Avenue Denfert-Rochereau

L'avenue Denfert-Rochereau est une voie publique du quartier du Montparnasse dans le 14e arrondissement de Paris.

14e arrt
Avenue Denfert-Rochereau

L'avenue Denfert-Rochereau vue en direction de l'avenue de l'Observatoire.
Situation
Arrondissement 14e
Quartier Montparnasse
Début Avenue de l'Observatoire
Fin Place Denfert-Rochereau
Morphologie
Longueur 490 m
Largeur 31 m
Historique
Dénomination 1946
Ancien nom Partie de la rue d'Enfer (rue de Vauvert)
partie de la rue Denfert-Rochereau (1879-1946)
Géocodification
Ville de Paris 2704
DGI 2692
Géolocalisation sur la carte : 14e arrondissement de Paris
Géolocalisation sur la carte : Paris
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Situation et accès

Orientée nord-est – sud-ouest, l’avenue Denfert-Rochereau, longue de 490 mètres débute au 32, avenue de l’Observatoire dans le prolongement de la rue Henri-Barbusse et se termine sur la place Denfert-Rochereau. Son extrémité nord est située à une distance d’environ 100 mètres au sud du point de jonction des boulevards du Montparnasse et du Port-Royal. La rue Cassini débouche sur son côté oriental.

Cette avenue est accessible par la station Denfert-Rochereau des lignes 4 et 6 du métro, par les gares Denfert-Rochereau et Port-Royal (à 100 m de distance) de la ligne B du RER, et par plusieurs lignes de bus.

Origine du nom

Portrait du colonel Denfert-Rochereau.

Le nom attribué à cette voie en 1946 honore la mémoire du colonel Pierre Philippe Denfert-Rochereau (1823-1878), rattaché au service du Génie, défenseur de Belfort durant son siège effectué en 1870-1871 par les troupes prussiennes[1].

Historique

Le 30 mars 1918, durant la Première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose au no 74 rue Denfert-Rochereau[2].

En 1946, la rue Denfert-Rochereau (nom donné en 1879 à la partie de la rue d'Enfer non incorporée au boulevard Saint-Michel) est divisée en deux sections :

