Guppy

Poecilia reticulata

Pour les articles homonymes, voir Guppy (poisson) et Guppy (homonymie).

Le Guppy (Poecilia reticulata) est une des espèces de guppy, nom vernaculaire regroupant plusieurs espèces de poissons d'eau douce tropicale de la famille des Poeciliidae. Originaire d'Amérique du Sud, ce guppy a été introduit dans de nombreux pays pour lutter contre les moustiques, avec une efficacité limitée et non sans risques écologiques selon une alerte scientifique lancée en 2016. Il s'agit d'un poisson ovovivipare apprécié en aquariophilie. Dans certains pays, dont la France[1], des races ou variétés du guppy, créées au sein des élevages ont acquis un statut juridique d'animal domestique.

Nomenclature

Cette espèce admet en français de nombreux noms vernaculaires : guppy[2], guppie[2], guppy cobra[2], guppy de gaulle[2], guppy doré[2],guppy ananas [3], guppy néon bleu[2], poisson-million[4] ou encore poisson missionnaire[2] , Million fish[5] ou poisson arc-en-ciel[6]

Étymologie

Le mot « guppy » vient de l'anglais, guppy. Le nom a été donné en 1866 à ce poisson par Albert Charles Lewis Günther (1830-1914), en hommage à Robert John Lechmere Guppy, un botaniste, naturaliste et explorateur britannique (1836-1916).

Origines

Venezuela, Trinité-et-Tobago, nord du Brésil, Iles des Caraïbes, et Guyane[7].

Aire de répartition

En tant qu'espèce indigène le Guppy est confiné à quelques zones des Caraïbes et du nord de l'Amérique du Sud, mais il a envahi de nombreux écosystèmes ailleurs dans le monde là où il a été récemment introduit[8],[9]. Au moins 40 % de ces invasions résulteraient d'introductions à but de lutte contre les moustiques[8]. Dans certaines zones comme aux Comores, il a été préféré aux Gambusies (bien que plus petit) car celles-ci étaient pêchées et mangées par les enfants alors que les guppys sont moins intéressant pour la pêche[10].

Dans sa forme sauvage, ce poisson rustique s'acclimate facilement à une grande variété de zones humides[9] et à un nouvel environnement[11],[12], même dans des eaux chaudes, polluées ou en présence de prédateurs[13],[14]. Il se reproduit tôt et fréquemment, sa gestation est courte (28 jours) et la femelle peut conserver du sperme longtemps après la copulation, ce qui permet à une femelle fécondée échappée d'une zone d'introduction de facilement fonder à elle seule une colonie[8].

Utilisation dans la lutte anti-moustiques

Pour dévorer les larves de moustiques, des poissons exotiques et en particulier les guppys et les gambusies ont durant plusieurs décennies été introduits (notamment par les Britanniques dans leur Empire colonial et leurs zones d'influence au début du XXe siècle[15]), dans les eaux douces d'étangs, mares et fossés de nombreux pays et régions des tropiques afin de lutter contre les moustiques vecteurs d'épidémies comme le paludisme par exemple.

Même si depuis 2009, l'OMS et certains guides reconnaissent les risques d'invasion biologique[16], et recommandent d'utiliser de préférence des espèces insectivores locales[17], des introductions de Guppys continuent à se faire dans les années 2000-2010, sous l'égide de l'OMS[17] ou d'États concernés par des risques d'épidémie[16]).

