Guillaume IV (roi du Royaume-Uni)

Guillaume IV (William IV en anglais), né William Henry le au palais de Buckingham (Londres) et mort le au château de Windsor (Berkshire), comte de Munster et duc de Clarence et de St-Andrews en 1789, est roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande et de Hanovre du jusqu'à sa mort.

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Guillaume IV

Portrait du roi Guillaume IV en habits de couronnement par David Wilkie, 1832.
Titre
Roi du Royaume-Uni et de Hanovre

(6 ans, 11 mois et 25 jours)
Couronnement
en l'abbaye de Westminster
Premier ministre Lord Wellington
Lord Grey
Lord Melbourne
Robert Peel
Prédécesseur George IV
Successeur Victoria (Royaume-Uni)
Ernest-Auguste Ier (Hanovre)
Héritier présomptif du trône
du Royaume-Uni

(3 ans, 5 mois et 21 jours)
Monarque George IV
Prédécesseur Frédéric, duc d'York
Successeur Victoria de Kent
Biographie
Dynastie Maison de Hanovre
Nom de naissance William Henry
Date de naissance
Lieu de naissance Palais de Buckingham, Londres
(Grande-Bretagne)
Date de décès (à 71 ans)
Lieu de décès Château de Windsor, Berkshire (Royaume-Uni)
Nature du décès insuffisance cardiaque
Sépulture Chapelle Saint-Georges
Père George III
Mère Charlotte de Mecklembourg-Strelitz
Fratrie George IV
Édouard-Auguste de Kent
Ernest-Auguste Ier
Conjoint Adélaïde de Saxe-Meiningen
Enfants Charlotte de Hanovre
Élisabeth de Hanovre
Religion Anglicanisme
Résidence Château de Windsor
Palais de Buckingham


Monarques du Royaume-Uni

Ayant servi dans la Royal Navy dans sa jeunesse, son peuple lui donna le surnom de Sailor King roi marin »). Bien que stationné en Amérique du Nord et dans la Caraïbe, il ne prit pas part aux combats. Ses deux frères aînés étant morts sans héritiers, il accéda au trône à l'âge de 64 ans. Son règne fut marqué par de nombreuses réformes politiques et sociales : les Poor Laws furent actualisées, le travail des enfants fut encadré, l'esclavage fut aboli dans presque tout l'Empire britannique et le Reform Act 1832 réforma le système électoral britannique. Si Guillaume IV s'impliqua moins dans la politique que son frère ou son père, il fut le dernier monarque à nommer un Premier ministre contre la volonté du Parlement. À travers son frère, vice-roi du Hanovre, il offrit à ce royaume une constitution libérale, mais qui ne dura guère.

À sa mort, il n'a aucun enfant survivant avec son épouse, Adélaïde de Saxe-Meiningen ; néanmoins, l'actrice Dorothea Jordan, avec qui il avait été en relation pendant vingt ans, lui avait donné dix enfants illégitimes dont huit étaient en vie en 1837. Au Royaume-Uni, sa nièce Victoria lui succéde, tandis que son frère Ernest-Auguste hérite du trône hanovrien au nom de loi salique excluant les femmes de la succession de Hanovre.

Jeunesse

Naissance et famille

Le prince Guillaume (à droite) avec son jeune frère Édouard en 1778.

Guillaume est né le au palais de Buckingham ; il était le troisième fils du roi George III et de la reine Charlotte[1]. Il avait deux frères aînés, George et Frederick, et il n'était donc pas destiné à monter sur le trône. Il fut baptisé dans la Grande Chambre du Conseil du palais St. James le . Ses parrains étaient ses oncles paternels, le duc de Gloucester et le prince Henri (plus tard duc de Cumberland) et sa tante paternelle, la princesse Augusta alors duchesse de Brunswick-Wolfenbüttel[2].

Enfance et éducation

Il passa la plus grande partie de sa jeunesse à Richmond à Londres et au palais de Kew où il fut éduqué par des tuteurs privés[3]. À l'âge de treize ans, il entra dans la Royal Navy en tant que cadet[4] et il participa à la bataille du cap Saint-Vincent en 1780[5]. Son service dans la marine ne semble pas avoir été très différent de celui des autres cadets même si un tuteur l'accompagnait à bord[6] et il fut d'ailleurs arrêté avec d'autres marins après une rixe à Gibraltar (il fut rapidement libéré après la connaissance de son identité[7]). Il servit à New York durant la guerre d'indépendance des États-Unis. Alors qu'il était en Amérique, George Washington approuva un plan pour le capturer, il écrivit « L'esprit audacieux présent dans votre projet de s'introduire dans leur logement et d'enlever le Prince Guillaume Henri et l'amiral Digby mérite des éloges ; et vous avez mon autorisation de le réaliser à toute manière et à chaque moment qui vous y semble apte[8],[9] » Le plan ne fut pas appliqué car les Britanniques prirent connaissance du complot et assignèrent des gardes à la protection du prince qui circulait alors sans escorte dans New York[10].

Premiers voyages dans la marine

Guillaume devint lieutenant en 1785 et capitaine de la frégate HMS Pegasus l'année suivante[11]. À la fin de l'année 1786, il fut stationné dans les Indes occidentales sous le commandement d'Horatio Nelson qui écrivit de Guillaume, « dans son service, il est, j'en suis sûr, supérieur aux deux tiers des officiers ; et dans son attention aux ordres et dans son respect vis-à-vis de son officier supérieur, je ne lui connais aucun égal[12] ». Les deux hommes étaient de grands amis et ils déjeunaient ensemble presque tous les soirs. Il reçut le commandement de la frégate HMS Andromeda en 1788 et fut promu au rang d'amiral responsable du HMS Valiant l'année suivante[13]. Du fait de son service dans la marine, il fut surnommé Sailor King le Roi Marin ») pendant son règne[14],[15].

