Toussaint du Breil de Pontbriand

Toussaint du Breil, vicomte de Pontbriand, né le à Dinan et mort le à Saint-Lormel, est un militaire français. Pendant la Révolution française, il devient un chef chouan, actif dans les environs de Vitré, puis de Dinan. Sous la Restauration, il est élevé au grade de colonel dans l'armée française et participe à l'expédition d'Espagne.

Toussaint du Breil de Pontbriand

Portrait de Pontbriand, 1840.

Naissance 2 septembre 1776
Dinan
Décès 2 février 1844 67 ans)
Saint-Lormel
Origine Français, Breton
Allégeance Association bretonne (1791)
 République française (1793-1795)
 Chouans (1795-1800 et 1815)
 Royaume de France (1815-1817 et 1823-1828)
Grade Colonel
Années de service 17911828
Commandement Colonne d’Argentré et du Bas Maine
Division de Dinan
Conflits Chouannerie
Expédition d'Espagne
Faits d'armes 1er combat de La Gravelle
Combat de Carnet
Combat de Pocé
2e combat de La Gravelle
Combat de Dourdain
1er combat de Saint M'Hervé
Combat de la lande d'Izé
2e combat de Saint M'Hervé
Combat de Bréal
Combat de Bais
Combat de Juvigné
Combat de Toucheneau
Distinctions Chevalier de Saint-Louis
Chevalier de la Légion d'honneur
Commandeur de l'Ordre de Saint-Ferdinand
Famille Famille du Breil de Pontbriand

Il est l'auteur de mémoires, qui constituent la principale source sur la chouannerie dans les régions de Fougères et de Vitré du point du vue des royalistes.

Biographie

Toussaint Marie du Breil de Ponbriand est né le en l'hôtel de Pontbriand à Dinan, 4e fils de Joseph Victor du Breil, comte de Pontbriand et d'Agathe du Plessis de Grénédan, il est issu d'une famille de 8 enfants de la noblesse chevaleresque de Bretagne: la famille du Breil. Il épouse le Colette Appoline Marie Picquet du Boisguy, née le à Fougères qui fut condamnée à mort sous la révolution et suivit l'armée vendéenne, avec sa mère, dans la fameuse Virée de Galerne au nord de la Loire. Elle échappera à la peine capitale et décédera le à Pluduno

Toussaint aurait été recruté dans l'Association bretonne de la Rouërie, âgé de quatorze ans. À la suite d'une dénonciation, il est obligé d'émigrer à la fin de l'année 1791. Il rentre en France le et arrêté en débarquant près de Dol-de-Bretagne, incarcéré au château de Saint-Malo, puis, dans la tour Solidor à Saint-Servan, il est condamné à mort après huit mois de détention, il s'évade grâce à la complicité d'un gardien ému par son jeune âge. Mais il fut contraint de s'engager, sous le nom de Lebreton, dans l'armée républicaine au 4e régiment de hussards. Démobilisé sur le front de l'Est, il retraverse la France et rejoint les chouans de Saint-Ouën-des-Toits en 1795, il deviendra officier chouan, colonel d'infanterie, puis d'état-major.

D'abord chargé de remplacer les frères Cottereau, dans le Bas-Maine, il réorganise les paroisses du nord-ouest de la Mayenne, nommé chef du canton Argentré-du-Plessis en mai 1795. Il devient avec Henri du Boishamon le principal lieutenant d'Alexis du Bouays de Couësbouc au sein de l'Armée catholique et royale de Rennes et de Fougères.

Le , avec 2 compagnies de La Croixille et de Bourgon, il ne put empêcher un détachement républicain de 600 hommes de passer à La Gravelle pour se rendre dans le Morbihan, mais livra de nombreux combats victorieux en Bretagne. Il réunit les compagnies de Bourgon, du Bourgneuf, de La Croixille et de Saint-Ouën-des-Toits le . À la fin de janvier 1796, il repoussa de Juvigné une colonne républicaine de 400 hommes.

Nommé lieutenant-colonel le , il prit part durant cette période aux combats nombreux et meurtriers livrés par les divisions de Fougères et de Vitré, par exemple au combat du Pont de Cantache, puis au combat de Pocé[1], sous les ordres du général Aimé Picquet du Boisguy.