Ainsi des Guppys ont été introduits au Pakistan en 2013 contre la dengue[18] puis en 2015-2016 au Brésil contre le virus Zika et la dengue, bien que le Brésil dispose de nombreuses espèces de poissons insectivores[19], et en Inde, de leur propre initiative, des citoyens ont fait de même [20]. De nombreux sites internet proposent de faire de même un peu partout, bien que l'efficacité des Guppys dans la nature soit douteuse et que leur présence soit dangereuse pour la biodiversité locale, car les guppys préfèrent les larves de chironomidés[21] (moustiques ne piquant pas) à celles des moustiques piqueurs (culex, anophèles...) impliqués dans les épidémies, qu'ils risquent donc de favoriser. Ceci est confirmé par des analyses fécales des guppys au Sri Lanka ; elles montrent qu'ils mangent bien moins de moustiques que ce qui est observé en aquarium où on ne leur fournit que ces proies[22],[23]. Il a été montré sur l'île de Trinidad que les Guppys mangent effectivement des moustiques dans des eaux stagnantes fermées où on les introduit artificiellement, mais non dans les eaux en mouvement ni dans les autres milieux naturels, et qu'ils y altèrent le fonctionnement des écosystèmes locaux[24],[25].

De même en Inde, on a montré que les guppys mangent moins de moustiques en eau polluée (peut-être parce qu'ils y trouvent une plus grande diversité alimentaire[26] qu'en eau propre.

Le développement de maladies vectorielles transportées par les moustiques se poursuit (ex : infection à virus Zika et dengue[27]) et inquiète, ce qui incite à accroître la lutte antivectorielle[28] et notamment les lâchers de Guppys dans la nature. Or en 2016, la revue « Science »[29] estime dans la rubrique Biology Letters que l'efficacité antivectorielle de ces opérations est très limitée, alors que cette espèce présente une capacité remarquable à se reproduire et se propager, étant localement déjà devenue invasive[30],[31]. Selon W. Han (2015) de nombreuses études montrent que les Guppys mangent un plus ou moins grand nombre de larves de moustiques Aedes dans les containers où on les a testés, mais aucune étude n'a pu démontrer qu'ils réduisent dans la nature le nombre de moustiques adultes ni qu'ils réduisent le risques de transmission des maladies transmises par ces moustiques[32].

Impacts écosystémiques

Les guppys peuvent bouleverser les écosystèmes qu'ils envahissent ; on a montré à Trinidad que leur apparition se fait au détriment de la densité de poissons autochtones[33], et que les poissons résidents pour s'adapter doivent devenir matures plus vite, grandir plus vite et dépenser plus d'énergie à se reproduire [34],[35].

Les guppys introduits deviennent souvent l'espèce dominante dans la zone d'introduction[34] où ils perturbent l'écosystème en y augmentant la productivité primaire et le cycle de l'azote au détriment d'autres espèces[36],[37]. À Hawaï les guppys et d'autres Poecilidés invasifs introduits pour lutter contre les moustiques dans les années 1920, n'ont pas fait disparaître les moustiques, mais ont atteint des densités de 10 à 30 fois plus élevées que celles des poissons indigènes[38],[39]. Ils ont divisé par deux la densité de gobies autochtones et réduisent leurs chances de survie[40],[41]. L'introduction de guppys est corrélée à un accroissement du taux d'azote dissous bio-disponible (eutrophisation) jusqu'à huit fois[38]. Ils favorisent en outre l'expansion d'invertébrés non indigènes[38].

Rana W. El-Sabaawi & al (2016) notent que plupart des études sur les effets des guppys invasifs ont été faites dans des écosystèmes dégradés ou peu diversifiés des Caraïbes et du Pacifique notamment[31], ils suggèrent donc que des études portent aussi sur des zones à haute biodiversité[31] (au Brésil par exemple où les effets de leur introduction ont été peu étudiés d'où méconnaissance du risque pour la biodiversité brésilienne)[42].

Une femelle gambusia (forme de guppy sauvage).

Comme la plupart des poecilidaes, on parle de bouleversement d'éco-systèpmes si on les relâche dans la nature.

