Vomissement

Le vomissement est le rejet actif par la bouche d'une partie du contenu de l'estomac. C'est une action protectrice de l'organisme qui a pour but de protéger ce dernier contre l'ingestion de substances toxiques. Il se distingue de la régurgitation qui, elle, est passive et consiste en une simple remontée du contenu gastrique vers l'arrière-gorge ou la cavité buccale.

Vomissement
Classification et ressources externes
CIM-10 F50.5 (psychogène)
R11
CIM-9 787
MeSH D014839
Mise en garde médicale

Le mécanisme du vomissement est essentiellement d'origine centrale : dans le tronc cérébral se trouve le centre du vomissement recevant des informations du cortex, de la pression des ventricules cérébraux, des viscères et d'une zone de chimiorécepteurs. Il envoie des efférences vers le tube digestif, plus particulièrement vers le duodénum.

Mécanisme

Le vomissement est un réflexe viscéral qui est intégré dans le bulbe rachidien, au niveau du centre émétique ou « centre du vomissement » de la formation réticulée. En premier lieu, le réflexe provoque une salivation et une sensation de nausée. Ensuite, un mouvement antipéristaltique provoque le reflux du contenu de l'intestin grêle proximal dans l'estomac. Lorsque le sujet est conscient, un réflexe ferme la glotte et bloque les voies aériennes supérieures empêchant que les vomissements soient aspirés dans la trachée. Les muscles de la paroi abdominale se contractent tandis que la cage thoracique est maintenue immobile et la pression intra-abdominale augmente. Enfin, le sphincter œsophagien inférieur (cardia) et l'œsophage entier se relâchent et le contenu gastrique est expulsé[1].

Contenu

Tout ce qui a été ingéré dans les dernières heures est retrouvé, de l'acide gastrique (ce qui explique les irritations ressenties sur les muqueuses de l'œsophage et de la bouche), ainsi que de la bile, qui remonte du duodénum lors de contractions plus sévères. La présence de sang (hématémèse) nécessite une évaluation par un médecin.

Causes

Les vomissements peuvent avoir un grand nombre de causes, dont :

L'association de plusieurs facteurs accentue la probabilité de survenue de nausées, vomissements…

Certaines personnes atteintes de boulimie ou d'anorexie mentale ou pour d'autres raisons[12] peuvent se faire vomir volontairement à la suite d'une stimulation dans le fond de la gorge au niveau du fond de la langue.

Diagnostic

C'est un symptôme très fréquent faisant l'objet d'une triple préoccupation : nature, abondance, fréquence. Les causes sont multiples.

Démarche diagnostique

Dans la détermination et l'orientation diagnostique, il faut prendre en relief l'allure du rejet du contenu gastrique (vomissement en fusée sans effort, en jet....) et les phénomènes cliniques que sont :

  • les antécédents ;
  • les prises médicamenteuses ;
  • les signes d'accompagnement fonctionnels : douleurs, troubles du transit, céphalées, vertiges, etc. ;
  • l'examen physique : complet avec orientation sur l'examen de l'abdomen, l'examen neurologique, labyrinthique, cardiaque, existence d'une fièvre, état d'hydratation.

Complications

Il faut éviter les complications qui peuvent être des troubles hydroélectrolytiques, complications mécaniques (ulcération, syndrome de Mallory-Weiss) et complications respiratoires (pneumopathie d'inhalation pouvant aller jusqu'à un tableau de détresse respiratoire : syndrome de Mendelson).

Traitement

Médicaments

Un médicament émétique provoque le vomissement lorsqu'il est administré par voie orale ou par injection et peut servir lorsqu'une substance (par exemple du poison) a été ingérée et doit être expulsée immédiatement avant d'être digérée. Cependant, la prise d'un tel médicament n'est pas anodine, même lors d'un empoisonnement, car la remontée de certains produits peut provoquer de nouveaux dommages, à l'œsophage par exemple. Cette décision relève donc d'un médecin ou d'un centre antipoison.