Entrée à la Chambre de lords

Guillaume chercha à devenir duc comme ses frères aînés et il reçut un titre parlementaire similaire mais son père était réticent. Pour faire pression sur lui, Guillaume menaça de briguer le siège de Totnes à la Chambre des communes. Inquiet de la perspective de voir son fils mettre ses demandes sous les yeux de l'électorat, George III l'éleva aux rangs de duc de Clarence et de comte de Munster le et il entra donc à la Chambre des lords[16] ; il aurait déclaré « je sais bien que c'est un autre vote ajouté à l'opposition[17] ». Bien qu'étant publiquement allié avec les whigs et ses frères aînés (dont les conflits avec leur père étaient bien connus), le prince de Galles et le duc d'York, les positions de Guillaume étaient ambivalentes, comme celles de nombreux politiciens de l'époque et il n'était donc pas attaché de manière certaine à un unique parti[18].

Entrée en politique

Fin de service dans la Navy

Après son élévation à la pairie du Royaume-Uni, Guillaume cessa son service actif dans la Royal Navy en 1790[19]. Lorsque le Royaume-Uni déclara la guerre à la France en 1793, Guillaume voulut servir son pays mais il ne reçut pas le commandement d'un navire, peut-être parce qu'il s'était cassé le bras après une chute alors qu'il était en état d'ivresse mais également parce qu'il fit un discours à la Chambre des lords s'opposant à la guerre[20]. L'année suivante, il se prononça pour celle-ci et espérait recevoir un commandement après son changement d'opinion. L'Amirauté ne prit même pas la peine de lui répondre[21]. Il ne perdit pas espoir d'obtenir un poste actif mais sa nomination au grade d'amiral en 1798 fut purement symbolique[22]. Malgré ses nombreuses demandes, il ne reçut aucun commandement durant les guerres napoléoniennes[23]. En 1811, il fut nommé au grade honoraire d'amiral de la flotte. En 1813, il rendit visite aux soldats britanniques déployés aux Pays-Bas. Alors qu'il observait le bombardement d'Anvers depuis le clocher d'une église, il fut pris pour cible et une balle traversa son manteau[24].

Actions et discours politiques

Au lieu de servir en mer, il resta à la Chambre des lords où il se prononça contre l'abolition de l'esclavage ; ce dernier était illégal au Royaume-Uni mais existait encore dans les colonies britanniques. Il avança que la liberté n'apporterait pas grand-chose aux esclaves et à ses yeux, les conditions de vie des habitants des Highlands écossais étaient plus dures que celles des esclaves des Indes occidentales[25]. Le fait qu'il se soit rendu dans les Caraïbes donna du sérieux à sa position qui était perçue comme juste et bien argumentée par certains de ses contemporains[26]. D'autres considéraient qu'il était « choquant qu'un si jeune homme, sans conflit d'intérêt, soit si sincère dans la poursuite du commerce esclavagiste[27] ». Dans un discours à la Chambre des lords, le duc insulta les abolitionnistes en déclarant que « les partisans de l'abolition sont soit des fanatiques, soit des hypocrites, et parmi eux je classe Monsieur Wilberforce[28] ». Il était néanmoins plus libéral sur d'autres sujets et il était un partisan de la liberté de religion pour les chrétiens dissidents[29] et en faveur de l'abolition d'une loi qui interdisait aux adultères la possibilité d'un remariage[30].

Aventures et mariage

Relation avec Dorothea Jordan

Mme Jordan dans le personnage d'Hypolita, gravure de John Jones de Londres en 1791 d'après une peinture de John Hoppner.

À partir de 1791, le duc de Clarence cohabita durant vingt ans avec une actrice irlandaise, Dorothea Jordan, mieux connue sous son nom de scène de Mme Jordan[19] qu'elle aurait adopté au début de sa carrière pour expliquer une grossesse inconvenante[31]. Guillaume atteignit sa majorité après l'entrée en vigueur du Royal Marriages Act de 1772 qui interdisait aux descendants du roi George II de se marier avant leur 25e anniversaire sans le consentement du monarque. Plusieurs fils de George III, y compris Guillaume, choisirent de cohabiter avec la femme qu'ils aimaient plutôt que de chercher une épouse convenable. Après tout, les plus jeunes fils, dont Guillaume, n'étaient pas destinés à monter sur le trône car la succession semblait assurée après le mariage du prince héritier et la naissance de sa fille, la princesse Charlotte.

Si Guillaume avait eu des aventures alors qu'il était plus jeune, il semblait apprécier la vie de famille avec Mme Jordan. Le duc fit remarquer à un ami qu'elle était « une créature excellente, très bourgeoise et se préoccupant de ses enfants. Naturellement, elle peut être déraisonnable et elle est parfois d'un tempérament difficile, mais on trouve ces imperfections dans presque chaque famille ». Le couple avait une vie tranquille mais il appréciait les divertissements comme Mme Jordan l'écrivit à la fin de l'année 1809, « nous aurons une maison joyeuse et remplie pour ce Noël car c'est ce que le duc adore[32] ». Le roi, assez prude, acceptait la relation de Guillaume avec l'actrice (même s'il recommandait que sa rente soit divisée par deux[33]) et en 1797, il créa le William Ranger de Bushy Park, qui incluait une grande résidence, Bushy House, pour la famille de Guillaume[34]. Guillaume l'utilisa comme résidence principale jusqu'à son accession au trône[35]. Sa résidence londonienne de Clarence House fut construite selon des plans réalisés par John Nash entre 1825 et 1827[36].