Histoire de leur découverte et dénominations

En 1866, alors en mission à Trinité-et-Tobago, Robert John Lechmere Guppy (1836-1916) fait parvenir à Albert Charles Lewis Günther (1830-1914) du British Museum des spécimens vivants d’une nouvelle espèce de poissons que Günther lui dédie : Girardinus guppyi. On découvre plus tard que cette espèce avait déjà été découverte en 1856 et nommé par Wilhelm Peters (1815-1883) en 1859 Poecilia reticulata. Il a au cours de l'histoire porté plusieurs noms scientifiques :

  • Lebistes reticulatus - Peters 1860
  • Libestes poecilioides - de Filippi 1861
  • Girardinus guppii/guppyi - Günther 1866
  • Girardinus reticulatus - Günther 1866
  • Libestes poecilioides - Günther 1866
  • Poecilioides reticulatus - Jordan & Gilbert 1883
  • Heterandria guppyi - Jordan 1887
  • Ancanthophacelus reticulatus - Eigenmann 1907
  • Ancanthophacelus reticulatus var. guppyi - Eigenmann 1907
  • Girardinus poecilioides - Boulenger 1912
  • Poecilia poecilioides - Langer 1913
  • Glaridichthys (Girardinus) reticulatus - Milewski 1920

On le connaît aussi aujourd'hui sous le nom anglais de Millions fish.

Description de l'espèce

Couple de guppys sauvages provenant de la rivière Ciliwung à Bogor (Java occidental, Indonésie).

La forme sauvage de ce poisson est nettement moins colorée que les spécimens d'élevage et ses nageoires ne forment pas de voiles.

Le mâle est le plus petit, il mesure entre 3 et cm tandis que la femelle, généralement plus grosse, mesure entre 5 et cm. Cet animal est ovovivipare, c'est-à-dire que la femelle pond directement des alevins capables de se déplacer et de se nourrir. Le mâle est beaucoup plus coloré et de forme plus variable que sa compagne, il possède également un gonopode, nageoire anale transformée en organe de copulation. Il existe de nombreuses formes de nageoires et des couleurs différentes obtenues par sélection.

Hybridation

Avec un guppy endler : descendance féconde.

Avec un molly : descendance stérile à 90 %, nom commun Moppy.

Le Guppy peut aussi et même très fréquemment se croiser avec un Platy.

Aquariophilie des Guppy

C'est un poisson pacifique qui se reproduit très facilement. Il est considéré comme étant l'un des poissons les plus robustes pour débuter en aquariophilie. Cependant, bien des aquariophiles chevronnés retournent vers ce petit poisson pour tenter des élevages demandant beaucoup de soins et de patience pour obtenir une lignée « faite maison ».

Le guppy doit être maintenu à raison d'un mâle pour au moins trois femelles (les mâles étant polygames, leur ardeur risque de fatiguer les femelles), pour un bac d'un volume total minimum de 100 litres. Ce grand volume est nécessaire pour pouvoir accueillir leur nombreuse progéniture à venir, et permettre à ces poissons très actifs de s'ébattre librement.

GH KH pH Température Alimentation Origine géographique Reproduction Taille Volume minimal Maintenance idéale
De 9 à 12 °GH
De 4 à 7 °GH De 6 à 8, l'idéal étant 7. 23 à 28 °C[43] Omnivore : le Guppy accepte autant les granulés ou les flocons industriels que les proies vivantes ou congelées (nauplies d'artémias, vers de vase, larves de moustique...) Amérique tropicale Les Guppys sont très prolifiques : il suffit d'un harem et d'un bac équilibré pour avoir une reproduction abondante et régulière. Aucun soin n'est nécessaire (si l'aquarium est équilibré) pour les alevins. Guppy mâle: 2 à 4,5 cm, femelle 6 à 10 cm selon les espèces[44] 100 litres,

respecter un harem de deux femelles pour un mâle[45]

Minimum 100 litres pour un harem, bac très planté, touffu et équilibré, filtration douce, paramètres de l'eau ( GH, KH, pH et température ) respectés, nourriture variée.

Dans un aquarium bien planté avec un espace libre pour la nage, filtré à raison d'une fois le volume réel du bac par heure (courant violent à éviter), eau bien oxygénée, limpide, avec une température de 24 à 25 °C, pH de 7, GH entre 9 et 12 °GH, KH entre 4 et 7 °KH, vous pourrez offrir à vos guppys de bonnes conditions de vie.