Un antiémétique est un médicament qui agit contre les vomissements et nausées et est souvent utilisé pour vaincre la cinétose (« mal du mouvement ») et les effets secondaires indésirables découlant de certains analgésiques opioïdes et de la chimiothérapie contre le cancer :

  • Phénothiazines : chlorpromazine (Largactil), métopimazine (Vogalène), thiéthylpérazine (Torécan) ;
  • Benzamides substitués : métoclopramide (Primpéran), alizapride (Plitican), dompéridone (Motilium), halopéridol (Haldol). Il existe des risques de dyskinésies neuroleptiques précoces (trismus, torticolis spasmodiques, crises oculogyres...) sous métoclopramide chez les adultes jeunes ;
  • Corticoïdes, essentiellement dans les vomissements induits par la chimiothérapie : dexaméthasone (Soludécadron) et méthylprednisolone (Solumédrol).
  • Antagonistes 5HT3 de la sérotonine sont réservés aux vomissements induits par la chimiothérapie ou pour la prévention des nausées et vomissements post-opératoires : ondansétron (Zophren) et granisétron (Kytril) ;
  • L'aprépitant (Emend), en association avec la dexaméthasone et l'ondansétron, est indiqué dans le traitement des nausées et vomissements aigus et retardés de la chimiothérapie anticancéreuse.

Chez les animaux

Les chats vomissent afin de se purger, c'est-à-dire d'évacuer le trop-plein de poils avalés pendant leur toilette. Il existe dans le commerce de « l'herbe à chat » dont le but est de faciliter le vomissement.

Les lapins, les souris, les cochons d'Inde et les rats, les chevaux ne peuvent pas vomir car leur sphincter œsophagien, le cardia, ne laisse pas repasser la nourriture de l'estomac vers la mâchoire[13],[14].

Notes et références

  1. William Ganong, Michel Jobin, Physiologie médicale, éd. De Boeck Université, 2005, pp. 219-220 (ISBN 2804148912).
  2. (en) Lichtor JL, « Nausea and vomiting after surgery: it is not just postoperative » Curr Opin Anaesthesiol. 2012;25(6):673-9. PMID 23075768
  3. (en) Parra-Sanchez I, Abdallah R, You J, Fu AZ, Grady M, Cummings K 3rd, Apfel C, Sessler DI, « A time-motion economic analysis of postoperative nausea and vomiting in ambulatory surgery » Can J Anaesth. 2012;59(4):366-75. PMID 22223185
  4. (en) Melton MS, Klein SM, Gan TJ. « Management of postdischarge nausea and vomiting after ambulatory surgery » Curr Opin Anaesthesiol. 2011;24(6):612-9. PMID 21934496
  5. (en) Choung RS, Locke GR 3rd, Lee RM, Schleck CD, Zinsmeister AR, Talley NJ. Cyclic vomiting syndrome and functional vomiting in adults: association with cannabinoid use in males Neurogastroenterol Motil. 2012;24(1):20-6, e1. DOI:10.1111/j.1365-2982.2011.01791.x PMID 21951771
  6. (en) Chepyala P, Olden KW. « Cyclic vomiting and compulsive bathing with chronic cannabis abuse » Clin Gastroenterol Hepatol. 2008 Jun;6(6):710-2. PMID 18456571
  7. (en) Sontineni SP, Chaudhary S, Sontineni V, Lanspa SJ. World J, « Cannabinoid hyperemesis syndrome : clinical diagnosis of an underrecognised manifestation of chronic cannabis abuse » Gastroenterol. 2009;15(10):1264-6 (résumé)
  8. (en) Lee LY, Abbott L, Mahlangu B, Moodie SJ, Anderson S. « The management of cyclic vomiting syndrome: a systematic review » Eur J Gastroenterol Hepatol. 2012;24(9):1001-6. PMID 22634989
  9. (en) Kumar N, Bashar Q, Reddy N, Sengupta J, Ananthakrishnan A, Schroeder A, Hogan WJ, Venkatesan T. « Cyclic Vomiting Syndrome (CVS): is there a difference based on onset of symptoms - pediatric versus adult ? » BMC Gastroenterol. 2012;28;12:52. PMID 22639867
  10. (en) Fitzgerald M, Crushell E, Hickey C. « Cyclic vomiting syndrome masking a fatal metabolic disease » Eur J Pediatr. 2013;172(5):707-10. PMID 23052622
  11. Ochoa-Mangado E, Jiménez Giménez M, Salvador Vadillo E, Madoz-Gúrpide A., Cyclical hyperemesis secondary to cannabis abuse. Gastroenterol Hepatol. 2009 Jun-Jul; 32(6):406-9. Epub 2009 May 27.
  12. Meilman, P.W., von Hippel, F.A. & Gaylor, M.S. (1991). Self-induced vomiting in college women: Its relation to eating, alcohol use, and Greek life. Journal of American College Health 40:39-41
  13. Clara Zerbib, « Pourquoi les chevaux ne peuvent-ils pas vomir ? », sur animalaxy.fr, (consulté le )
  14. Sibylle Luise Binder et Gabriele Kärcher (trad. de l'anglais), La vie fascinante des chevaux, Paris, Larousse, , 215 p. (ISBN 2-03-560289-0), p. 97

Annexes

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