Le couple eut dix enfants illégitimes, cinq fils et cinq filles, qui reçurent le surnom de « FitzClarence »[37],[38],[39] . Leur relation dura vingt ans avant de se terminer en 1811. Mme Jordan n'avait aucun doute concernant la raison de cette rupture, « L'argent, l'argent, mon bon ami, a, j'en suis sûre, fait de LUI le plus misérable des hommes » et elle ajouta « avec toutes ses excellentes qualités, ses vertus intérieures, son amour pour ses charmants enfants, que ne doit-il pas souffrir en ce moment[40] ». Mme Jordan reçut une indemnité de 4 400 £ (environ 261 000 livres de 2011[41]) par an et la garde de ses enfants à condition qu'elle ne remonte pas sur scène. Lorsqu'elle reprit sa carrière pour payer les dettes accumulées par son beau-fils (le mari de l'une de ses filles issues d'une relation précédente), le duc reprit la garde des filles et arrêta de payer la pension de 1 500 £ (environ 89 000 £ de 2011[41]). Sa carrière stagna et elle s'enfuit en France pour échapper à ses créanciers. Elle mourut près de Paris en 1816 dans la pauvreté[42].

Portrait d'Adélaïde de Saxe-Meiningen réalisé par William Beechey, vers 1831.

Guillaume avait eu un autre fils illégitime, Guillaume, avant de rencontrer Mme Jordan et dont la mère est inconnue ; ce dernier se noya près de Madagascar lors du naufrage du HMS Blenheim en 1807[43]. Caroline von Linsingen, dont le père était général dans l'infanterie du Hanovre, avança qu'elle avait eu un fils, Heinrich, avec Guillaume vers 1790 mais Guillaume ne se trouvait pas au Hanovre à ce moment et l'histoire est considérée comme peu plausible[44].

Mariage Adélaïde de Saxe-Meiningen

Très endetté, le duc essaya d'épouser une riche héritière mais ses tentatives échouèrent[45]. Cependant, lorsque la nièce du duc, la princesse Charlotte, la seconde dans l'ordre de succession au trône, mourut en couches en 1817, le roi avait douze enfants mais aucun petit-fils légitime. La course fut donc lancée entre les ducs royaux pour se marier et fournir un héritier. Guillaume était avantagé car ses deux frères aînés n'avaient pas d'enfants et étaient séparés de leurs épouses (qui étaient probablement trop âgées pour avoir un enfant) et Guillaume était en meilleure santé[46]. S'il vivait suffisamment longtemps, il deviendrait certainement roi et aurait l'opportunité d'être le père du monarque suivant. Cependant, les premiers choix de mariage de Guillaume furent refusés par son frère aîné le prince-régent, ou les élues refusèrent de l'épouser. Son jeune frère, Adolphe de Cambridge fut envoyé en Allemagne pour chercher d'éventuelles princesses protestantes ; il proposa la princesse Augusta de Hesse-Cassel, mais son père, Frédéric de Hesse-Cassel, refusa l'union[47]. Deux mois plus tard, le duc de Cambridge se maria avec elle. Finalement, une princesse accepta avec enthousiasme le mariage et la garde des neuf descendants survivants de Guillaume dont plusieurs étaient encore enfants[48]. Guillaume épousa la princesse Adélaïde de Saxe-Meiningen, la fille de Georges Ier de Saxe-Meiningen le [49]. À vingt-cinq ans, Adélaïde était deux fois plus jeune que Guillaume.

Le mariage, qui dura près de vingt ans jusqu'à la mort de Guillaume, fut heureux. La nouvelle duchesse prit en charge Guillaume et ses finances. Durant leur première année de mariage, le couple vécut en Allemagne et les dettes de Guillaume allaient être payées, car le Parlement avait voté un accroissement de son indemnité ; il l'accepta à contrecœur après que ses demandes pour une augmentation plus importante eurent été refusées[50]. On ne connaît pas de maîtresses à Guillaume[13],[51],[52]. Le couple eut deux filles qui vécurent moins d'un an et Adélaïde fit trois fausses couches[53].

Lord-grand-amiral

Héritier présomptif du trône

Portrait de Guillaume, alors lord-grand-amiral, réalisé par William James Ward d'après une peinture d'Abraham Wivell publiée pour la première fois en 1827.

Le frère aîné de Guillaume, le prince de Galles, était devenu prince-régent en 1811 à la suite de la maladie mentale de son père, George III. En 1820, le roi mourut et le prince-régent monta sur le trône sous le nom de George IV. Guillaume était à présent le second dans l'ordre de succession derrière son frère, Frederick d'York. Changé par son mariage, Guillaume marchait durant des heures, mangeait frugalement et la seule boisson qu'il consommait en quantité était de l'« eau d'orge (en) » qu'il agrémentait de citron[54]. Ses deux frères aînés étaient en mauvaise santé et son accession au trône était considérée comme une simple question de temps[55]. À la mort du duc d'York en 1827, Guillaume, alors âgé de plus de soixante ans, devint l'héritier présomptif. Plus tard dans l'année, le nouveau Premier ministre George Canning nomma Guillaume au poste de lord-grand-amiral. À cette fonction, le duc fut souvent en conflit avec son conseil formé d'officiers de l'Amirauté. Le conflit s'acheva en 1828, quand Guillaume partit avec une escadre de navires pendant dix jours sans informer son conseil de leur destination. À son retour, le roi, par l'intermédiaire du Premier ministre Arthur Wellesley, l'obligea à quitter ses fonctions[51].

En dépit de ses désaccords avec le conseil, le duc se comporta très bien à ce poste. Il supervisa l'abolition de l'usage du chat à neuf queues en guise de punition sauf en cas de mutinerie, tenta d'améliorer les standards de l'artillerie navale et imposa des rapports réguliers sur l'état et la préparation de chaque navire. Il présida au lancement du premier navire de guerre à vapeur et demanda la construction d'autres navires de ce type[56]. La fonction lui permit d'apprendre de ses erreurs et de voir qu'il ne devait agir que sur les conseils de ses collaborateurs[51],[57].

