Révolution communiste

La révolution communiste est une révolution prolétarienne souvent, mais pas nécessairement, inspirée par les idées marxistes qui visent à remplacer le capitalisme par le communisme, généralement avec le socialisme comme étape intermédiaire. L'idée que la révolution prolétarienne est nécessaire est une pierre angulaire du marxisme, pour lequel les travailleurs du monde doivent s'unir et se libérer de l'oppression capitaliste. La classe ouvrière prendra alors le pouvoir pour mettre en place une dictature du prolétariat, phase transitoire qui devra aboutir à une société sans classes et à la phase supérieure de la société communiste.

La faucille et le marteau sont un symbole du communisme.

La forme que doit prendre la révolution - et notamment le rôle de la violence - pas plus que la dictature du prolétariat où la nature exacte du régime politique issu de la révolution, ne sont clairement définies dans la théorie marxiste. Les communistes de gauche[1]. A contrario, le léninisme envisage une révolution dirigée par une avant-garde composée de « révolutionnaires professionnels »; des hommes et des femmes entièrement dévoués à la cause communiste et formant un noyau révolutionnaire.

Théorie

Conditions objectives

Pyramide du système capitaliste, début du XXe siècle.

Selon la théorie marxiste, l'évolution historique des modes de production nous a conduit au capitalisme, qui est lui-même traversé de contradictions qu'il est incapable de résoudre. Le capitalisme a accru considérablement les forces productives qui permet dès lors abondance et prospérité. Mais la mainmise des capitalistes sur les moyens de production prive les travailleurs d'une gestion collective, démocratique et rationnelle des outils de production. Le capitalisme a détruit les anciens rapports de production et tend à réduire la société à deux classes : le prolétariat et la bourgeoisie. Le premier, composé de ceux qui n'ont que leur force de travail à vendre, est concentré sur des lieux de travail, avec des intérêts communs face aux propriétaires des moyens de production. Tout ceci forme les conditions objectives à une révolution sociale en vue de se renverser le capitalisme.

On[Qui ?] peut décliner, a priori, deux conditions objectives précises :

  • Premièrement, un niveau très élevé de développement des forces productives, qui correspond à la classe ouvrière et aux outils de production. Marx et Engels pensaient effectivement que la révolution partirait des pays les plus industrialisés[2].
  • Deuxièmement, les crises économiques peuvent ouvrir une crise révolutionnaire qui pourrait bien d’avantager menacer le capitalisme. Ainsi Marx écrivait :

« Lors d’une prospérité générale, au cours de laquelle les forces productives de la société bourgeoise se développent avec toute la luxuriance possible dans les rapports sociaux bourgeois, il ne peut être question de véritable révolution. Celle-ci n’est possible qu’aux périodes où deux facteurs, les forces productives modernes et les formes bourgeoises de production, entrent en conflit les unes avec les autres… Une nouvelle révolution ne sera possible qu’à la suite d’une nouvelle crise : l’une est aussi certaine que l’autre[3]. »

Enfin, les conditions de la révolution sont influencées par l'état de développement du capitalisme dans le pays. Selon Trotsky, conquérir le pouvoir est plus facile dans un pays où le régime est faible, comme en Russie en 1917, mais en revanche la situation une fois au pouvoir est plus difficile pour les révolutionnaires, alors que dans un pays capitaliste avancé, c'est l'inverse[4].

Conditions subjectives

Selon les marxistes[Qui ?], la conscience de classe est absolument nécessaire. Or celle-ci connaît des hauts et des bas. De plus, en plus de cette conscience, il est nécessaire que les militants communistes parviennent à proposer un parti révolutionnaire porteur de la conscience de classe et de la théorie marxiste, d'abord au niveau national, puis rapidement au niveau international, grâce à la construction de l'internationalisme.

« Sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire[5]. »

Lorsque Trotsky écrit le Programme de transition en 1938, il pense que toutes les conditions objectives sont réunies pour la révolution, et également toutes les conditions subjectives (partis de masses issus de la troisième ou de la deuxième internationale) sauf la direction de ces partis qui n'est pas révolutionnaire. Or, en l'absence de révolution, ce sont les idées nationalistes et réactionnaires qui dominent. D'où sa célèbre formule :

« La crise historique de l'humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire[6]. »

Plusieurs débats[Lesquels ?] ont eu lieu par la suite pour savoir si ce jugement de Trotsky était toujours valable[réf. nécessaire].

Situation révolutionnaire

Lorsque les conditions sont réunies, on peut parler de situation révolutionnaire. Il y a bien sûr un lien entre l'aspect objectif et l'aspect subjectif, même si ce lien est complexe.[pas clair]

Engels écrit en 1885 que « L’ère périodique des révolutions européennes, 1815, 1830, 1848-1852, 1870, occupe dans notre siècle de quinze à dix-huit années. » Kautsky ajoute en 1905 que « si l’expérience enseigne que le cycle économique s’accomplit en général dans une période de dix années, elle montre que le cycle politique est plus long, qu’il lui faut de quinze à vingt ans. »[7]

Le sujet révolutionnaire

Imagerie socialiste (Roumanie, 1895). Un prolétaire, porteur d'un drapeau rouge orné du slogan « prolétaires de tous pays, unissez-vous », fait face à une allégorie de la social-démocratie, qui lui indique les principes des droits politiques et du suffrage universel. L'enfant assis à leurs pieds tient des armoiries portant le titre du Capital de Marx.