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

  • Nos 42-44 : ancien aqueduc Médicis acheminant des eaux provenant de Rungis. Dans le pavillon des fontainiers, ancien regard de l'aqueduc, avec ses réservoirs souterrains datant des XVIIe et XIXe siècle, avec leurs escaliers et couloirs les desservant.
  • Nos 68-70 : monastère de la Visitation dont le terrain s'étend jusqu'à la rue Boissonade. La chapelle Notre-Dame-des-Anges date de la première moitié du XIXe siècle[3].
La Maison de refuge du Bon Pasteur, vue de la place Denfert-Rochereau (1890) par Édouard Zawiski, musée Carnavalet.
  • Nos 71-73 (et 42 avenue de l'Observatoire) :
    — À la fin de l'Ancien Régime, ce terrain est occupé par une dépendance de l'abbaye de Port-Royal de Paris, fermée sous la Révolution[4].
    — La « maison de refuge du Bon Pasteur » (1819-1871 et 1902-1985), dénommée également « Institution des filles repenties » y est ensuite implantée. Issu des « Œuvres Bon Pasteur » de l'ancienne communauté des filles du Bon Pasteur[N 1] », cet établissement d'éducation surveillée pour jeunes filles est étroitement lié à la congrégation des Sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve, à vocation hospitalière, fondée en 1661, qui le dessert depuis 1850. En 1871, un incendie allumé par des communards détruit la plupart des bâtiments et la chapelle, entraînant l'évacuation provisoire de 130 filles pénitentes et de 12 religieuses vers l'Hôtel-Dieu. Le peintre Édouard Zawiski représente l'enclos dans son tableau intitulé La Maison de refuge du Bon Pasteur, vue de la Place Denfert-Rochereau, en 1889, conservé au musée Carnavalet[5]. L'artiste occupe à ce moment-là, l'un des ateliers de la cité des artistes située au no 77 (voir ci-dessous). La Ville démolit en 1895 les bâtiments incendiés au profit d'une reconstruction complète et les reconcède aux sœurs du Bon Pasteur.
    — L'ancienne chapelle des sœurs de Saint-Thomas de Villeneuve, désaffectée, est connue sous le nom d'« ancienne chapelle Notre-Dame-de-Joye », d'après l'association à vocation médico-pédagogique du même nom qui a succédé à la congrégation. L'intérieur été divisé en deux niveaux et aménagé en bureaux. Au niveau supérieur un espace est réservé au culte. Il subsiste un ensemble de vitraux du XIXe siècle (Claude Riquier, et Collinet, peintres-verrier) qui est répertorié à l'inventaire du patrimoine de l'Île-de-France[6].
    L'association Notre-Dame-de-Joye, qui a établi son siège ici, est dotée de structures pour l'accueil d'enfants et d'adolescents polyhandicapés. Elle dispose d'un vaste domaine qui communique avec la partie non accessible au public du domaine de l'Observatoire de Paris. L'entrée principale de celui-ci est située au 43, avenue de l'Observatoire[7],[N 2].
Ancienne chapelle du noviciat de l'Oratoire (1655) au no 72.
  • Nos 72-86 :
    — ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul, progressivement désaffecté de 2010[8] à 2012 et partiellement démoli au début des années 2020. Avant 1942, date à laquelle il devient « hôpital-hospice Saint-Vincent-de-Paul », l'établissement avait vocation de simple refuge pour des enfants abandonnés ou orphelins, raison pour laquelle il était précédemment dénommé « hospice des Enfants-Assistés » (1859-1942), antérieurement « hospice des Enfants-Trouvés et Orphelins[N 3] » (1838-1859) et plus anciennement nouvel hospice pour Enfants Trouvés (1814-1838) pour le distinguer de l'ancienne structure du même nom (1670-1795), établie sur le parvis Notre-Dame[9].
    — ancienne Institution de l'Oratoire. Lorsque le nouvel hospice s'installe, en 1814, en ce lieu (qui est encore le 74, rue d'Enfer[10]), il investit les anciens bâtiments conventuels (1655) construits, ainsi que la chapelle attenante (1655-1657, Daniel Gittard architecte) pour les Pères de l'Oratoire de France afin d'abriter l'institution d'instruction et d'enseignement des futurs prêtres, dite aussi « noviciat » de l'Oratoire. Ces bâtiments subsistent (en 2021).
  • Nos 75 et 77 (précédemment 75 et 77, rue Denfert-Rochereau) : ancien relais de poste de la barrière d'Enfer (XVIIe au XIXe siècle). Les bâtiments du relais, les écuries, un kiosque et un regard de l'aqueduc souterrain d'Arcueil au Luxembourg (non visibles de la rue et non accessibles au public) sont répertoriés dans l'inventaire du patrimoine et partiellement protégés au titre de monument historique depuis 1982[11].
    — De 1910 ou 1911 à 1957, ce relais est la propriété et la demeure principale de l'helléniste Victor Bérard[12] (1864-1931) puis de son fils, l’historien Jean Bérard[13] (1908-1957).
  • No 77 (précédemment 77, rue Denfert-Rochereau) : un ensemble d'ateliers d'artistes est aménagé dans les anciennes écuries du relais de poste (voir ci-dessus) depuis au moins les années 1880.
    Parmi les anciens occupants sont cités les sculpteurs Adrien Gaudez[14] (1845-1902), Honoré Icard[15] (1843-1917), Charles Roufosse[15] (1853-1901) et Henry ou Henri Lombard[15] (1855-1929), l'illustrateur, lithographe et peintre Henri Dillon[14] (1850-1909), l'artiste-peintre Édouard Zawiski[16] (1861-?) et les sculpteurs Albert Guilloux[17] (1871-1952) et Paul Belmondo[18] (1898-1982).
  • No 83 : maison construite en 1913 par François Lecœur pour l'historien d'art, André Fontaine (inscrite en 1984 aux monuments historiques)[19].
  • No 88 : ancien couvent des Sœurs aveugles de Saint-Paul.
  • No 91 : afin de gagner son indépendance et s’éloigner en particulier d’une mère omniprésente[20], la jeune Simone de Beauvoir (née en 1908) vient vivre à cette adresse de 1929 à 1931, dans un petit studio appartenant à sa grand-mère[21].
  • No 92 : infirmerie Marie-Thérèse fondée en 1819 sous la dénomination « hospice Marie-Thérèse » par Madame de Chateaubriand, née Céleste Buisson de la Vigne (1774-1847) qui y repose, selon son vœux, dans le caveau de la chapelle Marie-Thérèse[22].
    François-René de Chateaubriand (1768-1848) possédait la propriété mitoyenne (no 90) composée d'une maison, d'un jardin et d'un parc reboisé par ses soins. Il a décrit dans les Mémoires d'outre-tombe cet endroit isolé et paisible près de la barrière d'Enfer[23] où il a vécu de 1826 à 1838[24].

