
3e-5e : Ivantchouk, Anand et Adams
2003 3e-4e 6,5 / 12 (+2 –1 =9) Anand, Ponomariov Radjabov 1er-2e : Leko et Kramnik (7 / 12), 3e-4e : Anand
2004 2e-3e 6,5 / 12 (+1 =11) Vallejo Pons 1er : Kramnik (7 / 12) ; 2e-3e : Leko
2005 Vainqueur 8 / 12 (+5 –1 =6) Adams (2 fois), Kazhimdzanov,
et Vallejo Pons (2 fois)
Topalov Vainqueur au départage devant Topalov
2e : Topalov ; 3e : Anand (6,5 / 12)
Total Neuf victoires 113,5 / 168 (+66 –7 =95)

Olympiades d'échecs

À chaque participation de Kasparov aux olympiades, son équipe remporte la médaille d'or par équipes.

Résultats avec l'équipe d'URSS ou de Russie aux olympiades d'échecs[88]
Année Lieu Échiquier Classement individuel Score Défaites Composition de l'équipe d'URSS
ou de Russie
1980 Malte 2e remplaçant médaille de bronze 9,5 / 12
(+8 –1 =3)
Krum Georgiev
(Bulgarie)
Karpov, Polougaïevski, Tal, Geller ;
réserve : Balachov et Kasparov
1982 Lucerne deuxième
échiquier
médaille de bronze 8,5 / 11
(+6 =5)
Karpov, Kasparov, Polougaïevski, Beliavski ;
réserve : Tal et Youssoupov
En 1984, Kasparov et Karpov disputaient leur premier match marathon.
1986 Dubaï premier échiquier
de l'URSS
médaille d'or,
meilleure performance Elo
8,5 / 11
(+7, −1, =3)
Seirawan
(États-Unis)
Kasparov, Karpov, Youssoupov, Sokolov ;
réserve : Vaganian et Tsechkovski.
1988 Thessalonique médaille d'or,
meilleure performance Elo
8,5 / 10
(+7 =3)
Kasparov, Karpov, Youssoupov, Beliavski ;
réserve : Ehlvest et Ivantchouk.
En 1990, Kasparov et Karpov disputaient leur cinquième et dernier match.
À partir de 1992, Kasparov conduisit l'équipe de Russie à la victoire sans la participation de Karpov.
1992 Manille premier échiquier
de la Russie
médaille d'or,
2e meilleure performance Elo
8,5 / 10
(+7 =3)
Kasparov, Khalifman, Dolmatov, Dreïev ;
réserve : Kramnik et Vyjmanavine.
1994 Moscou 17e 6,5 / 10
(+4 –1 =5)
Topalov
(Bulgarie)
Kasparov, Kramnik, Bareïev, Dreïev ;
réserve : Tiviakov et Svidler.
1996 Erevan meilleure performance Elo,
médaille d'argent
7 / 9
(+5 =4)
Kasparov, Kramnik, Dreïev, Svidler ;
réserve : Bareïev et Roublevski.
En 2000, Kasparov et Kramnik disputaient leur match de championnat du monde.
2002 Bled premier échiquier
de la Russie
meilleure performance Elo
4e au 1er échiquier
7,5 / 9
(+6 =3)
Kasparov, Grichtchouk, Khalifman,
Morozevitch ; réserve : Svidler et Roublevski.

Matchs URSS (ou Russie) contre le Reste du monde

Lors du match URSS - Reste du monde de 1984 à Londres, Kasparov bat Jan Timman 2,5 à 1,5 (une victoire et trois nulles).

En décembre 1988, il participe à un match de bienfaisance URSS - Reste du monde, disputé en parties rapides à Madrid. Il marque 5,5 points sur 8 (+3 =5) et l'URSS (sans Karpov) remporte le match.

En 2002, un match Russie - Reste du monde est organisé à Moscou en parties rapides. Kasparov finit avec un score négatif : 4 points sur 10 (+1 –3 =6) et l'équipe de Russie perd le match.

Championnats d'Europe par équipe

Kasparov ne participe que deux fois au championnat d'Europe d'échecs des nations : en 1980, à Skara, en Suède, il est deuxième remplaçant dans l'équipe d'URSS emmenée par Anatoli Karpov et il marque 5,5 points sur 6. En 1992, au premier échiquier de la Russie, il marque 6 points sur 8 (+4 =4). Kasparov remporte à chaque fois la médaille d'or par équipe et une médaille d'or individuelle. En 1992, il réalise la deuxième meilleure performance Elo du championnat d'Europe derrière Vladimir Kramnik qui jouait au troisième échiquier[89].

Championnats inter-clubs

Portrait publicitaire de Kasparov en 1996 pour la marque de montres de luxe Audemars Piguet, dont il fut l’ambassadeur à cette période[90].
Championnat d'Azerbaïdjan par équipes
Coupe d'URSS par équipes
  • 1982 : Kislovodsk, deuxième échiquier du Spartak : 4 / 7 (+3 −2 =2)
Championnat de France par équipes
  • 1993 : Auxerre, premier échiquier d'Auxerre : 3 / 4 (+2 =2) (le championnat est remporté par Lyon)
Coupe d'Europe des clubs
  • 1994 : Lyon, premier échiquier du Bosna Sarajevo : 1,5 / 3 (+1 −1 =1) (Sarajevo et Lyon partagèrent la coupe)
  • 1995 : Ljubljana, premier échiquier du Bosna Sarajevo : 1,5 / 2 (+1 =1)
  • 2003 : Réthymnon, premier échiquier du Ladya Kazan : 4,5 / 6 (+4 −1 =1)[91]
  • 2004 : Çeşme (province d'Izmir), premier échiquier du Max Ven Ekaterinburg : 3,5 / 7 (+1 −1 =5)

Années 1970

En octobre[21] ou novembre[23] 1975, à douze ans, Kasparov remporte la coupe de Bakou en parties rapides[92]. La victoire est relatée dans l'hebdomadaire de Moscou 64.

Le 1978, à Tbilissi, il dispute un match amical en blitz contre Mikhaïl Tal, match terminé par l'égalité 7 à 7[93].

1983 à 1996

De 1990 à 1995, Kasparov remporta quatre fois le tournoi rapide de Paris (coupe Immopar ou grand prix Intel) et perd une finale (en 1991).

