Aigremoine élevée

Agrimonia procera

L'Aigremoine élevée ou Aigremoine odorante (Agrimonia procera Wallr.) est une espèce de plantes à fleurs herbacées vivaces de la famille des Rosacées présente en Europe et en Afrique du Nord. Elle intéresse de plus en plus la communauté scientifique à cause de son contenu important en agrimoniine, un composé avec de nombreuses propriétés médicinales.

Dénomination

Nom scientifique retenu

Agrimonia procera Wallr., 1840.

Noms vernaculaires

Aigremoine élevée, Aigremoine odorante[1],[2].

Étymologie

Le nom Agrimonia dérive d’une déformation du nom grec « argemônê » qui est le nom d’un pavot. En latin, « argema » signifie « taie de l’œil » ou « ulcère de l’œil », ce qui est probablement dû au fait que les Aigremoines peuvent soigner ce type d’ulcère[3]. Une autre origine du nom Agrimonia pourraient être les mots grecs « Agros » signifiant « le champ » et « Monas », « solitaire » en français[3].

Procera vient du latin « procerus » qui signifie élevé ou allongé[2].

Synonymes

  • Agrimonia acutifolia Dumort., 1827
  • Agrimonia eupatoria proles odorata sensu Rouy, 1900
  • Agrimonia eupatoria subsp. odorata Bonnier & Layens, 1894
  • Agrimonia eupatoria subsp. procera (Wallr.) Arrh. ex Fr., 1842  
  • Agrimonia leroyi Sennen, 1928
  • Agrimonia odorata auct. non Mill., 1768
  • Agrimonia odorata Mill., 1768  
  • Agrimonia repens auct. non L., 1759  
  • Agrimonia suaveolens Wallr., 1842[1]

Caractéristiques

A. procera, plante en entier.

Port général

A. procera est une plante herbacée vivace[2],[4] hémicryptophyte mesurant de 50 à 100 centimètres de haut[2],[5], et munie d’une souche épaisse[4].

Appareil végétatif  

L’appareil végétatif est composé de tiges dressées[6],[4], poilues[5],[7] et ramifiées en hauteur[6],[5],[4]. Celles-ci sont munies de grandes feuilles[2] composées-pennées[4], disposées de façon alterne et dotées chacune d’un pétiole et d’un stipule[7]. Les folioles ont une forme lancéolée[5],[4],[7] et un bord denté[7]. Elles sont disposées en 3 à 7 paires avec une foliole terminale[7]. Leur face inférieure est verte et est couverte de fins poils et de nombreuses glandes résineuses odorantes ce qui produit une forte odeur lorsqu’elles sont froissées[6],[5],[4],[2],[7].

Appareil reproducteur

A. procera, inflorescence avec fleurs et fruits.

L’Aigremoine élevée porte des inflorescences allongées en longs épis[6],[4],[7]. Ses fleurs sont jaunes, odorantes et actinomorphes[7]. Elles possèdent de petits pédoncules[4]. Elles sont hermaphrodites et sont composées d’une corolle de 5 pétales qui forment un diamètre moyen de 5 à 10 mm[7], de 12 étamines[7] et de 2 carpelles[4],[6],[7]. De plus, elle possède un calice fructifère[2],[4],[6],[5] muni de 5 lobes[7] découpés en hauteur[4],[5],[2] et recouvert de soies dont les plus externes sont réfléchies à maturité[2],[4],[5],[6]. Ses fruits sont des akènes[3] avec des poils crochus et des rainures sur le haut. Ils possèdent des pépins d’une taille moyenne de 11 mm[7].

Espèce voisine

Une espèce fort semblable est l’Aigremoine eupatoire (Agrimonia eupatoria) qui est une espèce plus courante que l’Aigremoine élevée[8]. On sait les distinguer par le fait que l’Aigremoine eupatoire est de plus petite taille[5], possède une rosette basale[7] et n’a pas de glandes sur ses folioles[5]. De plus, l’Aigremoine élevée est munie de folioles plus minces avec moins de poils et ses réceptacles fructifères sont plus grands, plus découpés avec moins de rainures et des soies inférieures plus recourbées[5],[7]. Pour finir, on retrouve généralement l’Aigremoine eupatoire sur des sols calcaires contrairement à l’Aigremoine élevée[2],[5].

Écologie

Régions d'origine et régions où la plante s'est naturalisée

Elle peut être trouvée en Europe jusqu’au Caucase et en Afrique du Nord[2],[4],[5],[6].

Habitat

A. procera, habitat.

On la retrouve dans les bois[2],[4],[5],[7], les haies[4],[6], les friches herbeuses[2],[4],[5], les prairies[4],[7], les taillis, les pâturages[7], les ravins[6] mais aussi dans les chemins, les talus[2] ou au niveau de berges[4]. Elle vit dans des milieux ombragés[7] ou semi-ombragés[2] où on retrouve du limon, de l'argile et du schiste[2] au niveau du sol avec un pH modérément acide[2]. Certains auteurs affirment qu’elle vit sur de la marne[5] alors que d’autres disent qu’au contraire elle vit sur des sols qui en sont dépourvus[2]. Elle a besoin d’un endroit avec des ressources d’eau et un mull moyennement ou très abondant en matières nutritives[2].

Phytosociologie

Elle peut partager des lisières fraiches avec par exemple, Achillea millefolium, Brachypodium sylvaticum ou bien Dactylis glomerata et des fruticées et des haies avec par exemple, Crataegus monogyna, Ribes uva-crispa ou Rosa canina[2].

Cycle de vie

Agrimonia procera réalise sa floraison entre juin et août[2],[5]. Les fleurs odorantes sont pollinisées par des insectes, mais l’autogamie est également possible[9].