L'espèce cohabite mal avec des poissons tels les Betta splendens poissons combattants »), Scalaires, Gourami bleus, Poissons rouges qui grignotent les caudales des guppys (surtout des mâles),cependant il peut y avoir une cohabitation avec le scalaire si l'on implante le scalaire encore très jeune avec des guppys adultes . Les guppys ont une espérance de vie d'environ 3 ans si les soins apportés sont corrects. On peut maintenir des guppys en bassin extérieur du mois de mai à octobre si le temps le permet, ils se reproduiront alors abondamment sans demander aucun soin. Les guppys peuvent supporter temporairement des températures allant de 18 à plus de 30 degrés ; cependant, ils ne doivent pas être maintenus à ces températures en permanence, leur fourchette de bien-être étant de 22 à 26 degrés.

Nourriture

Le guppy est omnivore et demande un complément végétal. Il fait trois repas par jour et accepte toutes nourritures vivantes adaptées à sa taille ou de la nourriture déshydratée adaptée que ce soit en flocons ou granulés. Il apprécie les vers de vase ou les nauplies d'artémias séchés, congelés ou mieux, vivants pour la nourriture d'origine animale[46]. Pour la nourriture végétale, il est courant de donner des épinards pochés ou des courgettes aux guppys. Il faudra alors les couper très finement.

Comme pour tous les poissons, il est recommandé de varier au maximum la nourriture afin de combler tous les besoins nutritionnels du guppys. Cela permettra entre autres de renforcer ses défenses immunitaires, d'améliorer la reproduction et d'intensifier, toute proportion gardée, les couleurs du poissons.

Reproduction

Alevin de deux semaines.
Alevins âgés de deux jours.

La fécondation s'effectue en 1/20e de seconde grâce à la nageoire anale modifiée. Sa reproduction est dite "interne" car elle a lieu dans le corps de la femelle, dans son appareil génital. Un accouplement suffit pour 2 à 3 portées différentes, il arrive ainsi que plusieurs naissances se fassent dans un aquarium où il n'y a plus que des individus femelles. Cette espèce est ovovivipare les œufs éclosent avant la ponte. Après l'accouplement, des mécanismes d'isolement gamétique sont mis en place.

La gestation dure environ un mois à 24−25 °C. Les femelles sont capables de reporter la ponte de plusieurs heures, voire de plusieurs jours, si les conditions du milieu (température et composition chimique) risquent de mettre en péril leur descendance. On reconnaît la femelle gestante à une tache très foncée au bas du ventre gonflé. En bac communautaire, des plantes comme la mousse de java et le riccia offrent des refuges précaires aux alevins.

Dès que la naissance a eu lieu (entre 20 et 60 alevins, pouvant parfois dépasser les 100), il est préférable de retirer la femelle qui pourrait manger ses alevins si on souhaite les préserver. Cependant, l'appétit de la femelle vis-à-vis de ses petits peut être une bonne alternative pour réguler la population de l'aquarium. Les guppys naissent déjà formés et recherchent très vite leur première nourriture car leurs réserves vitellines sont limitées. Ce n'est pas nécessaire de donner aux alevins quelconque nourriture ( à part si on souhaite faire un élevage ) : si le bac est équilibré, les petits trouveront leur nourriture tout seuls parmi la micro-faune présente. Le guppy est adulte vers l'âge de trois mois, mais sa croissance peut être fortement ralentie si l'on place les alevins dans les « pondoirs » ou « nursery », car ceux-ci stressent énormément et inutilement la femelle et assurent une mauvaise circulation de l'eau.

