Delphine Delamare

Delphine Delamare ( à La Rue-Saint-Pierre à Ry) est une femme française dont le destin tragique a probablement inspiré Gustave Flaubert pour son roman Madame Bovary.

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Biographie

Véronique Delphine Couturier est née à La Rue-Saint-Pierre en Seine-Inférieure le . Elle est l'ainée d'une fratrie de cinq enfants. En 1836 la famille déménage à Blainville-Crevon[1].

Le à Blainville-Crevon, elle se marie avec l'officier de santé Eugène Delamare (Benoist-Eugène Delamare, né à Rouen le , ancien élève d'Achille Flaubert). De cette union naît une fille (Alice-Delphine) le .

Délaissée par ses deux amants et criblée de dettes, Delphine Delamare se suicide le à Ry par injection d'arsenic[2]. Son mari décède dans la même ville le de l'année suivante.

Rapprochements avec Madame Bovary

Rigolette cherchant à se distraire en l'absence de Germain, Joseph-Désiré Court (1844).

Le , l'écrivain et journaliste Georges Dubosc publie un article (« La véritable Madame Bovary ») dans Le Journal de Rouen[3] dans lequel il est le premier à faire le rapprochement entre Delphine Delamare et Madame Bovary[4]. Depuis, elle est tenue pour le modèle probable de Gustave Flaubert, alors que celui-ci présentait son roman comme « une histoire totalement inventée », et son personnage comme « une pure invention »[2].

La mère du docteur Raoul Brunon, fondateur du musée Flaubert et d'histoire de la médecine et auteur d'un ouvrage intitulé « À propos de Madame Bovary » (Girieud, Rouen, 1907), croit la reconnaître dans Rigolette attendant le retour de Germain, un tableau du peintre Joseph-Désiré Court (portraitiste de la famille Flaubert)[4]. Depuis, ce tableau, qui illustre un épisode des Mystères de Paris d'Eugène Sue, est devenu l'icône de Madame Bovary[réf. nécessaire].

Raoul Brunon estime qu'il existe « un autre portrait de cette même jeune femme en costume de bal masqué », également de Joseph-Désiré Court, intitulé Vénitienne au bal masqué[4].

Dans Flaubert et Madame Bovary, les deux portraits sont représentés côte à côte avec une légende qui, sans émettre le moindre doute, affirme : « Deux portraits de jeune femme, par Court (Delphine Delamare, Mme Bovary) »[4]. De nombreuses demandes de photographies, à la conservation du musée des Beaux-Arts de Rouen, attestent de l'engouement pour ces rapprochements picturaux, en particulier pour Rigolette[4]. Fernand Guey, conservateur du musée des Beaux-Arts, évoque quant à lui une « fable concernant les tableaux de Court et Madame Bovary »[4]. Rigolette figure dans l'Album Flaubert de la collection la Pléiade (1972)[4]. La couverture d'une nouvelle parution de Madame Bovary, en , dans une édition de poche (« Folio »), contribue, par sa grande diffusion, à perpétuer cette tradition[4].

Notes et références

  1. Les amis de Flaubert, Bulletin no 15, 1959.
  2. Romane Ganneval, « Emma Bovary, du fait divers à l’œuvre littéraire », sur la-croix.com, (consulté le ).
  3. « La véritable "Madame Bovary" », Le Journal de Rouen, , p. 3
  4. Centre Flaubert de l'Université de Rouen

Liens externes

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