En 1994, il termina premier-deuxième, ex æquo avec Vladimir Kramnik, du Grand Prix Intel 1994 rapide. Le tournoi de Paris comptait double, mais Kramnik fut déclaré vainqueur du grand prix 1994 au départage.

Compétitions de blitz et rapides de 1983 à 1996[74]
Année vainqueur ou ex-æquo Autres tournois
1983 Herceg Novi (tournoi blitz) : 13,5 / 16 (+12 −1 =3)
(devant Kortchnoï, Tal, Ljubojević, Timman et Spassky)
1987 (Londres) Match rapide télévisé contre Short : +4 −2
Bruxelles : 17 / 22 (devant Timman, Ljubojević et Karpov)
(championnat du monde de blitz officieux)
(Bruxelles) Match blitz contre Timman : 1,5 - 0,5
1988 Match semi-rapide (1h) contre Hort (Cologne) : 2,5–0,5
Madrid (tournoi rapide) (1er-3e) : 5,5 / 8 (+3 =5)
(match-tournoi URSS - Reste du monde)
Championnat du monde de blitz (Saint-Jean) :
éliminé en quart de finale par Kiril Georgiev[94], 3 à 1.
1989 (New York) Match rapide contre Kamsky : 2-0 Londres (championnat d'Europe rapide Infolink)
(éliminé en demi-finale par Speelman : 0-1)
1990 Paris[95] (tournoi rapide), finale contre Short : +2 −1
1991 Paris[95] (tournoi rapide), finale perdue 0,5–1,5 contre Timman
1992 Moscou (tournoi blitz préolympique) : 11,5 / 14
(devant Bareïev, Tal, Dolmatov et Smyslov)
Paris[95] (tournoi rapide, finale contre Anand, +3 −1)
Match tv contre Hübner : rapide 1,5–0,5 et blitz : 1,5–0,5
1993 (Londres) Exhibition rapide contre Short (4-0) (Londres) Exhibition rapide thématique contre Short (+0 −1 =2)
1994 Munich (tournoi blitz) : 12,5 / 17 (ex æquo avec Fritz 3)
(Munich) Match de départage contre Fritz 3 gagné 4 - 1
Grand prix PCA - Intel (rapide)
Paris : 8 / 9[note 13] (rapide, finale contre Nikolic, 2-0)
Grand prix PCA - Intel (rapide)
Moscou (avril) : éliminé au 2e tour par Kramnik (0,5-1,5)
New York : 6 / 8 (finale perdue 0,5 - 1,5 contre Kramnik)
Londres (août) : éliminé au 1er tour (8e de finale)
par le programme Genius 2 (0,5-1,5)
1995 Reykjavik (rapide, TV) : 2,5 / 3
Grand Prix PCA - Intel (rapide)[note 14]
New York : 7 / 9 (finale contre Ivantchouk, 2-0)
Paris : 8,5 / 10 (finale contre Kramnik: 2,5-1,5)
Grand Prix PCA - Intel (rapide)
Moscou : 3,5 / 6 (demi-finale contre Anand, 0,5 - 1,5)
1996 Grand Prix PCA - Crédit suisse (rapide)
Moscou : 7 / 11 (finale perdue contre Kramnik, +0 −1 =3)
Genève : 6,5 / 10 (finale perdue contre Anand, +1 −2 =2)

Depuis 1998

Compétitions de blitz ou rapides depuis 1998[74]
Année vainqueur ou ex-æquo Autres tournois
1998 (Sofia) Match contre Topalov (rapide) : 4–0
(Leon) Match rapide (60 min) Advanced Chess avec ordinateur
contre Topalov : 3-3 (+2 −2 =2)
(départage en blitz sans ordinateur gagné 2,5-1,5[81])
(Moscou) Match contre Kramnik (blitz) : 12 - 12 (+7 −7 =10)
Francfort (tournoi rapide)
(3e-4e derrière Anand et Kramnik) : 2,5 / 6 (+1 −2 =3)
(3e après un départage blitz gagné contre Ivantchouk, +1 =3)
1999 Wijk aan Zee (tournoi blitz) : 10,5 / 13 (+9 −1 =3)
(devant Anand, Kramnik, Ivantchouk et Topalov)
Francfort (tournoi rapide à quatre) : 7,5 / 12 (+3 =9)
(Kasparov marqua 2,5–1,5 contre Anand, Karpov et Kramnik)
2000 Kópavogur (Islande, rapide) : 4,5 / 5
(finale contre Anand, +2 =2, après départage blitz)
Grand Prix KasparovChess (2e)[note 15] (rapide sur Internet)
(finale perdue contre Jeroen Piket : +0 −2 =8)
Francfort (tournoi rapide à deux tours et six joueurs)
(2e derrière Anand et devant Kramnik) : 6 / 10 (+3 −1 =6)
2001 Coupe du monde rapide, Cannes : 5,5 / 7 en poule qualificative
Phase éliminatoire : 6 / 8 (finale contre Bareïev : 1,5–0,5)
(Londres) Match exhibition rapide avec handicap
contre Terence Chapman : 2,5-1,5 (+2 −1 =1)
(Batoumi) Match rapide Europe-Asie : 11 / 12
(Moscou, mémorial Botvinnik) Match contre Kramnik
2 - 2 en parties lentes et 3 - 3 (+1 −1 =4) en parties rapides
6,5 - 3,5 (+4 −1 =5) en blitz
Tournoi de Zurich (jubilé Kortchnoï)
(tournoi anniversaire de Kortchnoï semi-rapide, 70 min)
Tournoi préliminaire : 4,5 / 5 ; phase éliminatoire : 3,5 / 6
(finale perdue contre Kramnik, +0 −1 =1)
2002 Grand prix FIDE rapide (Moscou) : 9,5 / 12
(finale contre Radjabov, 1,5–0,5)
(Kasparov élimina Grichtchouk, Lautier, Ehlvest et Khalifman)
Prague (trophée Eurotel rapide) : bat G. Milos et J. Polgar
Kasparov est éliminé en quart de finale par Ivantchouk
lors du dernier blitz de départage.
Tournoi-match rapide Russie-Reste du Monde
(Moscou) : 4 / 10 (+1 −3 =6)
(New York) Match rapide contre Karpov : 1,5–2,5 (+1 −2 =1)
2003 (Panormos) Match rapide contre Azmaïparachvili[note 16] (2-0)
2004 Reykjavik (tournoi rapide, finale contre Short, +1 =1) Reykjavik (tournoi préliminaire en blitz)
(2e après Aroninan) : 12 / 15
2006 Tournoi blitz de Zurich (ex-æquo avec Karpov)
2009 (Valence) Match rapide et blitz contre Karpov : 9 - 3
(+3 −1, rapide) et (6 à 2, blitz)
2011 (Clichy) Match blitz contre Vachier-Lagrave : 1,5 – 0,5
(Louvain) Match blitz contre Short : 4,5 – 3,5
2012 (Montagne de la Table) Match rapide contre Marcel Roberts : 2 - 0
2014 (Tokyo) Match rapide contre Yoshiharu Habu : 2-0
2015 (Saint-Louis) Match contre Short[96] : 8,5 - 1,5
(+1, =1, rapide) et (+7, –1 en blitz)
2016 Saint-Louis (blitz challenge, 3e sur 4 joueurs) : 9,5 / 18
(tournoi à six tours remporté par Nakamura devant So)
2017 Saint-Louis (rapide et blitz, 8e sur 10 joueurs) : 16 / 36[97]
(victoire de Aronian devant Nakamura et Kariakine)[98]

