Spahis sénégalais

Les Spahis sénégalais (ou Garde rouge) sont une unité de cavalerie de l'armée française de la colonie du Sénégal. À partir de 1960, ils deviennent la composante principale de la Garde présidentielle de la République du Sénégal.

Pour l’article homonyme, voir Spahis.

Spahis sénégalais

Création
Pays France
Sénégal (depuis 1960)
Allégeance République du Sénégal
Branche Cavalerie
Gendarmerie nationale
Type Garde et Honneurs militaires
Rôle Protocole et sécurité de l'État
Sécurité publique
Effectif ~ 120 cavaliers
Fait partie de Forces armées du Sénégal
Garde présidentielle
Garnison Dakar
Ancienne dénomination
  • 1er escadron de spahis soudanais (1891-1902)
  • 2e escadron de spahis sénégalais (1902-1927)
  • Garde coloniale (1928-1960)
Surnom Garde rouge
Commandant Capitaine Aliou Ba
Commandant historique Baratier, Mangin, Laperrine, Hauteclocque, Jouinot-Gambetta

Histoire

Époque coloniale

Spahis sénégalais en tenu de campagne (1889).

En 1843, un peloton du 6e escadron du 1er régiment de spahis algériens est mis à la disposition de la marine pour la colonie du Sénégal[1]. À partir de 1845, des éléments sénégalais sont recrutés pour remplacer les Algériens. C’est sous Faidherbe, alors gouverneur du Sénégal de 1854 à 1865, que l’escadron va jouer un rôle militaire déterminant, il est de toutes les opérations en Afrique de l’Ouest. En raison de l’éloignement, du climat et des facultés guerrières des sénégalais, Faidherbe comprend la nécessité de procéder à un recrutement local. Il nomme dès 1856 un premier officier indigène, le sous-lieutenant Alioune Sall[2].

Général Charles Mangin.

Leur renommée se propage auprès du grand public à partir de 1881 avec les écrits de Pierre Loti, capitaine de vaisseau en poste à Saint-Louis, qui publie le Roman d'un Spahi, qui assoit définitivement la réputation et l'identité des Spahis sénégalais[3]. Pour poursuivre la conquête vers l’Afrique centrale, un « escadron de spahis soudanais » est créé en 1891 ; les toucouleurs fournirent la majeure partie du recrutement et prirent part à la conquête du Soudan français[2].

Le , par la suite du décret du (qui démembre le Soudan français entre le Sénégal, la Guinée, la Côte d'Ivoire et le Dahomey), les spahis soudanais deviennent le « 2e escadron de spahis sénégalais » en garnison à Ségou puis à Saint-Louis[4]. En 1910, le lieutenant colonel Mangin, dans son célèbre ouvrage, La Force noire, écrit à leur sujet : « L’escadron de spahis du Sénégal a été longtemps sans conteste notre meilleure troupe indigène et nous avons eu quatre escadrons magnifiques qui nous ont montré le cavalier noir comme hardi, solide à cheval, endurant, d’un esprit de corps très accentué et d’un courage à toute épreuve »[5].

En 1912, l’escadron reçoit l’ordre de quitter Saint-Louis pour Casablanca. Il participe activement, sous les ordres du colonel Mangin (qui commande une colonne de 4000 tirailleurs sénégalais en plus des spahis), à la Bataille de Sidi Bou Othmane qui a permis de dégager Marrakech, alors occupé par El-Hiba qui s’y était proclamé sultan. L'escadron reste en poste au Maroc jusqu'au [2]. Le , les spahis sénégalais passent dans la gendarmerie coloniale et deviennent la Garde coloniale. Ils conservent fanfare, montures et uniformes, notamment le burnous rouge des spahis algériens qui leur donne le surnom de Garde rouge.

Époque contemporaine

Visite officielle de Barack Obama lors de sa tournée africaine en .

Rôle et mission

En 1960, avec l'indépendance du Sénégal, l'unité devient la composante principale de la Garde présidentielle. Aujourd'hui, elle est plus souvent connu sous le nom de garde rouge de la présidence et fait partie de la gendarmerie sénégalaise. C'est une unité de parade qui assure les escortes du Président de la République et des hautes personnalités en visite officielle au Sénégal.

