Signal du Mont du Chat

Le signal du Mont du Chat est un sommet du massif du Jura culminant à 1 496 m d'altitude, faisant de lui le point culminant du mont du Chat. Il est situé aux limites des communes du Bourget-du-Lac et de Saint-Paul, dans le département français de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

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Signal du Mont du Chat

Relais de télévision et de météorologie du mont du Chat.
Géographie
Altitude 1 496 m[1]
Massif Mont du Chat (Jura)
Coordonnées 45° 39′ 36″ nord, 5° 49′ 17″ est [1]
Administration
Pays France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Ascension
Voie la plus facile Chemin venant du sud à partir du parking du relais
Géologie
Âge Jurassique supérieur et Crétacé (roches)
Roches Calcaires et marnes
Type Mont
Géolocalisation sur la carte : Savoie
Géolocalisation sur la carte : France

Géographie

Situation

Table d'orientation au sommet du mont du Chat, d'où on aperçoit notamment le lac du Bourget, Aix-les-Bains et le mont Blanc.

Le signal du Mont du Chat est situé à la limite des territoires des communes du Bourget-du-Lac, à 2,5 km à l'est et à plus de 1 200 m en contrebas du sommet, et de Saint-Paul, village situé à 3,5 km à l'ouest-nord-ouest et à plus de 1 100 m en contrebas du sommet. Ce dernier est situé à km au sud-est d'Aix-les-Bains et à 13 km au nord-ouest de Chambéry.

À km au nord-nord-est du Signal, sont situés les sommets du Molard Noir (1 443 m) et de la dent du Chat (1 390 m) ; le lac du Bourget est quant à lui situé à 2,5 km à l'est, à plus de 1 260 m en contrebas du sommet[1]. Outre le lac du Bourget, un panorama au sommet permet de distinguer la ville d'Aix-les-Bains mais aussi les Alpes et notamment le mont Blanc.

Géologie

Le sommet du signal du Mont du Chat est constitué de calcaires et de marnes du Valanginien et du Purbeckien (Crétacé inférieur). Ces niveaux sont ensuite suivis par des calcaires du Portlandien et du Kimméridgien (Jurassique supérieur) qui apparaissent à l'affleurement sur une grande partie des flancs de la montagne[2]. Le sommet est situé sur flanc oriental de l'anticlinal du Mont du Chat ; en effet, cet anticlinal est un pli déversé vers l'ouest, dont le flanc occidental semble s'enfoncer sous la molasse du Miocène comblant le synclinal de Novalaise. De plus, ce flanc est en réalité rompu par une cassure, constituée de trois failles, qui sectionne le cœur de l'anticlinal en raison de la zone de chevauchement de l'anticlinal du mont du Chat sur le synclinal de Novalaise[3].

Climat

Le climat y est de type montagnard, impliquant des hivers froids et neigeux, ainsi que des précipitations importantes. Le signal du Mont du Chat influence particulièrement le climat de la commune du Bourget-du-Lac, en contrebas. En effet, en fin d’après-midi, la position du soleil est déjà derrière le signal, ce qui signifie que Le Bourget-du-Lac est dans l’ombre, les températures baissent donc bien plus rapidement, contrairement à la rive orientale du lac du Bourget, encore ensoleillée.

Activités

Cyclisme

Relais du Mont du Chat

Restaurant au col.
Altitude 1 486 m
Massif Jura
Coordonnées 45° 39′ 39″ nord, 5° 49′ 17″ est [1]
Pays France
ValléeVallée du Rhône
(ouest)
Bassin du lac du Bourget
(est)
Ascension depuisYenne Le Bourget-du-Lac
Déclivité moy.7,4 % 8,9 %
Déclivité max.12,0 % 11,0 %
Kilométrage17,0 km 14,3 km
AccèsD 41 - D 42 D 42

Profil de l'ascension

Le relais du Mont du Chat constitue une ascension peu connue mais très difficile. Le magazine Le Cycle a affirmé en couverture de son magazine de qu’il s’agissait de la montée la plus dure de France[4]. Cependant le même qualificatif a été attribué au col du Grand Colombier sur la couverture de leur magazine de .

Il est possible de l’escalader par deux versants, d’une difficulté similaire mais assez différents dans leur profil. Quel que soit le versant emprunté, la route n’est pas très large et boisée après les premiers kilomètres les moins pentus.

