Barranquilla

Barranquilla est une ville du nord de la Colombie et la capitale du département d'Atlántico. Elle se situe sur la rive occidentale du río Magdalena, le fleuve le plus important de Colombie, à 7,5 km de son embouchure sur la mer des Caraïbes, ou mer des Antilles, dépendance de l'océan Atlantique.

Pour les articles homonymes, voir Barranquilla (homonymie).

Barranquilla possède l'un des ports fluviaux et maritimes les plus importants et actifs de Colombie. Centre administratif, industriel, commercial, culturel et universitaire de la région caribéenne de Colombie, c'est une cité moderne et prospère, dotée de gratte-ciel, de musées et de sites attractifs[1]. Sa population est de 1 206 946 habitants (2011), ce qui en fait la quatrième ville la plus peuplée de Colombie, après Bogota, Medellín et Cali. L'aire métropolitaine de Barranquilla, dont la ville est le cœur, constituée principalement par les municipalités de Soledad, Galapa, Malambo et Puerto Colombia, compte 1 885 500 habitants (2011).

La fondation de Barranquilla remonte à la fin de la deuxième décennie du XVIIe siècle lorsque les secteurs voisins du fleuve Magdalena commencèrent à se peupler grâce aux faveurs octroyées par la Couronne espagnole. Pendant la guerre d'indépendance, Barranquilla se distingua par le soutien de ses habitants à la cause libertaire, ce qui lui valut d'être désignée comme ville en 1813.

Toponymie

Le nom de Barranquilla fait référence aux barrancas, ravines présentes dans le secteur adjacent au río Magdalena où se situent les premières fondations de la ville. Le suffixe -illa serait une altération d'origine aragonaise.

Le site connut plusieurs appellations avant que son nom définitif soit adopté. Il s'appela Camacho ou Camach, du nom des Indiens Kamash présents à l'arrivée des Espagnols, Sabanitas de Camacho, San Nicolás de la Barranquilla, Barrancas de Camacho, Barrancas de San Nicolás, Barranquilla de Camacho et Barranquilla de San Nicolás.

Surnoms

La ville a plusieurs surnoms : La Puerta de Oro de Colombia (la Porte d'or de Colombie)[2] , [1] car, historiquement, Barranquilla est l'un des ports les plus importants de Colombie, mais encore parce que la ville favorisa l'entrée dans le pays de progrès tels que l'aviation, le téléphone (les premiers téléphones furent installés à Barranquilla le )[3] et aussi de sports comme le football et le baseball[4]. D'autres noms lui furent donnés : la Arenosa (la Sablonneuse) à cause des sables fins du fleuve soulevés par la brise en hiver, et Curramba la bella, pour sa musique[5].

Elle est également appelée familièrement « Quilla » par ses habitants, les Barranquilleros, nommés parfois les Curramberos.

Symboles

Drapeau

Le drapeau de Barranquilla

En 1811, les patriotes, qui gagnèrent l'indépendance de Carthagène des Indes, adoptèrent le drapeau actuel de la ville de Barranquilla[6],[7]. Il est composé de trois rectangles : un de couleur rouge, le plus à l'extérieur, où s'insèrent un rectangle jaune ainsi qu'un vert, au centre. Le rouge symbolise le sang des patriotes, le jaune le soleil de l'espoir et de la liberté, le vert symbolise une maison imposante. Au centre du drapeau se trouve une étoile à huit branches d'argent symbolisant les huit provinces de la confédération[6],[7].

En 1812, le drapeau de Barranquilla fut porté par Simón Bolívar durant la campagne du Magdalena. En 1910, ce drapeau devint officiellement celui de Barranquilla[6],[7]. En 1914, le congrès de Tunja le choisit en tant qu'emblème officiel des Provinces-Unies de Nouvelle-Grenade.

