Veit Harlan

Veit Harlan, né le à Berlin et mort le à Capri (Italie), est un réalisateur allemand.

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Veit Harlan
Veit Harlan lors de son procès, en 1949, à Hambourg.
Naissance
Berlin, Empire allemand
Nationalité Allemand
Décès
Capri, Italie
Profession réalisateur

Biographie

Origines et carrière d'acteur

Veit Harlan naît dans une famille d'artistes (père romancier, deux frères musiciens). Il fréquente l'intelligentsia berlinoise : Friedrich Kayssler, Max Reinhardt, Erwin Piscator. Il débute comme acteur au Volkstheater, à Berlin. Il apparaît pour la première fois au cinéma dans un petit rôle en 1927 et tourne dans une vingtaine de films jusqu'en 1935.

Sous le Troisième Reich

En 1933, il signe sa première réalisation : Die Pompadour avec Käthe von Nagy, et devient par la suite l'un des réalisateurs les plus actifs du Troisième Reich. Il voit la première fois Hitler le , lors d’un discours[1].

Il se spécialise dans l'idylle romantique La Sonate à Kreutzer (Die Kreutzersonate, en 1937, d'après Tolstoï); Le Voyage à Tilsit (en) (Die Reise nach Tilsit, en 1939, un remake de L'Aurore de Murnau). En 1942, il réalise La Ville dorée (Die goldene Stadt), son grand film en couleur suivi de deux autres, Le Lac aux chimères (en) (Immensee en 1943, d'après Theodor Storm) et Offrande au bien-aimé (Opfergang en 1944, d'après Rudolf Binding), deux mélodrames échevelés. Son film le plus connu est cependant Le Juif Süss (Jud Süß en 1940), film de propagande antisémite en noir et blanc, qui est projeté dans tous les pays occupés par l'Allemagne nazie où il rencontre un grand succès commercial européen durant la Seconde Guerre mondiale (40 millions d'entrées au total). Enfin, en 1943 et 1944, conjointement avec Wolfgang Liebeneiner, ils tournent Kolberg (sorti en ), film de propagande en couleur commandé par Goebbels et destiné à galvaniser le moral des Allemands au cours de la dernière phase du conflit et, grâce à une levée en masse du peuple, repousser ainsi l'invasion des alliés.

Après la Seconde Guerre mondiale

En 1948, il est accusé de complicité de crime contre l'humanité par quatre juristes allemands, anciens déportés d'origine juive scandalisés par la décision de la commission de dénazification lavant Veit Harlan de toute culpabilité. Le procès s'achève en par un acquittement. L'avocat général ayant fait appel, un nouveau procès se tient à Hambourg en avril 1950 : l'acquittement est prononcé au bénéfice de « circonstances atténuantes »[2].

Veit Harlan peut dès lors reprendre sa carrière de cinéaste, réalisant neuf films dans les années 1950[3]. Il écrit ensuite Le cinéma allemand selon Goebbels[4], où il s'explique sur son comportement durant la période national-socialiste, tout en laissant une marge autobiographique, de ses débuts au théâtre jusqu'à ses dernières réalisations. Il récuse dans ce livre tout engagement pro-nazi, révélant par ailleurs la forte inimitié existant entre le monde artistique et le Troisième Reich, mais, en dépit de l'aversion qu'il avait pour le ministre de la Propagande, a du mal à cacher la fascination qu'exerçait sur lui Joseph Goebbels. Il écrit par exemple : « Le poète Hans Hömberg a ainsi qualifié la fatalité qui s’était abattue sur mon nom : « Löser & Wolf sont indissociables tout comme Blanche-Neige et le Prince charmant, Tünnes et Schäl, Charybde et Scylla, Veit Harlan et Le Juif Süss » »[5].

Protestant, il se convertit peu avant sa mort au catholicisme[6]. Il meurt à Capri d'une pneumonie, en 1964.

Vie personnelle

Il se mariera trois fois :

  • en premières noces, en 1922, avec une chanteuse d'origine juive, Dora Gerson, dont il divorce deux ans plus tard car la famille Gerson refuse qu'elle soit l'épouse d'un non-juif[7]. Elle se remariera avec Max Sluizer en 1936, dont elle aura 2 enfants. Elle sera déportée et tuée à Auschwitz en 1943 ;
  • en 1929 avec l'actrice Hilde Körber de laquelle il a trois enfants :
  • enfin en 1939 avec l'actrice Kristina Söderbaum qui lui donne deux fils :
    • Christian (né en 1939),
    • Caspar (né en 1946).

Sa nièce Christiane Susanne Harlan épousa le réalisateur Stanley Kubrick en 1957.

Filmographie[9]

Acteur

Cinéma muet
Cinéma parlant

Réalisateur

Scénarios

Les rôles féminins principaux de ces scénarios ont tous été voulus pour Kristina Söderbaum, épouse de Veit Harlan[10].

Films sur Veit Harlan

Notes et références

  1. Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France-Empire, 1974, page 31 et 32.
  2. Lionel Richard, Nazisme et barbarie, Éditions Complexe, 2066, p. 114
  3. Adapté au conformisme bien-pensant de l'ère Adenauer, Harlan n'a pas cherché à sortir des procédés qu'il avait bien rodés : un pathétisme de pacotille sur fond de terroir, écrit Lionel Richard (Nazisme et barbarie, p. 114)
  4. Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France-Empire, 1974.
  5. Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France-Empire, 1974, page 11.
  6. Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France Empire, , p. 8
  7. Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France Empire, , p. 29
  8. Capricci, 2013 ; « Acquitté après la guerre, Veit Harlan ne reconnaîtra jamais sa culpabilité ni n'éprouvera de remords. Cette honte qu'il n'a jamais voulu avouer, Thomas Harlan la fait sienne dans cette déchirante lettre au père surgie d'entre les morts » (Nicolas Azalbert, Cahiers du cinéma, no 695, décembre 2013, p. 59)
  9. Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France-Empire, 1974, pages 367-373.
  10. Veit Harlan, Le cinéma allemand selon Goebbels, France-Empire, 1974, page 373.

Voir aussi

Bibliographie

  • Le Monde du , rubrique « Décès »

Articles connexes

Liens externes

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