Abraham Bloemaert

Abraham Bloemaert, né le à Gorinchem et mort le à Utrecht, est un peintre et graveur néerlandais (Provinces-unies) du siècle d'or.

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Niobé pleurant ses enfants, huile sur toile, 204 × 249,5 cm, 1591. – Exemple du maniérisme de Bloemaert.
Les Disciples d'Emmaus, 1622, Bruxelles
Œuvre de Bloemaert marquée par le caravagisme.

Il forme de nombreux élèves et exerce une très forte influence sur le développement de l'art pictural à Utrecht à la charnière entre les XVIe et XVIIe siècles, et plus tard ; de ce fait, il est considéré comme le père de l’école picturale de cette ville. Il compte parmi les représentants les plus importants du maniérisme dans les Pays-Bas septentrionaux. Après une brève période caravagesque, son style évolue progressivement vers le classicisme.

Biographie

Abraham Bloemaert naît à Gorinchem le jour de Noël 1564[1],[2]. C'est tout d’abord son père, l'architecte et sculpteur Cornelis Bloemaert, qui l'initie à l'art pictural. Vers 1575, la famille vient s'installer à Utrecht, où le jeune garçon poursuit son apprentissage chez le peintre de décors Gerrit Splinter et chez Joos de Beer (en)[1] ; toutefois, si l’on en croit Carel Van Mander, il n’aurait appris que peu de choses auprès de ces derniers.

En 1581, il part pour Paris, où il devient l’élève de Jean Bassot[3] et de Hieronymus Francken ; son séjour dure jusqu'en 1583[1]. Ensuite, après avoir passé quelque temps à Fontainebleau, il revient à Utrecht.

En 1591, il s'établit à Amsterdam ; il est inscrit comme citoyen de la ville à l'automne de la même année[4]. Il s'y marie une première fois en 1592 avec une Utrechtoise du nom de Judith Van Schonenburch. L'année suivante, son père meurt, et Bloemart décide de revenir à Utrecht[4], où il reste actif jusqu'à la fin de sa vie.

En 1594[4], à Utrecht, Bloemaert est désigné comme doyen de la guilde des selliers, dont les artistes faisaient alors partie. Il devient citoyen de la ville quelque temps plus tard[4]. En 1599, sa femme meurt sans progéniture et, l'année suivante, il épouse en secondes noces Gerarda De Roij, une union de laquelle naîtront cette fois huit enfants au moins.

En 1611, Bloemaert figure parmi les fondateurs de la guilde de Saint-Luc d’Utrecht, au sein de laquelle il exerce la fonction de doyen en 1618. Entre-temps, en 1612, en compagnie de Paulus Moreelse, il avait également fondé une académie de dessin, la « Tekenacademie ».

À cette époque, les affaires de Bloemaert sont florissantes puisqu'en 1617, il fait l'acquisition d'une grande maison au Mariakerkhof, qui constituait alors le centre de la communauté catholique à Utrecht. Malgré sa réputation et sa bonne situation, il ne prend jamais part à la vie politique de la ville, contrairement à Moreelse, qui était quant à lui protestant. La conviction religieuse catholique de Bloemaert lui permet toutefois d’obtenir différentes commandes venant des Pays-Bas méridionaux.

Il prit connaissances des nouveaux modèles artistiques venus d'Italie grâce aux exemples que ses élèves Hendrick ter Brugghen, Gerrit van Honthorst et Dirck van Baburen, ont ramené de leurs voyages. Ce groupe se rattachait à l'école du Caravage dont on peut voir les caractéristiques dans le tableau Les Disciples d'Emmaüs. Ce style était atypique dans les Provinces du Nord[5].

Bloemaert a de bons contact dans le monde intellectuel ; c'est ainsi que l'on trouve par exemple, appartenant à son cercle d’amis, Aernout van Buchel, un spécialiste des antiquités d’Utrecht. En 1626, l’atelier de Bloemaert est honoré de la visite d’Élisabeth Stuart, reine de Bohême en exil et, l’année suivante, c'est le peintre Rubens qui vient le rencontrer.

Abraham Bloemaert meurt le . Il est enterré dans la Catharijnekerk (cathédrale Sainte-Catherine) à Utrecht.