Héraldique

Blason
De champ composé, le blason de Barranquilla est formé de trois quartiers. En chef, d'azur le ciel aux nuages d'argent, de sable des arbres sur un champ de sinople et une inscription de sable : « Premio del Patriotismo » (Récompense du Patriotisme). Dans le deuxième quartier, d'azur un fleuve, deux embarcations et une île de sinople. En pointe, sur la terre ferme, deux canons dirigés vers le fleuve et protégeant les embarcations, un soldat vêtu d'azur et de gueules, et le drapeau de Barranquilla. De sinople une bordure orne la pointe et une bordure d'or entoure l'écu[8].
Détails
Le sceau de la ville a été mentionné pour la première fois dans un décret de Manuel Rodríguez Torices qui accordait à Barranquilla, en 1813, son statut officiel de ville dans le but d'honorer les patriotes ayant gagné l'indépendance de Carthagène des Indes contre Santa Marta[8].

Hymne

Les paroles et la mélodie de l'hymne de Barranquilla ont été choisies par la Sociedad de Mejoras Públicas. L'hymne a été officialisé par le conseil municipal le . Les paroles ont été écrites par le poète Amira de la Rosa et la musique provient du Panama ; elle a été composée par Rafael Simón Urbina (es)[7], homme politique vénézuélien qui, lors d'un exil, résida à Barranquilla.

Autres symboles

La Tabebuia rosea et l'hibiscus Rose de Chine sont deux espèces de fleurs utilisées comme symboles de Barranquilla[7].

Histoire

Plaque du site des premières habitations de Barranquilla
Port de Barranquilla

Barranquilla, contrairement à d'autres villes colombiennes, ne fut pas fondée pendant la période coloniale. Sa fondation date de 1629 et elle fut déclarée ville le par le gouverneur de l'État libre de Carthagène des Indes, Manuel Rodríguez Torices.

L'histoire de Barranquilla est étroitement liée au commerce et au transport sur le fleuve Magdalena. Dès la fin du XVIIIe siècle, le site de San Nicolás de la Barranquilla acquit de l'importance en tant que port fluvial car, grâce à sa situation géographique, il prit une part élevée du volume du commerce au détriment de ports plus petits[9].

Le début du XXe siècle apporta quelques virevoltes dans la situation historique de la ville : en avril 1905, lors de la création du département d'Atlántico, Barranquilla en devint la capitale. En 1908, le département d'Atlántico fut supprimé et remplacé par le département de Barranquilla. Deux ans plus tard, le département d'Atlántico étant recréé, Barranquilla en redevint la capitale[10].

La seconde moitié du XIXe siècle vit croître l'importance de la ville lorsque débuta la navigation des bateaux à vapeur sur le río Magdalena. La navigation devint alors la principale forme de transport en Colombie. Jusqu'au début du XXe siècle, l'importance des villes situées sur les côtes maritimes ou possédant un port fluvial s'accrut. Les centres urbains restèrent isolés des échanges nationaux et durent attendre la construction des chemins de fer, des routes et des aéroports.

Barranquilla, devenue l'un des principaux ports de Colombie, vit se construire, à la fin du XIXe siècle, le môle de Puerto Colombia.

Dans les années 1930, d'importantes infrastructures furent mises en œuvre dans les principaux centres urbains de la Colombie. Le dragage de l'embouchure du fleuve Magdalena eut lieu. En 1936, le terminal maritime fut construit. Barranquilla reçut le surnom de « la Porte d'or de Colombie » en tant que premier port du pays.

Le , le Congrès de la république de Colombie déclara, par l'acte législatif no 01, Barranquilla district spécial, industriel et portuaire.

Mais l'histoire de Barranquilla n'est peut-être pas intégralement connue car ses archives ont disparu, au début du XIXe siècle, lors de l'incendie provoqué par les Espagnols voulant « aider » le pacificateur Pablo Morillo[11].

Géographie

Delta du río Magdalena
Vue satellitaire de Barranquilla

Géographie physique

La ville est située au nord-est du département de l'Atlántico, sur la rive ouest du fleuve Magdalena, à 7,5 km de son embouchure sur la mer des Caraïbes[4].

Aire métropolitaine

L'aire métropolitaine de Barranquilla comprend, outre cette ville qui en est le noyau :

  • au nord-ouest de Barranquilla : Puerto Colombia (superficie : 93 km2),
  • au sud-est : Soledad (67 km2),
  • au sud-ouest : Galapa (98 km2),
  • au sud de Soledad et au sud-est de Galapa : Malambo 108 km2).

