Patrick Cauvin

Patrick Cauvin, pseudonyme de Claude Klotz, né le à Marseille et mort le à Paris, est un scénariste et romancier français[1]. Il a publié aussi bien sous son vrai nom que sous son nom de plume.

Pour les articles homonymes, voir Cauvin et Klotz.

Biographie

Fils de Joseph Klotz et de Victoria Cauvin[2], son père, cheminot, fait de lui « un intoxiqué de l’écran », en l’emmenant très tôt voir une multitude de films américains. Humphrey Bogart incarne alors, à ses yeux, l’image emblématique du cinéma.

Il monte à Paris en 1938 et amorce des études peu fructueuses, jusqu'à ce qu'il découvre la philosophie.

De 1951 à 1954, Claude Klotz poursuit ses études à la Sorbonne, où il obtient une licence de philosophie. À son retour de la Guerre d'Algérie, il se destine à l'enseignement. De 1964 à 1976, il enseigne les lettres dans un lycée de la région parisienne le lycée technique "Eugène Ronceray" à Bezons et réside dans une HLM à Sarcelles.

En 1973, il aide Joseph Joffo à écrire le best-seller Un sac de billes[3].

Marqué par la guerre d'Algérie, il écrit des romans noirs sous son vrai nom : une série de treize intrigues policières sanglantes au héros récurrent baptisé Reiner, puis renommé Raner. Lassé de cet univers âpre, Claude Klotz apporte en 1974 une histoire d’amour à son éditeur Jean-Claude Lattès. Ce dernier lui demande de changer de nom s’il espère vendre son roman L’Amour aveugle. Il prend alors le pseudonyme de Patrick Cauvin, le patronyme de sa mère : « J’étais loin d’imaginer que Cauvin battrait Klotz, qu’il vendrait plus de livres, et que cette double identité […] continuerait à désarçonner les gens. »

En 1977, tandis que Monsieur Papa (publié en 1976) sort sur les écrans, mis en scène par Philippe Monnier avec Daniel Auteuil et Claude Brasseur, E=mc2 mon amour, une histoire d’amour entre deux jeunes adolescents surdoués, connaît un succès retentissant. Un an plus tard, cette histoire sera également adaptée pour le cinéma, cette fois-ci par George Roy Hill.

En 1980, il est rédacteur d’une chronique de cinéma illustrée par le dessinateur Régis Franc, dans le magazine de bande dessinée Pilote.

Il signe en 1981 Nous allions vers les beaux jours, récit sur la Shoah. Ce traitement romancé de l’Histoire lui a valu de nombreuses critiques. Or il est évident à ses yeux que cette période de l’Histoire peut faire l’objet d’une fiction : « La liberté de l’écrivain — Sartre l’a écrit — est totale, ou n’est pas ! »

En 1982, dans les dédales du temple de Karnak en Égypte, Patrick Cauvin remarque un couple de handicapés qui, dans leur fauteuil, semblent beaucoup s’amuser. Revenu à Paris, il songe à l’histoire de deux jeunes gens qui, en dépit de leurs souffrances physiques, découvrent une certaine joie de vivre : Dans les bras du vent sortira l’année suivante.

Entre la violence de Claude Klotz et la tendresse de Patrick Cauvin, Laura Brams brouille les cartes en 1984. Signée Cauvin, cette histoire d’amour hitchcockienne ressemble étrangement à Klotz. Sans cesse partagé entre sa fascination pour l’image et son art de l’écriture, il joue dans ce récit sur des techniques empruntées au cinéma. « Mon ambition, c’est de faire du lecteur un spectateur. À coups de dialogues qui sont mes moyens à moi de faire des champs et contrechamps. »

En 1985, le temps d’une scène d’un numéro des Dossiers de l'écran, intitulé « La politique est mon métier », il joue le rôle d’un député socialiste des années 1930.

Il reçoit en 1986 le prix Vogue Hommes, pour Haute-Pierre, sorti l’année précédente chez Albin Michel, un prix créé à l’initiative du magazine éponyme et destiné à récompenser un roman français susceptible d’être adapté au cinéma.

