Camp de Fréteval

Le camp de Fréteval était un camp d'accueil pour les aviateurs alliés dont l'avion avait été abattu pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était situé dans la forêt de la Gaudinière, à la limite des communes de Fréteval, Saint-Hilaire-la-Gravelle, Busloup et Saint-Jean-Froidmentel dans le Loir-et-Cher.

Camp de Fréteval
Administration
Pays France
Région Centre-Val de Loire
Département Loir-et-Cher
Géographie
Coordonnées 47° 56′ 24″ nord, 1° 08′ 53″ est
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
Camp de Fréteval
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Camp de Fréteval

    Création du camp

    Au printemps 1944, en préparation des opérations de débarquement, l'aviation alliée pilonne la France. Face au besoin de protéger et de cacher les pilotes abattus, Jean de Blommaert, membre du réseau Comète confie au colonel Lucien Boussa la charge de créer un camp pour les aviateurs abattus en France, en Belgique et en Allemagne.

    Le site de la forêt de Fréteval est proposé par Maurice Clavel, chef des FFI d'Eure-et-Loir. Il possédait plusieurs avantages avec plusieurs points d'eau potable, des munitions à disposition, des accès nombreux, des gardes forestiers et des propriétaires favorables à la Résistance. Cependant, cette forêt servait aussi de zone de stockage de munitions aux nazis et de chasses.

    Le camp, dit de Bellande, se met en place en et à la suite du succès un second camp est ensuite ouvert dans la forêt, à la maison forestière de Richeray, sur la commune de Busloup, non seulement à cause du nombre d'aviateurs installés mais aussi et surtout pour limiter les risques en cas d'intervention des Allemands.

    Les aviateurs du maquis

    Le camp a accueilli 152 aviateurs anglais[1], américains, canadiens, australiens, néo-zélandais, belges et sud-africains. Leurs appareils ont été mitraillés au-dessus de la Belgique et la France. Pour parvenir au camp, ils cheminent en général par Paris, grâce au réseau Comète. Ils arrivent ensuite à Châteaudun avant d'être envoyés vers les camps par différents moyens : à pied, à bicyclette, en voiture, en carriole ou en train. La gare de Saint-Jean-Froidmentel devient vite le point d'accueil généralisé grâce au soutien de Jeanne Démoulière, qui fait office de chef de station[2]. Le trajet final des aviateurs se faisait de nuit par petits groupes, en suivant simplement la route.

    Une seule fois, une femme passeur, « Virginia », fut prise alors qu'elle conduisait cinq aviateurs. Elle avala courageusement le plan pour se rendre au camp afin de maintenir le secret. Elle fut ensuite torturée puis envoyée au camp de Ravensbruck, d'où elle revint en vie.

    La vie dans le camp

    La vie dans le camp est stricte : le bruit est limité et les sorties interdites. Les abris sont construits par les premiers aviateurs qui doivent ensuite patienter, cloitrés dans ce maquis, et qui ne peuvent qu'attendre en écoutant la radio, installée en juin. L'un des aviateurs, William Braylay rédigea un journal de sa vie au camp[3]. Chaque matin, le réveil a lieu à six heures, avec l'exécution des corvées (eau, camouflage des tentes, cuisines). La cuisine se fait grâce au charbon de bois pour éviter toute fumée repérable.

    Le ravitaillement est assuré par les résistants locaux avec l'aide de paysans. Le pain est fait à Villebout puis transporté par carrioles jusqu'au camp. La viande et les autres denrées sont acheminées depuis la maison forestière de la famille Hallouin en bordure de forêt.

    Ce maquis disposait du soutien de médecins (de Cloyes) et d'un coiffeur. Un hôpital de fortune s'installe au château de Villebout où la châtelaine retraitée veillait aux chevets des blessés[4].

    Lucien Boussa installe d'abord son centre des opérations dans la maison forestière à Bellande puis directement à la gare de Saint-Jean-Froidmentel, où son opérateur radio le rejoint.

    La libération du camp

    Le , un éclaireur anglais atteint les 2 camps, leur annonçant de facto le départ des Allemands de la région, les aviateurs des deux camps sortent et paradent dans les communes de Busloup et de Saint-Jean-Froidementel pour célébrer cette libération. Ils sont reçus avec joie, d'après les témoignages, par les habitants. Les aviateurs furent réintégrés à des troupes d'aviations, 38 d'entre eux trouvèrent la mort avant la fin de la guerre[5].

    Mémoire

    En 1967, un mémorial est inauguré là où se trouvait le premier camp[6]. Le commandant Boussa est mort à Cloyes deux mois avant cette inauguration, alors qu'il organisait la cérémonie.

    Voir aussi

    Bibliographie

    • Gilbert Rigoulet, Le Vendômois sous l'occupation, Vendôme, Rigollet, 1984, 303 p. (ISBN 2950035434)
    • Raymond Casas, Les volontaires de la liberté ou les FFI du Loir et Cher, CFAVV, 198

    Liens externes

    Références

    1. « LE CAMP DE FRETEVAL », sur forcedlanding
    2. Rigollet, Le Vendômois sous l'Occupation, , op. cit. page 201
    3. "L'attente devenait impossible à supporter. Il était continuellement question, à la radio, de l'avance des troupes américaines, mais on cherchait en vain, les soldats de l'oncle Sam en forêt de Fréteval"
    4. Rigollet, op. cit., page 202 : "Lorsqu'un cas sérieux était décelé, ils ordonnaient le transport au château des Clabaudières, à Villebout, mis à disposition par une alerte octogénaire, Madame Deprez"
    5. « Le camp de Fréteval une page méconnue de la résistance », sur l'express
    6. « Camp de Fréteval, 70 ans », sur Nouvelle République
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