Simultanées à la pendule contre des équipes nationales ou de club

Simultanée de Kasparov à Hambourg en juin 1985.
  • 1984 ([99] ou 1er juillet[100]) : partie simultanée à la pendule à Londres
    • contre les cinq meilleurs juniors américains (dont I. Gourevitch et Wolff) par télévision satellite, gagnée : 5-0
    • contre les cinq meilleurs juniors anglais (dont Adams et Conquest) à Londres, gagnée : 3,5 - 1,5 (+2, =3)
  • 1984 (juillet) : simultanée contre une équipe espagnole (avec Illescas) à Barcelone, gagnée : 5 - 2 (+3 =4)
  • 1985 () : simultanée à la pendule contre le club HSK de Hambourg (avec Chandler et Wahls), perdue : 3,5 - 4,5 (+2, −3, =3)
  • 1986 () : simultanée à la pendule contre l'équipe junior de RFA à Francfort, gagnée : 6,5 - 1,5 (+5 =3)
  • 1987 () : simultanée à la pendule contre le club HSK de Hambourg, gagnée : 7 - 1 (+6 =2)
  • 1987 (mai) : simultanée à la pendule contre l'équipe de Suisse (sans Kortchnoï) à Zurich, gagnée : 5,5 - 0,5 (+5 =1)
  • 1988 (février) : simultanée à la pendule contre l'équipe junior des États-Unis à New York, gagnée : 4 - 2 (+3, −1, =2)
  • 1988 (décembre) : simultanée à la pendule contre une équipe française (sans Rénet ni Lautier) à Évry, gagnée : 4,5 - 1,5 (+4, −1, =1)
  • 1989 () : simultanée à la pendule contre l'équipe de France (avec Rénet et Kouatly) à Évry, gagnée : 4,5 - 1,5 (+3 =3)
  • 1992 () : simultanée à la pendule contre l'équipe d'Allemagne à Baden-Baden, gagnée : 3 - 1 (+2 =2)
  • 1992 (octobre) : deux simultanées à la pendule (une avec les Blancs et une avec les Noirs) contre l'équipe d'Argentine à Buenos Aires, gagnées : 4 - 2 (+3, −1, =2) et 5 - 1 (+4 =2)
  • 1993 (novembre ou décembre) : simultanée à la pendule contre une équipe du Pérou (sans Julio Granda) à Lima, gagnée : 5,5 - 0,5 (+5, =1)
  • 1996 (janvier) : simultanée à la pendule contre l'équipe du Brésil à Rio de Janeiro, gagnée : 5 - 1 (+4, =2)
  • 1997 (septembre) : deux simultanées à la pendule (une avec les Blancs et une avec les Noirs) contre l'équipe d'Argentine à Buenos Aires, gagnées : 4,5 - 1,5 (+3 =3) et 4 -2 (+3, −1 =2)
  • 1998 (mai) : deux simultanées à la pendule contre l'équipe d'Israël à Tel Aviv, gagnées : 7 - 1 (+2, =2 et +4, =0)
  • 2001 (juin) : simultanée à la pendule contre l'équipe des Îles Féroé à Torshavn, gagnée : 5 - 1 (+4 =2)
  • 2001 (18 et ) : deux simultanées à la pendule contre l'équipe de République tchèque à Prague, gagnées : 3 -1 (+2, −1, =1) et 3 - 1 (+2, =2)

Style échiquéen

Un « joueur-chercheur »

Garry Kasparov est connu pour sa préparation très pointue des ouvertures. Il reste encore considéré comme le meilleur joueur de tous les temps sur ce plan ; son successeur actuel, Magnus Carlsen, gagnant plutôt ses parties grâce à ses dons en finale et son opiniâtreté dans les situations compromises. Il dispose d'une mémoire considérée comme « sidérante »[101].

La capacité de Kasparov à produire des nouveautés théoriques, qui n'étaient pas seulement de simples améliorations mais renversaient l'analyse d'une position en faveur de l'autre camp, était remarquable[102]. Le considérant comme son plus digne héritier, Mikhaïl Botvinnik, le « père » de l'école d'échecs soviétique, a qualifié Kasparov de « joueur-chercheur ». Un exemple notable est la 10e partie du championnat du monde d'échecs 1995 jouée avec les Blancs par Kasparov contre Viswanathan Anand (voir plus bas dans la section « Parties remarquables »). Après avoir étudié l'ouverture, au 15e coup, Kasparov offre une tour pour obtenir une attaque gagnante.

Répertoire d'ouvertures

Voici le répertoire d'ouvertures de Kasparov à l'apogée de sa gloire[103] :

Toutefois, le répertoire d'ouvertures de Kasparov sur l'ouverture du pion roi ne sert plus toujours de modèle aux joueurs de l'élite mondiale (une importante exception étant l'attaque anglaise contre la variante Najdorf) ; en effet, ces derniers redoutent à l'heure actuelle les préparations assistées par ordinateur. La défense berlinoise, qui a permis à Vladimir Kramnik de ravir la couronne mondiale à Kasparov en 2000  ce dernier n'ayant remporté aucune victoire  est toujours très en vogue. Quant aux joueurs moyens, leur absence de capacités de mémorisation de longues lignes forcées rend les ouvertures pratiquées par Kasparov loin d'être idéales dans leur cas[105].

Karpov-Kasparov, Moscou, 1985, partie 16

Dans cette partie, Kasparov parvient à placer un cavalier dominant (surnommé « cavalier-pieuvre » par Raymond Keene) en d3.

