Scutigère véloce

Scutigera coleoptrata

La Scutigère véloce, Scutigera coleoptrata, est une espèce de myriapodes de la famille des Scutigeridae et du genre Scutigera. Originaire d'Europe elle s'est répandue dans le monde entier.

La Scutigère, comme les autres myriapodes (mille-pattes), présente un corps composé d'une tête et d'un nombre variable d'anneaux portant les pattes. Il ne s'agit pas d'insectes (dont le plan de corps est composé d'une tête, d'un thorax portant trois paires de pattes et d'un abdomen).

Son aire de distribution est mondiale, avec une plus grande population dans les régions chaudes et particulièrement méditerranéennes.

Description

Une scutigère véloce adulte possède quinze paires de pattes fragiles qui se détachent facilement (autotomie), soit, comme tous les chilopodes, une paire de pattes par segment. Les pattes postérieures sont nettement plus longues que les autres. La taille du corps varie de 25 à 30 mm (longueur maximum : 50 mm)[1], mais peut atteindre une dizaine de centimètres, pattes comprises. Les longues pattes arrière ressemblant à des antennes, il est difficile de distinguer l'avant de l'arrière de l'animal au repos.

Son corps est recouvert d'un exosquelette de chitine divisé en neuf plaques tergales ressemblant à des boucliers (d'où le nom de « scutigère »).

Sa couleur varie de beige à jaunâtre, son dos est strié tout du long de trois raies foncées tandis que le dessous est presque blanc.

Elle est dite « véloce » parce qu'elle se déplace très vite, jusqu'à 0,4 m/s[2], pour attaquer ses proies afin de les paralyser à l'aide du venin délivré par ses forcipules fixées sous la tête, sur le premier segment de son corps.

Développement

À l'éclosion de l'œuf, les jeunes scutigères n'ont que quatre paires de pattes. Elles se développent en plusieurs phases, acquérant ensuite 5 puis 7, 9, 11, 13 et enfin 15 paires de pattes[3].

Comportement

Gros plan sur la tête d'une Scutigère véloce.

Il s'agit d'un arthropode lucifuge et hygrophile.

Ce prédateur est capable de sauter d'un meuble ou d'effectuer des virages à 90 degrés vers une cachette propice. Les sens de la vision (grâce à deux yeux à facettes), de l'ouïe et de l'odorat sont assez développés.

Prédatrice très active, la scutigère véloce est parfois capable d'attaquer une guêpe, ou une araignée.

Reproduction

Les Scutigères véloces pondent généralement en été. Pour se reproduire, le mâle et la femelle tournent l'un autour de l'autre en entrant en contact à l'aide de leurs antennes ; le mâle dépose sa semence sur le sol, que la femelle viendra par la suite récupérer dans ses voies génitales afin d'être fécondée.

Systématique

L'espèce a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom de Scolopendra coleoptrata[4],[5]. Étymologie : scutum et gerere signifient, en latin, bouclier et porter. C'est l'espèce type pour le genre. "Coleoptrata" signifie "en forme de coléoptère".

Synonymie

Liste des synonymes de Scutigera coleoptrata (Linnaeus, 1758) :

  • Cermatia capensis Templeton, 1843[4]
  • Cermatia coleoptrata (Linnaeus, 1758)[5]
  • Cermatia floridana Newport, 1845[4]
  • Cermatia livida Leach, 1817[4],[5]
  • Cermatia variegata Risso, 1826[4]
  • Cryptomera nemura Rafinesque, 1820[4]
  • Julus araneoides Linnaeus, 1758[5]
  • Julus araneoides Pallas, 1772[4]
  • Selista forceps Rafinesque, 1820[4],[5]
  • Scolopendra aranea Scopoli, 1763[4],[5]
  • Scolopendra coleoptrata Linnaeus, 1758[4],[5]
  • Scolopendra lineata Rossi, 1790[4],[5]
  • Scolopendra nigricans Geoffroy, 1762[4]
  • Scutigera asiaeminoris Verhoeff, 1905[4]
  • Scutigera coleoptrata crinita Attems, 1902[4],[5]
  • Scutigera coleoptrata genuina Verhoeff, 1905[4]
  • Scutigera coleoptrata graeca Verhoeff, 1905[4],[5]
  • Scutigera coleoptrata insularum Verhoeff, 1905[4],[5]
  • Scutigera coleoptrata natalensis Verhoeff, 1905[4]
  • Scutigera longipes Lamarck, 1818[4]
  • Scutigera mohamedanica Verhoeff, 1936[4]
  • Scutigera muscivora Verhoeff, 1905[4]
  • Scutigera pretzmanni Würmli, 1973[4]
  • Scutigera rubrovittata Verhoeff, 1905[4]

Noms vernaculaires

  • Millepattes-araignée
  • Mille-pattes de maison
  • Millepattes-minute
  • Scutigère véloce

La Scutigère véloce et l'Homme

La Scutigère peut se loger dans les lieux domestiques, sur les murs ou parfois coincée dans des objets à surface lisse dont la sortie lui est difficile, comme les baignoires, et dans les pièces plutôt sombres et humides comme les salles de bains ou les caves, car elle cherche l'humidité et n'aime pas la luminosité.

Si elle peut effrayer certaines personnes, la Scutigère véloce est inoffensive pour l’Homme, et cherchera le plus souvent à fuir vers une cachette propice. Elle ne pique ses agresseurs qu'en dernier recours à l'aide de pattes qui ont évolué en crochets venimeux. Le venin provoque alors une réaction épidermique semblable à celle d'une piqûre de guêpe[6],[7]. De très rares cas d'allergies peuvent être observés.

Cet animal est un prédateur des moustiques, des punaises de lit, des fourmis, des termites, des blattes, des poissons d'argent, etc. Son installation dans une maison est le signe de la présence de ces insectes, dont les scutigères se nourrissent.

Réduire les populations de ces divers insectes — généralement attirés par des denrées périssables — est le meilleur moyen de se débarrasser des scutigères.

Notes et références

Voir aussi

Publication originale

(la) Carl von Linné, chap. 242 « Scolopendra », dans Systema naturæ : per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, vol. 1 : Holmiae, , 10e éd., 824 p. (lire sur Wikisource, présentation en ligne, lire en ligne), p. 638

Liens externes

Références taxonomiques

Autres liens externes

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