Politique au Japon

La politique au Japon s'inscrit dans un système de monarchie constitutionnelle avec un parlement bicaméral, la Diète (国会, Kokkai). Ce régime politique a été mis en place en 1946 en accord avec les forces d'occupation américaines.

Organisation

Le pont Nijubashi à l'entrée du palais impérial de Tokyo, résidence de l'empereur du Japon

Le pouvoir exécutif appartient au Cabinet, responsable devant la Diète, composé du Premier ministre (総理大臣, Sōri daijin) et de ministres d'État, tous devant être des civils. Le Premier ministre doit être un membre de la Diète, qui le choisit. Le Premier ministre a le pouvoir de nommer et démettre les ministres, dont une majorité doit être des membres du Parlement.

La Constitution de 1947 énonce des principes fondamentaux reconnaissant la souveraineté du peuple, limitant l'empereur au rôle symbole et proclame le pacifisme institutionnel.

La branche législative se compose d'une chambre des représentants (衆議院, Shūgi-in) de 475 sièges, élu au suffrage universel tous les quatre ans, et d'une chambre des conseillers (参議院, Sangiin) de 242 sièges, dont les membres sont élus pour six ans.

Le suffrage est toujours universel et secret (tous les hommes et femmes âgés de 18 ans ou plus ont le droit de vote[1]). L'empereur n'ayant qu'un rôle purement symbolique, le Japon est parfois classé comme démocratie parlementaire.

Partis politiques

Le PLD, conservateur libéral, a longtemps été le principal parti du Japon pour avoir dominé toutes les coalitions gouvernementales de 1955 à 1993 et de 1994 à 2009. Il a néanmoins perdu la majorité lors des élections législatives du au profit de l'opposition de centre gauche emmenée par le PDJ. Il retrouve cependant le pouvoir dès 2012.

Les partis représentés au parlement sont :

Autres partis politiques

  • La Ligue Libérale (自由連合, Jiyūrengō)[2]
  • Le Parti Japonais des Travailleurs (日本労働党, Nihon Rōdōtō)[3]
  • Le Parti Nationaliste du Japon (日本国民党, Nihon Kokumintō)[4]
  • Le Parti pour une Nouvelle Société (日本新社会党, Nihon Shinshakaitō)[5]
  • Le Parti pour une Économie Mondiale (世界経済共同体党, Sekai Keizai Kyōdōtaitō)[6]
  • Le Parti pour la Paix (平和党, Heiwatō)[7]
  • Le Parti Féministe (女性党, Joseitō)[8]
  • Le Parti pour les Sports et la Paix (スポーツ平和党, Supōtsu Heiwatō)[9]
  • Le Parti pour le Progrès Public (日本公進党, Nihon Kōshintō)[10]
  • Le Parti du Renouveau (日本維新政党:新風, Nihon Ishinseitō - Shinpū)[11]
  • Le Club Dainiin (第二院クラブ, Dainiin kurabu)[12]

Anciens partis politiques

  • Les différents partis ayant porté le nom de Parti libéral (自由党, Jiyutō), le dernier en date (1998) ayant été absorbé par le PDJ en 2003 ;
  • Le Parti de la nouvelle frontière (新進党, Shinshintō, 1994-1997), provenant de la fusion de sept partis, avant d'éclater en 1997 ;
  • Le Nouveau parti du Japon (日本新党, Nihon Shintō, 1992-1994), devenu une composante du Parti de la Nouvelle frontière ;
  • Le Parti de la Renaissance (新生党, Shinseitō, 1993-1994) devenu une composante du Parti de la Nouvelle frontière ;
  • Le Parti conservateur (保守党, Hoshutō, 2000-2002) devenu le Nouveau Parti conservateur (保守新党, Hoshu Shinto, abrégé en NPC, 2002-2003) avant d'être absorbé par le PLD ;
  • Le Nouveau Parti pionnier (新党さきがけ, Shintō Sakigake, 1993-1998) devenu le Parti précurseur (さきがけ, Sakigake, 1998-2002) puis l'Assemblée verte (みどりの会議, Midorino Kaigi, 2002-2004).

