douar

Voir aussi : Douar

Français

Étymologie

De l'arabe دوار, َdouarhameau »), probablement du radical دار dar (« maison »).

Nom commun

SingulierPluriel
douar douars
\dwaʁ\

douar \dwaʁ\ masculin

  1. Groupe de tentes disposées en cercle, de façon à remiser les troupeaux dans l’espace laissé libre au centre.
    • D’ordinaire, elle le menait dans la gorge tourmentée et sauvage d’un oued assez loin du douar.  (Isabelle Eberhardt, Yasmina,1902)
    • Mais généralement l’envoi de quelques troupes met fin aux troubles en peu de temps. Elles envahissent le territoire de la tribu à châtier, pillent les douars, razzient les troupeaux, détruisent les cultures, font des prisonniers et coupent des têtes, […].  (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 11)
    • Les jeunes exilés pour cause de guerre, […] sur les cartes postales qu’ils envoient à leur familles […] expurgent les douars fouillés, les mechtas mises à sac, les filles aux longs cheveux qui se mordent les lèvres, les visages sculptés par le turban des jeunes Arabes de leur âge, semblables à leurs compagnons coiffés d’un calot.  (Jocelyne Sauvard, Simone Veil — La force de la conviction, l’Archipel, Paris, 2012, pages 74-75)
  2. (Par extension) Groupe de familles obéissant à un chef en formant une fraction de la tribu.
    • […]; et les premiers cavaliers revenant du champ de bataille racontaient les résultats de la journée. La souga n’avait pas réussi : pour faire bonne figure, on avait razzié deux ou trois douars et coupé autant de têtes ; […].  (Eugène Aubin, Le Maroc dans la tourmente : 1902-1903, Librairie Armand Colin, 1904, rééd. Éditions Paris-Méditérannée, 2004, page 145)
    • Aussi, de la capitale, vont-ils parachuter dans les villages des dirigeants inconnus ou trop jeunes qui, investis par l’autorité centrale, entendent mener le douar ou le village comme une cellule d’entreprise.  (Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre, 1961. p. 112.)
    • Nous, les hommes des douars lointains, des hauts djebels, des larges vallées, nous savions que l’on ne bâtit pas sa maison si l’on n’a pas confiance dans la solidité du sol.  (Saïd Boualam, Les Harkis au service de la France, France-Empire, 1963, p. 26)
    • Dans tous les villages, tous les douars, toutes les mechtas, placés sous ma responsabilité, je les ai convaincu de notre invincibilité sans, pratiquement, tirer un seul coup de feu.  (Didier Daeninckx et Tignous, Corvée de bois, 2002, p. 58)
    • Le village est entouré d’une vingtaine de douars où les mariages endogènes entretiennent un même vieux nom pour tous et assurent la transmission des prénoms des morts aux nouveau-nés.  (Kamel Daoud, Zabor ou Les psaumes, (Barzakh, Alger), Actes Sud, 2017, p. 130)

Traductions

Prononciation

Anagrammes

Références

  • Tout ou partie de cet article a été extrait du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition, 1932-1935 (douar), mais l’article a pu être modifié depuis.

Breton

Étymologie

Du vieux breton doiar.
Du moyen breton douar[1].
À comparer avec les mots daear en gallois, dor (ou doer) en cornique (sens identique).

Nom commun

douar \ˈduː.ar\ masculin (pluriel douaroù, douareier)

  1. Terre (divers sens).
  2. (Par extension) Domaine.

Synonymes

Dérivés

Références

  1. Jehan Lagadeuc, Catholicon, Tréguier, 1499
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