Venoix

Venoix est un quartier de l'ouest de Caen, après avoir été une commune indépendante jusqu'en 1952[Note 1].

Venoix

Ancienne mairie et école de la commune du Venoix
Administration
Pays France
Région Normandie
Ville Caen
Canton Caen-1
Démographie
Revenu moyen 32 164
Fonctions urbaines Habitat mixte
Étapes d’urbanisation Moyen Âge
XXe siècle
Géographie
Coordonnées 49° 10′ 28″ nord, 0° 23′ 45″ ouest
Altitude Min. 5 m
Max. 42 m
Superficie 130 ha = 1,3 km2
Transport
Bus 2 6 11 32
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Caen
Venoix

    Géographie

    Le quartier est aujourd'hui délimité par :

    • au nord, le boulevard Georges-Pompidou
    • à l'est, les boulevards Yves-Guillou et des Baladas
    • au sud, la limite entre Caen et Louvigny
    • à l'ouest, la limite entre Caen et Bretteville-sur-Odon

    Histoire

    Une ferme à Venoix, Christian Skredsvig, 1881
    Le tramway électrique sur l'avenue Henri Chéron au début du XXe siècle

    Aux origines

    Pendant des siècles, Venoix n'est qu'un petit village situé sur la route de Bretagne à l'entrée de Caen. Dans les textes en latin, Venoix est appelé Venuntium[1]. Régulièrement, les paroissiens de Caen fréquentaient l'église paroissiale dédiée à Saint-Gerbold, censé guérir les « flux de sang », notamment la dysenterie et les hémorroïdes (maladies appelées au Moyen Âge le mal Saint-Gerbold)[2].

    La création de la commune

    La commune de Venoix, créée en 1793, est rattachée au canton de Mondeville, puis à celui de Caen-Sud en 1801 et enfin à celui de Caen-Ouest en 1815[3]. Le quartier fait partie du canton de Caen-1 depuis 1982.

    En 1793, Venoix ne compte que 248 habitants. Au début du XIXe siècle, la paroisse de Venoix est partagée entre celle de Bretteville-sur-Odon et celle de Saint-Ouen, à Caen. L'église Saint-Gerborld, en bordure de l'Odon, est démolie en 1809[Note 2]. Le village est alors constitué de quatre hameaux[4] :

    • le centre du village, caractérisé par un habitat dispersé sur les bords des petit et grand Odon (moulin, église, maison des seigneurs de Venoix) ;
    • le long de la route de Bretagne, les hameaux « Sur le pavé », au croisement avec le chemin de Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, et du Haut de la butte, à la limite avec la commune de Bretteville-sur-Odon ;
    • à l'extrémité nord de la commune, la Maladrerie, village à cheval sur Caen et Saint-Germain-la-Blanche-Herbe.

    Dans la vallée de l'Odon, les terrains régulièrement inondés étaient occupés par des vergers et des près. Sur le plateau au nord du petit Odon en revanche, les terrains étaient composés de labours comme dans le reste de la plaine de Caen. Vers la Maladrerie, ce plateau était percé de puits permettant d'accéder à des carrières souterraines où l'on extrayait de la pierre de Caen.

    Le XIXe siècle

    Au XIXe siècle, la population augmente et approche de 600 habitants au début des années 1870 (593 au recensement de 1872 contre 267 en 1806)[3]. En 1852, le conseil municipal décide donc de construire un nouveau lieu de culte pour remplacer l'église Saint-Gerbold. Des fonds privés s'adjoignent aux subventions publiques et, à partir de 1869, la nouvelle église est construite sur la route de Caen (actuelle avenue Henry Chéron) sous la direction de l'architecte Leterrier, puis, après son décès, de l'architecte Lamotte[5].

    L'essor de la commune

    Des années 1870 à la fin des années 1890, Venoix se dépeuple avant que la démographie reparte à la hausse à partir de 1896[3]. Le plus fort de l'accroissement s'effectue à partir de 1901, la population passe de 518 en 1901 à 949 habitants en 1936. À partir de 1901, le village est relié au centre de Caen par les tramways de la ligne 3 de la Compagnie des tramways électriques de Caen. La ligne se termine à l'entrée de la commune. En , puis en , le conseil municipal de Bretteville-sur-Odon demande à la compagnie de prolonger la ligne de Venoix jusqu'à la mairie de leur commune. Le projet est définitivement abandonné en 1913, le coût de l'investissement étant jugé prohibitif[6]. Pendant l'Entre-deux-guerres, des lotissements constitués de petites maisons individuelles dotés de jardinet, sont construits entre Caen et Venoix[7]. À partir du début des années 1930, des lignes d'autobus sont ouvertes et l'exploitation du réseau de tramways cesse définitivement le .

    Le , l’artillerie moyenne de la Royal Navy bombarde pendant 20 minutes le village afin de détruire le poste de commandement d'une division SS. Début juillet, l'État-major de la 12e division de Panzergrenadiere SS passe par Venoix et le village est à nouveau bombardé le [8]. La commune est libérée par la 3e Division d'infanterie canadienne le  ; mais le , elle est à nouveau touchée par des tirs d'artillerie.