L'Informateur d'échecs no 68, paru en 1996, a choisi la 16e partie du match de Championnat du monde de 1985 entre Anatoli Karpov et Kasparov (avec les Noirs), comme la meilleure partie publiée lors des 30 premières années de la revue (1967–1996). En 2009, Nicolas Giffard a considéré[106] qu'il s'agissait de « la plus belle victoire » de Kasparov contre Karpov.

Kasparov-Karpov, Lyon, 1990, partie 20

En finale du championnat du monde, au bout de 19 parties, Kasparov menait d'un point face à Karpov[107]. Il conforta son avantage grâce à une attaque ambitieuse sur l'aile roi adverse, qui s'acheva par un spectaculaire sacrifice de dame.

Kasparov-Anand, Linares, 1993, ronde 9

Dans cette partie jouée lors du tournoi de Linares en 1993, les fous sont de couleurs opposés, et Kasparov parvient à forcer la défense des blancs.

abcdefgh
8
8
77
66
55
44
33
22
11
abcdefgh
Position après 27. ...Cf4.

1. d4 d5 2. c4 c6 3. Cf3 Cf6 4. Cc3 dxc4 5. a4 Ff5 6. e3 e6 7. Fxc4 Fb4 8. 0-0 Cbd7 9. Ch4 Fg6 10. h3!?! 0-0 11. Cxg6 hxg6 12. Dc2 Tc8 13. Td1 Db6 14. e4 c5 15. d5 Ce5 16. Fe2 exd5 17. Cxd5 Cxd5 18. Txd5 Cc6 19. Fc4 Cd4 20. Dd3 Tcd8 21. Fe3 Txd5 22. Fxd5 Td8 23. Dc4 Td7 24. Tc1 Df6 25. Td1 Ce6 26. Db3 a5 27. Td3 Cf4? (un coup hasardeux de Anand, sanctionné par le coup tactique) (diagramme)
28. e5! (si 28... Dxe5 29. Fxf7 Txf7 30.Td8+ Rh7+ 31.Dxf7)
28...Df5 29. Fxf4 Dxf4 30. e6 Td8 31. e7 Te8 32. Tf3 Dc1+ 33. Rh2 Txe7 34. Fxf7+! Rh7 35. Fxg6+ (encore une pièce que Anand ne peut pas prendre car 35... Rxg6 36.Dd3+ Rh6 37.Dd6+ Rh7 38. Dxe7) 35... Rh6 36. Dd5 Dg5 37. Ff5 g6 38. h4 Df6 39. Fd3 De5+ 40. Dxe5 Txe5 41. Tf6 c4 42. Fxc4 Fe7 43. Tb6 Fc5 44. Tf6 Te4 45. Fd3 Tg4 46. Rh3 Fe7 47. Te6 Txh4+ 48. Rg3 Td4 49. Txg6+ Rh5 50. Ff5 Fd6+ 51. Rf3 Fc5 52. g4+ Rh4 53. Th6+ Rg5 54. Tg6+ Rh4 55. Fe4 Td6 56. Tg7 Tf6+ 57. Ff5 Tb6 58. Th7+ Rg5 59. Th5+ Rf6 60. Fd3 Fd4 61. g5+ Rg7 62. Th7+ Rf8 63. Fc4 Txb2 64. Tf7+ Re8 65. g6 1-0.

Il peut suivre: 65...Txf2+ 66. Re4 Fc5 67. Txf2 Fxf2 68. g7.

Kramnik-Kasparov, blitz, 1994

abcdefgh
8
8
77
66
55
44
33
22
11
abcdefgh
Position après 12. b3.

Lors de cette partie jouée en blitz lors du tournoi « Intel World Chess Express Challenge » en 1994, Kasparov ose un inattendu sacrifice de dame au 12e coup, en échange d'un avantage positionnel très fort.

1.d4 Cf6 2.c4 g6 3.Cc3 Fg7 4.e4 d6 5.Cf3 O-O 6.Fe2 e5 7.d5 a5 8.Fg5 h6 9.Fh4 Ca6 10.O-O Fd7 11.Cd2 Cc5 12.b3 (diagramme)
12. ...Cfxe4!!
Ce dernier coup de cavalier est complètement imprévisible, puisque la dame noire est maintenant en prise.
13.Fxd8 Cxc3 14.De1 Tfxd8 15.Tc1 Cxa2 16.Ta1 Cb4 17.Fd1 e4 18.Tb1 Te8 19.De3 f5 20.h4 Tf8 21.g3 Tae8 22.Rg2 Cbd3 23.Tg1 f4 24.gxf4 Txf4 25.h5 g5 26.Tf1 Th4 27.Th1 Tf4 28.Tf1 Tef8 29.f3 Th4 30.fxe4 Cf4+ 31.Rg1 Ccd3 32.e5 Cxe5 33.Tc1 Th3 34.Cf3 g4 35.Cxe5 (finalement, les blancs rendent leur dame d'avance) 35... Txe3 36.Cxd7 Ch3+ 37.Rg2 Txf1 38.Rxf1 g3 39.Rg2 Cf4+ (l'attaque des noirs et trop forte, les blancs abandonnent) 0-1.

Kasparov-Anand, 1995

Dans la 10e partie du championnat du monde d'échecs 1995, Kasparov est mené au score par Viswanathan Anand qui a remporté la 9e partie[108]. Au 15e coup, à la surprise générale, Kasparov laisse une tour en prise pour obtenir une attaque gagnante. La partie se déroula de la manière suivante :

