Réseau viaire de Paris

Cet article présente l'histoire, les caractéristiques et les événements significatifs ayant marqué le réseau viaire de Paris, en France.

Ne doit pas être confondu avec Voiries de Paris.

Pavement de Paris. Photographie d'Eugène Atget.

Historique et typologie

Au XIIIe siècle, Paris comptait 309 rues, d'après Le Dit des rues de Paris de Guillot de Paris.

Sous Louis XV, elle en compte 789[1].

La forme radioconcentrique du réseau, association de voies rayonnant du centre à la périphérie et de rocades est l'aboutissement de l'histoire de la ville, de l'Antiquité au XXe siècle.

Les voies peuvent être classées en catégories suivant leur origine.

  • Voies de faubourgs, les plus anciennes, d'origine romaine, voire gauloise, médiévales pour la plupart, reliant le centre à la périphérie ou les villages de périphérie entre eux, ensuite englobés dans la ville lors de son expansion.
  • Voies de lotissement créées du Moyen Âge à nos jours sur des territoires agricoles, sur les domaines d'anciens établissements religieux ou d'hôtels particuliers. Ces lotissements s'établissent pour beaucoup dans les vides entre l'urbanisation en doigts de gant le long des voies de faubourg.
  • Voies de percement par expropriation dans un tissu urbain existant, les plus nombreuses datant des travaux du Second Empire[2].
  • Voies créées sur la démolition des enceintes successives, de celles du Moyen Âge à l'enceinte de Thiers en 1919, formant des rocades concentriques.

Désignation et numérotation

L'ordonnance du du lieutenant de police René Hérault fait poser une plaque portant le nom de la rue sur chaque première et dernière maison de celle-ci. L'année suivante, l'obligation s'applique aux angles des rues.

À la fin du XVIIIe siècle la capitale compte 989 rues[3].

À la fin du XIXe siècle Paris possédait 3 499 rues, passages, avenues, ruelles, impasses, cités, boulevards et places[3].

Au début du XXIe siècle Paris comprend plus de 6 000 voies de tout genre[4].

Jusqu'en 1793, les maisons n'avaient pas de numéros. On les désignait par le voisinage d'une enseigne ou d'un monument. Le numérotage des rues est institué le 15 pluviôse an XIII () par Nicolas Frochot, préfet de la Seine, qui classe les rues selon leur orientation par rapport à la Seine :

  • si elles sont parallèles à la Seine, les immeubles sont numérotés de l'amont vers l'aval du fleuve,
  • si elles sont perpendiculaires à la Seine, les immeubles sont numérotés depuis la Seine vers les faubourgs.

En 1844, l'utilisation de plaques émaillées à fond bleu et lettres blanches est prescrite par Claude-Philibert Barthelot de Rambuteau, préfet de la Seine.

Éclairage des voies

La première tentative d'Étienne Boileau, prévôt de Paris, d'imposer en 1258 un éclairage sur chaque façade échoue.

Le premier éclairage urbain remonte à l'initiative de Philippe V qui, pour des raisons de sécurité, fait éclairer (en 1318) par des lanternes les abords du palais du tribunal du Châtelet. Par la suite, Paris connait l'éclairage à l'huile, puis au gaz.

Après deux expériences ponctuelles en 1841, quai de Conti et en 1844, place de la Concorde, l'exposition universelle de 1878 amène l'éclairage électrique dans Paris : le , la SGE (Société Générale Électrique) installe 32 « foyers » avenue de l'Opéra et place du Théâtre-Français[5].

Aujourd'hui, la maîtrise d'ouvrage des éclairages est assurée par la direction de la voirie et des déplacements et son service du patrimoine de voirie. La ville de Paris est propriétaire de ses installations d'éclairage et en gère le budget[6].

Statistiques

La voirie parisienne consacre 60 % de son espace aux chaussées et 40 % aux trottoirs[7].

En 2012, Paris compte 6 290 voies publiques ou privées[8]. En dehors des bois de Boulogne et Vincennes, du boulevard périphérique et des voies express, la ville totalise 5 064 voies publiques et 180 voies privées ouvertes à la circulation, et 875 voies privées fermées[8], totalisant 1 700 km et recouvrant 26,5 km2, soit le quart de la superficie de la ville. Le boulevard périphérique et les voies express regroupent 171 voies et bretelles d'accès. 479 sont des places.