Eau

Il faut soit un filtre intérieur à exhausteur, soit filtre sous sable. Il est possible de mettre une filtration avec décantation, sur le côté du bac, mettre alors une pompe avec un débit faible, de façon que le volume du bac soit filtré en une heure. En aquarium communautaire, peupler le bac avec des espèces calmes. Renouveler 10 % de l'eau chaque semaine. Si des algues vertes recouvrent les pierres de l'aquarium, les laisser, cela fera un complément végétal pour l'alimentation de tous les membres de la famille du guppy.

Maladies fréquentes chez le Guppy

Comme tous les poissons d'aquarium, le guppy peut souffrir de diverses maladies.

Sélection génétique et variétés

Certaines races et variétés sont considérées comme domestiques.

En raison de sa forte variabilité de formes et de couleurs, le guppy est un spécimen très facile à utiliser pour des expériences de génétique, plus particulièrement pour réaliser des croisements dans le but de comprendre la distribution des gènes. Ces variations concernent essentiellement deux caractéristiques: la forme des nageoires et les couleurs.

Les formes de nageoires

Guppys standards.

À ce jour, 12 types de base, concernant la forme des nageoires caudales et dorsales, ont été identifiés et constituent les Standards Internationaux d'Elevage de Haut Niveau (I.H.S.) (L'I.K.G.H. étant "l'Assemblée Internationale d'Administrateurs pour l'élevage de haut niveau du guppy", Internationales Kuratorium Guppy Hochzucht).

Les différents types de formes sont les suivants :
Le numéro en début de § correspond au numéro du standard (règles IKGH). La lettre entre parenthèses correspond au schéma des différents standards.

  • Grandes queues :
    • 1 - Queue Éventail (A) - L'angle de la nageoire caudale fait 45° ; la nageoire dorsale est pointue.
    • 2 - Queue Triangle (B) - L'angle de la nageoire caudale fait 70° ; la nageoire dorsale est large ; c'est une des formes les plus répandues dans le commerce.
    • 3 - Queue Voilée (C) - La nageoire caudale est assez allongée et incurvée ; la nageoire dorsale possède une extrémité arrondie.
    • 4 - Queue Drapeau (D) - La nageoire caudale possède des bords parallèles ; la nageoire dorsale est pointue.
  • Forme d'épée :
    • 5 - Queue Double épée (E) - Deux épées rectilignes sont écartées d'environ 60°; la nageoire dorsale et les épées sont pointues.
    • 6 - Queue Épée Haute (F) - L'épée est horizontale, ou avec un angle atteignant jusqu'à 30° par rapport à l'axe du corps.
    • 7 - Queue Épée Basse (G) - L'épée fait un angle de 30° par rapport à l'axe du corps; (cette caractéristique est très proche de la forme d'épée des Xiphophorus helleri).
    • 8 - Queue Lyre (H) - Le début de la nageoire caudale est ronde et les deux épées sont recourbées vers l'extérieur, la nageoire dorsale est recourbée vers le haut.
  • Queues courtes :
    • 9 - Queue Bêche (I) - La nageoire caudale est en forme de bêche très régulière, la nageoire dorsale est courte et pointue.
    • 10 - Queue Piquée (J) - La nageoire caudale est pointue, ressemblant à une pointe de lance ; la nageoire dorsale est recourbée vers le haut.
    • 11 - Queue Ronde (K) - La nageoire caudale est ronde ; la nageoire dorsale est arrondie.
    • 12 - Queue Aiguille (L) - La nageoire caudale est ronde et son extrémité est pointue telle une aiguille ; la nageoire dorsale est pointue.

Les couleurs

Les couleurs des guppys sont classés dans deux catégories différentes :

1) les couleurs de fond

C'est la couleur du poisson à sa naissance (la même pour les mâles et les femelles). Cette couleur est très visible au niveau de la "casquette" du poisson (la petite zone qui se trouve sur sa tête).

2) Les couleurs de surface

C'est la couleur que va porter le mâle (principalement) lorsqu'il devient adulte. Cette couleur se superpose à la couleur de fond.