abcdefgh
8
8
77
66
55
44
33
22
11
abcdefgh
Position après 13. ...Dd3

1. e4 e5 2. Cf3 Cc6 3. Fb5 a6 4. Fa4 Cf6 5. 0-0 Cxe4 6. d4 b5 7. Fb3 d5 8. dxe5 Fe6 9. Cbd2 Cc5 10. c3 d4!? (le coup le plus agressif, mais aussi le plus risqué ; 10…Fg4 est plus sûr) 11. Cg5!? dxc3? (coup douteux, mais qui était alors considéré comme satisfaisant depuis la 10e partie entre Anatoli Karpov et Viktor Kortchnoï du Championnat du monde de 1978) 12. Cxe6 fxe6 13. bxc3 Dd3 (diagramme)
14. Fc2!! (un coup extraordinaire, basé sur un sacrifice de Tour ; l'idée elle-même n'était pas neuve, car elle avait déjà été évoquée par l'ancien champion du monde Mikhaïl Tal dans ses annotations de la partie entre Anatoli Karpov et Viktor Kortchnoï, mais c'est Kasparov qui a mis la touche finale à la variante, sonnant ainsi le glas du coup 11... dxc3 à haut niveau[109]) ...Dxc3 15. Cb3!! Cxb3 16. Fxb3 Cd4 (temps de réflexion d'Anand pour jouer ce coup : près d'une heure) 17. Dg4! Dxa1 18. Fxe6 Td8 19. Fh6! Dc3 20. Fxg7 Dd3 21. Fxh8 (temps total de réflexion de Kasparov jusqu'à ce moment : près de six minutes, ce qui prouve son extraordinaire travail de préparation des ouvertures) 21...Dg6 22. Ff6 Fe7 23. Fxe7 Dxg4 24. Fxg4 Rxe7 25. Tc1 c6 26. f4 a5 27. Rf2 a4 28. Re3 b4 29. Fd1 a3 30. g4 Td5 31. Tc4 c5 32. Re4 Td8 33. Txc5 Ce6 34. Td5 Tc8 35. f5 Tc4+ 36. Re3 Cc5 37. g5 Tc1 38. Td6 1-0.

Cette victoire permet à Kasparov de revenir à égalité en termes de points, et sans doute de prendre l'ascendant psychologique sur son adversaire puisqu'il remporte ensuite 3 des 4 parties suivantes[108].

Kasparov-Deep Blue, 1996 et 1997

Deux parties ont spécialement marqué la progression de Deep Blue, symbolisant les progrès de l'informatique.

Partie « Kasparov contre le monde » sur internet, 1999

De juin à octobre 1999, Kasparov joue une partie via Internet contre le reste du monde, au rythme de un coup par jour. Face à lui, 50 000 joueurs de 75 pays, conseillés par quatre joueurs professionnels, dont le Français Étienne Bacrot. Kasparov gagne en 62 coups[111].

Kasparov-Topalov, Wijk aan Zee, 1999

abcdefgh
8
8
77
66
55
44
33
22
11
abcdefgh
Position après 23. ...Dd6

Quand on demande à Kasparov quelle est sa meilleure partie, il cite celle qu'il a jouée avec les Blancs contre Veselin Topalov au tournoi de Wijk aan Zee en 1999. Cette dernière[112] montre en effet une de ses meilleures combinaisons. Il semble cependant que le remarquable sacrifice de Tour de Kasparov au 24e coup lui aurait seulement assuré le partage du point si Topalov avait joué au mieux.

Après les coups : 1.e4 d6 2.d4 Cf6 3.Cc3 g6 4.Fe3 Fg7 5.Dd2 c6 6.f3 b5 7.Cge2 Cbd7 8.Fh6 Fxh6 9.Dxh6 Fb7 10.a3 e5 11.0-0-0 De7 12.Rb1 a6 13.Cc1 0-0-0 14.Cb3 exd4 15.Txd4 c5 16.Td1 Cb6 17.g3 Rb8 18.Ca5 Fa8 19.Fh3 d5 20.Df4+ Ra7 21.The1 d4 22.Cd5 Cbxd5 23.exd5 Dd6 (diagramme), Kasparov joua :
24.Txd4!
Il suivit : 24…cxd4 25.Te7+! Rb6 (Dxe7? 26.Dxd4+ Rb8 27.Db6+, suivi du mat) 26.Dxd4+ Rxa5 27.b4+ Ra4 28.Dc3 Dxd5 29.Ta7 Fb7 30.Txb7 Dc4 (la menace des Blancs était Ff1, suivi de Fxb5) 31.Dxf6 Rxa3 32.Dxa6+ Rxb4 33.c3+! Rxc3 34.Da1+ Rd2 35.Db2+ Rd1 36.Ff1! Td2 (Dxf1 37.Dc2+, suivi du mat) 37.Td7! Txd7 38.Fxc4 bxc4 39.Dxh8 Td3 40.Da8 c3 41.Da4+ Re1 42.f4 f5 43.Rc1 Td2 44.Da7 1-0

Cette partie reste dans l'histoire des échecs comme l'« Immortelle de Kasparov »[112].

Kasparov-Kramnik, 2000, partie 3

Dans cette 3e partie du Championnat du monde des échecs en 2000, Kasparov est mené au score. Il a les blancs et doit remporter une victoire contre Kramnik pour revenir au score. Mais Kramnik est très bien préparé. Dans l'ouverture Partie espagnole, il ressuscite la défense berlinoise pour neutraliser avec les Noirs les agressions de Kasparov.

Kasparov ne parviendra pas à percer une seule fois la muraille érigée par Kramnik[113]

Incidents de jeu

En 1994, au tournoi de Linares, dans une partie qui l'oppose à Judit Polgár Kasparov joue un coup de cavalier 36...Cc5[note 17] pour le reprendre aussitôt et jouer un autre coup 36...Cf8, ce qui est contraire aux règles du jeu. Judit Polgár ne proteste pas, croyant qu'il n'y avait pas de témoins. La partie est gagnée par Kasparov, et sera nommée J'adoube[114].

En 2003, au Tournoi de Linares, Kasparov est dans une position désespérée face au jeune Azéri Teimour Radjabov, et plutôt que d'abandonner et de serrer la main de son adversaire comme c'est l'usage, il préfère quitter l'aire de jeu et perdre au temps[115]. Il crée un nouvel incident lors de la cérémonie de clôture, alors que le prix de beauté est décerné à Radjabov[116].

En 2004, encore à Linares, il quitte deux fois l'aire de jeu sans autorisations pendant une partie, pour se rendre dans sa chambre d'hôtel afin, dit-il, de prendre des médicaments. Ce comportement n'est évidemment pas autorisé car dans sa chambre d'hôtel, il peut avoir accès à un ordinateur et ses bases de données[117].

En 2016, lors de l'Ultimate blitz challenge à Saint-Louis, il reprend son coup face à Hikaru Nakamura, qui s'en rend compte, mais ne dit rien[118],[119].

Publications

Kasparov en 2007.
Kasparov à Londres en 2010 pour signer ses livres My Great Predecessors et Kasparov vs Karpov.