Barranquilla est bordée au nord par la mer des Caraïbes. À l'est se trouve le département de Magdalena et au sud de Puerto Colombia se situe Tubará[4].

Altitude

L'agglomération est construite sur un plan légèrement incliné dont les hauteurs extrêmes sont de m à l'est et de 98 m à l'ouest au-dessus du niveau de la mer[4].

Démographie

Population


Selon les données récoltées par le DANE lors du recensement de la population colombienne en 2005, Barranquilla compte une population de 1 112 889 habitants[12].

Naissances, décès et espérance de vie

En 2007, il y a eu 29 900 naissances à Barranquilla, ce qui représente une baisse par rapport à 2006 (32 108 naissances). Le nombre de morts dans la ville s'élève à 4 310 en 2007, et à 5 938 en 2006.

L'espérance de vie à Barranquilla est de 72,07 ans pour les hommes, et 77,71 ans pour les femmes (la moyenne du pays étant de 74,0 ans tous sexes confondus)[13].

La mortalité infantile à Barranquilla est de 17,7 , ce qui est largement en dessous de la moyenne nationale (26 ). Les objectifs du gouvernement sont de faire baisser la mortalité à 15  pour les enfants de moins de deux ans, et de passer de 20,7 à 18  pour les enfants de moins de 15 ans.

Climat

Barranquilla, dont tout le territoire est traversé par des alizés rafraîchissant le climat tropical qui règne aux environs du río Magdalena ainsi qu'à son embouchure, jouit d'un climat agréable durant une bonne partie de l'année[1]. Les saisons des pluies se répartissent de mai à juin et d'août à novembre[4].

La température varie entre 27 et 30 °C[1].

Relevé météorologique de Barranquilla
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 24,3 24,7 24,1 24,6 24,8 24,8 24,6 24,5 24,2 23,9 24,1 23,8 24,2
Température maximale moyenne (°C) 31,4 31,7 32,2 32,9 33,3 33,1 32,8 33,1 32,6 32,2 32,1 32,6 32,4
Record de froid (°C) 18 20,6 19,4 20,5 20,6 20,8 19,4 21 20,4 20,8 19,8 20,4 18
Record de chaleur (°C) 35,8 37,6 37,8 38,4 39 39 39,2 39 38 37,7 38,4 37,2 39,2
Ensoleillement (h) 282 245,9 240,7 204,6 183,5 194,2 213,3 203,8 164,4 165,6 189,9 255 2 542,9
Précipitations (mm) 6 0,3 1,4 25,4 115 79,8 73,8 110 150,3 162,6 68,9 20,9 814,4
Nombre de jours avec précipitations 1 1 1 3 8 9 6 9 12 15 8 2 75
Humidité relative (%) 78 77 77 78 80 80 80 81 82 84 82 79 80
Source : (es) Cartas Climatólogicas - Medias Mensuales: Aeropuerto Ernesto Cortissoz (Soledad - Atlántico), Instituto de Hidrologia Meteorologia y Estudios Ambientales.
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
31,4
24,3
6
 
 
 
31,7
24,7
0,3
 
 
 
32,2
24,1
1,4
 
 
 
32,9
24,6
25,4
 
 
 
33,3
24,8
115
 
 
 
33,1
24,8
79,8
 
 
 
32,8
24,6
73,8
 
 
 
33,1
24,5
110
 
 
 
32,6
24,2
150,3
 
 
 
32,2
23,9
162,6
 
 
 
32,1
24,1
68,9
 
 
 
32,6
23,8
20,9
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Flore

Selon l'institut géographique Agustín Codazzi, Barranquilla a une végétation tropicale ; parmi les plantes, arbustes et arbres les plus communs que l'on peut voir dans la ville, dans ses espaces verts et ses alentours, figurent : Cacti, Opuntia elatior, Acanthocereus, Prosopis juliflora, Divi-divi, Tabebuia rosea, Cordia alba, Leucaena leucocephala et des variétés d'acacia comme le Flamboyant. Dans les environs de Barranquilla existent également des marais à mangroves avec leurs formations végétales impénétrables.

Dans les zones humides et fertiles, alimentées par la rivière Magdalena, l'on peut trouver des espèces comme Eichhornia azurea, Typha angustifolia, Heliconia, Eichhornia crassipes, Bactris minor, Anacardium excelsum, Ficus radula, et Lecythis minor.