Fin de sa sa carrière politique

Jusqu'au décès de son frère, Guillaume se préoccupa de sa carrière politique à la Chambre des lords. Il apporta son appui à une loi reconnaissant l'émancipation des catholiques en Grande-Bretagne et en Irlande contre l'avis de son frère cadet, le duc de Cumberland[58]. La santé de George IV se détériora gravement et au début de l'année 1830 sa mort semblait inévitable. Le roi convoqua Guillaume à la fin du mois de mai et lui déclara « Que la volonté de Dieu soit faite. Je n'ai nui à personne. C'est vous qui devez mener à bien la tâche désormais[59] ». L'affection véritable de Guillaume pour son frère aîné ne pouvait masquer son excitation à l'idée de devenir roi[58],[60].

Roi du Royaume-Uni

Avènement au trône

Guillaume IV en 1833, peinture de Martin Archer Shee.
Une demi-couronne à l'effigie de Guillaume IV, 1836. Description revers : écu du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’irlande, dans un manteau couronné.

À la mort de George IV le , le duc de Clarence monta sur le trône sous le nom de Guillaume IV ; à l'âge de soixante-quatre ans, il était la plus vieille personne à devenir roi[13]. À la différence de son extravagant frère, Guillaume était réservé et discret. Par rapport à George IV qui passa la plus grande partie de son règne au château de Windsor, Guillaume était connu, en particulier après son avènement, pour se promener sans escorte dans Londres et Brighton. Jusqu'à ce que la crise de la réforme n'érode son prestige, il était très apprécié de son peuple qui le considérait comme plus pragmatique et abordable que son prédécesseur[61].

Premières années de règne

Le roi se révéla immédiatement être un travailleur consciencieux. Le Premier ministre du roi, le duc de Wellington, avança qu'il avait plus avancé avec Guillaume IV en dix minutes qu'avec George IV en plusieurs jours[62]. Lord Brougham le décrivit comme un excellent homme d'affaires qui posait suffisamment de questions pour maîtriser le sujet, alors que George IV n'aimait pas poser des questions de crainte de révéler son ignorance et que George III posait trop de questions et n'attendait pas les réponses[63].

Le roi fit tout son possible pour se faire aimer de son peuple. Charlotte Williams-Wynn écrivit peu après son accession au trône : « jusqu'à présent le roi a été infatigable dans ses efforts pour se rendre populaire et il fait des choses aimables à chaque occasion[64] ». La chroniqueuse Emily Eden nota : « il est un progrès immense sur le dernier animal impitoyable, qui mourut en grognant dans son antre à Windsor. Cet homme au moins souhaite faire le bonheur de tous et tout ce qu'il a fait a été bienveillant[65] ».

Guillaume limogea les chefs cuisiniers français et l'orchestre allemand de son frère et les remplaça par des Britanniques avec l'approbation du public. Il offrit la plus grande partie de la collection de tableaux de George IV à des musées nationaux et il réduisit la taille des haras royaux. George IV avait entrepris une rénovation importante (et coûteuse) du palais de Buckingham ; son frère refusa d'y habiter et il tenta de s'en séparer à deux reprises, la première en le transformant en caserne et la seconde en l'offrant au Parlement après l'incendie du palais de Westminster en 1834[66]. Sa simplicité pouvait être surprenante : quand il se trouvait au Brighton Pavilion, le roi avait l'habitude de demander une liste de leurs clients aux hôtels et d'inviter toutes ses connaissances à dîner en insistant pour qu'ils ne se « soucient pas de leurs vêtements[67] ».

À son accession au trône, Guillaume n'oublia pas ses neuf enfants illégitimes : il éleva son fils aîné au titre de comte de Munster et accorda à ses autres enfants la préséance du jeune fils (ou fille) d'une marquise. Malgré cela, ses enfants l'importunaient souvent et la presse rapportait que l'« impudence et la rapacité des FitzJordans sont sans équivalents[68] ». Les relations entre Guillaume et ses fils « étaient ponctuées par une série de querelles sauvages et douloureuses, du moins pour le roi » sur des questions d'honneur et d'argent[69]. Ses filles se révélèrent néanmoins un atout pour la cour car « elles sont toutes jolies et pleines d'entrain et animent la haute-société d'une manière inaccessible aux véritables princesses[70] ».

Réforme électorale

Caricature politique soutenant le Reform Act ; Guillaume IV est assis au-dessus des nuages et entouré par les politiciens ; en contrebas, Britannia et le lion britannique poussent les tories à fuir.

À l'époque, le décès d'un monarque déclenchait automatiquement des élections législatives et dans celles de 1830, les tories de Wellington perdirent du terrain face aux whigs de Charles Grey. Les tories avaient remporté la majorité des suffrages mais ils étaient divisés, et Wellington fut battu à la Chambre des communes ; en novembre, Lord Grey forma un gouvernement et promit de réformer le système électoral qui avait peu évolué depuis le XVe siècle. Il voulait en particulier supprimer les excès politiques liés au système des bourgs pourris ; alors que des villes industrielles récentes comme Manchester et Birmingham n'élisaient aucun député, un bourg pourri comme Old Sarum en déléguait deux pour une population de seulement sept personnes. Ces bourgs pourris étaient généralement contrôlés par la haute-aristocratie, et les candidats étaient invariablement élus par les électeurs qui étaient souvent leurs propres fermiers, d'autant plus que le vote à bulletin secret n'était pas encore utilisé. Les propriétaires terriens qui contrôlaient les sièges pouvaient même les vendre aux plus offrants[71].