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Recueils de parties

  • L'Épreuve du temps, éd. Grasset-Europe échecs, 1987 ((en) The test of time, 1986)
    recueil d'articles parus de 1978 à 1984, avec des annotations vérifiées et complétées en 1984
  • En collaboration avec Wade et Speelman,
    • Échecs offensifs, éd. Dumerchez-Naoum, 1986
    • (en) Fighting Chess : My Games and Career, Batsford, édition mise à jour, 1995,
  • (en) On My Great Predecessors (5 volumes), Everyman Chess, 2003–2006,
    • Part I : Steinitz, Lasker, Capablanca, Alekhine, Everyman Chess,
    • Part II : Euwe, Botvinnik, Smyslov, Tal, Everyman Chess,
    • Part III : Petrosian, Spassky, Everyman Chess,
    • Part IV : Fischer, Everyman Chess, ,
    • Part V : Korchnoi, Karpov, Everyman Chess, 2006
  • (en) Garry Kasparov on Modern Chess, éd. Everyman Chess, 2007–2010
    • Part 1: Revolution in the 70s, Everyman Chess, 2007
    • Part 2: Kasparov vs Karpov 1975–1985, Everyman Chess, 2008
    • Part 3: Kasparov vs Karpov 1986–1987, Everyman Chess, 2009
    • Part 4: Kasparov vs Karpov 1988–2009, Everyman Chess, 2010
  • (en) Garry Kasparov on Garry Kasparov, éd. Everyman Chess, 2011–2014
    • (en) Part I : 1973-1985, Londres, Everyman Chess, , 520 p. (ISBN 978-1-85744-672-2). 
    • (en) Part II : 1985-1993, Everyman Chess, , 496 p. (ISBN 978-1-78194-024-2). 
    • (en) Part III : 1993-2005, Everyman Chess, , 500 p. (ISBN 978-1-78194-183-6)

Autobiographies

  • Et le fou devint roi, Éditions Albin Michel, 1987 ((en) Child of change, 1987)
  • La vie est une partie d'échecs [« How Life imitates chess »] (trad. de l'anglais), Paris, Éditions JC Lattès, , 439 p. (ISBN 978-2-7096-2771-9)

Théorie des ouvertures

  • Avec Aleksandr Nikitine,
    • (en) The Sicilian Scheveningen, Batsford 1983
  • Avec A. Sakharov,
    • (en) The Caro-Kann Classical, Batsford 1984
  • Avec Raymond Keene, Jonathan Tisdall, Eric Schiller (en)
    • (en) Batsford Chess Openings, deux éditions (Batsford 1982 et 1989)
  • Avec Raymond Keene,
    • L'Est-indienne entre les mains de Kasparov, Éditions Grasset-Europe échecs, 1995 ((en) Kasparov on the King's Indian, 1993)
      rassemble les annotations de Kasparov parues de 1978 à 1993 dans l'informateur ou dans des revues
DVD édités par Chessbase.
  • (en) How to play the Najdorf
  • (en) How to play the Queen's Gambit

Textes politiques

  • Poutine, Échec et mat, Éditions de L'Herne,
  • Winter Is Coming: Why Vladimir Putin and the Enemies of the Free World Must Be Stopped,
    • Winter is coming, stopper Vladimir Poutine et les ennemis du monde libre, Michel Lafon, 2016

Notes et références

Notes

  1. La notation (+5, –3, =16) signifie un bilan de cinq victoires, trois défaites et seize parties nulles.
  2. Le tournoi était un système suisse.
  3. Moins de 17 ans
  4. 2e : Murray Chandler.
  5. Tournoi de qualification pour le championnat du monde junior
  6. Match-tournoi des générations de l'URSS, premier échiquier de l'équipe jeune
  7. Premier échiquier de l'URSS à l'olympiade (championnat du monde par équipes) universitaire
  8. Kasparov perdit contre le vainqueur Ivantchouk
  9. Meilleure performance au premier échiquier
  10. Kasparov perdit contre Lautier et contre Piket.
  11. Meilleure performance Elo
  12. Mémorial Botvinnik, match disputé à Moscou, 4 parties lentes, 6 rapides, 10 Blitz
  13. Tournoi PCA rapide
  14. Kasparov remporta le Grand Prix Intel-PCA 1995 (Rapide)
  15. Tournoi rapide sur internet disputé en février 2000
  16. Match rapide disputé à Panormo
  17. Contrairement à une idée reçue ce coup n'est pas perdant. Après 36… Cc5 37. Fc6 Dh4! 38. Fxe8 Cg4 39. h3 (39. Fxf7+ Rxf7 40. Dd5+ Rf8 41. h3 Cf2+ 42. Rg1 Cxe1 43 Txe1 Dd4 + la position est égale) Cf2+ 40. Rg1 Cxh3+ 41. gxh3 Dg3+ 42. Rf1 Dxh3+ 43. Re2 Dg2+ 43. Re3 Dg3+ avec échec perpétuel. Cette analyse de Jan Timman est référencée entre autres sur Mega Database, immense base de données de parties d'échecs publiée par ChessBase. Le logiciel d'échecs le plus fort au monde à ce jour Rybka 3 donne aussi égalité avec la même analyse.

