Corridor de Vasari

Le corridor de Vasari (en italien : Corridoio Vasariano) est le passage protégé et couvert qu'empruntaient les Médicis entre le palazzo Vecchio et le palais Pitti et qui traverse l'Arno, au-dessus du Ponte Vecchio, à Florence. Il est actuellement fermé au public.

Histoire

Les trois baies panoramiques aménagées dans le Corridor en 1939.
Passage au-dessus du Ponte Vecchio, vu d'une fenêtre.
Vue sur la loge de Santa Felicita, depuis le corridor.

La Renaissance

Le Corridor de Vasari fut construit en 1565 par l'architecte Giorgio Vasari. La construction, commanditée par Cosme Ier, duc de Florence et membre de la famille Médicis, dura seulement cinq mois. Le Corridoio, reliant le Palazzo Vecchio au Palais Pitti, permettait à la riche et puissante famille de Médicis de se prémunir de tentatives d'attentats en évitant de descendre dans la rue et ainsi pouvoir traverser sans escorte le fleuve de l'Arno par le Ponte Vecchio. Ils pouvaient admirer, à l'intérieur sur une longueur de 1 000 m, une galerie d'art qui comptait plus de 200 autoportraits, commencée par le collectionniste Léopold de Médicis[1]. L'inauguration eut lieu à l'occasion du mariage de François Ier de Médicis, fils de Cosme et de Jeanne d'Autriche. De ses nombreuses fenêtres, ils pouvaient, aussi, admirer les monuments, les rues et les collines avoisinantes.

La Seconde Guerre mondiale

Pour la visite d'Adolf Hitler, en 1939, à l'occasion d'un voyage des dirigeants allemands venus voir Benito Mussolini pour conclure l'alliance des nazis et des fascistes, trois fenêtres panoramiques furent ouvertes au centre du Corridor de Vasari. Contrairement à tous les autres ponts de Florence, le Ponte Vecchio échappa à la destruction en , lors de la retraite des troupes allemandes : sa largeur limitée ne pouvait en effet livrer passage aux chars alliés[2].

Ses abords furent néanmoins endommagés, comme la zone de la via Por Santa Maria, la via Guicciardini et du Borgo San Jacopo, qui ont été reconstruits dans les années 1950.

Le Corridor de Vasari, dans la période de la Libération, fut emprunté pour le passage entre les deux rives nord et sud de la ville, comme en témoigne l'épisode consacré à Florence dans le film Paisà de Roberto Rossellini, où les protagonistes passent incognito, venant d'une Galerie des Offices vandalisée, pleine de statues antiques emballées.

Les étapes à travers la ville et la traversée de l'Arno

Partant de la chambre verte de l'appartement d'Eléanore, près de la Salle des Cartes géographiques (Guardaroba), du Palazzo Vecchio, il parcourt la Galerie des Offices (Uffizi), rejoint le quai longeant l'Arno et le traverse en surmontant une des rangées des maisons construites sur le pont. Puis il contourne par un encorbellement la maison-tour toscane des Mannelli, qui s'opposèrent à la traversée de leur maison et passe, Piazza Santa Felicita, au-dessus du portique de l'église, permettant à Cosme d'assister à la messe sans être vu. Il rejoint enfin les jardins de Boboli au Palais Pitti.

Le parcours

La galerie des autoportraits

Ceux, entre autres, de Alessandro Allori, Domenico Beccafumi, Arnold Böcklin, Léon Bonnat, Marc Chagall, Jean-Baptiste Camille Corot, Pierre de Cortone, Maurice Denis, Henri Fantin-Latour, Johannes Gump, Ingres, Charles Le Brun, Pál Szinyei Merse, Pierre Puvis de Chavannes, Rembrandt, Rubens, Diego Velasquez, Vittorio Matteo Corcos, Élisabeth Chaplin...

Galeries similaires dans l'Histoire

Autres galeries reliant deux bâtiments destinés à des gouvernants dans l'Histoire :

  • Le Passetto di Borgo est un passage surélevé qui relie la cité du Vatican avec le Château Saint-Ange, à Rome. Il a été érigé en 1277 par le pape Nicolas III.
  • Un passage secret de Troie, l'antique cité, entre le palais de Priam et celui d'Hector, mais celui de Vasari, dont il s'inspire, est aérien.
  • Au palais des Tuileries de Paris, au début du XVIIe siècle, Henri IV décida de le relier au Louvre par une longue galerie[3] longeant la Seine, galerie dont l'amorce existait depuis quelques années. C'est ce que l'on appela le Grand Dessein. Cette Grande-Galerie ou Galerie du bord de l'eau (qui existe toujours) fut édifiée de 1607 à 1610 par Jacques-Androuet du Cerceau.

Notes et références

  1. et alimentée jusqu'à aujourd'hui, comme en témoigne un autoportrait de Marc Chagall
  2. « le Ponte Vecchio au moment de la Libération » [vidéo], sur ina.fr
  3. Notice des Tuileries

Voir aussi

Liens externes

  • Portail de la culture
  • Portail des musées
  • Portail de la Renaissance
  • Portail de Florence
Cet article est issu de Wikipedia. Le texte est sous licence Creative Commons - Attribution - Partage dans les Mêmes. Des conditions supplémentaires peuvent s'appliquer aux fichiers multimédias.