L'escadron compte une fanfare de cavalerie pour les défilés et les escortes. Au complet il est constitué d’une force de 120 cavaliers, tous gendarmes de formation comme c’est le cas pour la Garde républicaine en France. Derrière la fanfare composée de 35 musiciens, montés sur des chevaux gris dont la queue est rougie au henné, apparaît le garde à l’étendard, puis l’officier commandant l’escadron et enfin 3 pelotons ; le premier en chevaux bais, le deuxième en chevaux gris et le dernier en chevaux alezans[7].

Ils assurent également des missions de maintien de l’ordre lors des manifestations sportives, politiques ou culturelles et des services de police. Il comporte notamment un peloton d’intervention rapide de 24 gardes à cheval, commandé par un chef de peloton, doté de véhicules pour transporter les chevaux sur les plages, les sites touristiques et les points sensibles. Les gendarmes à cheval sont détachés périodiquement pour des services de sécurité en renfort dans certaines brigades territoriales des différentes régions[7]. Grâce à son passé colonial, c'est la plus vieille et la plus emblématique unité des forces armées sénégalaises.

Autres composantes

La Garde présidentielle est constituée de trois groupes d'escadrons distincts :

  • Groupe d’Escadrons d’Escortes et de Services (G.E.E.S.) ; il intègre les Spahis sénégalais ainsi qu'un escadron Motocycliste.
  • Groupe d’Escadrons de la Garde Présidentielle (G.E.G.P.) ; un escadron à pied, doté de l’uniforme des gardes rouges et assurant la garde au Palais présidentiel.
  • Groupe d’Escadrons de Protection (G.E.P.) ; deux escadrons qui assurent la sécurité du président de la République, des membres de sa famille et de leurs résidences.

Galerie

Spahis sénégalais lors de l'investiture de Macky Sall, le sur le boulevard de la République à Dakar (Plateau).

Voir aussi

Uniformes des « troupes d'Afrique » (1906).
Gravure de 1890.

Notes et références

  1. « Les spahis : 1er régiment de spahis algériens », sur cavaliers.blindes.free.fr
  2. « Historique des spahis sénégalais », sur spahis.fr,
  3. « Les spahis sénégalais à la garde rouge », sur gendarmerie.sn
  4. Pierre Rosière, La Garde Rouge de Dakar : spahis et gendarmes du Sénégal, Paris, Les Gardes d'honneur, , 248 p. (ISBN 2-901151-15-9), p. 100
  5. « Garde rouge Beauté noire du Sénégal », sur joursdecheval.fr,
  6. Pierre Rosière, La Garde Rouge de Dakar : spahis et gendarmes du Sénégal, Paris, Les Gardes d'honneur, , 248 p. (ISBN 2-901151-15-9), p. 120-121
  7. « La Garde Rouge », sur presidence.sn

Bibliographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Pierre Loti, Le Roman d'un spahi, Paris, Calmann-Lévy, , 380 p. (lire en ligne)
  • Charles Mangin, La Force noire, Paris, Hachette, , 375 p. (lire en ligne)
  • Raymond Noulens, Spahis, Cavaliers de L'Armee D'Afrique, Paris, Musee de L'Armée, , 168 p. (ISBN 978-2-901418-22-1)
  • Pierre Rosière, Des Spahis sénégalais à la Garde Rouge, Paris, Les Gardes d'honneur, , 303 p. (ASIN B0041NR2VC)
  • Pierre Rosière et Guy Thilmans, Une calvalerie africaine aux origines de l'expansion coloniale, Dakar, Musée historique du Sénégal, , 144 p.

Filmographie

  • Le Roman d'un spahi, un film de Michel Bernheim, Prod. Claude Dolbert, 1936, 82 min
  • Les Cavaliers du Matin, un film de Pierre Schumacher, Prod. Ouest Audiovisuel, 2005, 52 min

Articles connexes

Liens externes

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