Dans l'aire urbaine, on rencontre des espèces comme Gliricidia sepium, Cassia nodosa, Bursera simaruba, Terminalia catappa, Casuarina equisetifolia, et des variétés de Ceiba comme Ceiba pentandra, Hura crepitans et Bombax septenatum, Ficus elastica, Ochroma pyramidale, Erythroxylum cartagenensis, Licania tomentosa, Ficus religiosa, Ficus benghalensis, Spathodea campanulata, Enterolobium cyclocarpum, Samanea saman, Capparis odoratissima, Tabebuia coralibe, Gmelina arborea, Ficus nitida, Cordia sebestena, Tabebuia chrysantha, Pithecellobium lanceolatum, Kigelia pinnata, Swietenia macrophylla, Thespesia populnea, Sterculia apetala (en), Calophyllum mariae, Platymiscium pinnatum, Cordia bidentata, Cocos nucifera, Ficus benjamina, Guazuma ulmifolia (en), Albizia guachapele, Erythrina variegata, Crescentia cujete, Cassia fistula, Zyzygium cuminil, Azadirachta indica, Sapindus saponaria ainsi que des variétés de palmiers comme Roystonea regia et Phoenix roebelenii.

Il y a également des arbres fruitiers à Barranquilla, comme Mangifera indica, Manilkara zapota, Melicoccus bijugatus, Psidium littorale, Coccoloba uvifera, Zizyphus vulgaris, Annona squamosa, Tamarindus indica, Spondias purpurea, Anacardium occidentale, Guanábana, Citrus xlimon et Swingla ornata.

Politique et administration

Subdivisions politico-administratives

Carte des arrondissements Plan
Arrondissements :
1. Riomar 2. Norte-Centro Histórico 3. Sur Occidente 4. Metropolitana 5. Sur Oriente.
Corregimientos:
1. La Playa (Eduardo Santos) 2. Juan Mina.

Entre la fin du XVIIe siècle et le milieu du XIXe siècle le développement de Barranquilla fut progressif. Aux quartiers originels correspond l'actuel centre historique où s'est constitué le centre commercial.

L'Acte législatif no 1 de 1993 déclare que Las Flores, le village de La Playa et Bocas de Ceniza ainsi que le village de Juan Mina (es) font partie de Barranquilla.

En 2002, la ville de Barranquilla est politiquement et administrativement divisée en cinq arrondissements : Riomar, Norte-Centro Histórico (en français : Centre-Nord historique), Sur Occidente (Sud-Ouest), Metropolitana et Sur Oriente (Sud-Est)[14]. Chaque arrondissement est cogéré par le maire général et les maires locaux (ces derniers sont nommés par le maire général). Les décisions locales sont régulées par l'Administration Locale.

Ces arrondissements sont divisés en quartiers (en espagnol : barrios). Barranquilla en regroupe au total 188 et environ 7 611 « blocks » (sous-divisions du quartier)[15].

Aire urbaine

Municipalité Aire
km²
Population
(hab)
Densité
(hab/km²)
Altitude
m
Distance à
Barranquilla (km)
Carte
Barranquilla 154 1.148.506 7.458 4 0
border
  • Aire urbaine
  • Aire métropolitaine de Barranquilla
Soledad 67 503.477 7.514,58 5 3
Malambo 108 105.957 981,08 10 12
Puerto Colombia 93 28.565 307,15 5 13
Galapa 98 35.012 357,26 83 8
Total 520 1.821.517 3.502,91
Recensement 2005[16],[17],[18],[19]

Institutions publiques

À Barranquilla se trouvent plusieurs sièges d'institutions ayant pour objectif de développer des programmes stratégiques sous les ordres de l'État. À part la Cour judiciaire supérieure de Barranquilla, se situent dans la ville le Ministère de la sécurité administrative, le Service national d'Entraînement, le Registre civil, la Police nationale, l'armée, l'Intendance des services publics, el Instituto de Seguros Sociales (ISS), el Instituto Colombiano de Bienestar Familiar, le Bureau national des Statistiques, la Chambre de commerce, la Banque de la République de Colombie (Banco de la República), la Force aérienne colombienne, ainsi que le Conseil suprême juridique.

