Prunus serotina

Le Cerisier d'automne, Cerisier noir ou Cerisier tardif (Prunus serotina) est une espèce d'arbre originaire de l'Est du continent Nord-Américain. Il est parfois confondu avec Prunus padus.

Pour les articles homonymes, voir Cerisier (homonymie) et Cerise noire.

Description

Le cerisier tardif est un arbre à feuillage caduc pouvant atteindre une hauteur de 20 m en Europe et jusque 35 m aux États-Unis[réf. souhaitée]. Son écorce est gris foncé et se fissure avec l'âge[1].

Les feuilles sont de forme elliptique à lancéolée (12 cm de long pour cm de large). Elles sont coriaces et munies d'une fine dentelure dirigée vers l’avant. Leur face supérieure est de couleur vert foncé luisante et est lisse, tandis que leur face inférieure est plus claire et est pubescente le long de la nervure principale.

En automne, elles deviennent jaunes avant de tomber[1].

Les fleurs sont blanches et font environ cm. Elles sont légèrement pédicellées (de 3 à 6 mm) et réunies en grappes de 10 à 15 cm[2].

Le fruit est une drupe de couleur rouge foncé à noir et large de 8 à 10 mm. Il est comestible[1].

Répartition

Distribution naturelle

Le cerisier tardif est originaire d'Amérique du Nord où on peut le trouver dans différents milieux, formant des arbres dominants [réf. souhaitée]. L'aire de répartition naturelle de cette espèce en Amérique du Nord est le sud du Québec, l'Ontario, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick au Canada, jusqu'au Texas et en Floride aux États-Unis. On le trouve également au Mexique et au Guatemala[1].

Une de ses sous-espèces, Prunus serotina subsp. capuli est le cerisier noir américain ou capulin.

Espèce invasive en Europe

Il a été introduit en Europe en 1629 en tant que plante ornementale ou d'intérêt commercial, dans l'espoir que son bois soit aussi recherché qu'aux États-Unis d'Amérique. Mais il est devenu ces dernières 40 années une des plus importantes plantes envahissantes[3] des forêts et lisières – comme dans le sud-ouest de la France, en Belgique, aux Pays-Bas ou en Allemagne.

Son caractère invasif semble favorisé par plusieurs facteurs :

  • son introduction volontaire dans le milieu ;
  • la nature et l'histoire du sol concerné[4]; il est beaucoup plus invasif sur d'anciens podzols plantés de résineux[4];
  • le type d'hétérogénéité écopaysagère du milieu[5] et la fragmentation forestière[6],[7].

Utilisation

Aux États-Unis, où l'arbre est une espèce indigène, il est prisé pour ses nombreuses utilisations. Le cœur du bois de cet arbre a été utilisé dans l'ébénisterie et la fabrication de meubles depuis l'époque coloniale et est réputé pour avoir une ombre épaisse de rouge lorsqu'il est poli. Au Québec, parmi les espèces indigènes, c'est le bois le plus précieux. Au marché, il peut atteindre un prix très élevé (plus de quatre-vingts dollars US par tranche de 100 cm2.)

Le fruit de cette espèce est également un ingrédient commun et saisonnier dans la cuisine américaine. Il y est souvent récolté en été pour être transformé en pâtés de cerise, en confitures et conserves, et utilisé dans les crèmes glacées maison. Commercialement, il est également utilisé comme aromatisant pour certaines liqueurs et boissons gazeuses.

Dans le sud des États-Unis, le bois de cet arbre est souvent utilisé dans le barbecue ou pour fumer de la viande.

Les feuilles fraîches (mais surtout fanées) contiennent des hétérosides cyanogénétiques qui se transforment en cyanure d'hydrogène lorsqu'elles sont ingérées par le bétail. Il vaut donc mieux ne pas conserver ce type d'arbre à proximité des zones de pâturage.

Notes et références

  1. RUSSEL, T., Trees of the Americas, page 152
  2. RUSSEL, T., Trees of the Americas, page
  3. Starfinger U., 1997, Introduction and naturalization of Prunus serotina in Central Europe. In: Brock, J.H., Wade, M., Pysek, P., and Green, D. (eds.) Plant invasions: Studies from North America and Europe. Backhuys Publishers, Leiden, pp. 161-171.
  4. Olivier Chabrerie, Kris Verheyen, Robert Saguez, Guillaume Decocq. (2008) Disentangling relationships between habitat conditions, disturbance history, plant diversity, and American black cherry (Prunus serotina Ehrh.) invasion in a European temperate forest. Diversity and Distributions 14:2, 204-212 Online publication date: 1-Mar-2008.
  5. Emmanuelle Sebert-Cuvillier, Matthieu Simonet, Valérie Simon-Goyheneche, Frédéric Paccaut, Olivier Goubet, Guillaume Decocq. (2010) PRUNUS: a spatially explicit demographic model to study plant invasions in stochastic, heterogeneous environments. Biological Invasions 12:5, 1183
  6. Olivier Chabrerie, Frédéric Roulier, Hélène Hoeblich, Emmanuelle Sebert-Cuvillier, Déborah Closset-Kopp, Isabelle Leblanc, Jérôme Jaminon, Guillaume Decocq ; 2007 , Defining patch mosaic functional types to predict invasion patterns in a forest landscape. Ecological Applications: Vol. 17, No. 2, pp. 464-481. doi: 10.1890/06-0614
  7. Emmanuelle Sebert-Cuvillier, Valérie Simon-Goyheneche, Frédéric Paccaut, Olivier Chabrerie, Olivier Goubet, Guillaume Decocq. (2008) Spatial spread of an alien tree species in a heterogeneous forest landscape: a spatially realistic simulation model. Landscape Ecology 23:7, 787-801 Online publication date: 1-Aug-2008.

Liens externes

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