Gare de Paris-Bestiaux

La gare de Paris-Bestiaux parfois appelée gare de La Villette, est une ancienne gare ferroviaire désaffectée à Paris, en France. Située sur un embranchement de la ligne de Petite Ceinture, elle desservait le marché aux bestiaux des abattoirs de la Villette.

Paris-Bestiaux

La gare vers 1900
Localisation
Pays France
Commune Paris
Arrondissement 19e
Adresse Entre le boulevard Sérurier et le canal de l'Ourcq
Coordonnées géographiques 48° 53′ 26″ nord, 2° 23′ 40″ est
Caractéristiques
Ligne(s) Embranchement sur la ligne de Petite Ceinture
Voies 7
Quais 3
Historique
Fermeture 1977
Schéma de ligne
Géolocalisation sur la carte : Paris

Situation ferroviaire

L’embranchement de Paris-Bestiaux était rattaché à la ligne de la Petite Ceinture en deux points situés l’un au nord, l’autre au sud de la gare de Belleville-Villette. Les deux voies traversaient les rues de Crimée, du Dépotoir, du Pré-Saint-Gervais (actuelle rue Petit) au moyen de deux viaducs et d’un pont métallique. Elles traversaient ensuite les rues d’Hautpoul et d’Allemagne (avenue Jean-Jaurès) d'abord à niveau, puis en souterrain après 1934. Le raccordement menait également à la gare de Paris-Abattoirs, située plus au nord de l'autre, du côté du canal de l'Ourcq[1]. Il a été remplacé par l'allée Darius-Milhaud et l'allée Arthur-Honegger.

La gare de Paris-Bestiaux s’amorçait à l'ouest de l'avenue Jean-Jaurès et s’étendait le long du boulevard Sérurier, jusqu’au canal de l’Ourcq[2]. Jusqu’aux années 1930, elle était constituée de sept voies et trois quais[1] :

  • un quai de désinfection (no 1),
  • un quai de chargement (no 2),
  • un quai de déchargement dit « de Pantin » (no 3).

Histoire

La gare en 1867

Le 26 juillet 1864, la ville de Paris et le Syndicat du chemin de fer de Petite Ceinture signent une convention prévoyant la réalisation et l'exploitation d'un embranchement ferroviaire qui permettra de desservir les abattoirs de la Villette, alors en construction. Le projet est déclaré d’utilité publique par décret du 19 octobre 1864.

L’embranchement est livré à l’exploitation le 18 octobre 1867[1]. Mais les installations s'avèrent vite insuffisantes. Pour pallier sa saturation, la gare est ouverte la nuit à partir de l’automne 1898. Le service de nuit est suspendu pendant la Première Guerre mondiale[1].

Lancées dès 1908, les études d’un remaniement général n’aboutissent qu’en 1928. Du fait de la crise économique, le programme est revu à la baisse. Les travaux sont achevés en 1939[1]. Parallèlement, la part du trafic ferroviaire dans les arrivages de bétail baisse régulièrement : elle passe de 77,2 % en 1927 à 52,7 % en 1932[1].

Le 21 avril 1918, durant la première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose gare de la Villette[3].

Dans les années 1960, la gare fait l'objet d'un important programme de travaux, lié à la rénovation des abattoirs de la Villette. Mais bien qu'assez avancés, les travaux sont interrompus en 1970.

Les abattoirs ferment le 15 mars 1974. L'activité de Paris-Bestiaux est maintenue provisoirement pour le garage de trains.

La gare est désaffectée le 31 décembre 1977[1].

Après la fermeture de la gare et du raccordement, les terrains sont rétrocédés à la Ville de Paris en novembre 1983[4].

La Cité de la musique, ouverte en 1995, a été édifiée à son emplacement ainsi que la salle de la Philharmonie de Paris.

Les allées Arthur-Honegger et Darius-Milhaud sont aménagées à l'emplacement de l'ancien raccordement.

Trafic

Les expéditions et arrivages des animaux à la tête en gare de Paris-Bestiaux de 1871 à 1913 sont connues grâce aux rapports du syndicat disponibles au Centre des archives du monde du travail à Roubaix[5].

AnnéeExpéditionsArrivagesTotal
1871 29 967 528 025 557 992
1872 32 713 734 497 767 210
1873 44 137 745 886 790 023
1874 58 118 786 788 844 906
1875 74 808 955 591 1 030 399
1876 69 789 960 133 1 029 922
1877 69 545 887 876 957 421
1878 84 722 816 644 901 366
1879 109 739 972 650 1 082 389
1880 95 775 1 027 092 1 122 867
1881 98 902 1 041 428 1 140 330
1882 107 711 1 032 981 1 140 692
1883 122 185 1 124 378 1 246 563
1884 112 165 1 114 777 1 226 942
1885 104 581 1 127 831 1 232 412
1886 106 372 1 238 236 1 344 608
1887 94 609 1 439 500 1 534 109
1888 110 986 1 503 781 1 614 767
1889 101 861 1 576 671 1 678 532
1890 88 704 1 333 782 1 422 486
1891 106 343 1 333 303 1 439 646
1892 117 427 1 779 297 1 896 724
1893 139 174 2 122 491 2 261 665
1894 101 968 1 881 335 1 983 303
1895 104 418 1 825 105 1 929 523
1896 108 497 1 931 573 2 040 070
1897 134 647 1 934 496 2 069 143
1898 115 999 1 932 375 2 048 374
1899 101 611 1 943 671 2 045 282
1900 98 050 2 108 054 2 206 104
1901 114 899 2 002 707 2 117 606
1902 116 866 2 200 049 2 316 915
1903 110 021 1 899 168 2 009 189
1904 109 820 1 978 825 2 088 645
1905 107 990 2 029 672 2 137 662
1906 141 834 2 134 225 2 276 059
1907 110 826 1 981 104 2 091 930
1908 115 333 1 998 953 2 114 286
1909 125 771 2 099 310 2 225 081
1910 178 891 2 260 498 2 439 389
1911 128 644 2 174 616 2 303 260
1912 135 133 2 165 202 2 300 335
1913 151 549 1 973 994 2 125 543

Notes et références

  1. Élisabeth Philipp, « L’approvisionnement de Paris en viande et la logistique ferroviaire, le cas des abattoirs de La Villette, 1867-1974 », Revue d'histoire des chemins de fer, no 41, 2010, p. 113-141 [lire en ligne]
  2. Plan parcellaire municipal de Paris (fin XIXe), plan 74e quartier Pont de Flandre, 129e feuille, échelle 1/500, côtes PP/11890/C et PP/11890/D
  3. Excelsior du 9 janvier 1919 : Carte et liste officielles des obus lancés par le canon monstre et numérotés suivant leur ordre et leur date de chute
  4. Bruno Carrère, La saga de la Petite Ceinture, Paris, La Vie du Rail, , 176 p. (ISBN 978-2-37062-048-4), p. 136.
  5. Pierre-Alain Menant, La Petite Ceinture de Paris et la ligne d'Auteuil, Saint-Jean-des-Mauvrets, Editions du Petit Pavé, , 176 p. (ISBN 978-2-84712-542-9), p171-172

Voir aussi

Articles connexes

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