Secteurs d'activités

Les principaux secteurs d'activités de Barranquilla comprennent les transports, les services, les commerces ainsi que les productions industrielles, métallurgiques, chimiques, alimentaires et vestimentaires. La capitale du département d'Atlántico possède des parcs industriels modernes, lieux stratégiques pour le développement du commerce international[4].

Éducation

Vue aérienne de l'Université du Nord à Barranquilla

Barranquilla compte des universités publiques :

ainsi que des universités privées :

parmi les plus importantes.

Urbanisme

Barranquilla

Les rues de Barranquilla sont toutes numérotées : les carreras, qui sont les rues dans l'axe nord-sud, le sont par ordre croissant d'ouest en est, soit croissant en direction du fleuve. Les calles sont numérotées par ordre croissant du sud vers le nord. Certaines rues (carreras ou calles) portent le même numéro et, pour les différencier, ce numéro est suivi d'une lettre. Il existe donc les Carrera 51, Carrera 51B, Carrera 51C, etc. (La Carrera 51A pourrait exister, mais ce n'est pas le cas).

Transports en commun

Les transports en commun sont gérés par une quinzaine de compagnies de bus.

En 2001, l'administration du district commença à développer Transmetro, réseau métropolitain de transport public fonctionnant avec un système de bus articulés[22]. Deux lignes traversent la ville[23].

Aéroport

À Barranquilla se trouve l'aéroport international Ernesto Cortissoz (code AITA : BAQ) du nom du pionnier de l'aviation commerciale en Colombie et en Amérique latine, Ernesto Cortissoz (es) (Barranquilla 1884 - 1924)[24].

Architecture

Maison de l'époque républicaine (style néoclassique), quartier El Prado

L'histoire de l'architecture de Barranquilla commence principalement au XXe siècle. On ne trouve pas d'immeubles de l'époque coloniale ni des premières décennies de la nation indépendante et en formation, mais la profusion de styles nés dès la fin du XIXe siècle donne à la ville une ambiance cosmopolite et sui generis en Colombie. Cette splendeur architecturale, référence obligée pour les studieux de l'architecture en Colombie, répond à la condition de ville portuaire et point d'entrée dans le pays, pendant une grande partie des XIXe et XXe siècles, du progrès et des immigrants d'Amérique du Nord, Europe, Asie et du Moyen-Orient, dont beaucoup se sont installés à Barranquilla et ont importé les styles architectoniques que l'on peut apprécier dans la ville.

Culture

Faculté des Beaux-Arts de l'Université de l'Atlantique.

Les Barranquilleros, jusqu'aux années 1940, avaient peu d'accès à la vie culturelle dans cette cité industrielle et commerciale. Puis des rencontres littéraires et artistiques, se tenant parfois dans la salle d'un café ou d'un restaurant, virent le jour. Ces réunions culturelles, fréquentées par des personnalités telles que l'écrivain Gabriel García Márquez, le journaliste, écrivain et réalisateur Álvaro Cepeda Samudio et le peintre Alejandro Obregón, attiraient particulièrement les intellectuels de la ville[11]. Le groupe de Barranquilla était né. Il fut fondé en 1940 par José Félix Fuenmayor[25], écrivain, poète, journaliste et homme politique, né et mort à Barranquilla (1885 - 1966) et Ramon Vinyes, écrivain espagnol (1882 - 1952).

En 1957 fut créé le « Concert du Mois » (espagnol : Concierto del Mes), espace pour la diffusion de la musique classique.

Barranquilla est désormais le foyer de nombreux évènements culturels tels que des expositions d'art, des ateliers de littérature, des journées de poésie, des conférences sur des thèmes philosophiques, des danses, des concerts, comme le « Festival des Orchestres », dans le cadre du Carnaval, et du Barranquijazz, festival de jazz qui se déroule dans la ville, au mois de septembre, depuis 1997[26].

La culture est promue par l'Institut de culture et de tourisme du district de Barranquilla, sous l'égide de l'alcaldía (français : mairie). Participent à la promotion de la culture : le centre culturel Cayena de l'Université du Nord, la Faculté des Beaux-Arts de l'Université de l'Atlantique, le centre culturel de Comfamiliar, la Fondation du Carnaval de Barranquilla, la Banque de la République de Colombie, l'Alliance franco-colombienne, ainsi que les universités, collèges et associations culturelles de la ville[27].

