Histoire des Juifs au Soudan

Installation et activités économiques

Dans les années 1880 un noyau de huit familles égyptienne s’installa au Soudan, se consacrant au commerce de la gomme arabique[1]. Très vite la communauté prospéra et rejoignit l’élite économique du pays en compagnie des Italiens, des Grecs et des Britanniques[1]. La construction du chemin de fer Égypte-Soudan dynamisa les échanges et peu à peu la communauté élargit ses activités et devint active dans le commerce du cuivre, de l’ivoire et des plumes d’autruche. En 1925 le commerce de la gomme arabique fut supplanté par celui du coton. Centrée sur ces activités commerciales elle ne comptait aucun pauvre[1].

Démographie et éducation

À son apogée, la communauté compta 1000 membres, la grande majorité était sépharade, 10 % seulement étant d’origine ashkénaze[1] mais contrairement à l’usage égyptien les deux composantes de la communauté fusionnèrent peu à peu par le truchement des mariages mixtes[1]. Les Juifs étaient regroupés à Khartoum la capitale et à Omdurman à proximité immédiate. Il n’exista jamais de quartier spécifiquement juif mais durant l’épisode du soulèvement mahdiste de 1881 à 1885 les juifs comme tous les non musulmans furent concentrés dans un quartier spécifique à Omdurman[1].

Les enfants juifs étaient scolarisés dans les écoles de la mission catholique canadienne où l’enseignement s’effectuait en anglais et certains d’entre eux étaient envoyés en internat en Égypte ou en Angleterre. Contrairement aux juifs d’Égypte tous les juifs du Soudan connaissaient et pratiquaient l’arabe avec la population autochtone, ils connaissaient aussi l’anglais, langue du commerce et de l’administration et parlaient en privé aussi bien l’arabe que l’anglais ou le français selon leurs origines[1].

Départ

La fondation de l’État d’Israël en 1948 n’eut dans un premier temps pas de conséquences sur le sort de cette communauté, le pays étant encore une colonie britannique, mais l’accession du pays à l’indépendance en 1956 provoqua un changement d’attitude à leur égard[1]. Les répercussions de la campagne de Suez de 1956 et de l’hostilité croissante de l’Égypte à l’égard de ses juifs se firent sentir dans le pays provoquant une campagne de presse antisémite. Par ailleurs les nationalisations opérées à partir de 1960 nuisirent à leurs activités économiques. La prise de pouvoir par le général Nemeiry en 1969 conduisit toute la population juive à quitter le pays[1]. Les 6 derniers Juifs quittent le pays en 1985.

Notes et références

  1. Angèle Toledano Buslik, Le monde sépharade (Tome I), Éditions du Seuil, Paris, 2006, pp. 631-641.
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