Lorsque la Chambre des communes rejeta la première loi de réforme en 1831, le gouvernement de Lord Grey pressa Guillaume de dissoudre le Parlement et d'organiser de nouvelles élections. Initialement, Guillaume hésita à exercer ses prérogatives sur la dissolution du Parlement car les dernières avaient eu lieu moins d'un an auparavant, et le pays était dans un tel état d'excitation que cela pourrait entraîner des violences. Il était néanmoins irrité par la conduite de l'opposition qui annonça son intention de présenter une résolution contre la dissolution à la Chambre des lords. Le , considérant cette résolution de l'opposition comme une atteinte à ses prérogatives et pressé par Lord Grey et ses ministres, Guillaume IV se prépara à aller en personne à la Chambre des lords et à suspendre le Parlement[72]. L'arrivée du monarque mettrait un terme aux débats et empêcherait le passage de la résolution[73]. Lorsqu'on lui dit que ses chevaux ne pouvaient pas être prêts aussi rapidement, Guillaume aurait dit « alors nous prendrons un fiacre[73]! ». L'ensemble fut rapidement assemblé et Guillaume se rendit immédiatement au Parlement. The Times décrivit la scène avant son arrivée : « il est absolument impossible de décrire la scène… Les discours et les gestes violents des nobles Lords… stupéfiaient les spectateurs et affectaient les dames visiblement inquiétées[74] ». Lord Londonderry brandit par exemple une cravache et menaça de massacrer les partisans du gouvernement avant d'être retenu par quatre de ses collègues. Guillaume IV mit rapidement une couronne, entra dans la Chambre et dissout le Parlement[75]. L'élection qui suivit à la Chambre des communes vit une large victoire des réformateurs mais si la Chambre des communes était clairement en faveur d'une réforme électorale, la Chambre des lords y restait férocement opposée[76].

La crise connut une brève pause à l'occasion du couronnement le . Au départ, le roi souhaitait se passer de l'ensemble de la cérémonie car il considérait que son port de la couronne lors de la suspension du Parlement avait répondu aux besoins[77]. Il fut finalement convaincu par les traditionalistes de réaliser la cérémonie mais il refusa de répéter le ruineux couronnement de son frère qui avait coûté 240 000 £ (19,8 millions de livres de 2011[41]) dont 16 000 £ (1,3 million de livres de 2011[41]) uniquement pour louer les joyaux. Sur les instructions de Guillaume, le Conseil Privé ne disposait que de 30 000 £ (2,5 millions de livres de 2011[41]) pour financer l'ensemble de la cérémonie[78]. Lorsque les traditionalistes menacèrent de boycotter ce qu'ils appelaient le « demi-couronnement[79] », le roi répondit qu'il prévoyait qu'il y aurait « plus de place et moins de chaleur[80] ».

Après le rejet de la seconde loi de réforme par la Chambre des lords en , quelques manifestations débouchèrent sur des affrontements violents, appelés les « Émeutes de la Réforme ». Face à l'excitation populaire, le gouvernement de Lord Grey refusa d'accepter sa défaite et représenta la loi. Contrecarré une fois de plus par la Chambre des lords, Grey suggéra que le roi crée de nouveaux pairs afin d'assurer l'adoption de la loi. Le roi rétorqua que même s'il avait le pouvoir de créer un nombre illimité de pairs, il en avait déjà créé vingt-deux lors de la cérémonie de couronnement[81]. Il accepta néanmoins de créer un nombre suffisant de pairs pour « sécuriser le succès de la loi[82] ». Cependant, le roi, citant les difficultés d'une expansion permanente de la pairie, dit à Lord Grey que les créations devraient être limitées autant que possible aux fils aînés et aux héritiers des pairs existants afin que les pairies créées soient finalement absorbées en tant que tires secondaires. Cette fois, les Lords ne rejetèrent pas la loi mais commencèrent à modifier ses principes fondamentaux avec des amendements. Lord Grey et ses ministres décidèrent de démissionner si le roi refusait de créer immédiatement un grand nombre de pairs pour faire adopter la loi dans son intégralité[83]. Le roi refusa et accepta les démissions. Il tenta de restaurer le duc de Wellington au poste de Premier ministre, mais ce dernier n'avait pas suffisamment de soutiens pour former un gouvernement et la popularité du roi s'effondra. Il était sifflé en public et de la boue était lancée sur son fiacre. Le roi accepta de renommer Lord Grey et ses ministres et de créer de nouveaux pairs si la Chambre des lords continuait de freiner la réforme. Devant le risque de la création de nouveaux pairs, la plupart des adversaires acceptèrent de s'abstenir lors du vote du Reform Act 1832 qui entra en vigueur le . La popularité de Guillaume remonta car le peuple considérait que ses actions avaient été guidées par son épouse et son frère[84].

Politique étrangère

Guillaume se méfiait des étrangers, en particulier des Français[85], ce qu'il reconnaissait comme étant des préjugés[86]. Il était également un fervent partisan de l'isolationnisme et il entra en conflit avec son ministre des Affaires étrangères, l'expansionniste Lord Palmerston[87]. Guillaume soutint la révolution belge de 1830 et après que des candidats français et hollandais inacceptables eurent été mis en avant, il favorisa le prince Léopold de Saxe-Cobourg et Gotha, le veuf de sa nièce, Charlotte, comme candidat pour le nouveau trône de Belgique[88].

En dépit de sa réputation d'indélicatesse et de bouffonnerie, Guillaume pouvait être fin et diplomate. Il anticipa que la construction potentielle d'un canal à Suez rendrait de bonnes relations avec l'Égypte vitales pour la Grande-Bretagne[89]. Plus tard dans son règne, il flatta l'ambassadeur américain durant un dîner en regrettant de ne « pas être né en Américain libre et indépendant, preuve de son respect pour la nation dont fut issu George Washington, le plus grand homme qui a jamais vécu[90] ». Il parvint à améliorer les relations anglo-américaines qui avaient été profondément endommagées durant le règne de son père[91].

