Garde du corps

Un officier de sécurité ou garde du corps est un individu dont la fonction est de protéger une personne en cas de tentative d'agression ou les biens qu'elle portent en cas de tentative de vol.

Ne doit pas être confondu avec Garde-corps.

Pour les articles homonymes, voir Officier de sécurité.

Définition

Le terme « garde du corps » est employé par les médias et le langage courant pour désigner un « officier de sécurité » ou « agent de protection rapprochée ». Le mot « gorille » est quelques fois employé dans le langage familier[1] (source dictionnaire Larousse).

Dans le secteur de la sécurité privée, les termes utilisés sont « agent de protection rapprochée », « A3P » (« agent de protection physique de personnes ») ou « officier de sécurité ».

Personnes protégées

Représentation des gardes du corps du roi, sous Louis XVI.

Divers types de personnes peuvent avoir besoin de protection rapprochée. Il s'agit en général de personne ayant une exposition médiatique, mais pas seulement :

Les personnes occupant une même fonction ne sont pas exposées aux mêmes risques selon les pays et ne bénéficient pas du même niveau de protection.

Histoire

Historiquement, on trouve en France la première acception de ce terme sous Philippe-Auguste, qui institue cette charge en 1192. C'est une partie des sergents d'armes qui constitue dès lors les premiers gardes du corps destinés à la protection de sa personne. On peut voir ici la résurgence du principe de la garde prétorienne, qui assurait dans l'antiquité la protection de l'empereur. Dans le cas de la garde du corps de Philippe-Auguste, les membres la constituant appartenaient à la noblesse. Cette fonction officielle sera supprimée en tant que telle en 1792, en même temps que les Gardes de la manche (un corps de vingt-quatre gentilshommes ne quittant pas le roi, créé par Charles VII). Louis XVIII rétablira ces deux corps, qui seront à nouveau dissous en 1830. Le 24 mars 1854, Napoléon III crée par décret l'escadron des cent-gardes à cheval, corps de cavaliers d'élite chargé de sa protection.

Au Japon, l'équivalent de ce rôle est tenu par le yojimbo garde du corps » en japonais). Le terme « rōnin » est également utilisé au Japon médiéval pour désigner un garde du corps, les rōnin (浪人) étaient des samouraïs sans maître. Un samouraï qui se retrouvait désœuvré et sans son maître était ainsi contraint de vendre ses services à la cause du plus offrant comme mercenaire ou garde du corps.

Le Premier ministre des Pays-Bas allant de son bureau à un plateau de télévision pour une interview, à La Haye. Des passants lui demandent une photographie.

Choix de non-accompagnement

Certaines personnalités refusent de se faire accompagner par du personnel de sécurité, pour rester accessibles. À titre d'exemple, malgré les recommandations de ses services, Mark Rutte, le Premier ministre des Pays-Bas, n'a pas de gardes du corps[2] et n'a pas, avec son nouveau mandat, renoncé à son précédent mode de vie, faisant ses courses au supermarché et étant bénévole dans une école à raison de deux heures hebdomadaires.

Il est parfois abordé par des journalistes qui le suivent à vélo alors qu'il relie le parlement à sa résidence par le même mode de transport. Pour ainsi lui poser des questions, ils l'attendent sur son itinéraire habituel, ce qui dérange les services logistiques de protection, un attentat étant facile à planifier. Malgré cela, il n'y a jamais eu de problème d'agression du Premier ministre depuis sa prise de fonction.

Exercice en France

Aujourd'hui en France, le métier de garde du corps peut être exercé :

  • au sein de sociétés privées : si une expérience préalable dans l'armée, la police ou la gendarmerie est généralement requise, la carte professionnelle d'agent de protection physique des personnes est obligatoire pour pouvoir travailler dans le domaine privé en France ;
  • au sein de la police, où l'on qualifie également cette fonction de « agent de prévention et de sécurité en protection rapprochée ». Ces gardes du corps dépendent du service de protection des hautes personnalités (SPHP) Renommé le SDLP le 2 octobre 2013 , au sein de la police nationale. Il s'agit d'une fonction publique, accessible par concours interne au sein de la police ;
  • au sein de la force sécurité-protection (FSP) du GIGN ;
  • Au sein du RAID ;
  • Au sein des armées, il existe diverses unités de protection rapprochée, notamment le détachement de protection rapprochée (DPR) au sein du 1er régiment de parachutistes d'infanterie de marine (commandement des opérations spéciales). Le Centre national d'entraînement commando dispose d'un détachement d'accompagnement d'autorité qui a la charge de former les officiers de sécurité accompagnant les autorités militaires (chefs de corps, généraux, etc.) sur les théâtres opérations extérieures[3].

En France le statut d'officier de sécurité privé ne confère aucun pouvoir de police, il a les mêmes prérogatives qu'un citoyen ordinaire en cas d'agression ou autre délit (sauf s'il agit sous l'autorité d'un officier de police judiciaire, ou OPJ). Contrairement à un agent de sécurité, qui ne peut exercer son activité que dans une enceinte close privée, doit avoir une tenue siglée identifiant sa profession, un officier de sécurité privé a autorité pour exercer dans le domaine public et peut travailler en civil et éventuellement armé (autorisation de port d'arme à titre exceptionnel délivrée par le ministère de l'Intérieur ; pour des personnes exposées à des risques d'atteinte à leur vie) tout cela réglementé par la loi[4].

La formation des gardes du corps des services officiels se déroule en interne. Pour les autres, la formation se fait par un centre de formation de protection rapprochée qui délivre des titres reconnus par le répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Il est également possible de suivre des formations à l'étranger.

Conducteur de sécurité

Le conducteur de sécurité fait partie du dispositif de protection rapprochée, il est employé par une société de transport, sauf pour les services d'État. En plus d'être formé pour la conduite, il n'est pas obligé de suivre une formation de protection rapprochée. Cette profession n'a pas de statut spécifique.

Représentation dans les médias

La profession de garde du corps suscite une abondante littérature et plus encore une représentation au cinéma où cette fonction fait régulièrement l'objet de films mettant ce métier en scène. Quelques exemples :

Galerie

Notes et références

Annexes

Bibliographie

  • Gavril Bredean, Garde Du Corps : Le Métier, Officiel Médias, 1997.
  • Stéphane Valente, Confessions d'un garde du corps et agent secret, France Europe Éditions, 2006.
  • Gérard Desmaretz, Le manuel du garde du corps, Chiron, 1999.
  • Gérard Desmaretz, Le Manuel de la Protection Rapprochée, Chiron, 2008.
  • Karine Tuzet et Luc, Profession : garde du corps, Éditions du Rocher, 2004.
  • Jean-Pierre Diot, Garde du Corps: Du Pape Jean Paul II à Nicolas Sarkozy, Quinze ans au Service de Protection des Hautes Personnalités, Le Cherche Midi, 2010.
  • Thierry Légier, Mission Le-Pen : Le Garde du Corps Raconte, Du Toucan Éditions, 2012.
  • Pierre-François Degand, Moi, Major Degand, garde du corps, Glénat Jeunesse, 2017.

Articles connexes

Liens externes

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