commun

Français

Étymologie

Du latin communis formé du préfixe com- (avec) et d’une racine dérivée du substantif munus (« devoir », « office », « emploi », « fonction », « tâche ») issu d'une racine indo-européenne mei signifiant (« changer »), (« aller »), (« échanger ») et dont les dérivés (→ voir municipalité, immunité, etc.) se réfèrent aux échanges de biens et services dans une société selon les lois et les règles établies. [1]

Nom commun

SingulierPluriel
commun communs
\kɔ.mœ̃\

commun \kɔ.mœ̃\ masculin

  1. Société entre deux ou plusieurs personnes.
    • Il faut prendre cette dépense sur le commun.
    • Vivre sur le commun, Vivre aux frais d’une société, sans prendre sa part de la dépense commune.
    • En commun, Ensemble, en société.
    • Ils ont mis leur bien en commun.
    • Ils vivent en commun.
    • Travailler en commun.
    • Ils jouissent de la succession en commun, jusqu’à ce qu’ils aient fait le partage.
  2. Le plus grand nombre, la plus grande partie.
    • Le commun des hommes.
    • Le commun des lecteurs.
    • Il est hors du commun.
    • Il passe le commun.
    • Il est au-dessus du commun.
    • Sa charge le tire du commun.
  3. Peuple.
    • Une personne du commun.
    • Cette personne, cette chose est du commun, elle n’est pas de grand mérite, de grand prix.
  4. (Liturgie) L’office général des apôtres, des martyrs, etc., pour qui l’église n’a point réglé d’office particulier.
    • Le commun des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges, etc.
    • Être du commun des martyrs, ne se faire distinguer par aucun talent, par aucune qualité.
  5. (Au pluriel) Bâtiments annexes qui servent aux cuisines, aux garages, aux écuries et généralement aux différentes parties du service.
  6. (Grammaire) Genre présent dans certaines langues, particulièrement germaniques, exprimant que la terminaison est la même au masculin et au féminin [2].
    • Le mot "lag" (« loi ») est du genre commun en suédois.
  7. (Économie) Ressource commune partagée suivant certains droits établis par une structure de gouvernance.
    • Wikipedia, en revanche, est un commun : on construit ensemble une somme encyclopédique et une organisation sociale, avec des règles - comment écrit-on, qui est inclus ou exclu -, ce qui pose des questions de gouvernance.  (Judith Rochfeld, Entretien avec Weronika Zarachowicz, Télérama n°3539, page 43, 8 novembre 2017)
    • Ni privés ni publics, les communs offrent une réponse à des problèmes de dépossession et d’exclusion. Ils remettent en question le paradigme de la propriété individuelle exclusive. Privilégiant l’usage des ressources sur leur détention, ils développent des processus collectifs (commoning) dont une communauté se dote pour gérer des ressources sur lesquelles elle revendique des droits. Les communs favorisent la création de richesse par la mise en commun de ressources intellectuelles, sociales, matérielles et environnementales.  (Laure Waridel, La pertinence des «communs», Le Devoir, 20 septembre 2018 → lire en ligne)
  8. (Électronique) potentiel, souvent nul, partagé entre plusieurs composants.

