Ordre du Dragon

L'ordre du Dragon (allemand: der Drachenorden; latin: Societas Draconistarum[1]) était un ordre de chevalerie créé en 1408 par Sigismond de Luxembourg (alors roi de Hongrie) et sa seconde épouse, Barbe de Cilley.

Ordo Draconum
Épée cérémonielle de l'ordre, vers 1433

Fondation

La charte de l'ordre, datée du , dédiait l'ordre à la défense de la Croix face à ses ennemis. Outre Sigismond de Luxembourg, les 21 fondateurs furent intronisés en 1408[2], parmi lesquels plusieurs membres des noblesses autrichienne et hongroise dont les domaines se trouvaient « en première ligne » face aux Ottomans :

Selon une autre source, Albert de Nagymihályi aurait fait partie des membres fondateurs[3].

Symbole

Comme symbole, l'ordre choisit un insigne composé d'un dragon avec la queue enroulée autour du cou. Sur le dos du dragon, de la base du cou jusqu'à la queue, est posée la croix de saint Georges sur un drap d'argent. Le dragon représente la Bête de l'Apocalypse et la croix rouge la victoire du Christ sur les forces du mal. Les membres devaient toujours porter le symbole (souvent sous forme d'un médaillon) et étaient fréquemment enterrés avec.

Reconstitution basée sur un artefact d'un musée autrichien.
Armoiries de la famille Csapy : l'écu est entouré du dragon de l'Ordre.

Une annotation de l'université de Bucarest sur l'édit original qui établit l'ordre dit « O Quam Misericors est Deus, Pius et Justus » et peut faire partie de l'emblème.

Dragon ourobore provenant d'un musée autrichien.

Développement

En 1431, Sigismond décida d'étendre l'ordre, et invita de nombreux vassaux et nobles politiquement et militairement influents à en faire partie. Parmi eux, il y avait le voïvode de Valachie Vlad II Basarab, qui y reçut le surnom de Dracul le dragon ») et qui fut père de Vlad III Basarab, surnommé Drăculea le dragonneau », qui servira bien plus tard à Bram Stoker pour nommer son personnage de vampire).

L'adoubement de nouveaux membres se traduisit par la création de plusieurs grades à l'intérieur de l'ordre. Chaque grade comportait son propre rituel basé sur une variation du symbole de l'ordre, bien que le symbole du dragon restât dominant. Les changements communs incluaient des mentions comme « O quam misericors est Deus » (« Oh, comme Dieu est miséricordieux ») et « Justus et paciens » (« juste et paisible »). Comme tous les ordres chevaliers, ce type d'organisation visait, dans l'idéal, à accroître les vertus et le courage de ses membres face à l'ennemi désigné, et dans la pratique, à mieux coordonner les forces des participants autour de Sigismond de Luxembourg et à accroître son influence politique. L'ordre resta en place jusqu'à la mort de Sigismond en 1437, à la suite de laquelle il perdit rapidement son influence et son prestige, finissant par se disperser[4].

Il reste aujourd'hui de rares artefacts historiques de l'ordre, bien que le symbole de l'ordre, ainsi qu'un symbole proche, celui du dragon ourobore, fût adopté par quelques blasons de familles européennes. Beaucoup plus nombreuses sont les copies et les artefacts apocryphes car l'ordre continue à susciter mythes et légendes. Une copie de l'édit de création, datant de 1707, est conservée à l'université de Bucarest, mais son authenticité est contestée[5].

Notes et références

  1. Matei Cazacu, L'Histoire du prince Dracula en Europe centrale et orientale, 2006 : « Il pourrait indiquer l'appartenance de son père à l'Ordre du Dragon (Societas draconistarum) fondé par l'empereur Sigismond de Luxembourg en 1408 ».
  2. Codex diplomaticus Hungariae ecclesiasticus ac civilis, Tome X Vol.4, p.687.
  3. Zolst Hunyadi, « Entering the Hospital : a way to the Elite in the fifteenth century », dans Élites et ordres militaires au Moyen Âge: Rencontre autour d'Alain Demurger, Casa de Velázquez, , 478 p. (ISBN 978-8-4909-6147-6, présentation en ligne), p. 106 ; Thomas von Bogyay, « Drachenorden », dans Lexikon des Mittelalters, t. III, Munich, , p. 1346
    Albert de Nagymihályi sera ensuite prieur de Hongrie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (1417-1434) et ban de Croatie et de Dalmatie (1419-1426).
  4. Ludwig Kuhn, Handbuch der Geschichte und Verfassung aller blühenden Ritter-Orden in Europa, Camesinaschen Buchhandlung, Vienne 1811, p. 135.
  5. Matei Cazacu, L'Histoire du prince Dracula en Europe centrale et orientale, Droz, Paris 2000, (ISBN 2600005048).

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