Strangulation

La strangulation ou l'étranglement est l'action de serrer l'avant du cou[1] pour comprimer les veines jugulaires, les artères carotides et/ou la trachée. Elle peut causer l'évanouissement puis la mort par asphyxie[2].

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Martyre de William Tyndale, étranglé avant d'être brûlé.

La strangulation peut être volontaire (tentative de suicide, meurtre, exécution, pratique érotique ou accidentelle (compression par la chute d'un objet, vêtement happé par une machine).

Traumatologie

La compression du cou entraîne selon le niveau de pression exercé :

  • la fracture de l'os hyoïde situé au-dessus du larynx : c'est le seul cas où la rupture de celui-ci peut intervenir (en médecine légale c'est une preuve irréfutable de strangulation).
  • la compression des veines jugulaires, empêchant le retour du sang depuis la tête vers le cœur, d'où un œdème et une cyanose visibles au niveau de la face et de la langue, et un œdème cérébral entraînant une perte de connaissance assez lente suivie d'un décès assez tardif.
  • la compression des artères carotides : ces artères alimentant le cerveau en sang, celui-ci se retrouve privé d'oxygène, ce qui entraîne une ischémie cérébrale qui se traduit par des troubles de la conscience, puis la mort.
    • Un cas particulier est la compression sur ces artères de capteurs de pression (les « glomi ») qui entraîne un ralentissement extrême et immédiat du cœur jusqu'à la syncope et l'arrêt cardiaque. C'est ce phénomène qui entraîne les accidents liés au « jeu du foulard ».
  • la compression des voies aériennes nécessite une très forte pression, et l'écrasement de la trachée est une éventualité rare, cette dernière étant protégée par des anneaux de cartilage. Plus fréquemment, c'est la base de la langue, repoussée par la pression externe, qui vient obstruer le carrefour des voies aériennes et digestives. S'ensuit une asphyxie du sujet.
  • l'apparition d'hémorragie pétéchiale - taches rouges - au niveau du blanc de l'œil et/ou de l'intérieur des paupières : ceci est dû à la rupture des capillaires surpressurisés

Les sensations provoquées par l'hypoxie sont recherchées par certaines personnes dans des pratiques érotiques, ce qui peut causer des accidents mortels.

Strangulation pénale

L'étranglement a été également pendant longtemps un mode d'exécution pour la peine capitale, pratiquée un peu partout dans le monde à des périodes différentes.

  • En Orient (notamment en Chine), il était d'usage d'enserrer la tête du condamné dans une cangue[alpha 1] disposée à l'horizontale sur un échafaudage, de façon que les pieds du supplicié ne touchent pas le sol (ceux-ci étant parfois lestés d'une lourde pierre pesant jusqu'à 100 kg).
  • En Europe, dans l'Antiquité, chez les Romains, il était souvent d'usage d'étrangler les condamnés dans leur cellule à l'aide d'une cordelette (mort de Vercingétorix, par exemple). Rarement utilisée par la suite, la strangulation fut cependant utilisée pour abréger les souffrances des suppliciés qui avaient expié leurs crimes, mais avaient été condamnés à des peines plus lourdes (bûcher, roue ou écartèlement, par exemple) : c'est la pratique dite du retentum. Toutefois, quelques pays européens pratiquèrent ce mode d'exécution selon des techniques différentes, jusqu'au milieu des années 1970 :
    • En Autriche-Hongrie et en Italie, on utilisait la méthode dite « Pendaison autrichienne ». Celle-ci consistait à enserrer le cou du condamné à une corde attachée au sommet d'un poteau de façon que ses pieds ne touchent pas le sol. Parfois, l'un des bourreaux qui était placé derrière lui sur une échelle, lui tenait la tête. Tandis qu'un ou deux autres s'accrochaient aux pieds du supplicié, accélérant ainsi sa mort. Cette technique fut utilisée une dernière fois en Italie en 1945, pour l'exécution de miliciens fascistes.
    • En Espagne l'utilisation du garrote vil (le « lacet étrangleur » en français) était fréquente. Elle consistait à asseoir le condamné sur une plate-forme, adossé à un poteau percé d'un trou par lequel on introduisait la boucle d'une corde de chanvre que l'on rétrécissait en la tournant à l'aide d'un bâton. Par la suite la machine fut améliorée, on remplaça la corde par une chaîne, puis par un collier métallique, auquel était assujettie une vis filetée qui traversait le poteau par un système de crémaillère, diminuant ainsi le diamètre du collier et déterminant l'étranglement. Cette vis était actionnée par une grosse clef, puis plus tard par une manivelle. Trois ou quatre tours suffisaient alors à l'exécution. Un système de balancier avec des contre-poids y fut adjoint par la suite pour faciliter le travail du bourreau. De surcroît, il fut également posé sur le poteau une protubérance permettant d'écraser en même temps le cervelet du supplicié. Elle fut également un mode légal d'exécution en Bolivie, à Cuba, aux Philippines et à Porto Rico jusqu'au début des années 1900. L'Espagne l'abandonna à la mort de Franco, les deux derniers condamnés à mort espagnol à subir ce châtiment étant le militant anarchiste Salvador Puig i Antich et l'Allemand Heinz Chez (de), exécutés tous deux le même jour, le .

Strangulation criminelle

Coup du père François

Caricature de Pépin comparant au coup du père François l'action de la ligue formée contre Clemenceau lors des élections législatives françaises de 1893.

Le coup du père François, aussi appelé vol à l'étranglement ou coup en traître, est une technique ancienne de strangulation, s'exécutant à l'aide d'un foulard ou d'une ceinture. Elle se pratique généralement ainsi, à deux personnes :

  • un complice s'adresse à la victime (renseignement, pour du feu, etc.) ;
  • l'agresseur s'avance par-derrière avec une ceinture ou un foulard tenu dans ses mains ;
  • il passe la ceinture par-dessus la tête de la victime ;
  • l'agresseur pivote sur lui-même en tirant la ceinture des deux mains sur une épaule, comme pour charger un sac de légumes sur le dos (technique parfois appelée charriage à la mécanique).

Elle provoque la mort en quelques instants.

Strangulation accidentelle

Ce fut le cas pour Isadora Duncan.

Voir aussi

Notes et références

Notes

Références

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