Carnaval de Barranquilla

Le Carnaval de Barranquilla est la fête culturelle et folklorique la plus importante de la ville et de toute la Colombie[4]. C'est le troisième carnaval au niveau mondial après ceux de Rio de Janeiro et Venise[23]. Il a lieu pendant les premières journées du mois de février et dure cinq jours et quatre nuits[23]. Toute la cité participe à la préparation des festivités[11].

Le Carnaval de Barranquilla a été proclamé, en 2003, chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité, puis inscrit, en 2008, au patrimoine culturel immatériel par l'UNESCO. Depuis sa consécration, le Carnaval de Barranquilla s'est doté du slogan : « Quien lo vive es quien lo goza » (français : Celui qui le vit est celui qui en jouit)[23].

Gastronomie

Ragoût de pigeon accompagné de viande salée et de riz

Barranquilla a une gastronomie très variée, venant des quatre coins du monde. Des restaurants créoles, arabes (à cause de la forte immigration libanaise dans le Nord de la Colombie), chinois, japonais, brésiliens, péruviens, italiens, thaïs et espagnols présentent toute la variété de leurs cartes et menus.

Le plat typique de la région de Barranquilla est le ragoût de pois ou de « guandù ». Ce plat peut s'accompagner de viande salée, porc, bœuf, poulet. Un autre plat typique est le riz au coco, qui se sert avec du poisson frit ou meunière. On trouve aussi le pain blanc généralement servi avec des morceaux de fromage, beurre, jambon, saucisse, ou même de la boutifarre, charcuterie piquante de la région. La carimañola (es) ou caribañola, viande frite hachée mélangée à de la pâte de manioc, est un autre plat typique de la côte caraïbe colombienne. Les boissons les plus appréciées à Barranquilla sont le raspao, la limonade sucrée ou avec panela et les smoothies de sapote ou zapote (fruit du Pouteria sapota), mangue et banane[28],[29].

Sports

Les activités sportives sont régies et promues au niveau gouvernemental par le Secrétariat des loisirs et des sports de Barranquilla district spécial[4].

Depuis le début du XXe siècle, les sports les plus pratiqués sont le football, le baseball et la boxe. Diverses autres disciplines sportives attirent les Barranquilleros telles que le basket-ball, l'athlétisme, la natation, l'haltérophilie, le cyclisme, le tennis, le surf, le patinage, le tir, le parapente, ainsi que des arts martiaux : le karaté et le taekwondo.

Football

Barranquilla a accueilli l'Équipe de Colombie de football durant les éliminatoires des coupes du monde d'Italie (1990), des États-Unis (1994), de France (1998) et d'Allemagne (2006).

Baseball

Les Caimanes de Barranquilla évoluent en championnat de Colombie de baseball, la principale compétition de baseball en Colombie. Les Caimanes disputent leurs matches à domicile dans le stade Tomás Arrieta de Barranquilla.

Stades et infrastructures sportives

Le stade Tomás Arrieta, lors d'un match de baseball

La ville a développé et construit beaucoup de bâtiments dédiés aux sports, dans le but d'accueillir des évènements sportifs d'envergure nationale et internationale.

Le stade Metropolitano Roberto Meléndez a été ouvert le 11 mai 1986 et a une capacité de 49 612 spectateurs. Il comprend un terrain de football et une piste d'athlétisme consacrée à la course de fond. C'était le stade domicile de l'équipe nationale colombienne de football durant les qualifications de la Coupe du monde de football de 1990, 1994, 1998 et 2006. Ce sera le stade principal des Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes de 2018.

Le stade Romelio Martínez a été construit en 1935 pour l'équipe nationale olympique et a une capacité de 20 000 places.

Le stade Tomás Arrieta a été construit en 1946 pour les Jeux caribéens ; s'y jouent les matches de la Ligue majeure de baseball. Sa capacité est de 8 000 places.

Le stade Baloncesto Elías Chegwin a été ouvert en 1992 ; sa capacité est de 4 000 places. Le Vélodrome Rafael Vásquez a été ouvert la même année pour les Jeux nationaux.