En collaboration avec le célèbre dessinateur Bilal, il signe en 1987 Hors jeu (éd. Autrement), œuvre originale sur le football du futur.

Il est le scénariste en 1990 du film Le Mari de la coiffeuse, réalisé par Patrice Leconte.

En 1994, Jean-Pierre Cottet, directeur de l’antenne sur France 3, lui demande son aide pour la création de fictions. Il y occupe un rôle de conseiller et assiste les scénaristes sur l’écriture des dialogues. L'année suivante, Patrick Cauvin est invité à donner une conférence dans un centre culturel à Tananarive (Madagascar) pour évoquer son roman Villa Vanille. Le séjour s’avère être cauchemardesque pour l’écrivain. Il découvre, une fois sur place, que la presse locale est unanimement négative à son égard et passe, de peur d’être la cible de bandits de grands chemins, ses journées confiné dans sa chambre d’hôtel.

Vingt-deux ans après la sortie de E=mc2 mon amour, les deux protagonistes, Lauren et Daniel, se retrouvent en 1999 dans Pythagore, je t'adore, qui connaît un franc succès. Alors que le romancier s’était promis de ne jamais écrire de suite, la nostalgie de ses premières intrigues le décide, finalement, à faire revivre ses jeunes héros.

Avec l’œil d’un journaliste attentif et passionné, il signe en 2001 La Reine du monde, un roman colonial dédié aux peuples africains. L'écrivain s’impose un rythme de travail qui n’excède pas quatre heures d’écriture quotidiennes. Patrick Cauvin se met en 2002 dans la peau de son double, Claude Klotz, en signant un thriller : Le Sang des roses. « C’est toujours l’histoire qui décide lequel des deux prend la plume. »

Œuvre

Signés Patrick Cauvin

Signé Raymond Wermelinger

Série policière Reiner/Raner

Le titre initial de la série était « Reiner », dans les éditions originales chez Christian Bourgois, et fut ultérieurement changé en « Raner », lors de la réédition chez Fleuve noir. En revanche, dans Le Sang des roses qui conclut les aventures de ce héros (sous la signature de Patrick Cauvin) il se nomme à nouveau Reiner. La série sera adaptée à la télévision par Victor Vicas en six épisodes, sous le titre L'Étrange Monsieur Duvallier, avec Louis Velle dans le rôle de Raner.

Sous le nom de Claude Klotz
Sous le nom de Patrick Cauvin


La réédition dans la collection Fleuve noir n'a pas suivi l'ordre chronologique des parutions initiales, sans qu'il soit donné d'explication, et chaque tome a reçu un numéro dans la série, ce qui laisse penser que ce nouvel ordre était intentionnel.

« Raner n° I » : Casse-cash
« Raner n° II » : Putsch-punch
« Raner n° III » : Jap-job
« Raner n° IV » : Alpha-Beretta
« Raner n° V » : Dolly-dollar
« Raner n° VI » : Bing-banque
« Raner n° VII » : Micro-micmac
« Raner n° VIII » : Aïe-heil
« Raner n° IX » : Cosmos-cross
« Raner n° X » : Tchin-tchin-queen
« Raner n° XI » : Flic-flash
« Raner n° XII » : Karaté-caramel
« Raner n° XIII » : Dingo-dague

Autres romans signés Claude Klotz

Romans de littérature d'enfance et de jeunesse

Recueil de nouvelles

Essais

Théâtre

Scénarios de films

Scénarios de bandes dessinées

  1. La Chasse aux ombres, 1999
  2. Les Saisonniers, 2002

Acteur

Source

Notes et références

  1. Thomas Vincy, « Patrick Cauvin meurt à 77 ans », sur Livres Hebdo, (consulté le )
  2. Who's Who in France, dictionnaire biographique, 1992-1993. Éditions Jacques Lafitte 1992
  3. La vie des autres, Le Monde, 4 mars 2010.
  4. « Critique par Pascal J. Thomas de Soyez donc maçon..., Raymond WERMELINGER » () sur le site NooSFere (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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