Selon les communistes révolutionnaires[Qui ?][Quoi ?], c'est la classe ouvrière (ou prolétariat) qui est porteuse de la révolution communiste, donc la seule classe sociale, par la possibilité historique, de renverser le capitalisme[style à revoir]. Pour la raison qu'il forme la majorité de la population et qui ont des intérêts opposés à ceux des capitalistes. Son émancipation ne peut se faire que par l'expropriation de la grande bourgeoisie et la collectivisation des capitaux et des moyens de production. C'est la classe qui est le produit "brut" du capitalisme, et qui doit être son fossoyeur :

« Tous les mouvements historiques ont été, jusqu'ici, accomplis par des minorités ou au profit des minorités. Le mouvement prolétarien est le mouvement spontané de l'immense majorité au profit de l'immense majorité. Le prolétariat, couche inférieure de la société actuelle, ne peut se soulever, se redresser, sans faire sauter toute la superstructure des couches qui constituent la société officielle[8]. »

Toujours selon les communistes révolutionnaires, la petite-paysannerie ou la petite-bourgeoisie sont souvent menacées par l'évolution économique du système. Mais à l'inverse du prolétariat, elles ont quelque chose à conserver dans le capitalisme.

« Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire. Si elles sont révolutionnaires, c'est en considération de leur passage imminent au prolétariat : elles défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels; elles abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat[8]. »

Dictature du prolétariat

Selon les communistes révolutionnaires, l'histoire a montré que la classe dominante utilisait tous les recours, y compris la violence d’État pour écraser les révoltés ou les menaces d'insurrections[pertinence contestée]. C'est ce qui a fait dire à Karl Marx que les régimes politiques dit "bourgeois", au-delà de leurs grandes différences, sont tous fondamentalement une "dictature du capital", qui montre son vrai visage quand l'ordre établi est attaqué. C'est précisément pour cela qu'il a utilisé sa formule militante de "dictature du prolétariat" pour définir les mesures révolutionnaires que le prolétariat devrait prendre pour vaincre les contre-révolutionnaires.

Après la dictature du prolétariat

Dans la théorie communiste, il y a deux phases à distinguer : la phase socialiste (ou phase inférieure du communisme), et le communisme intégral[précision nécessaire]. Dans un premier temps - selon les communistes révolutionnaires[Qui ?], la société garde certains aspects du capitalisme même si la production est socialisée. Toujours selon les communistes[Qui ?], le développement des forces productives en adéquation avec les besoins et la répartition du travail peut rendre l'argent obsolète. La collectivisation des biens de production construit alors une société sans classe, et conduit à l'extinction de l'État.

Cas particuliers

La révolution est-elle nécessaire ?

Le drapeau rouge, utilisé comme symbole du mouvement ouvrier à partir du XIXe siècle et repris par les mouvements socialistes, puis communistes.

Karl Marx et Engels avaient évoqué la possibilité pour l'Angleterre d'un passage au communisme sans révolution au sens d'une rupture violente avec le régime en place, à une époque où il ne disposait que d'un « appareil d’État répressif » très peu développé.

Dans Principes du communisme (1847), Engels écrit :

« La suppression de la propriété privée est-elle possible par la voie pacifique ? Il serait souhaitable qu'il pût en être ainsi, et les communistes seraient certainement les derniers à s'en plaindre. Les communistes savent trop bien que toutes les conspirations sont, non seulement inutiles, mais même nuisibles. Ils savent trop bien que les révolutions ne se font pas arbitrairement et par décret, mais qu'elles furent partout et toujours la conséquence nécessaire de circonstances absolument indépendantes de la volonté et de la direction de partis déterminés et de classes entières. Mais ils voient également que le développement du prolétariat se heurte dans presque tous les pays civilisés à une répression brutale, et qu'ainsi les adversaires des communistes travaillent eux-mêmes de toutes leurs forces pour la révolution. Si tout cela pousse finalement le prolétariat opprimé à la révolution, nous, communistes, nous défendrons alors par l'action, aussi fermement que nous le faisons maintenant par la parole, la cause des prolétaires[2]. »

D'une société féodale, semi-féodale ou « pré-capitaliste » au communisme ?

Marx avait évoqué à propos des communes paysannes russes l'éventualité de leur passage direct au communisme, si elles étaient englobées dans une révolution communiste avant que le développement capitaliste les ait dissoutes.

Dans ses premières années, l'Internationale communiste a une conception et une pratique très proche de la « révolution permanente » de Trotsky[réf. nécessaire]. Si elle prend note du retard économiques des « pays arriérés », elle y défend que même des tâches « petite-bourgeoises » comme la réforme agraire peuvent être réalisées sans s'en remettre aux nationalistes, et que « les masses des pays arriérés, conduites par le prolétariat conscient des pays capitalistes développés, arriveront au communisme sans passer par les différents stades du développement capitaliste[9]. »

Le programme de 1928 de l'Internationale communiste évoque la possibilité que des pays où le capitalisme n'existe pas ou quasiment pas, d'un passage direct au communisme à condition d'une aide des autres pays où le prolétariat a vaincu[10].

Révolutions communistes à travers l'histoire

Révolutions ou tentatives de soulèvements impliquant des partis communistes :

Voir aussi

Notes et références

  1. Noam Chomsky on Revolutionary Violence, Communism and the American Left
  2. Friedrich Engels, Principes du communisme, 1847
  3. Critique de l'économie politique
  4. Léon Trotsky, Les leçons d'Octobre, 1924
  5. Lénine, Que Faire ?, 1902
  6. Léon Trotsky, Programme de transition, 1938
  7. Karl Kautsky, 1789 - 1889 - 1905, Le Socialiste, 3 mai 1905
  8. Marx et Engels, Le manifeste du Parti communiste, 1847
  9. Internationale communiste, IIe Congrès, Thèses et additions sur les questions nationales et coloniales, 1920
  10. Internationale Communiste, VI° Congrès, Programme, 1928
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