Les couleurs de fond

Il faut savoir que les guppys sauvages sont tous "gris", c'est une couleur dominante, génétiquement parlant. Toutes les autres couleurs de fond sont portées par des gènes récessifs.

Les différentes couleurs de fond :

Le numéro en début de § correspond au code de la couleur de fond (règles IKGH)

  • 1 - Gris C'est la couleur du poisson sauvage, c'est donc cette couleur qui est la plus répandue dans nos aquariums.
  • 2 - Or ou gold (couleur récessive appelée "tiger" par nos amis asiatiques, et codée tt), les poissons sont jaune foncé avec les écailles bordées de pigments noirs.
  • 3 - Blond (couleur récessive, codée bb ; à comparer avec un guppy gris ou autre codé BB en lettres majuscules, signifiant que les allèles sont ceux trouvés chez le poisson sauvage). La couleur est un jaune très clair, quasi transparent mais les reflets sont bien souvent d'un jaune très vif;
  • 4 - Bleu (couleur récessive, codée rr). Les poissons sont dépourvus de pigments jaunes et rouges. Ils sont bleutés presque transparents.
  • 5 - Pink (couleur récessive codée pp), les poissons ont un manque de mélanophores au niveau de leur pédoncule caudal (ce qui provoque une couleur rosée) - le fait que le pink soit une couleur de fond n'est pas partagée par l'ensemble des spécialistes.
  • 6 - Albinos (couleur récessive codée aa), les poissons sont jaunes avec les yeux rouges
  • 7 - Blanc (couleur double récessive codée bbrr). Les poissons sont issus d'un croisement entre des guppys blonds et des guppys bleus, leur corps est très proche du blanc feuille de papier.
  • 8 - Argent (couleur double récessive codée rrtt). Les poissons sont issus d'un croisement entre des guppys or et des guppys bleus, absence des pigments jaunes et rouges, les écailles sont bordées de pigments foncés.
  • 9 - Crème (couleur double récessive codée bbtt). Les poissons sont issus d'un croisement entre des guppys or et des guppys blonds. Ils sont couleur crème (style crème à la vanille), un jaune légèrement orangé.
  • 10 - Lutino forme d'albinisme (les yeux ne sont pas totalement rouges mais plutôt couleur raisin)

_ D'autres couleurs de fond sont connues (par exemple un deuxième bleu avec absence des pigments rouges principalement)

_ De même il existe d'autres combinaisons de double et triple récessivité (voir plus), mais qui n'apportent pas de réel intérêt. Et il devient très difficile d'identifier ces poissons

Les couleurs de surface

Les couleurs de surface des guppys correspondent à la couleur ou au dessin que l'on aperçoit en premier lorsque l'on observe le poisson. La plupart de ces couleurs ne sont visibles que chez le mâle, mais certaines sont visibles également chez la femelle (par exemple sur les souches de guppys demi-noir).

Les standards IKGH définissent 19 codes de couleurs différents. Chaque code peut contenir plusieurs couleurs ou motifs différents.

Sont recensés actuellement (Guide IKGH 2004) :

  • 1. Rouge

Dans ce groupe on retrouve : - full red (de l'anglais full, 'entier', et red, 'rouge'; "dont tout le corps est rouge") : tout le corps du spécimen est coloré d'un rouge très vif, tirant sur l'orange.

  • 2. Bleu
  • 3. Vert
  • 4. Jaune
  • 5. Blanc
  • 6. Noir
  • 7. Néon

Dans ce groupe on retrouve :

- neon : les tons sont pastel et peu visibles, ce sont en revanche les reflets qui sont très marqués chez ces spécimens où le rouge, le bleu et le vert sont répandus, la caudale étant presque toujours blanche ou très claire. Connu aussi sous l'appellation pastel.

- platinum : très semblable au neon, les motifs sont cependant moins marqués et le gris y est plus présent. La caudale est souvent rouge.

