Edith Frank

Edith Holländer-Frank ( à Aix-la-Chapelle - à Auschwitz) est la mère d'Anne Frank et de Margot Frank, et l'épouse d'Otto Frank.

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Biographie

Edith Holländer a deux frères aînés, Julius (1894) et Walter (1897) et une sœur, Bettina (1898). La famille Holländer célèbre les fêtes juives et respecte les règles de la nourriture kasher. Les membres de la famille sont des membres reconnus de la communauté juive d’Aix-la-Chapelle en Allemagne. Son père, Abraham Hollander, a une entreprise de ferraille et différentes entreprises de transformation des métaux. Edith Holländer fréquente une école privée protestante, la Victoriaschule.[1],[2]

En 1914, la famille est frappée par un drame : peu après le début de la Première Guerre mondiale, Betti meurt d’une crise d’appendicite. Douze ans plus tard, Edith donnera à sa première fille le nom de sa sœur comme deuxième prénom. En 1916, Edith est reçue à son examen de fin d’études.Plus tard elle travaille dans l'entreprise de son père.[3] Quand elle n'est pas au travail, elle lit beaucoup et aime la natation et jouer au tennis avec ses amis.

En parlant de la vie de sa mère, Anne Frank écrit dans son journal : « Mère n’était pas riche à ce point, mais tout de même très aisée et c’est pourquoi nous pouvons écouter bouche bée les récits de fiançailles avec deux cent cinquante invités, de bals privés et de dîners. »

Mariage

En 1924 Edith Holländer rencontre Otto Frank (1889-1980), un homme d'affaire né à Francfort-sur-le-Main. Ils se marient le dans la synagogue de Aix-la-Chapelle le jour du 36e anniversaire d'Otto. Leur première fille, Margot Frank, est née à Francfort en Allemagne le , suivie par Anne Frank, née le . La famille habite une grande maison au numéro 307 du Marbachweg à Francfort. La famille vit dans une communauté mixte de citoyens juifs et non-juifs, et les enfants grandissent en côtoyant des amis de confession catholique, protestante et juive. Les Frank sont juifs réformistes, pratiquant beaucoup des traditions de la foi juive, sans observer l'ensemble des coutumes. Dans la famille, Edith est la plus dévouée à sa foi.[4]

Immigration de la famille Frank

L'arrivée des Nazis au pouvoir, la progression de l'antisémitisme et l'introduction des lois discriminatoires en Allemagne ont forcé la famille à émigrer dès 1933 à Amsterdam où Otto avait établi une branche de sa compagnie de distribution d'épices. Les frères d'Edith, Walter (1897-1968) et Julius (1894-1967) se réfugièrent aux États-Unis en 1938 et sa mère Rosa Holländer quitta Aix-la-Chapelle en 1939 pour rejoindre la famille Frank à Amsterdam. Elle reste avec eux jusqu'à sa mort en janvier 1942.[5]

La clandestinité pendant la Seconde Guerre mondiale

Le 10 mai 1940, le Troisième Reich nazi envahit les Pays-Bas. La reine, la famille royale et le gouvernement se réfugient en Grande-Bretagne d'où ils continuent le combat et la résistance. Dans les Pays-Bas, l'occupant commence à procéder à l'extermination des Juifs. Les enfants d'Edith Frank durent quitter leur école et son mari dut démissionner de son travail. Cependant, deux de ses collègues hollandais Johannes Kleiman et Victor Kugler, aidèrent la famille à se cacher en 1942.

Pendant deux ans, la famille Frank vécut dans la clandestinité de la fameuse annexe avec quatre autres personnes (leurs voisins Hermann van Pels, son épouse et son fils Peter et le dentiste Fritz Pfeffer). C'est à cette époque qu'Anne Frank tint son journal intime rendu célèbre sous le nom de Journal d'Anne Frank. Les relations d'Edith avec sa fille adolescente étaient tendues et Anne écrivit dans son journal qu'elles avaient peu de choses en commun car sa mère était trop distante. Edith prend souvent la défense de ses filles lorsqu’il y a des conflits. Ses idées sur l’éducation sont modernes et elle considère ses filles comme des amies. Anne n’est pas d’accord. « C’est bien beau tout cela, mais une amie ne peut remplacer une mère. J’ai besoin de voir en ma mère un exemple et de la respecter. Maman est pour moi un exemple dans beaucoup de domaines, mais c’est justement le mauvais exemple. » Anne estime qu’elle se fait disputer trop souvent. Selon elle, sa mère « n’a aucun tact, aucune finesse de sentiment, aucune compréhension maternelle. » (27 février 1944). Elle ne supporte pas que sa mère se montre si sarcastique et ne cesse de se moquer.

