Étienne Carjat

Étienne Carjat, né à Fareins (Ain) le et mort à Paris (10e arrondissement) le , est un photographe, journaliste, caricaturiste et poète français.

Affiche annonçant l'ouverture du studio Carjat de la rue Laffitte en 1861. Dessinateur Louis Émile Benassit.

Biographie

Dans Rimbaud le fils, Pierre Michon indique qu'Étienne Carjat provient d'une famille modeste, que sa mère avait une loge de concierge au fond d'une cour, qu'il s'est marié et a eu une fille, qu'il est peintre, poète et homme de théâtre, et qu'il est l'ami de Baudelaire. Selon les pièces administratives, il est le fils de Claude Carjat, cocher, et de Marie Rousset, concierge à Lyon. Ils viennent ensuite à Paris où ils sont concierges[1]

En 1841, âgé de 13 ans, il découvre le dessin grâce à monsieur Cartier, fabricant de soieries chez qui il est placé comme apprenti sous les ordres du dessinateur, monsieur Henry ; il y reste 3 ans. En 1858, il apprend le métier de la photographie auprès de Pierre Petit. En 1861, il s'installe dans son propre atelier au numéro 56 de la rue Laffitte à Paris ; les bureaux du journal Le Boulevard, qu'il fonde et qu'administre son ami Alphonse de Launay, sont dans le même local ; Charles Baudelaire participe à cet hebdomadaire et Carjat y publie des caricatures qu'il revend aussi à d'autres titres. Il réalise un important travail de caricaturiste, publié notamment dans le journal Diogène dont il est le cofondateur. En photographie, il réalise de nombreux portraits de personnalités, et ses clichés se distinguent par l'absence récurrente d'éléments de décors. Avec Nadar, il est le principal photographe des personnages en vue des arts, de la politique et du spectacle entre 1860 et 1890.

En 1865, il revend son atelier à Légé et Bergeron. De 1866 à 1869, il s'installe au numéro 62 de la rue Pigalle, puis au 10 rue Notre-Dame-de-Lorette. Proche de Courbet[2], en 1871, il apporte son soutien à la Commune de Paris et publie des poèmes politiques dans le journal La Commune[3]. Il publie également un livre, Artiste et citoyen, en 1883.

L'un de ses clichés les plus connus est un portrait d'Arthur Rimbaud, réalisé en . Paul Verlaine, Rimbaud et Carjat font en effet partie des Vilains Bonshommes, un groupe créé en 1869, qui rassemble des poètes et des artistes comme André Gill, Théodore de Banville, Henri Fantin-Latour, etc. En , une querelle éclate au cours d'un dîner organisé par ce groupe, et Rimbaud blesse Étienne Carjat à l'aide de la canne-épée d'Albert Mérat. En réaction, Étienne Carjat efface les négatifs sur verre correspondant aux portraits qu'il a pris de Rimbaud, dont il ne reste aujourd'hui que huit épreuves d'époque.

Il meurt le dans la Maison Dubois dans le 10e arrondissement de Paris[4]. Il est enterré au cimetière parisien à Saint-Ouen-sur-Seine. Il laisse une importante collection de caricatures, et de photographies, dont les clichés de Rimbaud sont réputés : « En 1998, une photo-carte de visite de Rimbaud de 1871 a été vendue 191 000 francs. Le , un autre portrait d'Arthur Rimbaud également de 1871 fut adjugé pour la somme de 69 000 euros[5], attribuée sans certitude absolue à Carjat[6]. » Il s'agit ici d'un autre cliché, moins connu que la fameuse photo et dont l'original se trouve au Musée-Bibliothèque de Charleville, montrant un Rimbaud à l'allure plus jeune.

La trace de la plus grande partie de son œuvre photographique a été perdue en 1923, après qu'elle a été vendue à un certain M. Roth[7].

Un poème de Sully Prudhomme intitulé Le gué est dédié à Étienne Carjat[8].

Publications

  • Croquis biographiques (1858)

Poésie

  • Les Mouches vertes, satire (1868)[9]
  • Peuple, prends garde à toi ! Satire électorale (1875)[10]
  • Artiste et citoyen, poésies, précédées d'une lettre de Victor Hugo (1883)[11]

Dessins et photographies

Notes et références

Affiche dessinée par Carjat pour la nouvelle adresse de son atelier (1867/68).
  1. Marc Durand, De l'image fixe à l'image animée 1820-1910. Archives nationales, 2015, tome 2. (ISBN 978-2-86000-368-1) - Sur les registres lyonnais le nom est orthographié Carja.
  2. Elizabeth Fallaize, Etienne Carjat and « Le Boulevard » (1861-1863), Slatkine, p. 36 .
  3. Bertrand Tillier, La Commune de Paris, révolution sans images ?, Seyssel, Champ Vallon, 2004, p. 82 .
  4. Archives de Paris acte de décès no 1084 dressé le 09/03/1906, vue 7 / 31
  5. 81 000 euros, frais inclus.
  6. Jean-Marc Pau, Étienne Carjat.
  7. (en) Encyclopedia of Nineteenth-Century Photography, Routledge, 272-274 p. (ISBN 9781135873264, lire en ligne).
  8. Stances et Poèmes, Paris, Alphonse Lemerre, s.d.   (Wikisource)
  9. Voir https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5846174j.
  10. Voir https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57447310.
  11. Voir https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2056133.
  12. Xavier de Massary, Camille Moreau une femme peintre et céramiste au XIXe siècle, dans Société historique et archéologique de Château-Thierry, photo publiée p. 149.

Annexes

Bibliographie

Liens externes

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