Synonymes

Dérivés

Traductions

Adjectif

Singulier Pluriel
Masculin commun
\kɔ.mœ̃\

communs
\kɔ.mœ̃\
Féminin commune
\kɔ.myn\
communes
\kɔ.myn\

commun \kɔ.mœ̃\

  1. Qui sert, qui peut servir à tout le monde ou seulement à plusieurs personnes.
    • Un puits commun. — Une cour commune. — Passage, escalier, chemin commun.
    • Cela est commun à tout le bourg, commun aux deux maisons.
    • Les biens les plus précieux, répondit M. Bergeret, sont communs à tous les hommes et le furent toujours. L'air et la lumière appartiennent en commun à tout ce qui respire et voit la clarté du jour.  (Anatole France, Monsieur Bergeret à Paris, ch. XVII, 1901)
  2. Partagé par différents êtres ou par différentes choses.
    • La cour d’appel partagea alors les dommages, selon les principes de la faute commune, constatant que la victime s’était imprudemment aventurée sur un boulevard passager, sans prendre les précautions nécessaires.  (Orville Frenette, L'incidence du décès de la victime d'un délit ou d'un quasi-délit sur l'action en indemnité, Librairie de l'Université d'Ottawa, 1961, p. 85)
    • Le boire et le manger sont communs à l’homme et aux animaux.
    • La vie végétative est commune aux animaux et aux plantes.
    • Qualités communes. — Traits, caractères communs.
    • Ami commun. — Péril commun. — Des goûts communs les rapprochèrent.
    • Cette douleur, cette joie m’est commune avec bien des gens.
    • Entreprendre une chose à frais communs. — La commune mesure de deux quantités.
    • J’ai cela de commun avec lui. — Cette affaire n’a rien de commun avec celle dont il s’agit.
  3. (En particulier) Mutuel, réciproque.
    • D’un commun accord.
  4. Public, collectif.
    • L’intérêt commun ; le bien commun.
  5. Général ; ordinaire ; habituel ; moyen ; qui appartient ou peut appartenir à la plupart des hommes ou à un grand nombre d’hommes.
    • Le meilleur préservatif contre les souris est un chat, non pas un chat angora, mais un chat à poil lisse et ras, rayé de gris et de brun, de la race commune appelée chat de gouttière.  (« Souris », dans la Grande encyclopédie illustrée d’Économie domestique et rurale, par Jules Trousset, Paris : chez Fayard frères, s.d. (vers 1875), p. 2310)
    • […] une décence qu'on ne trouve pas à ce point dans les campagnes où la trivialité est si commune.  (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 31)
    • C’est l’opinion commune.— Une erreur très commune. — Une destinée commune.
    • L’usage en est fort commun. — Il n’y a rien de si commun, rien n’est plus commun.
    • Cette terre donne tant de revenu, année commune, bon an, mal an, en compensant les mauvaises années avec les bonnes.
  6. Répandu et abondant ; fréquent ; courant.
    • Les melons sont fort communs cette année.
    • Les bons muscats sont communs en Languedoc, en Provence.
    • Il est commun de croiser des cerfs dans ces forêts.
  7. (En particulier) (Mathématiques) Propriété valable pour plusieurs nombres ou entités.
    • Diviseur commun.
    • Le plus grand commun diviseur.
    • Dénominateur commun.
  8. (Géométrie) Ce qui appartient à la fois à deux figures que l’on compare.
    • L’angle a, le côté b et c sont communs à tel triangle et à tel autre.
  9. (Droit) Relatif à une communauté de biens.
    • Époux communs en biens.
    • Le contrat porte que les époux seront communs en biens.
  10. (Linguistique) Qualifie les mots, les termes ordinaires d’une langue, par opposition à ceux qui ne sont usités que dans les arts et dans les sciences.
  11. (Linguistique) Qualifie la langue qui est parlée le plus généralement dans un pays, ou parfois sert de langue d'échange (koiné).
    • En France, le français est la langue commune.
  12. Qui est médiocre, qui ne sort pas de l’ordinaire, qui est peu estimable dans son genre.
    • Il a fait un discours très commun. — C’est un orateur fort commun.
    • Une invention commune. — Rien de plus commun.
  13. De peu de valeur et d’une qualité médiocre.
    • Un marchand qui n’a que des marchandises très communes.
    • Il n’y a là rien que de commun.
  14. Vulgaire, bas, par opposition à noble, distingué.
    • Son langage est bien commun. — Cette femme a des manières communes.

Dérivés

Apparentés étymologiques

Traductions

Prononciation

  • \kɔ.mœ̃\
  • (Accents avec fusion /œ̃/~/ɛ̃/) \kɔ.mɛ̃\[1]
  • France  : écouter « commun [kɔ.mɛ̃] »
  • France (Occitanie) : écouter « commun »
  • France (Toulouse) : écouter « commun »

Références

  1. Mathieu Avanzi, Université de Neuchâtel, « Ces mots qui ne se prononcent pas de la même façon d’un bout à l’autre de la France » sur Français de nos régions, 6 juillet 2017. Consulté le 9 août 2017

Voir aussi

  • commun sur l’encyclopédie Wikipédia

Ancien français

Étymologie

Du latin communis.
Les Serments de Strasbourg, dernier mot de la 1re ligne, cõmun (commun).

Adjectif

commun \Prononciation ?\

  1. Commun.
    • Pro Deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, dist di in avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvaraeio cist meon fradre Karlo, et in adiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dist, in o quid il mi altresi fazet; et ab Ludher nul plaid numquam prindrai, qui meon vol, cist meon fradre Karle in damno sit.  (Serments de Strasbourg)
      Pour l’amour de Dieu et pour le peuple chrétien et notre commun salut, à partir de ce jour, autant que Dieu me donnera savoir et pouvoir, je défendrai mon frère Charles par mon aide et en toute chose, comme on doit de droit secourir son frère, pourvu qu’il fasse de même pour moi, et je ne prendrai jamais avec Lothaire aucun plaid qui, de ma volonté, soit dommageable à mon frère Charles.
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