Siège de Constantinople (1422)

Le siège de Constantinople de 1422 est le premier siège de grande envergure organisé par les Ottomans après les blocus de 1391-1392 et 1394-1402. Il fait suite aux tentatives de l'empereur Manuel II Paléologue d'interférer dans la succession des sultans ottomans après la mort de Mehmed Ier en 1421. Cette stratégie fut souvent utilisée pour affaiblir leurs voisins.

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Siège de Constantinople
Constantinople en 1422
Informations générales
Date juin-août 1422
Lieu Constantinople
Issue Victoire byzantine
Belligérants
Empire byzantin Empire ottoman
Commandants
Jean VIII PaléologueMourad II
Forces en présence
inconnuesinconnues
Pertes
inconnuesinconnues

Guerres byzantino-ottomanes

Batailles

Coordonnées 41° 01′ nord, 28° 59′ est
Géolocalisation sur la carte : Turquie

Prélude

Durant le règne de Mehmed Ier, les deux souverains (byzantins et ottomans) entretiennent des relations relativement cordiales (rencontre de Scutari en 1420). L'Empire byzantin n'a pas eu à subir durant cette période de perte territoriale. Cependant, l'avènement de Murad II marque le réveil de la puissance ottomane après l'affaiblissement consécutif à la bataille d'Ankara en 1402.

Manuel a alors le choix entre la continuation de l'alliance avec le sultan turc ou le soutien à son concurrent, Mustafa. Bien que Murad se tienne prêt à céder Gallipoli à l'empire byzantin, Manuel soutient Mustafa. Les deux hommes assiègent alors Gallipoli qui se rend en 1421 à la suite d'une défaite de Mourad contre Mustapha. Cependant, ce dernier interdit aux Byzantins de pénétrer dans la cité. Manuel tente alors de se rapprocher de Murad sans succès pendant que Mustafa est finalement vaincu et tué à Andrinople.

Le siège

Après sa victoire, Mourad II se prépare à se venger des tractations byzantines. En , il se présente devant Constantinople. Manuel, retiré dans un monastère laisse le pouvoir à Jean VIII. Le camp turc regorge de marchands d'esclaves et de derviches espérant profiter de la prise de la ville pour avoir une part du butin[1],[2]. Pour la première fois, Murad emploie des canons. Pour rapprocher le matériel de guerre de la cité, il lève un pont de terre au travers de la Corne d'Or qui, selon Jean Kananos, bombarde la cité d'une pluie de pierres et de feu par-dessus les murs de la cité. L'assaut général est prévu pour le 24 août, Mourad écoutant les prophéties d'un imam très respecté, Seidh-Bokhari[1]. Toutefois, les troupes turques, trop peu nombreuses pour un siège d'une telle ampleur, sont repoussées dans la panique et abandonnent une bonne partie de leur matériel de guerre. Les traditions byzantines et turques attribuent la victoire à un miracle de Théotokos, la Vierge protectrice de la cité[3]. Cependant, l'échec est plus à rechercher dans la faiblesse des forces turques et à l'absence de siège maritime ainsi qu'à une forte détermination des Constantinopolitains plus qu'à une intervention divine[2]. Jean Kananos insiste en effet sur la forte mobilisation de la population de la ville, ainsi, les hommes comme les femmes participent à la défense des murs constantinopolitains[4]. Mourad II est véritablement contraint de se retirer par la rébellion d'un de ses deux frères, Mustapha. Ce dernier possède des partisans en Asie Mineure et au cours du siège, Manuel l'assure de son soutien. Mustapha se proclame alors sultan dans la partie asiatique de l'Empire ottoman. Le 6 septembre, Mourad doit réprimer cette révolte et abandonner le siège de Constantinople[1]. C'est la dernière fois que les Byzantins profitent des divisions ottomanes pour les tourner à leur avantage.

Conséquences

En dépit de cette victoire, l'empire byzantin fait à cette époque face à des problèmes économiques. Le pape Pie II qui a promis des canons à l'empire de la part des monarques européens est l'une des seules causes du renforcement de l'arsenal byzantin désespérément vide jusque là et qui après 1422 ne comprend que des canons fournis par les États européens.

Le sultan Mourad II quant à lui ravage une grande partie de la Morée avant de se porter sur Thessalonique dont il commence le siège qui durera jusqu'en 1430 avec la prise de la ville par les Ottomans.

Notes et références

  1. Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, p.356
  2. Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel, p.396
  3. Georges Phrantzès, Chronicon Majus, éditions Bekker (1858), p.457-79 (partie contenant une partie du récit de Kananos)
  4. Giovanni Cananos, éditions E. Pinto, Messine, 1977. Réédition du récit original de Jean Cananos

Voir aussi

Bibliographie

  • Louis Bréhier, Vie et mort de Byzance, éditions Albin Michel.
  • Donald M. Nicol, Les Derniers Siècles de Byzance, éditions Texto, traduction Hugues Defrance.
  • Le récit de Jean Kananos a été publié dans Giovanni Cananos, l'assedio di Constantinopli, éditions E. Pinto, Messine (1977).

Articles connexes

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