Barranquilla a également une piscine olympique (qui est une réplique de celle de Berlin), une rampe de skateboard, un terrain de hockey sur glace, des courts de tennis, une piste de BMX, ainsi qu'un bowling réservé aux professionnels.

Médias

Tour de télécommunication

Télévision

Depuis 1986, la région Caraïbe de la Colombie reçoit la chaîne de télévision locale Telecaribe (es), dont le siège social se trouve à Barranquilla[30]. La ville diffuse d'autres chaînes locales comme TB3 ou Channel 23, ainsi que cinq chaînes nationales : RCN Televisión, Caracol TV, Canal Uno, Señal Colombia et Canal Institucional. La chaîne privée Canal Universitario Nacional Jerusalem TV est également retransmise de Barranquilla.

Radio

Barranquilla diffuse des stations AM et FM locales et nationales, musicales ou d'information. La plus écoutée dans la ville est Radio Libertad[31] , [32].

Presse écrite

Les deux journaux les plus lus à Barranquilla sont El Heraldo et La Libertad[33] , [34]. D'autres quotidiens colombiens y sont diffusés, comme El Tiempo, rédigé à Bogota[35].

Monuments nationaux

Bâtiment de l'ancienne Douane.
Théâtre Amira de la Rosa.

Au , dix-sept monuments nationaux étaient recensés à Barranquilla[36], dont :

  • le bâtiment de l'ancienne Douane (es) (déclaré monument national en 1984). Monument emblématique du centre historique de Barranquilla, il est devenu le « Complexe culturel de l'ancienne douane » et se compose des Archives historiques du département de l'Atlántico, de bibliothèques et du Centre de documentation musicale Hans Federico Neuman, né et mort à Barranquilla (1917 - 1992)[37] ;
  • l'église Saint-Roch, néogothique (déclarée monument national en 1996) ;
  • le centre historique de Barranquilla (en 1999) ;
  • l'église Saint-Nicolas de Tolentino (déclarée monument national en 2005) ;
  • le Théâtre Amira de la Rosa (déclaré monument national en 2006).

Musées et lieux attractifs

Sites environnants

Bocas de Ceniza

La ville est entourée de sites attractifs[4] :

Personnalités liées à la ville

Personnalités natives de Barranquilla

Gabriel Silva Luján, homme politique
Ernesto McCausland, journaliste, écrivain et réalisateur

Barranquilla est le berceau de personnages éminents de la vie culturelle, artistique, sportive et politique[4]. En voici une liste non exhaustive :

Autres personnalités liées à Barranquilla

Archevêché

Relations internationales

Jumelages

La ville de Barranquilla est jumelée avec les villes suivantes :

Notes et références

(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Barranquilla » (voir la liste des auteurs).
(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Historia de Barranquilla » (voir la liste des auteurs).
  1. (fr) « Atlántico, Colombie - Amérique du Sud », sur colombia-sa.com (consulté le ).
  2. (es) Gabriel Molano Rojas, « Barranquilla, la puerta de oro de Colombia », sur metrocuadrado.com (consulté le ).
  3. (es) « Telefono », sur banrepcultural.org (consulté le ).
  4. (es) « Barranquilla Ciudad Sostenible (P.O.T.) », sur Alcaldía de Barranquilla, Distrito Especial, Industrial y Portuario, (consulté le ).
  5. (es) Carlos Alberto Suárez, Bernardo Rengifo, Ania Martí et Verónica Cárdenas, Colombia Andina, Editorial Norma, , 248 p. (ISBN 958-04-6806-0, lire en ligne), p. 60.
  6. (es) [http://www.alcaldiabarranquilla.gov.co/barranquilla_simbolos.asp Conoce a Barranquilla. Símbolos.
  7. (es) Símbolos patrios. Concejo Distrital de Barranquilla.
  8. (es) « Informacion General », sur barranquilla.gov.co, Alcadía de Barranquilla (consulté le ).
  9. (es) Luis Eduardo Cruz, « Comercio, transporte y sociedad en Barranquilla, en la primera mitad del siglo XIX », sur Biblioteca Luis Ángel Arango, (consulté le ).
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