  • 8. Moscou

Dans ce groupe on retrouve : - moscow blue (de l'anglais Moscow, 'Moscou', et blue, 'bleu'; "bleu de Moscou") : le guppy est de couleur bleue, avec des dégradés sur la partie avant du corps, la queue est d'un bleu très foncé avec des reflets sombres. Des marques vertes assez diffuses se retrouvent sur les flancs et il n'est pas rare d'y trouver du noir (surtout sur les bordures de nageoires).

  • 9. Métallique
  • 10. 1/2 noir et 3/4 noir

Dans ce groupe on retrouve : - half black (connus sous le nom de 'HB') (de l'anglais half, 'moitié', et black, 'noir'; "demi-noir") : la moitié arrière du spécimen est noire avec des reflets bleutés très légers; des spécimens dérivants ont une caudale de couleur autre que le noir.

  • 11. Snakeskin et Filigran

Dans ce groupe on retrouve : - snakeskin (de l'anglais snakeskin, 'peau de serpent') : n'étant pas toujours de couleur kaki, ce motif imitant la peau de serpent se retrouve chez des spécimens d'autres couleurs. Connu aussi sous la dénomination 'Cobra' ou 'King Cobra'.

  • 12. Emeraude de Vienne
  • 13. Unicolore
  • 14. Multicolore
  • 15. AC (Toutes couleurs)

Ce groupe de couleur est un groupe technique qui permet lors d'un concours de réunir les poissons appartenant à un même standard et possédant la même couleur de fond.

  • 16. AOC (Toutes autres couleurs)

Ce groupe de couleur est un groupe technique qui permet lors d'un concours de réunir une partie des poissons appartenant à un même standard et possédant la même couleur de fond.

  • 17. Fondu
  • 18. Bleu Japonais (Blue Japan)
  • 19. Blue Grass et Red Grass

D'autres variétés remarquables (parmi tant d'autres) :

- grass tail (de l'anglais grass, 'herbe', et tail, 'queue'; "queue en herbe") : de très beaux spécimens dont la nageoire caudale est très marquée. Les rainures sont démarquées tels des brins d'herbe. Les variétés glass grass (de l'anglais glass, 'verre', et grass, 'herbe';~"Vert bouteille") sont très semblables, mais la queue est ici transparente, avec les motifs noirs et des reflets verts.

- tuxedo (de l'anglais tuxedo, 'smoking') : se caractérise par le bas du corps recouvert de noir, le reste des flancs pouvant aussi en être recouvert. N.B. La dénomination tuxedo se retrouve également chez certaines espèces de platys croisés pour obtenir des motifs similaires.

- léopard : se reconnaît par les taches noires sur fond jaune, recouvrant le plus souvent la queue du Guppy. Ceci est une mutation naturelle de la forme du guppy.

- neon tuxedo : comme son nom l'indique, il est un mélange entre le 'neon' et le 'tuxedo'; la moitié avant du guppy est blond/blanc avec des reflets bleus, l'autre moitié est bleu foncé, tirant sur le noir ; on pourrait les considérer comme des 'Half Blue' car la deuxième partie est bleue. La caractéristique 'Tuxedo' se retrouve avec le bas du corps, et l'avant de la caudale coloré de noir. La caractéristique 'Neon' se retrouve avec la dorsale et le gonopode blanc/bleu clair, ainsi que l'avant du guppy.

- russian king (de l'anglais Russian, 'Russe', et king, 'roi' ; "le roi Russe") : le corps est jaune-vert, mais aussi argenté, recouvert de taches noires jusqu'à la première moitié qui n'est plus tachetée, mais d'un gris-vert mousse. La caudale est formée par un motif de rayons (comme des rayons solaires) jaunes sur fond noir ou inversement, la bordure étant striée de pointillés jaunes ou noirs. D'autres formes (autres que le jaune) existent. (red king...).

Autres spécificités remarquables

À la suite de croisements, ou parfois d'erreurs impromptues, d'autres variétés de Guppys, dont les caractères pourraient faire penser à une autre espèce, ou du moins une sous-espèce, sont apparues.