Règne en Hanovre

Guillaume IV ne se rendit jamais au royaume de Hanovre. Son frère, le prince Adolphe de Cambridge, y jouait le rôle de vice-roi depuis le règne de George IV. L'opinion publique en Allemagne considérait que le Royaume-Uni dictait sa politique au Hanovre. En 1832, Klemens Wenzel von Metternich d'Autriche introduisit des lois qui restreignaient les mouvements libéraux en Allemagne. Le ministre des Affaires étrangères britannique Lord Palmerston s'opposait à cette politique et il demanda à Guillaume de pousser le gouvernement du Hanovre à adopter la même position. Le gouvernement hanovrien était cependant favorable à Metternich et Guillaume refusa d'intervenir. Le conflit entre Guillaume et Palmerston sur le Hanovre s'accrut l'année suivante lorsque Metternich appela à l'organisation d'une conférence des États allemands à Vienne ; Lord Palmerston voulait que le Hanovre décline l'invitation mais le vice-roi, soutenu par Guillaume, accepta[92].

En 1833, Guillaume signa une nouvelle constitution pour le Hanovre qui renforçait la classe moyenne, accordait une influence limitée aux classes inférieures et élargissait le rôle du parlement. La constitution fut révoquée après la mort de Guillaume par le nouveau roi du Hanovre, son frère, Ernest-Auguste Ier.

Réformes politiques

Portrait de Guillaume IV réalisé par David Wilkie en 1837.

Après le passage de cette réforme, Guillaume IV n'intervint plus qu'une seule fois en politique, en 1834 lorsqu'il devint le dernier monarque britannique à choisir un Premier ministre contre la volonté du Parlement. En 1834, le gouvernement devait faire face à une impopularité grandissante et Lord Grey démissionna ; le secrétaire d'État à l'Intérieur, Lord Melbourne, le remplaça. Ce dernier conserva l'essentiel de l'équipe gouvernementale et son gouvernement reçut le large soutien de la Chambre des communes. Le roi détestait certains membres du cabinet du fait de leurs politiques socialistes. L'année précédente, Grey avait déjà présenté une loi réformant l'Église d'Irlande protestante. L'Église collectait la dîme dans toute l'Irlande, possédait plusieurs évêchés et était riche, mais moins d'un huitième de la population irlandaise appartenait à cette Église. Dans certaines paroisses, il n'y avait aucun membre de l'église, mais il y avait un prêtre payé par la dîme collectée auprès des catholiques et des presbytériens locaux ; cela entraînait des accusations selon lesquelles des prêtres oisifs vivaient dans le luxe aux dépens des Irlandais dans la pauvreté. La loi de Grey réduisit le nombre d'évêchés de moitié, abolit certaines sinécures et restructura le système de dîme. D'autres mesures pour récupérer les revenus de l'Église d'Irlande furent présentées par les plus radicaux du gouvernement dont John Russell[93]. Le roi n'avait que du mépris pour Russell et le qualifiait de « dangereux petit radical[94] ».

En , le leader de la Chambre des communes et chancelier de l'Échiquier, John Charles Spencer, hérita d'une pairie et passa de la Chambre des Communes à la Chambre des lords. Lord Melbourne dut nommer un nouveau leader de la Chambre et un nouveau chancelier (qui par tradition doit être issu de la Chambre des Communes) mais le seul candidat que Lord Melbourne considérait comme convenable était John Russell et ce dernier était rejeté par Guillaume (et d'autres) du fait de ses politiques radicales. Guillaume avança que le gouvernement avait été irrémédiablement affaibli par le départ de Spencer, qui avait auparavant annoncé qu'il quitterait la politique s'il recevait une pairie[95], comme prétexte pour la démission complète du gouvernement. Sans Lord Melbourne, Guillaume choisit de confier le pouvoir à un tory, Robert Peel. Comme Peel se trouvait alors en Italie, le duc de Wellington fut nommé Premier ministre provisoire[96]. À son retour, Peel se vit dans l'impossibilité de gouverner du fait de la majorité whig à la Chambre des Communes. Par conséquent le Parlement fut dissous pour organiser des élections. Les tories remportèrent plus de sièges qu'en 1832 mais ils restaient en minorité. Peel resta en fonctions pour quelques mois mais il démissionna à la suite d'une série de défaites parlementaires. Lord Melbourne redevint Premier ministre et le resta jusqu'à la fin du règne de Guillaume, et le roi fut forcé d'accepter Russell au poste de leader de la Chambre des communes[97].

Dernières années

Le roi avait des relations mitigées avec Lord Melbourne. Le gouvernement de Melbourne présenta des mesures pour introduire une plus grande démocratie, comme une dévolution des pouvoirs au conseil législatif du Bas-Canada ; le roi s'en inquiéta car il craignait que cela n'entraîne la perte éventuelle de la colonie[98]. Initialement, le roi s'opposa vivement à ces propositions et il déclara au gouverneur général du Canada, Archibald Acheson : « faites attention à ce que vous faites au Canada… Attention, le Cabinet n'est pas mon Cabinet ; ils feraient bien de faire attention ou par Dieu, je les limogerai[99] ». Lorsque le fils de Guillaume, Augustus Fitzclarence, demanda à son père si le roi organiserait une réception lors de la course de chevaux d'Ascot, Guillaume répondit : « je ne peux pas organiser un dîner sans inviter les ministres et je préférerais voir le diable plutôt que l'un d'eux dans ma maison[100] ». Néanmoins, Guillaume approuva les recommandations de réforme du Cabinet[101]. Malgré ses désaccords avec Lord Melbourne, le roi félicita le Premier ministre pour son acquittement dans l'affaire d'adultère qui l'opposait à Caroline Norton ; il lui avait interdit de démissionner au début de l'affaire[102]. Les deux hommes finirent par trouver un modus vivendi et Guillaume réalisa que son Premier ministre était bien moins radical que ce qu'il avait craint[100].

Pièce à l'effigie de Guillaume IV, 1836. L'inscription indique GULIELMUS IIII D(EI) G(RATIA) BRITANNIAR(UM) REX F(IDEI) D(EFENSOR) (Guillaume IV par la Grâce de Dieu Roi des Britanniques, Défenseur de la Foi).

