Vincent Scotto

Vincent Scotto est un compositeur français, né le à Marseille[1] et mort le à Paris.

Biographie

Vincent Baptiste Scotto de son nom complet, est le dernier-né de Pasquale Scotto d'Aniello et d'Antonia Intartaglia, originaires de l'île de Procida située au nord du golfe de Naples.

Il apprend la guitare à l'âge de sept ans, puis étudie la musique dans une institution religieuse[2].

Vincent Scotto en début de carrière.

Après avoir animé les noces et banquets de la région marseillaise en accompagnant les chanteurs à la guitare, il commence une carrière solo à Marseille en 1906[2].

L'une de ses toutes premières compositions est adaptée par Henri Christiné pour devenir un succès du chanteur Polin : La Petite Tonkinoise. Fort de cette réputation, il s'installe à Paris dans le faubourg Saint-Martin[2]. C'est le début d'une production abondante, comme J'ai deux amours, Prosper (Yop la boum), Le Trompette en bois, Marinella (Émile Audiffred et Géo Koger) créées par Tino Rossi, Le Plus Beau Tango du monde créée par Alibert ou Sous les ponts de Paris (Jean Rodor) créée par Georgel.

Vincent Scotto est le compositeur de quatre mille chansons, et de soixante opérettes, jouées, produites ou écrites entre autres par Christiné, Léo Lelièvre, Jean Rodor, Géo Koger, Émile Audiffred, René Sarvil interprétées par Alibert (son gendre), Paulette Merval, Marcel Merkès, Joséphine Baker, Jaime Plana, Tino Rossi, Maurice Chevalier, Reda Caire… Nombre de ses chansons ont été des succès internationaux, en Europe et aux États-Unis.

La série de ses « opérettes marseillaises » sur des livrets de René Sarvil et Alibert (notamment Un de la Canebière), a beaucoup fait pour répandre à Paris, sinon dans le monde entier, une certaine image de Marseille et des méridionaux, parfois caricaturale.

Sa popularité actuelle est aussi due aux nombreuses musiques qu'il a composées pour le cinéma. On dénombre plus de deux cents films à son actif, dont ceux de son ami Marcel Pagnol. Ce dernier lui confia également le rôle-titre dans Jofroi en 1933. Marcel Pagnol lui écrivit cet hommage :

« Mon cher Vincent, quand tu partiras, tu laisseras cent ou deux cents chansons, des sentiments à toi, des idées à toi, qui feront encore du bien à des gens qui ne sont pas nés. »

Scotto meurt à Paris à son domicile au 11, rue du Faubourg-Saint-Martin dans le 10e arrondissement de Paris[3], à l'âge de 78 ans, un an avant la création de son dernier ouvrage, Les Amants de Venise, au théâtre Mogador. Il repose au cimetière Saint-Pierre de Marseille[4].

« Tout naturellement, écrivit Pagnol, ses réussites cent fois répétées avaient excité l’envie et la jalousie de compositeurs moins heureux, et l’on disait couramment qu’il faisait faire ses chansons par des « nègres ». Ce qui est regrettable, c’est que, depuis la mort du cher petit Vincent, aucun de ces nègres ne s’est manifesté en nous donnant une seule chanson comparable aux Ponts de Paris, ou à Venise provençale, ou à J’ai deux amours. Nous sommes donc forcés d’en conclure que ses nègres sont morts avec lui, le même jour, et à la même heure. »[5].

Son épouse Marguerite Monier, née en 1879, est morte en 1962.

Depuis 1948, un Prix Vincent-Scotto est décerné annuellement par la SACEM pour récompenser la meilleure chanson populaire qui s'est révélée dans l'année.

L'un de ses cousins, Serge Scotto, adapte en bandes dessinées depuis 2016 les œuvres de Marcel Pagnol[6].

Opérettes et revues

Chansons

Filmographie

Années 1930

Années 1940

Années 1950

Années 1960

Publication

  • Souvenirs de Paris, Toulouse, éditions Stael, 1947 (notice BnF no FRBNF35539605)

Hommages

Il existe des rues Vincent-Scotto à Marseille, Paris, Toulouse, Nantes, Valras, La Rochelle, Le Tréport, Goussainville, Toulon, Tarbes, Chassieu, Baillargues, Quint-Fonsegrives et à Illkirch-Graffenstaden ; une impasse Vincent-Scotto à Montpellier, une allée Vincent-Scotto à Tours et un chemin Vincent Scotto à Gareoult

Un collège marseillais porte son nom, tandis que la série télévisuelle Plus belle la vie en fait l'éponyme du lycée auquel sont rattachés les habitants de son quartier fictif de Marseille.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

  • Roger Vignaud, Vincent Scotto, l'homme aux 4 000 chansons, éditions Autres temps, 2006 (ISBN 2845212399)
  • Benoît Duteurtre, Histoire de l'opérette en France, Fayard, 2009

Article connexe

Liens externes

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