  • spécimens albinos : de couleur blanche ou blond très clair sur tout le corps et avec des yeux rouges. Certains croisements donnent des spécimens albinos où seuls les yeux sont de couleur rouge, le reste du corps étant alors autre que blanc ou blond.
  • longfins (de l'anglais long, 'long', et fin, 'queue'; "qui a une longue queue") : ces spécimens sont également une particularité génétique curieuse, mais très spectaculaire. Les individus qui portent ce caractère sont des mâles dont le gonopode est allongé, pouvant parfois atteindre jusqu'au double du corps. Les caudales et dorsales peuvent aussi être très longues.

Les possibilités de formes, couleurs et motifs en font un cas d'étude, mais aussi un poisson très intéressant et pour le moins décoratif. Des concours sont organisés dans lesquels sont décernés des prix pour les plus beaux exemplaires. Y participer signifie présenter un trio de mâles identiques ou un couple, dans lequel le mâle doit être le plus proche possible des standards de forme (voir spécificités anatomiques).

Orthographe

La question se pose en ce qui concerne le pluriel du nom vernaculaire de cette espèce ; les anglophones mettant le pluriel des mots en "-y" par "-ies", ils écrivent les ' Guppies '. On conseillera toutefois d'utiliser le pluriel français classique, et d'écrire ' Guppys '. Les puristes iront jusqu'à dire les 'Guppy', ce nom provenant d'un nom propre...

Notes et références

  1. Par exemple en France : Arrêté du fixant la liste des espèces, races ou variétés d'animaux domestiques
  2. (fr) Référence Aquabase : Poecilia reticulata
  3. (fr) Référence FishFish : Poecilia reticulata
  4. Database de l'ISSG
  5. l'aquarium, Paris, Hachette animaux, 160 p.
  6. Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
  7. (fr+en) Référence FishBase : espèce Poecilia reticulata Peters, 1859 (+ traduction) (+ noms vernaculaires 1 & 2)
  8. Deacon AE, Ramnarine IW, Magurran AE. 2011 How reproductive ecology contributes to the spread of a globally invasive fish. PLoS ONE 6, e24416. (doi:10.1371/journal.pone.0024416)
  9. Magurran AE (2005) Evolutionary ecology : the Trinidadian guppy, pxi, 206 p. Oxford, NY: Oxford University Press.
  10. OPIE (2002) Elles aussi, elles aiment les insectes ... Les Gambusies, revue Insectes 14, no 125, sur le site de l'INRA (PDF, 3 pages)
  11. Ghalambor CK, Reznick DN, Walker JA . 2004 Constraints on adaptive evolution: the functional trade-off between reproduction and fast-start swimming performance in the Trinidadian guppy (Poecilia reticulata). Am. Nat. 164, 38–50. (doi:10.1086/421412)
  12. Reznick DN, Shaw FH, Rodd FH, Shaw RG (1997) Evaluation of the rate of evolution in natural populations of guppies (Poecilia reticulata). Science 275, 1934–1937. (doi:10.1126/science.275.5308.1934)
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Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Aquarium Magazine : no 1-59 (reproduction du guppy) -67-86
  • Le guide marabout de l'aquarium d'eau douce (Henri Favré), p. 335 à 344
  • Guide Vert-Les poissons d'aquarium p. 107 à 112
  • Le nouveau manuel de l'aquarium (Thierry Maître-Alain), p. 150 à 153
  • Les poissons d'aquarium en eau douce (A. Sakurai, Y. Sakamoto, F. Mori), p. 193 à 206
  • Site internet de l'Association EGS • Les Éleveurs de Guppys de Sélection
  • LikeGuppy.com | Conseils sur l'Élevage et la Sélection de Guppys.
  • Encyclopédie Illustrée Les Poissons D'Aquarium (Stanislav Frank, éditions Gründ), p. 132 et 133

Bases taxonomiques

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