Hubert Germain

Hubert Germain, né le à Paris, est un résistant et homme politique français, compagnon de la Libération. Engagé dans les Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale, il entame ensuite une carrière politique, au cours de laquelle il est notamment député de Paris puis ministre dans les gouvernements Messmer.

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Hubert Germain
Fonctions
Ministre des Relations avec le Parlement

(2 mois et 25 jours)
Gouvernement Messmer III
Prédécesseur Joseph Comiti
Successeur René Tomasini (secrétaire d'État)
Ministre des Postes et Télécommunications

(1 an, 7 mois et 25 jours)
Gouvernement Messmer I et II
Prédécesseur Robert Galley
Successeur Jean Royer
Député français

(1 mois et 24 jours)
Circonscription 14e de Paris
Législature Ve (Ve République)
Groupe politique UDR
Prédécesseur Jean Turco

(4 ans et 26 jours)
Circonscription 14e de Paris
Législature IVe (Ve République)
Groupe politique UDR
Prédécesseur Serge Boucheny
Successeur Jean Turco

(4 ans, 4 mois et 8 jours)
Circonscription 14e de Paris
Législature IIe (Ve République)
Groupe politique UNR-UDT
Prédécesseur Jean-Baptiste Biaggi
Successeur Serge Boucheny
Maire de Saint-Chéron
Prédécesseur Jules Collas
Successeur Raymond Lochard
Biographie
Nom de naissance Hubert Jean Louis Germain
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Français
Père Maxime Germain
Profession Cadre de société

Depuis le , il est le dernier compagnon de la Libération encore en vie.

Biographie

Famille et formation

Hubert Germain naît le dans le 16e arrondissement de Paris[1]. Il est le fils du général français Maxime Germain.

Élève à la mission laïque franco-arabe de Damas de 1930 à 1932, il poursuit sa scolarité au lycée Albert-Sarraut d'Hanoï, puis au lycée Saint-Louis à Paris. Il étudie ensuite en classes préparatoires au lycée Michel-Montaigne de Bordeaux[1].

À la mi-juin 1940, au moment où il passe le concours de l'École navale, les Allemands entrent dans Paris. Il décide alors de rendre copie blanche pour ne pas avoir à servir dans une armée aux ordres de l'ennemi[2],[3].

Seconde Guerre mondiale

Hubert Germain refuse l'armistice. Il décide de continuer le combat et décide de rejoindre la Grande-Bretagne avec trois de ses camarades. Le 24 juin 1940, ils parviennent à s'embarquer sur l'Adandora Star à Saint-Jean-de-Luz à destination de Liverpool. À l’Olympia Hall de Londres, il s'engage dans les Forces françaises libres. Il suit une formation d'élève officier de marine à bord du cuirassier Courbet[4].

Au printemps 1941, il est affecté, en Palestine, à la 1re division française libre (1re DFL) commandée par le général Paul Legentilhomme. Il participe à la campagne de Syrie au sein de l'état-major de la division[1].

En septembre 1941, à l'issue de sa formation d'officier à Damas, il est nommé aspirant et affecté à l'état-major de la 1re Brigade française libre commandée par le général Marie-Pierre Koenig[1].

En février 1942, il est affecté à la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère (13e DBLE). Il participe, comme chef de section antichars, à la bataille de Bir Hakeim où il est cité à l'ordre de l'armée[1].

En septembre 1942, il est nommé sous-lieutenant[1].

Au sein de la 1re division française libre (1re DFL), il participe à la bataille d'El Alamein puis à la campagne de Tunisie[1].

Le , pendant la campagne d'Italie, à Pontecorvo près de Montécasino, il est blessé et évacué sur Naples[4].

En août 1944, il participe au débarquement de Provence et aux combats de la 1re armée française qui remonte la vallée du Rhône vers l'Allemagne[1].

En1946, quand il est démobilisé, il est aide de camp du général Marie-Pierre Koenig qui commande les forces françaises d'occupation en Allemagne[1].

Carrière civile et politique

De 1950 à 1952, il est cadre d'entreprise chez Cinzano.[réf. nécessaire]

De 1953 à 1965, il est maire de Saint-Chéron (commune alors située en Seine-et-Oise, aujourd'hui dans l'Essonne)[1].

De 1960 à 1962, il est chargé de mission au cabinet de Pierre Messmer, ministre des Armées et conseiller technique jusqu'au [1][source insuffisante]. En 1968, il est président de l'ONERA[réf. nécessaire].

Il est ensuite député de la quatorzième circonscription de Paris, d'abord de 1962 à 1967, puis de 1968 à 1972, et enfin en 1973. Il est aussi secrétaire général (1969-1971) et président (1971-1973) de l'amicale parlementaire Présence et Action du gaullisme, dont il est l'un des fondateurs avec Pierre Messmer. René la Combe, Compagnon de la libération et député du Maine-et-Loire lui succédera à la tête de ce mouvement gaulliste.