    Le rattachement à Caen

    Après la guerre, la croissance démographique s'accroit et atteint 1 339 habitants au recensement de 1946[3]. Le , la commune de Venoix est fusionnée avec Caen mais le quartier de Venoix a gardé un esprit de « petit village ». À la suite de ce rattachement, on débaptisa l'ancienne rue Pasteur de Venoix, en raison de l'existence d'une voie homonyme à Caen, et on lui donna le nom de son tout dernier maire, Joseph Philippon[9].

    Démographie

    Évolution démographique
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    248223267377424462477523534
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    546571591593540528533562510
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 -
    5185415966627588599491 339-
    (Sources : EHESS[10])

    Infrastructures

    Équipements et espaces verts

    L'église Saint-Gerbold.
    Ancienne maison des seigneurs de Venoix.
    • Zones d'activités et pôles commerciaux
      • Pôle commercial de l'avenue Henry Chéron
      • Centre commercial de la Fontaine-Venoise
      • Parc des Expositions
    • Lieux de culte
    • Petites enfances
    • Enseignement[11]
    • Équipements culturels et de loisirs
    • Équipements sportifs
    • Services administratifs
      • Mairie de quartier
    • Espaces verts
      • Le quartier de Venoix dispose principalement de deux espaces verts, tous deux entretenus et équipés d'une aire de jeux.
        • Le premier est un petit parc situé face à l'école maternelle Jean Moulin et accessible par la rue Lucien Nelle ou par la rue Galliéni.
        • Le second est une vallée qui délimite la jointure avec les champs situés sur la commune de Bretteville-sur-Odon. Un sentier et une voie communale permettent de rejoindre la ville voisine.
      • Venoix est un quartier relativement vert grâce à une urbanisation peu dense. La plupart des résidences du quartier disposent d'espaces verts dont certains publics (Place Venoise, Fontaine Venoise).
      • La voie ferrée peut être franchie au bas de Venoix pour rejoindre un sentier pédestre qui fait le tour de la colline de Venoix pour rejoindre Bretteville-sur-Odon.

    Infrastructures

    Deux avenues traversent le quartier de Venoix  : l'avenue Henri Chéron (départementale 675) qui relie Caen à Bretteville-sur-Odon et l'avenue Charlemagne qui relie le boulevard Georges Pompidou à l'avenue Henri Chéron. La future sortie ouest du périphérique desservira le quartier.

    Le quartier est principalement alimenté en eaux par les forages de la Prairie[12].

    Comme le reste de l'agglomération caennaise, Venoix est couvert par l'ADSL, la fibre optique (selon le lieu), et les réseaux mobiles.

    Transport en commun

    Le quartier est desservi par les lignes de bus 2, 6, 11 et 32 du réseau Twisto.

    Bien qu'initialement envisagé, le quartier ne sera pas desservi par la ligne 2 (est-ouest) du transport en commun en site propre [13],[14].

    Le quartier de Venoix dispose d'une station vélo Twisto Vélolib située près de l'arrêt "Galliéni".

    Vie du quartier

    Chaque année en mai/juin a lieu un carnaval auquel participent les écoles. La maison de quartier organise régulièrement d'autres événements.

    Personnalités liées au quartier

    Annexes

    Notes

    1. Code Insee : 14736
    2. Sur le cadastre de 1810, l'église est encore figurée. L'église se trouvait approximativement au niveau de l'actuelle bretelle d'accès au viaduc de la départementale 405, côté sud

    Références

    1. Arcisse de Caumont, Statistique Monumentale du Calvados, Caen, Hardel, (lire en ligne)
    2. Cf. Journal d'un bourgeois de Caen 1652-1733 [(fr) texte intégral (page consultée le 29 mai 2008)]
    3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale : Venoix », sur ehess.fr, École des hautes études en sciences sociales (consulté le ).
    4. Cadastre napoléonien, 1810
    5. Guillaume-Stanislas Trébutien, Caen, son histoire, ses monuments, son commerce et ses environs, Caen, A. Hardel,
    6. Paul Dartiguenave, Bretteville-sur-Odon du XIXe siècle aux années 1970. La modernité, Paris, Éditions Publibook,
    7. Rémy Desquesnes, Caen 1900-2000 : un siècle de vie, Fécamp, Éditions des Falaises, , 52 p.
    8. Alexander McKee, « Destruction de Caen : massacre en masse pour rien », dans Louis Garros (dir.), La bataille de Normandie, Neuilly-sur-Seine, dossier Historama n°2, 1975, p. 170
    9. Édouard et Régis Tribouillard, L’histoire des rues de Caen, Caen, supplément à Liberté de Normandie, , 166 p.
    10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale : Venoix », sur ehess.fr, École des hautes études en sciences sociales (consulté le ).
    11. Source : mairie de Caen [lire en ligne]
    12. « Zones de distribution des eaux », sur http://www.ville-caen.fr, Ville de Caen
    13. « Ligne 2 », sur http://www.viacites.org, Viacités
    14. « Tramway 2019 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogle • Que faire ?), sur www.tramway2019.com (consulté le )

    Bibliographie

    • Jean Collin, Venoix : essai historique sur une commune millénaire devenue un quartier de Caen en 1952, Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, , 431 p. (ISBN 2-85480-460-0)
    • Yves Lecouturier et Hélène Martin, Venoix d'hier et d'aujourd'hui, auto édité, .

    Liens externes

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