Mirtazapine

La mirtazapine (Norset, Remeron) est un antidépresseur noradrénergique et sérotoninergique spécifique (NaSSA)[3],[4].

Mirtazapine
Énantiomère R de la mirtazapine (en haut) et S-mirtazapine (en bas)
Identification
Nom UICPA (±)-1,2,3,4,10,14b-hexahydro-2-méthylpyrazino(2,1-a)pyrido(2,3-

c)benzazépine

Synonymes

6-azamiansérine

No CAS 85650-52-8 (racémique)
61364-37-2 R(–)
61337-87-9 S(+)
No ECHA 100.080.027
Code ATC N06AX11
DrugBank DB00370
PubChem 4205
SMILES
InChI
Propriétés chimiques
Formule C17H19N3  [Isomères]
Masse molaire[1] 265,3529 ± 0,0155 g/mol
C 76,95 %, H 7,22 %, N 15,84 %,
Propriétés physiques
fusion 114 à 116 °C[2]
Données pharmacocinétiques
Biodisponibilité 50 %[2]
Liaison protéique 85 %[2]
Métabolisme hépatique
Demi-vie d’élim. 37 heures (femmes), 26 heures (hommes)
Excrétion

75 % urine, 15 % fèces

Considérations thérapeutiques
Classe thérapeutique antidépresseur
Voie d’administration orale[2]
Conduite automobile déconseillée

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Du fait de sa structure tétracyclique, la mirtazapine peut aussi être classée comme antidépresseur tétracyclique et est chimiquement apparentée à la miansérine[4],[5]. La mirtazapine est présentée aux États-Unis en 1996 par Organon BioSciences[6] ; et est utilisée principalement pour le traitement de la dépression sévère. En médecine vétérinaire, elle est utilisée comme orexigène (stimulant de l'appétit), notamment chez le chat[7].

La mirtazapine est un antagoniste des récepteurs 5-HT2A et 5-HT3 (récepteurs activés par la sérotonine) et alpha-2 présynaptiques de la noradrénaline. Le résultat de ces actions est l'augmentation des transmissions noradrénergique et sérotoninergique (5-HT1)[8].

Son brevet a expiré en 2004, des versions génériques sont donc disponibles[9].

Pharmacologie

La mirtazapine est majoritairement métabolisée au niveau du cytochrome CYP2D6 et son substrat par le CYP3A4.

Cette molécule favorise la neurotransmission noradrénergique et sérotoninergique.

Son action sédative résulte de son activité antagoniste sur les récepteurs H1 de l'histamine.

mirtazapine
Noms commerciaux
  • Mirtazap (Suisse)
  • Mirtazapin (Canada, Suisse)
  • Norset (France)
  • Remergon (Belgique)
  • Remeron (Canada, Suisse)
Laboratoire Apotex, Arrow, Biogaran, European Generics (EG), Merck Sharp & Dohme (MSD), Mylan, NV Organon, Ratiopharm, Sandoz, Teva
Forme comprimés pelliculés, comprimés orodispersibles, solution buvable à 15 mg·ml-1
Administration per os
Classe autres antidépresseurs, ATC code N06AX11
Autres informations La conduite et l'utilisation de machines dangereuses sont déconseillées, surtout dans les heures qui suivent la prise du médicament
Identification
No CAS 85650-52-8
No ECHA 100.080.027
Code ATC N06AX11
DrugBank 00370
Une boîte de mirtazapine Mylan 15 mg sous forme de comprimés pelliculés

Indications thérapeutiques

  • Traitement des épisodes dépressifs majeurs.

La mirtazapine est un des antidépresseurs les plus efficaces disponibles, mais est aussi un des moins bien acceptés à cause de ses importantes propriétés sédatives. C'est pourquoi la mirtazapine est un traitement de deuxième intention du syndrome dépressif sévère (après l'échec d'un traitement par un antidépresseur ISRS à posologie optimale) ou de première intention lorsque ce syndrome s'accompagne d'une insomnie rebelle et/ou d'une comorbidité anxieuse importante.

Effets indésirables

Les effets indésirables les plus courants sont :

  • somnolence
  • prise de poids
  • leucopénie
  • sédation
  • sécheresse buccale
  • fatigue
  • étourdissement
  • céphalée / cauchemars
  • neige visuelle
  • rhabdomyolyse[10]
  • idées suicidaires (notamment chez les adolescents et les jeunes adultes)
  • virage maniaque iatrogénique ou lié à un terrain préexistant (voir manie)

La proportion et la sévérité des effets secondaires est à mettre également en rapport avec la vitesse à laquelle le patient la métabolise.

L'utilisation de la mirtazapine, comme des autres antidépresseurs, dans le trouble bipolaire est déconseillée car elle peut induire un virage maniaque. Si un patient bipolaire nécessite un traitement antidépresseur (syndrome dépressif très sévère ou réfractaire aux traitements de première intention), on préférera néanmoins un antidépresseur ayant un profil similaire à la mirtazapine (antidépresseurs sédatifs), et on l'associera toujours à un thymorégulateur. La mirtazapine ne doit jamais être utilisée en monothérapie et sans surveillance étroite dans les phases dépressives du trouble bipolaire.

Contre-indications

À prendre en compte : association avec d'autres dépresseurs du système nerveux central, risque de majoration des effets sédatifs de la mirtazapine ; association avec du tramadol, ou un antidépresseur IRSS et IRSn, risque exceptionnel de syndrome sérotoninergique.

Notes et références

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. (en) « Mirtazapine », sur DrugBank, consulté le 3 août 2009
  3. (en) Dante D.C. Wan, BSc; Divya Kundhur, MB BS; Kevin Solomons, MB ChB; Lakshmi N. Yatham, MB BS; Raymond W. Lam, MD, « Mirtazapine for treatment-resistant depression: a preliminary report », J Psychiatry Neurosci, no 28(1):55-59, (lire en ligne)
  4. Michel Dierick, Jozef Peuskens, Marc Ansseau, Hugo D'Haenen, Paul Linkowski, Manuel de psychopharmacothérapie, Academia Press, (ISBN 90-382-0406-X, lire en ligne), page 192: Antidépresseur sérotoninergique spécifique et noradrénergique (NaSSA). La mirtazapine a une structure tétracyclique et est chimiquement apparenté à la miansérine mais sans relation avec les tricycliques.
  5. (en) Mirtazapine, The Royal Pharmaceutical Society of Great Britain, (lire en ligne)
  6. (en) « REMERON (mirtazapine) tablet, film coated [Organon Pharmaceuticals USA] », DailyMed, Organon Pharmaceuticals USA, (consulté le )
  7. « Dechra propose une mirtazapine transdermique », sur La dépêche Vétérinaire, (consulté le )
  8. (en) Kent JM, « SNaRIs, NaSSAs, and NaRIs: new agents for the treatment of depression », Lancet, no 355(9219):2000., (lire en ligne)
  9. (en) Schatzberg, AF; Cole, JO; DeBattista, C, Manual of Clinical Psychopharmacology, Arlington, VA, American Psychiatric Publishing, , 7e éd., 720 p. (ISBN 978-1-58562-377-8), « 3 »
  10. La revue Prescrire, février 2014, tome 34 no 364, p. 109

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