Notes et références

Notes

  1. La communauté des filles du Bon Pasteur, créé sous Louis XIV en 1688, confirmée par lettres patentes royales en 1698 avait été chassée de sa première maison parisienne (rue du Cherche-Midi) sous la Révolution.
  2. Pour la partie sud du domaine de l'Observatoire, accessible au public une partie de l'année, à partir du boulevard Arago, voir : jardin de l'Observatoire de Paris.
  3. Également dénommé « hospice des Enfants-Trouvés et Orphelins réunis ».

Références

  1. Site polytechnique.edu, page "Denfert-Rochereau : un militaire républicain oublié de l'histoire", consulté le 29 juin 2021.
  2. « Carte et liste officielles des obus lancés par le canon monstre et numérotés suivant leur ordre et leur date de chute » dans Excelsior du 9 janvier 1919.
  3. « Chapelle du monastère de la Visitation » sur le site de l'Observatoire du patrimoine religieux patrimoine-religieux.fr (consulté le ).
  4. « Denfert-Rochereau (avenue) » In : Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, t. 1, éd. de Minuit, pp. 423-424.
  5. Édouard Zawiski, La Maison de refuge du Bon Pasteur, vue de la Place Denfert-Rochereau en 1889 sur le site parismuseescollections.paris.fr (consulté le ).
  6. Dossier IM75000260 de l'Inventaire du Patrimoine de l'Île de France — Ensemble de 14 verrières, chapelle Notre-Dame-de-Joye (ancienne chapelle des Sœurs de Saint-Thomas-de-Villeneuve, Maison du Bon-Pasteur, sur le site inventaire.iledefrance.fr.
  7. « Ancienne chapelle Notre-Dame de Joye » sur le site de l'Observatoire du patrimoine religieux patrimoine-religieux.fr (consulté le ).
  8. « Saint-Vincent-de-Paul, c'est fini » dans Le Parisien du .
  9. « L'Hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris (14e arr.) : Premiers éléments d'analyse », dossier établi par l'Atelier parisien d'urbanisme, mars 2009.
  10. « Manuel des Institutions et Œuvres de Charité de Paris », seconde édition, Paris, Poussielgue-Rusand, 1845, p. 170 (en ligne).
  11. Notice no PA00086634, base Mérimée, ministère français de la Culture — Ancien relais de poste, kiosque et regard.
  12. « La maison de la rue Denfert Rochereau », In : Sophie Basch, Portraits de Victor Bérard : Actes du colloque international organisé à l’École française d’Athènes (5-6 avril 2013 p. 18 (en ligne.
  13. « Liste générale des membres de l'Association. » In: Revue des Études Grecques, tome 61, fascicule 286-288, Juillet-décembre 1948. pp. 47-63 (en ligne).
  14. « Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture… des artistes vivants exposés au Palais des Champs-Elysées le 1er mai 1880 », Paris, Imprimerie nationale, 1880 (en ligne).
  15. « Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture… des artistes vivants exposés au Palais des Champs-Elysées le 1er mai 1890 », Paris, Paul Dupont, 1890 (en ligne).
  16. Société des artistes français, « Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture… des artistes vivants exposés au Grand palais des Champs-Élysées », Charles de Mourgues frères, 1889, p. 210.
  17. Pierre Sanchez, « Les salons de Dijon, 1771-1950 : catalogue des exposants et liste de leurs œuvres », Dijon, L'Échelle de Jacob, 2002, p. 234.
  18. Éric Biétry-Rivierre, « Belmondo : le château de mon père », 2007, pour Le Figaro, sur le site lefigaro.fr.
  19. « Maison construite par François Lecœur », notice de la base Mérimée.
  20. « Simone de Beauvoir à Paris, Marseille, Rouen et ailleurs » sur le site terresdecrivains.com (consulté le ).
  21. « Le Paris de Sartre et de Beauvoir », sur Paris ZigZag / Insolite & Secret (consulté le ).
  22. Plaque apposée dans la chapelle Marie-Thérèse au 92, avenue Denfert-Rochereau (en ligne).
  23. François-René de Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, livre 36, chapitre 1 (en ligne).
  24. Plaque apposée sur la façade du 90, avenue Denfert-Rochereau. Cette maison ne porte pas de plaque de numéro et n'a pas de porte d'entrée sur rue. L'accès se fait par le portail du no 92.
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