Sa carrière politique est marquée par sa participation aux trois gouvernements Messmer du au , d'abord comme ministre des PTT, puis chargé des Relations avec le Parlement du au . Il a également assuré l’intérim des PTT du au , à la suite de la démission de Jean Royer, candidat aux élections présidentielles de 1974[5].

De 1975 à 1982, il est président de la société française de télédistribution[1].

Franc-maçon, il a été initié à la Grande Loge de France en 1975. Il est membre fondateur de la loge « Pierre Brossolette, Compagnon de la Libération » et Grand-Maître d'honneur de la Grande Loge de France[6]. Également membre de la Juridiction du Suprême Conseil de France, il est 33e degré du Rite écossais ancien et accepté[6].

Retraite

À partir de 2010, Hubert Germain est membre du Conseil de l'ordre de la Libération. Il est pensionnaire de l'Institution nationale des Invalides à Paris[7]. Le général Thierry Burkhard, chef d'état-major de l'Armée de terre, lui rend visite le , jour de sa prise de fonction[8],[9].

Lors des commémorations des 80 ans de l'appel du 18 Juin, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, annonce que les quatre derniers compagnons de la Libération (Edgard Tupët-Thomé, Daniel Cordier, Pierre Simonet et Hubert Germain) sont nommés membres honoraires de l'ordre de l'Empire britannique[10]. La décoration est remise à Hubert Germain par Ed Llewellyn, ambassadeur du Royaume-Uni à Paris, aux Invalides, le [11],[12].

Il est le dernier survivant des compagnons de la Libération depuis la mort de Daniel Cordier le [13],[14]. À ce titre, il peut choisir d'être inhumé dans la crypte du mémorial de la France combattante au mont Valérien, où un caveau est réservé pour le dernier des Compagnons[15].

Par décret du , Hubert Germain est nommé chancelier d'honneur de l'ordre de la Libération[16].

Le , anniversaire du dernier jour de la bataille de Bir Hakeim, une cérémonie est organisée en son honneur sous ses fenêtres, aux Invalides[17].

Décorations

Publication

Références

  1. « Hubert Germain », sur ordredelaliberation.fr (consulté le ).
  2. « Hubert Germain, entretien avec le dernier des compagnons de la Libération », sur parismatch.com, .
  3. Corinne Laurent, « Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération », sur la-croix.com, .
  4. « Hubert Germain », sur Musée de l'Armée (consulté le )
  5. « Parmi les nouveaux candidats - M. Jean Royer fera une campagne « vigoureuse et ardente » », Le Monde, 13 avril 1974.
  6. « Hubert Germain Grand Croix de la Légion d'Honneur », sur le site jlturbet.net.
  7. « J'ai suivi Antérès, de la constellation du Scorpion », dans Anne-Marie Grué-Gélinet, S'accrocher à une étoile : ainsi va la vie aux Invalides, Paris, Le Cherche midi, (ISBN 978-2-7491-6361-1), p. 45-59.
  8. Maxime Simonnot-Virbel, « Général d'armée Burkhard. Relève au contact », Terre information magazine, no 307, , p. 9 (lire en ligne, consulté le ).
  9. Nicolas Barotte, « Thierry Burkhard, ou l’art de commander dans la continuité », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le ).
  10. « Londres va décorer les quatre derniers compagnons de la Libération », Le Figaro, (lire en ligne, consulté le ).
  11. « Cérémonie de remise de l'Ordre de l'Empire Britannique », sur Ordre de la Libération, (consulté le ).
  12. « Tweet d'Ed Llewellyn », (consulté le ).
  13. Le Figaro avec AFP, « Décès de l'un des trois derniers compagnons de la Libération, Pierre Simonet », sur Le Figaro.fr, (consulté le ).
  14. Philippe-Jean Catinchi, « L’ancien résistant Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin pendant la seconde guerre mondiale, est mort », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  15. « Les derniers compagnons de la Libération passent la main », sur Le Monde, .
  16. Décret du 25 novembre 2020 portant nomination du chancelier d'honneur de l'Ordre de la Libération.
  17. Jean Chichizola, « Le dernier Compagnon célébré aux Invalides », Le Figaro, 12-13 juin 2021, p. 10 (lire en ligne).

Voir aussi

Bibliographie

  • Benoît Hopquin, Nous n'étions pas des héros, Calmann-Lévy, , 344 p. (ISBN 978-2-7021-5524-0, présentation en ligne).
  • « J'ai suivi Antérès, de la constellation du Scorpion », dans Anne-Marie Grué-Gélinet, S'accrocher à une étoile : ainsi va la vie aux Invalides, Paris, Le Cherche midi, (ISBN 978-2-7491-6361-1), p. 45-59.

Liens externes

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