Références

  1. Le champion d'échecs russe Garry Kasparov est devenu croate, sur rtl.fr, le 3 Mars 2014.
  2. (en) Chess champion Garry Kasparov granted Croatian citizenship, The Guardian, le 28 février 2014.
  3. (en) Jeff Sonas, The Greatest Chess Player of All Time sur Chessbase
  4. Nikitine 1994, p. 13.
  5. Graphie allemande que Kasparov donne de son nom de famille dans Kasparov 2011, p. 8.
  6. Nikitine 1994, p. 14.
  7. Kasparov 2011, p. 10.
  8. Kasparov 2011, p. 11.
  9. Exemples avec l'orthographe Garri :
    • Garri Kasparov, L'épreuve du temps, Grasset, collection Europe-échecs, 1985
    • Edouard Goufeld, Le Grand maître Garri Kasparov, Grasset, collection Europe-échecs, 1984
    • Championnat du monde Séville 1987, Anatoli Karpov-Garri Kasparov, Grasset, collection Europe-échecs, 1988
    • Championnat du monde 1990 New York – Lyon, Kasparov commente, Grasset, collection Europe-échecs, 1991
    • Alexandre Nikitine, Kasparov, Payot, 1994
  10. Exemples avec l'orthographe Garry :
    • Les meilleures parties de Garry Kasparov, Olibris, 2006
    • Championnat du monde d'échecs New York / Lyon 1990 Garry Kasparov - Anatoly Karpov, TopEchecs, 1991
  11. Exemples avec l'orthographe Gary
    • Gary Kasparov, Échecs offensifs, Dumarchez-Naoum, 1986
    • Raymond Keene, How to beat Gary Kasparov, Maxwell MacMillan, Toronto, 1990
  12. Laurence Ritter, « Bakou : Le pogrom oublié », Nouvelles d'Arménie Magazine, no 161, , p. 30
  13. Kasparov, Speelman et Wade, Fighting Chess, Batsford, 1995, p. 235.
  14. Kasparov 2011, p. 15.
  15. Kasparov 2011, p. 12.
  16. Nikitine 1994, p. 15.
  17. Kasparov 2011, p. 17.
  18. Kasparov 2011, p. 18.
  19. Nikitine 1994, p. 21.
  20. Nikitine 1994, p. 31.
  21. Kasparov 2011, p. 46.
  22. Nikitine 1994, p. 28.
  23. Nikitine 1994, p. 29.
  24. Olimpbase : Elo summary.
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  26. (en) Garry Kasparov: A History of Profesional Chess (sic) sur Chessbase, le 8 avril 2002.
  27. Chronologie FIDE/PCA, mark-weeks.com.
  28. Biographie de Kasparov par son agent, sur kasparovagent.com.
  29. (en) « Garry Kasparov, Player of the Century », en couverture de New in Chess, en août 1999.
  30. (en) Carlsen and Kasparov join forces, sur Chessbase, le 9 septembre 2009.
  31. (en) Goals met – Kasparov and Carlsen's new strategy, sur Chessbase, le 3 mars 2010.
  32. (en) Carlsen Carlsen: I am constantly in touch with Kasparov, sur Chessbase, le 19 novembre 2009.
  33. (en) Magnus Carlsen on his chess career, sur Chessbase, le 15 mars 2010.
  34. (en) Louisa Thomas, Garry Kasparov return briefly to chess, The New Yorker, le 1er août 2017.
  35. Kasparov sorti de sa retraite fait jeu egal avec la nouvelle garde, sur Le Point, le 15 août 2017.
  36. Retour en demi teinte pour la légende Kasparov, sur lematin.ch, le 19 août 2017.
  37. 2017 Saint-louis Rapid Blitz Pairings & Results, sur grandchesstour.org.
  38. Echec et mat pour Garry Kasparov, Le Monde, le 11 août 2014.
  39. (en)Ilyumzhinov Beats Kasparov 110-61 at FIDE Presidential Elections, sur chess.com, le 11 août 2014.
  40. (en) Kasparov is soundly defeated in bid to lead chess federation, The New York Times, le 11 août 2014.
  41. (en) Kasparov, Leong Found Guilty Of Breaching FIDE Code Of Ethics, chess.com, le 9 septembre 2015.
  42. Ethics Commission Judgement, fide.com, le 21 octobre 2015.
  43. (en)Garry Kasparov on how it all started, sur Chessbase, le 2' décembre 2017.
  44. (en) [PDF] On the Impact of Information Technologies on Society: an Historical Perspective through the Game of Chess par Frederic Prost, 15 mars 2012.
  45. (en) STart A Centuries-old Pastime comes of age, STart Magazine N°13, 1988 : World chess champion Garry Kasparov of the Soviet Union was an early and enthusiastic supporter of ChessBase, and he used it to defeat a team of international masters... by collecting the games of his potential opponents and entering them into ChessBase, he was able to familiarize himself with their playing styles and opening repertoires after only a few hours, instead of taking days poring over chess books. Kasparov has even commercially endorsed the program (an unusual action for a Soviet sportsman), saying in a recent advertisement that ChessBase is "the greatest development in chess study since the invention of the printing press!".
  46. Pierre Barthélémy, « L’espèce humaine, échec et mat », Libération.fr, 11 septembre 2014.
  47. Gregor Brandy et Etienne Chaudagne, « Les jeux où l'homme bat (encore) la machine », Le Monde, (lire en ligne)
  48. (en) « Kasparov Teaches Chess Online » sur Chess.com, juin 2017.
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  54. « Kasparov arrêté lors d'une manifestation à Moscou », AFP via le site Internet de La Dépêche du Midi, le .
  55. Journal télévisé de France 2, le 25 novembre 2007.
  56. Garry Kasparov écroué au siège de la police moscovite, Le Parisien, le 25 novembre 2007.
  57. (en) Kasparov: 'Putin's System works like the Stalin regime', sur Chessbase, le 17 août 2007.
  58. Dans un article (en) Mathematics of the Past, Kasparov écrit en septembre 2002 « Il y a cinq ans je suis tombé sur plusieurs livres écrits par des mathématiciens de l'Université d'État de Moscou : les académiciens A. T. Fomenko et G. V. Nosovski. Ces livres décrivent le travail d'un groupe de mathématiciens professionnels mené par Fomenko, qui ont étudié la chronologie ancienne et médiévale pendant plus de 20 ans avec des résultats fascinants. En utilisant des mathématiques modernes et des méthodes statistiques, ainsi que des calculs astronomiques précis, ils ont découvert que l'histoire ancienne avait été artificiellement repoussée de plus de 1 000 ans. Pour des raisons au-delà de ma compréhension, les historiens continuent d'ignorer leur travail. »
  59. The 2007 TIME 100, sur Time, 2007.
  60. The 2007 TIME 100 - Heroes & Pioneers - Garry Kasparov, sur Time, le 3 mai 2007.
  61. Hélène Richard, « Alexeï Navalny, prophète en son pays ? », sur Le Monde diplomatique,
  62. Kasparov pour faire échec au clan Poutine, Radio-Canada, le 30 septembre 2007.