Le roi et la reine aimaient profondément leur nièce, la princesse Victoria de Kent. Leurs tentatives pour forger une relation proche avec la fille furent entravées par les tensions entre le roi et sa mère, la duchesse de Kent. Le roi, irrité par ce qui ressemblait à un manque de respect de la duchesse pour son épouse, saisit l'opportunité dans ce qui se révéla son dernier banquet d'anniversaire, en , de régler la discorde. S'adressant à l'assemblée, dont la duchesse et la princesse Victoria, Guillaume exprima son espoir de vivre jusqu'à la majorité de la princesse Victoria pour que la duchesse de Kent ne soit jamais régente. Il déclara « Je fais confiance à Dieu pour que ma vie soit épargnée pour neuf mois de plus… Je pourrais alors avoir la satisfaction de laisser l'exercice de l'autorité royale à l'autorité personnelle de cette jeune dame, héritière présomptive de la Couronne et non dans les mains d'une personne maintenant proche de moi entourée par des conseillers malfaisants et elle-même incompétente pour agir avec rectitude dans la situation dans laquelle elle serait placée[103] ». Le discours fut si violent que Victoria fondit en larmes, tandis que sa mère resta assise en silence et fut difficilement persuadée de ne pas partir immédiatement après le dîner. Cet élan de Guillaume contribua certainement à la vision tempérée de Victoria à son égard : « un vieil homme gentil mais excentrique et singulier[104] ». Bien que gravement malade, Guillaume vécut jusqu'au mois suivant la majorité de Victoria. Cette dernière écrivit alors qu'il mourrait : « Pauvre vieil homme, Je suis désolée pour lui, il était toujours gentil avec moi[105] ».

Guillaume fut « très touché et affecté » par la mort en couches de sa fille aînée, Sophia, en [106]. Guillaume et son fils aîné, George, n'étaient plus en bons termes à ce moment mais Guillaume espérait qu'une lettre de condoléances de George permettrait une réconciliation. Ses espoirs ne furent pas comblés et George qui considérait qu'il n'avait pas reçu suffisamment d'argent resta amer jusqu'à la fin[107].

Mort et succession

La reine Adélaïde resta en permanence auprès de Guillaume mourant et elle n'alla pas se coucher durant plus de dix jours[108]. Le , après une longue agonie, le roi Guillaume IV mourut d'une insuffisance cardiaque au château de Windsor, à l'âge de 71 ans. Comme il n'avait aucun enfant légitime, la Couronne du Royaume-Uni passa à la princesse Victoria de Kent, le seul enfant d'Édouard-Auguste de Kent, le quatrième fils de George III. Selon la loi salique, une femme ne pouvait pas gouverner le Hanovre et la couronne hanovrienne alla au cinquième fils de George III, Ernest-Auguste, duc de Cumberland. La mort de Guillaume mit donc fin à l'union personnelle du Royaume-Uni et du Hanovre qui existait depuis 1714. Les principaux bénéficiaires de son testament furent les huit enfants qu'il avait eu avec Mme Jordan[51]. Bien que Guillaume ne soit pas l'ancêtre direct des souverains ultérieurs du Royaume-Uni, il compte de nombreux descendants connus de par sa famille illégitime avec Mme Jordan, dont le Premier ministre David Cameron[109], l'auteur et homme d'État Duff Cooper[110] et le duc de Fife, qui épousa la petite-fille de la reine Victoria, Louise.

Le roi Guillaume IV fut inhumé en la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, le , auprès de ses prédécesseurs.

Héritage

Une statue de Guillaume IV à Göttingen en Allemagne.

Le règne de Guillaume IV fut court mais mouvementé. L'ascendance de la Chambre des communes et le déclin correspondant de la Chambre des lords fut marqué par la Crise de la Réforme au cours de laquelle la menace d'inonder la chambre haute avec de nouveaux pairs avait été utilisée efficacement pour la première fois par un gouvernement. L'affaiblissement de la Chambre des lords continua au cours du XIXe siècle et culmina au XXe avec le passage du Parliament Act de 1911. La menace de créer de nouveaux pairs fut également utilisée pour cette loi.

La réduction de l'influence de la Couronne fut clairement indiquée par les événements du règne de Guillaume, en particulier la démission du gouvernement de Lord Melbourne et la crise liée à cet événement indiqua également la réduction de l'influence royale auprès du peuple. Durant le règne de George III, le roi pouvait limoger un ministre, en nommer un autre, dissoudre le Parlement et s'attendre à ce que le peuple vote en faveur de la nouvelle administration. Cela s'était produit en 1784 après la démission de la coalition Fox-North et en 1807 après la démission de William Grenville. En revanche, dans l'élection qui suivit la démission de Lord Melbourne, Robert Peel et les tories ne parvinrent pas à remporter une majorité des suffrages. La capacité du roi à influencer l'opinion du peuple et donc la politique nationale avait été réduite. Aucun des successeurs de Guillaume ne tenta de remplacer un gouvernement ou en nommer un autre sans l'accord du Parlement. Guillaume comprit qu'en tant que monarque constitutionnel, il était incapable d'aller contre le Parlement. Il déclara : « J'ai ma vision des choses et je la présente à mes ministres. S'ils ne l'adoptent pas, je ne peux rien y changer. J'ai fait mon devoir[111] ».

D'importantes réformes furent votées par le Parlement durant son règne dont le Factory Act limitant le travail des enfants, l'Abolition Act émancipant les esclaves dans les colonies et la Poor Law réformant l'aide aux démunis[13]. Il s'attira les critiques des réformateurs qui considéraient que les réformes n'allaient pas assez loin et celles des réactionnaires qui considéraient qu'elles allaient trop loin. L'interprétation moderne est qu'il ne parvint pas à satisfaire un extrême ou l'autre car il cherchait un compromis entre ces factions profondément opposées et il se révéla plus compétent que ce que beaucoup avaient supposé[112],[113].