Le versant ouest commence au carrefour (240 m) de la D41 et de la D921 vers la sortie de Yenne fait 17,4 km de long à 7,1 % de moyenne. Après environ km, la route passe par Saint-Paul sur Yenne (427 m). L’ascension monte progressivement en difficulté : les 8,6 premiers kilomètres sont faciles, tandis que les 8,8 derniers à partir du hameau de Trouet au croisement des routes D41 et D42 (610 m) montent brutalement[5], avec une moyenne de 10 % et avec certains passages à 14 %. Par comparaison, des ascensions telles que L'Alpe d'Huez ou celle du plateau de Beille ont une montée moyenne de 8 %. Après deux kilomètres difficiles à 12 % de moyenne, un belvédère (1 420 m) 750 m avant le sommet offre une vue sur le Bugey avec notamment le Grand Colombier et le belvédère d’Innimond.

Le versant est par Le Bourget-du-Lac fait 13,5 km à 9,2 % de moyenne[6] à partir du croisement (240 m comme pour le versant ouest) des routes D14 et D42 au centre-ville. Une autre variante consiste à démarrer depuis le carrefour (292 m) entre la route du Tunnel du Chat et la petite route des Tournelles que l’on suit. En démarrant ainsi, l’ascension est un peu plus courte, avec 12,7 km à 9,4 %. Ces deux routes se rejoignent à un croisement (348 m) vers le lieu-dit "Le Petit Caton" après 1,7 km à 6,3 % depuis le centre-ville ou 950 m à 5,9 % par la route des Tournelles. Après cette mise en jambe, il reste 11,8 km à 9,6 % sans répit[5] jusqu’au sommet. Il est ainsi plus régulier que le versant ouest. Cette ascension est comparable à certains cols ou montées italiennes, courte sur la distance mais très raide. La particularité de ce versant réside dans ses longues lignes droites coupant la forêt sur plusieurs centaines de mètres, chaque lacet étant plus éloigné que le précédent[6].

Courses professionnelles

Le Tour de France l'a emprunté deux fois, la première fois par son versant ouest en 1974, dans la 10e étape entre Gaillard et Aix-les-Bains. Gonzalo Aja est arrivé en premier au sommet[7] du mont mais on retient aussi que Raymond Poulidor attaqua[6] à km du sommet et avait pris plus d'une minute à Eddy Merckx dans cette ascension[8]. Mais le Belge ne se résigna pas et, à la faveur d'une extraordinaire descente, revint sur les deux fuyards pour s'imposer au sprint à Aix-les-Bains.

Lors de cette ascension, le relais du Mont du Chat fut classé en deuxième catégorie[7] ; une classification déjà contestée à l'époque du fait de la grande difficulté de l'ascension, Raymond Poulidor l'expliquant par le fait que la montée était méconnue[9]. Par ailleurs, la classification des montées n'était pas la même, et tenait plus compte de la distance et de l'altitude que de la pente moyenne, et le classement hors catégorie n'existait pas encore, n'ayant été instauré qu'en 1979.

En 2017, quarante-deux ans après son premier et unique passage, le Tour de France est de nouveau prévu au relais du Mont du Chat, dans l'étape entre Nantua et Chambéry. Il est classé cette fois hors catégorie[10]. C'est Warren Barguil qui le franchit en premier et en solitaire, une dizaine de secondes devant le groupe des favoris. Nairo Quintana et Alberto Contador sont lâchés, particulièrement le coureur espagnol. L'événement marquant est la chute de Richie Porte dans la descente, transféré à l'hôpital.

Le Critérium du Dauphiné avait également emprunté le mont du Chat en 1966, également par son versant ouest, dans la 4e étape entre Saint-Étienne et Allevard. Il l'a réemprunté en 2017, un mois avant le passage du Tour de France, dans une étape entre le Parc des oiseaux de Villars-les-Dombes et La Motte-Servolex. La montée, empruntée par le versant ouest, est classée hors catégorie. Fabio Aru est passé en tête au sommet, alors que Jakob Fuglsang s'est imposé sur la ligne d'arrivée.

Protection environnementale

Panorama depuis le belvédère du signal du Mont du Chat, celui-ci étant à droite.

Notes et références

  1. « Carte IGN classique » sur Géoportail.
  2. Carte géologique de la France au 1/50 000e consultée sur InfoTerre (feuille de Chambéry).
  3. Maurice Gidon, « Mont du Chat », sur http://www.geol-alp.com/, (consulté le ).
  4. Mont du Chat.
  5. CyclingCols - Le mont du Chat
  6. « Le Mont du Chat. L’épreuve de force », magazine Le Cycle no 365, juillet 2007, p. 96-100
  7. Le dico du Tour - Le Mont-du-Chat dans le Tour de France (passages depuis 1947), Le dico du Tour
  8. « Le mont du Chat. Les griffes de Poulidor », Le Cycle no 6H, hors-série « Spécial cols » avril 2013, p. 28.
  9. Inter actualités de 19H00 du 7 juillet 1974 - INA.fr.
  10. « Tour de France 2017 : les cinq massifs montagneux français au menu des réjouissances », Franceinfo, (lire en ligne, consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

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