  63. Garry Kasparov renonce à se présenter à l'élection présidentielle en Russie, Le Monde, le 12 décembre 2007.
  64. Garry Kasparov, Sarkozy, jaloux de Poutine ?, Le Monde, le 18 janvier 2008.
  65. Moscou promet de retirer ses troupes d'ici vendredi, Le Monde, le 19 août 2008.
  66. Solidarnost, le nouveau parti d'opposition de Garry Kasparov, Le Monde et Agence France-Presse, le 13 décembre 2008.
  67. (en) « Breaking news: Kasparov arrested and beaten at Pussy Riot trial », chessbase.com, .
  68. Assassinés, emprisonnés, exilés... le triste sort des opposants dans la Russie de Poutine, Le Parisien, le 27 mars 2017.
  69. Les grands entretiens de L'Équipe - Garry Kasparov : «Jouer aux échecs, c'était survivre», l'Equipe, le 21 août 2018.
  70. (en)Russian Dissident and Chess Champion wins Human Rights Award, sur Chessbase, le 4 octobre 2013.
  71. (en) Adam Taylor, « London got international condolences when terror hit. St. Petersburg got silence. », The Washington Post,
  72. (en) « CNN interview of Garry Kasparov about St Petersburg terror attack », sur youtube.com, .
  73. Garry Kasparov : "Le train Trump se rapproche de son terminus", L'Express, le 19 juillet 2017.
  74. On trouve ses tournois et palmarès dans :
  75. (en) Kasparov's Tournament, Match, and Exhibition Record sur le site de Mark Weeks.
  76. Nikitine 1994, p. 32-33.
  77. Mémorial Sultan Khalibeyli disputé à Bakou du 11 au 28 mai 1976, Kasparov 2011, p. 63-65.
  78. Léningrad 1977, RusBase.
  79. Devant Kortchnoï, Sax, Ljubojević et Ivantchouk
  80. Devant Ehlvest, Timman, Youssoupov et Ljubojević
  81. Kasparov vs Topalov "Advanced Chess" Match, The Week in Chess, en 1998.
  82. Dirk Jan Geuzendam, The Day Kasparov quit, preface, p. 8.
  83. Kasparov's Fighting Chess, tome 2, page 20. Le record appartient à Viktor Kortchnoï qui commença le tournoi en remportant ses huit premières parties.
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  87. twic 502, theweekinchess.com, juin 2004.
  88. Fiche de Kasparov sur olimpbase.org.
  89. Résultats de Kasparov aux championnats d'Europe des nations.
  90. Histoire de l’horloger suisse Audemars Piguet, sur le site magmontres.fr (consulté le 5 novembre 2015).
  91. Kasparov Shines in Greece, Fierce and Dizzying as Ever sur le New York Times, le 19 octobre 2003.
  92. Tournoi à élimination directe avec 128 joueurs adultes pour la plupart, mini-matchs de deux parties disputés pendant une semaine ; chaque joueur avait trente minutes pour terminer la partie, départages en blitz, Kasparov 2011, p. 46-48.
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  95. Trophée Immopar
  96. Match Kasparov-Short, sur europe-echecs.com, le 28 avril 2015.
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  99. Garry Kasparov on Garry Kasparov, part III, 2014, p. 461.
  100. Garry Kasparov's Fighting Chess, Batsford, 1995, p. 162.
  101. https://www.universalis.fr/encyclopedie/garry-kasparov/
  102. (en) Steve Giddins (en), How to build your chess opening repertoire, éd. Gambit, 2003, (ISBN 978-1-901983-89-0), p. 122.
  103. Sources :
    • (en) How to Build Your Chess Opening Repertoire de Steve Giddins (en)
    • (en) Kasparov's Opening Repertoire de Leonid Chamkovitch et Eric Schiller (en)
    • (en) Kasparov's Chess Openings d'Otto Borik
  104. (en)Steve Giddins (en), op. cité, pp. 121-122.
  105. (en) Eric Schiller (en), World Champion Openings, Cardoza Publishing, 1997, (ISBN 978-0-940685-69-7), page 26.
  106. Nicolas Giffard, le Nouveau Guide des Échecs, Traité Complet, éd. Robert Laffont, coll. Bouquins, 2009, (ISBN 978-2-221-11013-3), p. 620.
  107. Kasparov vs Karpov, 1990 sur ChessGames.com
  108. Kasparov vs Anand, 1995, chessgames.com.
  109. (en) Steve Giddins, How to build your chess opening repertoire, éd. Gambit, 2003, (ISBN 978-1-901983-89-0), p. 123.
  110. Chess Genius avait déjà vaincu Garry Kasparov en partie semi-rapide en 1994.
  111. (en) Kasparov vs the rest of the world sur chessgames.com, le 22 octobre 1999.
  112. Kasparov vs Topalov, Wijk aan Zee, 1999 sur chessgames.com.
  113. Kasparov vs Kramnik, 2000, chessgames.com.
  114. (en) Judit Polgar vs Garry Kasparov "J'adoube!", chessgames.com, 1994
  115. (en) Kasparov-Radjabov Linares 2003.
  116. (en) Kasparov's outburst over beauty prize in Linares, sur Chessbase, le 11 mars 2003 : The prize for most beautiful game was announced with Teimour Radjabov the winner for his win over Garry Kasparov in round two. Kasparov stunned the crowd by immediately rising and walking to the stage and speaking into the microphone: “How could you give the beauty prize to a game in which I lost a piece because of a stupid mistake? It has been selected only because it was the only game that I lost and I consider this to be a public insult and humiliation.”
  117. (en) [PDF] Cheating for Sport, chesscafe.com, le 3 mars 2004.
  118. (en) Garry Kasparov still has the magic!, sur Chessbase, le 20 avril 2016 : Nakamura : "It's Garry after all. Maybe I am not treating this event as seriously as he is. I gave him the benefit of the doubt. You hate seeing games decided on blunders like that. So that's the reason why I let it pass."
  119. (en) Kasparov broke the rules with awkward touch move, sur youtube, le 30 avril 2016.

Annexes

Bibliographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Europe Échecs, 593 Dossier spécial Kasparov ()
    contient une bibliographie détaillée.
  • Edouard Goufeld, Garri Kasparov, Grasset, 1984 (ISBN 978-2-246-34711-8)
  • Mikhaïl Youdovitch, Garry Kasparov, Radouga, 1988 (ISBN 978-5-05-002090-1)
  • Alexandre Nikitine, Kasparov, Payot, (ISBN 978-2-228-88860-8). 
  • Igor Štohl, Les meilleures parties de Garry Kasparov, 2 volumes, Éditions Olibris, 2006 et 2008,
  • (en) Tibor Karolyi et Nick Aplin, Kasparov's Fighting Chess, 2 volumes, Batsford Chess, 2006, .

Analyses des défaites de Kasparov :

  • (en) Raymond Keene, How to beat Gary Kasparov, Maxwell MacMillan, Toronto, 1990 ;
  • (en) Tibor Karolyi et Nick Aplin, Kasparov, how his predecessors misled him about Chess, Batsford Chess, 2009

Liens externes


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