Bloemaert dut être un maître fort doué, car ses quatre fils, dont Cornelius et Frederik, deviennent d'excellents graveurs, et il en forme de nombreux d’autres. Du fait que beaucoup de ses élèves deviennent par la suite très connus, il est appelé le père de l’école d’Utrecht du XVIIe siècle.

Œuvre

On connaît de Bloemaert non seulement quelque deux cents peintures, mais également environ mille dessins et six cents gravures. Il peint surtout des paysages, des scènes mythologiques et bibliques, mais aussi des œuvres pastorales. Il emploie des couleurs chatoyantes, et ses personnages sont généreux et élégants.

Au départ, Bloemart peint ses pièces historiques dans un style extrêmement maniéré, apparenté à celui de Cornelis Van Haarlem et Joachim Wtewael. Ses paysages sont davantage greffés sur la tradition flamande. À partir de 1600 environ, il introduit un classicisme modéré dans son œuvre, comparable à celui de Hendrick Goltzius à Haarlem.

Par le truchement de ses élèves qui avaient voyagé en Italie, il découvre par la suite le clair-obscur du Caravage. Après une brève période caravagesque au début des années 1620, son style pictural finit par être de plus en plus lisse et uni, de sorte que l’on peut considérer que ses dernières peintures appartiennent au classicisme, bien qu’il ne sût jamais complètement réfréner son pinceau élégant.

Grâce aux gravures de ses fils, l’œuvre de Bloemart fut largement propagée, et ses dessins ont servi de support d’étude jusqu’au XIXe siècle.

Le Centraal Museum d'Utrecht possède la plus grande collections de ses peintures : il conserve pas moins d'une cinquantaine de tableaux de sa main.

Parmi ses œuvres les plus remarquables, on peut citer :

Notes et références

  1. A. Van der Willigen/ F.G. Meijer (2003)
  2. Selon Carel Van Mander, l'artiste est âgé de 37 ans le jour de Noël 1604. – Cités par le Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie (RKD).
  3. À Paris, il travaille avec Bassot et « Maître Henri » : Allgemeines Künstlerlexikon (1995).
  4. Rijksbureau voor Kunsthistorische Documentatie (RKD).
  5. Sabine van Sprang, Musée d’Art Ancien : Œuvres choisies, Musée Royaux des Beaux Arts de Belgique, Bruxelles, (ISBN 90-77013-04-0), p. 122-123.
  6. Wolfgang Prohaska, Le Kunsthistorisches Museum de Vienne : Peinture, C.H. Beck/Scala Books, (ISBN 3 406 47459 4), p. 84.
  7. Emile Meijer, Les Trésors du Rijksmuseum Amsterdam, Scala Books, (ISBN 2-86656-022-1), p. 68.
  8. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXe siècle, Musée du Louvre Editions, , 589 p. (ISBN 2-35031-032-9), p. 441 et 445.
  9. Henry-Claude Cousseau, Le Musée des Beaux Arts de Nantes, Fondation Paribas, , 125 p. (ISBN 2-907333-09-7, notice BnF no FRBNF35475626), p. 21-23.
  10. Rembrandt et son temps, catalogue d'exposition (Europalia 71), Bruxelles, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 1971, p. 23.

Annexes

Bibliographie

  • (nl) Cornelis de Bie, Het Gulden Cabinet, 1662, p. 45
  • Rembrandt et son temps, catalogue d'exposition (Europalia 71), Bruxelles, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, 1971, p. 23.
  • (de) Allgemeines Künstlerlexikon. Die Bildenden Künstler aller Zeiten und Völker, K.G. Saur, München-Leipzig, 1992. Vol. 11 (1995), p. 547 et suiv.
  • (en) Adriaan Van der Willigen et Fred G. Meijer, A Dictionary of Dutch and Flemish Still-life Painters Working in Oils, Primavera, Leiden, 2003 (ISBN 978-90-74310-85-7), p. 39.
  • (en) Sous la direction de Liesbeth Helmus et Gero Seelig, The Bloemaert Effetc. Colour and Composition in the Golden Age, Michael Imhof Verlag, 2011. (ISBN 978-38-65687-31-9)
  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
  • (en) Marcel G. Roethlisberger, « Abraham Bloemaert's Series of the Penitents », Print Quarterly, vol. XIX, no 1

Articles connexes

Liens externes

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