La déportation

Le , les habitants de l'annexe sont arrêtés et emmenés par la Gestapo.

Après avoir été transportés au quartier général de la Gestapo où ils furent interrogés et détenus toute la nuit, Edith et les siens, furent transférés à la Huis van Bewaring (maison de détention), une prison surpeuplée sur le Weteringschans le 5 août 1944. Deux jours plus tard les huit prisonniers juifs furent transportés au camp de transit de Westerbork. À l'époque plus de 100 000 Juifs y transitèrent. Ayant été arrêtés alors qu'ils se cachaient, ils étaient considérés comme criminels et furent donc envoyés aux baraquements de punition pour réaliser de lourds travaux.

Le 3 septembre 1944, la famille Frank fut déportée par le dernier convoi de Westerbork pour le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau en Pologne où ils arrivèrent dans la nuit du 5 au , après un voyage de trois jours. Lors de la sélection des déportés, Edith est séparée de son mari Otto mais échappe à la chambre à gaz avec ses filles, Margot et Anne. Bloeme Evers-Emden (en) parlait parfois avec Edith et ses filles, qu’elle connaissait du lycée juif d’Amsterdam. Après la guerre, elle déclare :

« Il m’est arrivé de leur parler. Elles étaient toujours ensemble, la mère et ses deux filles. Les irritations que l’on devine dans le Journal avaient complètement disparu par les circonstances. Il fallait survivre. Elles étaient toujours toutes les trois et elles se sont sûrement beaucoup soutenues mutuellement. »

Edith se lie également d’amitié avec Rosa de Winter-Levy. Rosa survivra au camp d’Auschwitz. Elle décrit en 1945 ses souvenirs du camp :

« Toujours la sélection. Edith, une bonne camarade, est là aussi avec ses deux filles de 15 et 18 ans. Nous nous consolons et devenons amies, nous nous préparons au pire… Edith et moi sommes toujours ensemble… »

Le , Edith Frank est séparée de ses filles, qui sont transférées au camp de Bergen-Belsen[6].

Dans ses mémoires, Rosa de Winter-Levy décrit l'état dans lequel Edith Frank se trouve à la fin du mois de novembre 1944 :

« Edith tombe malade, elle a beaucoup de fièvre. J’insiste pour qu’elle aille à l’hôpital ambulant, mais elle craint d’être gazée. Chaque semaine, le docteur Mengele se rend à l’infirmerie et en fait sortir les femmes qui d’après lui sont trop maigres pour rester en vie. Malgré tout j’y conduis Edith. Avec 41 degrés de fièvre, elle est immédiatement admise. »

Peu après, Rosa tombe malade elle aussi et va à l’infirmerie. Début janvier 1945, il fait alors 40 degrés au-dessous de 0, Rosa est toujours à l’infirmerie. « Un matin, de nouveaux malades arrivent. Je reconnais Edith, elle vient d’une autre baraque. Elle n’est plus qu’une ombre ».

Edith Frank meurt à Auschwitz-Birkenau le 6 janvier 1945[7] à l'âge de 44 ans.

Notes et références

  1. (en) « Edith Frank », sur Maison d' Anne Frank (consulté le )
  2. (en) « Edith Frank-Holländer », sur Anne Frank Fonds (consulté le )
  3. (en) « Edith Frank-Holländer », sur Anne Frank Fonds (consulté le )
  4. (en) « Edith Frank-Holländer », sur Anne Frank Fonds (consulté le )
  5. (en) « Edith Frank-Holländer », sur Anne Frank Fonds (consulté le )
  6. « Les derniers jours de Margot et d'Anne Frank », sur annefrank.org/fr/ (consulté le )
  7. « Le sort des femmes de l'Annexe », sur annefrank.org/fr/ (consulté le )
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