Guillaume IV a été joué à l'écran par :

Titres, honneurs et armoiries

Titres
  • -  : Son Altesse Royale le Prince Guillaume-Henri
  • -  : Son Altesse Royale le Duc de Clarence et de St Andrews
  • -  : Sa Majesté le Roi Guillaume

Le titre officiel de Guillaume en tant que roi était « Guillaume IV, par la Grâce de Dieu, du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, Défenseur de la Foi ». Il était le premier roi du Royaume-Uni à porter le nom de Guillaume même si trois autres monarques d'Angleterre et deux d'Écosse avaient porté ce nom. Son titre au Hanovre était « Guillaume IV, par la Grâce de Dieu, Roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, etc., et aussi Roi du Hanovre, Duc de Brunswick et de Lunebourg, etc. »

Honneurs
Armoiries

En tant que fils d'un souverain, Guillaume reçut le droit d'utiliser les armoiries royales (sans l'écu électoral du quart hanovrien) en 1781 différenciées par un lambel de trois points argent, le point central portant la croix de saint Georges et les deux autres une ancre azur[114]. En 1801, ses armoiries furent modifiées de même que celles des armoiries royales mais les différences restaient les mêmes.

Les armoiries utilisées par le roi étaient celles des deux royaumes, le Royaume-Uni et le Hanovre superposés : écartelé, 1 et 4, trois lions en pal or (qui est Angleterre), au 2, d'or, au lion de gueules, au double trescheur fleuronné et contre-fleuronné du même (qui est Écosse), au 3, d'azur, à la harpe d'or, cordée d'argent (qui est Irlande) sur le tout tiercé en pairle renversé (qui est Hanovre), 1, de gueules, à deux léopards d'or ; 2, d'or (pour le Brunswick), semé de cœurs de gueules, au lion d'azur (qui est Lunebourg), armé et lampassé du deuxième, brochant sur le tout ; 3, de gueules, au cheval cabré d'argent (qui est Westphalie), harnaché d'or et surmonté de la couronne de la couronne de Saint-Édouard ; brochant sur le tout, de gueules à la couronne de Charlemagne d'or[115].

Descendance

NomNaissanceMortNotes
D'une femme inconnue
William Henry CourtenayMort noyé au large de Madagascar à la suite du naufrage du HMS Blenheim.
Avec Dorothea Bland
George FitzClarenceÉpousa Mary Wyndham ; sept enfants. Se suicida à 48 ans.
Henry FitzClarenceMort célibataire à l'âge de 22 ans.
Sophia FitzClarenceÉpousa Philip Sidney ; quatre enfants.
Mary FitzClarenceÉpousa Charles Richard Fox ; sans enfants.
Lord Frederick FitzClarenceÉpousa Lady Augusta Boyle ; une fille.
Elizabeth FitzClarenceÉpousa William Hay ; quatre enfants.
Lord Adolphus FitzClarenceMort célibataire.
Augusta FitzClarenceMariée à deux reprises ; plusieurs enfants.
Augustus FitzClarenceÉpousa Sarah Gordon ; plusieurs enfants.
Amelia FitzClarenceÉpousa Lucius Cary ; un fils.
Avec Adélaïde de Saxe-Meiningen
Charlotte Augusta LouisaMorte juste après son baptême à Hanovre.
Mort-néMort-né à Dunkerque.
Elizabeth Georgiana AdelaideNée et morte au palais Saint James.
Mort-néMort-né à Bushy Park.
Mort-nés1824Deux jumeaux mort-nés à Bushy Park.

Ascendance

Notes et références

  1. Ziegler 1971, p. 12
  2. « Yvonne's Royalty Home Page: Royal Christenings »
  3. Ziegler 1971, p. 13-19
  4. Ziegler 1971, p. 23-31
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  6. Ziegler 1971, p. 29
  7. Ziegler 1971, p. 33
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  9. « Letter to Matthias Ogden,  », The Claremont Institute (consulté le )
  10. Allen 1960, p. 32 ; Ziegler 1971, p. 39
  11. Ziegler 1971, p. 54-57
  12. Ziegler 1971, p. 59
  13. Mike Ashley, The Mammoth Book of British Kings and Queens, Londres, Robinson, (ISBN 1-84119-096-9), p. 686-687
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  15. « Will of his late Majesty William IV », The Times, , p. 5
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  80. Lettre de Sir Herbert Taylor, le secrétaire du roi, à Lord Grey, , cité dans Ziegler 1971, p. 194.
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  97. Ziegler 1971, p. 261-267
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  99. Somerset 1980, p. 202
  100. Somerset 1980, p. 200
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  102. Somerset 1980, p. 204
  103. Somerset 1980, p. 209
  104. Allen 1960, p. 225
  105. Lettre de Victoria à Léopold, , cité dans Ziegler 1971, p. 290
  106. Herbert Taylor cité dans Ziegler 1971, p. 287
  107. Ziegler 1971, p. 287
  108. Ziegler 1971, p. 289
  109. Andrew Price, « Cameron's royal link makes him a true blue », The Times, UK, (lire en ligne, consulté le )
  110. Nick Barratt, « Family detective: Adam Hart-Davis », The Daily Telegraph, UK, (lire en ligne, consulté le )
  111. Mémoires de John Cam Hobhouse, cité dans Ziegler 1971, p. 276
  112. (en) Roger Fulford, William IV, vol. 23, Collier's Encyclopedia, , p. 493
  113. Ziegler 1971, p. 291-294
  114. « Marks of Cadency in the British Royal Family »
  115. John Harvey Pinches et Rosemary Pinches, The Royal Heraldry of England, Slough, Buckinghamshire, Hollen Street Press, (ISBN 0-900455-25-X), p. 232-233

Bibliographie

Liens externes

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