Artemisia afra

Répartition

On la trouve en Afrique, notamment en Afrique du Sud, Angola, Botswana, Burundi, Éthiopie, Kenya, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibie, Ouganda, République démocratique du Congo, Swaziland, Tanzanie, Tchad, Zambie et Zimbabwe.

Description

Elle forme un petit buisson dont la taille varie entre 60 cm et m.

Utilisation

Tout comme son espèce « cousine » asiatique, Artemisia annua, Artemisia afra est utilisée dans quelques pays en tisanes, ou comprimés ou encore en traitement dits « ACT », pour soigner le paludisme. Son efficacité reste controversée et en cours d'évaluation. Une étude en double aveugle ayant montré la supériorité de ces deux Artemisia par rapport aux traitements classiques à base de dérivés d'artémisinine a été retiré à la suite de nombreuses inconsistances mettant en doute sa fiabilité, son éditeur l'ayant retiré de publication[1].

Des études font part de résultats positifs de l'Artemisia afra pour traiter le paludisme, ce qui soulève la question de savoir quelles molécules sont efficaces. En effet, contrairement à l'espèce asiatique, Artemisia annua, l'espèce africaine Artemisia afra ne contient pas d'artémisinine, ce qui a conduit à penser que l'action de la plante africaine contre le paludisme pourrait résulter soit de l'arginine qu'elle contient[2] soit de la combinaison de ses différents principes actifs.

Le documentaire Malaria Business, diffusé sur France 24 dans la série « Reporters le Doc » en janvier 2019[3], affirme que ce n'est pas seulement l'artémisinine de Artemisia annua qui a des propriétés anti-paludiques mais de nombreux autres principes contenus également dans l'Artemisia afra. Selon ce documentaire il convient donc de consommer la plante en « totum » et non d'en extraire l'un ou l'autre de ses principes actifs. Ceci est renforcé par le fait que les Artemisia afra et A. annua sont adaptées à la culture dans les différentes régions atteintes de paludisme.

Dans plusieurs pays d'Afrique où des « Maisons d'Artemisia » fondées par Lucile Cornet-Vernet sont implantées depuis 2013[4], on constate sur le terrain l'efficacité du traitement préventif et la valeur curative de l'Artemisia afra, sans craintes de résistance.

Son emploi dans le traitement préventif ou curatif du paludisme fait cependant l'objet d'une vive résistance de l'OMS.

En France, la plante est interdite à la vente et même à la détention en herboristerie. Un autre traitement à base de Méfloquine (ou Lariam) est utilisé mais, outre que, selon l'OMS, des souches de Plasmodium falciparum résistent à cette molécule, elle peut avoir de graves effets secondaires cardiaques, neurologique et psychiatrique[5], dont témoigne en 2017 le chanteur belge Stromae[6].

Références

  1. (en) André Gillibert, Stéphane Jauréguiberry, Yves Hansmann, Xavier Argemi,Jordi Landier, Eric Caumes, Jean Gaudart, « Comment on “A. annua and A. afra infusions vs.Artesunate-amodiaquine (ASAQ) in treating Plasmodium falciparum malaria in a large scale, doubleblind, randomized clinical trial »
  2. Pierre Lutgen. Artemisia afra will save Africa. Malaria Wolrld, 23 mars 2016 : lire en ligne
  3. Bernard Crutzen. Malaria Business : les laboratoires contre la médecine naturelle ? France24.com, 11/01/2019 : visionner en ligne
  4. Maisons d'Artemisia lire en ligne
  5. L'Artemisia afra cultivée biologiquement sur l'Île-d'Yeu, contre la malaria. POSITIV-R, 4 décembre 2017. lire en ligne
  6. L'Artemisia, la plante anti-paludisme mise à l'honneur par le docu Malaria Business, et le chanteur Stromae. RTBF info, 12 novembre 2017 : lire en ligne, 12 novembre 2017

Liens externes

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