Interaction avec d’autres organismes

La pollinisation est accomplie par des insectes ailés et non-ailés[10]. Grâce aux poils crochus des fruits de l’Aigremoine élevée, ceux-ci restent accrochés sur différents animaux entrant en contact avec la plante. Ces animaux lui permettent ainsi de répandre ses fruits[2].

Protection

L’Aigremoine odorante est classée par l'UICN comme vulnérable[11].

Propriétés

Agrimonia procera possède de grandes quantités d’agrimoniine[12], qui est un composé avec plusieurs propriétés médicinales. Il est antibactérien, antioxydant, anti-inflammatoire, antidiabétique ainsi qu’anticancérigène[13]. Il s’agit également d’un inhibiteur de la libération d'histamine, un inhibiteur de la tyrosinase et de la neutrophile élastase[13].

En plus, A. procera possède de nombreux flavonoïdes, dont la lutéoline et l’apigénine, possédant également des propriétés médicinales comme des propriétés anti-inflammatoires[14] et anticancérigènes[15].

Utilisations

A. procera n’est, en ce moment, pas utilisée par l’homme, or de nombreuses études soulignent son potentiel en tant que plante médicinale et surtout comme source d’agrimoniine[12],[16],[17]. Elle pourrait également remplacer les antibiotiques dans les élevages[18].

Références

  1. « Agrimonia procera Wallr., 1840 - Aigremoine élevée, Aigremoine odorante », sur Inventaire National du Patrimoine Naturel (consulté le ).
  2. J.-C. Rameau, D. Mansion, & G. Dumé, Flore forestière française: guide écologique illustré, Paris: Institut pour le développement forestier : Ministère de l’agriculture et de la forêt, Direction de l’espace rural et de la forêt : Ecole nationale du génie rural, des eaux et des forêts, .
  3. « Welriekende agrimonie - Agrimonia procera », sur www.wilde-planten.nl (consulté le )
  4. « Conservatoire botanique national du Bassin parisien, CBNBP », sur cbnbp.mnhn.fr (consulté le ).
  5. J. Lambinon & F. Verloove, Nouvelle flore de la Belgique, du Grand-Duché de Luxembourg, du Nord de la France et des régions voisines: Ptéridophytes et Spermatophytes, Meise, Jardin botanique national de Belgique, , 6e éd..
  6. « eFlore », sur Tela Botanica (consulté le ).
  7. « Aigremoine élevée, Agrimonia procera - Fleurs - NatureGate », sur www.luontoportti.com (consulté le ).
  8. D. Sutton, Les Fleurs sauvages, Paris, Solar, , p. 84
  9. « Agrimonia procera – řepík vonný | Pladias: Database of the Czech flora and vegetation », sur pladias.cz (consulté le ).
  10. (en) nfoto, « Agrimonia procera [Fragrant Agrimony] », sur UltravioletPhotography (consulté le )
  11. « Liste des taxons | Flore | Espèces | La biodiversité en Wallonie », sur biodiversite.wallonie.be (consulté le ).
  12. Sebastian Granica, Holger Kluge, Gert Horn et Adam Matkowski, « The phytochemical investigation of Agrimonia eupatoria L. and Agrimonia procera Wallr. as valid sources of Agrimoniae herba—The pharmacopoeial plant material », Journal of Pharmaceutical and Biomedical Analysis, vol. 114, , p. 272–279 (ISSN 0731-7085, DOI 10.1016/j.jpba.2015.05.027, lire en ligne, consulté le ).
  13. (en) Daniel M. Grochowski, Krystyna Skalicka‐Woźniak, Ilkay Erdogan Orhan et Jianbo Xiao, « A comprehensive review of agrimoniin », Annals of the New York Academy of Sciences, vol. 1401, no 1, , p. 166–180 (ISSN 1749-6632, DOI 10.1111/nyas.13421, lire en ligne, consulté le ).
  14. (en) Ali Shafaghat et Maryam Shokrollahi, « Antioxidant Activity and Isolation of Luteoline from Centaurea behen L. Grown in Iran », sur Journal of Chemistry, (DOI 10.1155/2013/620305, consulté le ).
  15. (en) Sanjeev Shukla et Sanjay Gupta, « Apigenin: A Promising Molecule for Cancer Prevention », Pharmaceutical Research, vol. 27, no 6, , p. 962–978 (ISSN 1573-904X, PMID 20306120, PMCID PMC2874462, DOI 10.1007/s11095-010-0089-7, lire en ligne, consulté le ).
  16. « Agrimony (Agrimoniae herba) », sur buecher.heilpflanzen-welt.de (consulté le ).
  17. Milda Pukalskienė, Gražina Slapšytė, Veronika Dedonytė et Juozas Rimantas Lazutka, « Genotoxicity and antioxidant activity of five Agrimonia and Filipendula species plant extracts evaluated by comet and micronucleus assays in human lymphocytes and Ames Salmonella/microsome test », Food and Chemical Toxicology, vol. 113, , p. 303–313 (ISSN 0278-6915, DOI 10.1016/j.fct.2017.12.031, lire en ligne, consulté le ).
  18. Tobias Gräber, Holger Kluge, Sebastian Granica et Gert Horn, « Agrimonia procera exerts antimicrobial effects, modulates the expression of defensins and cytokines in colonocytes and increases the immune response in lipopolysaccharide-challenged piglets », BMC Veterinary Research, vol. 14, no 1, , p. 346 (ISSN 1746-6148, PMID 30442133, PMCID PMC6238359, DOI 10.1186/s12917-018-1680-0, lire en ligne, consulté le ).

Liens externes

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