Le nombre total des voies n'est pas fixe et varie au fil du temps[9].

Particularités

Selon la mairie de Paris :

Liste

Par arrondissement

Les articles suivants détaillent les voies par arrondissement :

Bois

Le bois de Boulogne et le bois de Vincennes sont traversés par plusieurs voies de circulation :

Voies provisoirement dénommées

Certaines voies ne possèdent aucune dénomination traditionnelle, mais une dénomination systématique qui se veut provisoire[17]. Il s'agit principalement de bretelles d'accès au boulevard périphérique.

Rues disparues

Voir catégorie:Voie de Paris disparue et catégorie:Ancien nom de voie parisienne.

Thématique

Notes et références

  1. Dictionnaire des inventions par Pierre Germa, Berger Levrault, Paris, 1982.
  2. Florence Bourillon : Dé-nommer et re-nommer la rue ou comment accompagner la transformation de Paris à la fin du XIXe siècle.
  3. Charles Virmaître : Paris historique Page 4.
  4. Ce que révèlent les noms des rues de Paris sur lefigaro.fr.
  5. Pierre Germa, déjà cité.
  6. Éclairage public à Paris sur le site paris.fr.
  7. Julien Demade, Les embarras de Paris : ou l'illusion techniciste de la politique parisienne des déplacements, Paris, Éditions L'Harmattan, , 271 p. (ISBN 978-2-343-06517-5, lire en ligne), p. 151.
  8. « Voies de circulation », Mairie de Paris (consulté le )
  9. « Voirie : chiffres clés », Mairie de Paris (consulté le )
  10. « Boulevard Périphérique », Mairie de Paris, nomenclature des voies.
  11. « Voie Georges Pompidou », Mairie de Paris, nomenclature des voies.
  12. « Avenue Daumesnil », Mairie de Paris, nomenclature des voies.
  13. « Avenue Georges-Risler », Mairie de Paris, nomenclature des voies.
  14. Histoire et mémoire du nom des rues de Paris, Alfred Fierro, éditions Parigramme, 1999, (ISBN 9782840961161), p.365.
  15. Nomenclature des voies de Paris.
  16. Le saviez vous ? Avenue de l’Opéra.
  17. Nomenclature officielle des voies publiques et privées [de Paris], édité par la Mairie de Paris, 9e édition, mars 1997, XXIV pages + 670 pages, préface de Jean Tiberi, maire de Paris (ISBN 2-9511599-0-0) : les Voies provisoirement dénommées sont répertoriées à part, de la page 533 à la page 559.

Voir aussi

Bibliographie

  • Louis et Félix Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, 1844, 1855 ; réimpr. avec une préface de Michel Fleury, Paris, Maisonneuve et Larose, 1994, 796 p., ill. (Paris avant Haussmann).
  • Nomenclature des voies publiques et privées [de Paris], édité par la Ville de Paris sous l’administration de Jean Verdier, préfet de Paris, sous la direction d’André Herzog et d’André Roussilhe, par les soins de Maurice Dauphin, 8e édition, août 1972, XI pages + 836 pages
  • Nomenclature officielle des voies publiques et privées [de Paris], édité par la Mairie de Paris, 9e édition, mars 1997, XXIV pages + 670 pages, préface de Jean Tiberi, maire de Paris (ISBN 2-9511599-0-0)
  • Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de Minuit, 1972, 1985, 1991, 1997, etc. (1re éd. 1960), 1 476 p., 2 vol.  [détail des éditions] (ISBN 2-7073-1054-9, OCLC 466966117)
  • Alfred Fierro, Histoire et mémoire du nom des rues de Paris, 430 pages, 23 × 12 centimètres, éditeur : Parigramme, 1999 (ISBN 2-84096-116-4). Le sujet est abordé sous trois angles : historique : la nomenclature actuelle est héritière de 1.000 ans d'histoire ; thématique : analyse des rues aux noms de métiers, campagne, armée, lettres et arts... ; géographique : la répartition arrondissement par arrondissement.

Articles connexes

Liens externes

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