Il rentra dans ses foyers en Bretagne à la pacification de 1796. Il reprit les armes en , fut nommé le , colonel chef de division de l'arrondissement de Dinan, il leva une légion nombreuse, avec laquelle il tint la campagne jusqu'à la fin de l'insurrection. Après les derniers combats, livrés dans le montagnes du Menez, il signa lui-même le , une convention honorable qui garantissait ses soldats de toutes poursuites et assurait aux prêtres insermentés toutes libertés du culte.

Il refusa, comme Boisguy, les offres du premier consul, d'intégration, à une arme de son choix, dans l'armée de la République

Il se retire dans son château de la Ville-Robert en Saint-Lormel et reçut la croix de chevalier de Saint-Louis, le .

Il reprit du service lors des événements de 1815, puis, lorsque l'occupation étrangère pesa sur la France, il conclut une convention avec le baron général Wangler, d'après laquelle les troupes prussiennes ne dépasseront pas les limites des cantons occupés par les troupes royalistes. Chargé par ordonnance en , de former et de commander la légion des Côtes-du-Nord, qu'il organisa remarquablement, il est nommé le dans le Jura, colonel d'état-major, puis colonel-lieutenant du Roi aux îles d'Hyères, puis à l'île de Ré.

Il rentra dans ses foyers en .

Il demanda à reprendre du service lors de la guerre d'Espagne de 1823, dans l'armée des Pyrénées, chargé par le duc de Reggio du commandement militaire de Tolède, où il réussit à maintenir l'ordre, malgré les passions populaires exacerbées. À l'issue de cette campagne, Il reçut la croix de la Légion d'honneur et celle de commandeur de l'Ordre de Saint-Ferdinand d'Espagne. Il est alors nommé gouverneur de l'île de Léon, près de Cadix, poste où il restera jusqu'à la fin de l'occupation française. Il embarque à Cadix, le , à bord de "la Truite", pour rentrer définitivement en France.

Il prend alors sa retraite, dans son château de la Ville-Robert, où il écrira ses mémoires, dont quelques sources proviennent en partie de notes écrites par ses compagnons d'armes et notamment Boisguy. Il meurt le à la Ville-Robert, en Saint-Lormel, enterré au cimetière de Pluduno (22).

Le vicomte et la vicomtesse de Pontbriand avaient eu de leur mariage, 9 enfants :

  1. Edmond Toussaint Marie du Breil de Pontbriand, né le , mort le
  2. Camille Marie Mériadec du Breil de Pontbriand, né le , mort le
  3. Isidore Marie du Breil de Pontbriand, né le , mort le
  4. Joséphine Marie Céleste du Breil de Pontbriandl, née le , morte le
  5. Victor Marie Joseph du Breil de Pontbriand, né le , mort le
  6. Bonne Marie Angélique du Breil de Pontbriand, née le , morte le
  7. Frédéric Louis Marie du Breil de Pontbriand, né le , mort le
  8. Stanislas Marie Louis du Breil de Pontbriand, né le , mort le
  9. Rosalie Marie Charlotte du Breil de Pontbriand, née le , morte le

Sources

Notes et références

  1. "Henri Du Boishamon,... : sa vie à travers la Révolution et la Terreur, ses services dans l'armée catholique et royale de Bretagne, ce qu'il fut pendant et après la Restauration, notes recueillies sur documents authentiques", 1879, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9600743f/f66.image.r=Ch%C3%A2teaubourg

Bibliographie

  • Toussaint du Breil de Pontbriand, Mémoires du colonel de Pontbriand sur les guerres de la chouannerie, Plon, Paris, 1897, (et sa ré-édition Yves Salmon, Vezin-le-Coquet, 1988, 2 tomes, 630 pages).
  • François Marie Toussaint du Breil de Pontbriand (vicomte de Marzan), Notice historique sur M. le vicomte du Breil de Pontbriand, Bureau de la Revue générale, édition 2, 1846, 71 p.
  • « Toussaint du Breil de Pontbriand », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (lire en ligne)
  • « Histoire généalogique de la Maison du Breil », A. Le Roy, Rennes, 1889, 4 tomes, avec ses Suppléments, Additions, Corrections, de 1898, 1980 & 1983
  • Joseph Chenu, « Un chouan en Espagne Toussaint du Breil de Pontbriand 1823-1828 », Bulletin de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, tome C, 1997, p. 151-198.

Voir aussi

Articles connexes

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