Liste des élections générales

Politique étrangère et diplomatie

Ambassade japonaise à Bratislava.

Le Japon envoie des ambassadeurs vers la Dynastie Tang à Xi'an dès 607[13] mais pendant des siècles, le Japon restera replié sur lui-même et ne chercha pas à étendre ses relations internationales.

Durant le XVIe siècle, des commerçants venus du Portugal, des Pays-Bas, d'Angleterre et d'Espagne débarquèrent au Japon, avec les missionnaires chrétiens. En 1613, pendant le règne d'Ieyasu Tokugawa, le Japon envoie un ambassadeur dans un pays occidental pour la première fois, en Espagne. Les cinq ambassadeurs se convertissent au catholicisme et sont exécutés à leur retour[14].

Pendant la première partie du XVIIe siècle, le shogunat japonais suspecta les prémices d'une conquête militaire par les forces européennes et cessa finalement toute relation avec l'étranger excepté certains contacts restreints avec des marchands chinois et néerlandais à Nagasaki (précisément sur l'île de Dejima). Cet isolement (sakoku) dura 200 ans, jusqu'à ce que le Commodore Matthew Perry force le Japon à s'ouvrir à l'Occident avec la convention de Kanagawa en 1854.

Le début de l'ère Shōwa vit l'État japonais tomber sous l'influence croissante de l'expansionnisme militaire avec un régime politique de plus en plus sévère et autoritaire, qui aboutit à la guerre sino-japonaise (1937-1945), puis aux campagnes du Pacifique de la Seconde Guerre mondiale. Le Japon dévasté d'après-guerre, confiné à sa taille actuelle, resta sous l'occupation des États-Unis jusqu'en 1952, avant de pouvoir reprendre une politique étrangère indépendante.

Plusieurs litiges frontaliers historiques perdurent entre le Japon et la Russie, la Chine, la Corée du sud et Taïwan. Le Japon fait décoller ses chasseurs en urgence plusieurs centaines de fois par an pour défendre son espace aérien contre la Russie et la Chine[15].

Relations avec la France

Les relations franco-japonaises (日仏関係, Nichi-Futsu kankei) débutent de manière fortuite au XVIIe siècle lorsqu'un samouraï et ambassadeur japonais, Tsunenaga Hasekura, dans sa route vers Rome fait escale pour quelques jours dans le sud de la France.

Après la longue période isolationniste du Japon, la France et le Japon sont devenus de grands partenaires depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Le Japon a modernisé son armée avec l'aide du français Jules Brunet, et la France a aidé le Japon à développer ses moyens de construction navale et a participé au développement des lois japonaises.

Les relations se dégradèrent lors de l'invasion japonaise de l'Indochine française en 1940, puis de la guerre franco-thaïlandaise après que le Japon eut conclu une alliance avec la Thaïlande qui à son tour, envahit l'Indochine française en 1941. Là aussi les choses se normalisèrent à la suite de la signature des actes de capitulation du Japon le .

Histoire

Le premier Parti socialiste du Japon est créé en 1901 mais est aussitôt interdit par les autorités. Le courant socialiste s'oppose à la guerre russo-japonaise (1904-1905) ce qui l'expose à la répression. En 1911, un projet d'assassinat de l'Empereur, perçu comme le symbole du régime répressif, par quelques militants anarchistes conduit à des centaines d'arrestations, tant dans les milieux socialistes qu'anarchistes. 24 militants sont exécutés à l'issue de cette affaire, parmi lesquels Shūsui Kōtoku[16].

Le Japon connait une période de relative démocratisation entre 1912 et 1926, connue comme l'ère Taishō, permettant notamment l'adoption du suffrage universel masculin[16].

Des années 1950 aux années 1970, la Central Intelligence Agency des États-Unis a dépensé des millions de dollars pour tenter d'influencer les élections au Japon afin de favoriser le Parti libéral-démocrate (PLD) contre les partis de gauche tels que les socialistes et les communistes[17], bien que cela n'ait pas été révélé avant le milieu des années 1990.

Népotisme

La vie politique japonaise est en grande partie dominée par des dynasties, les fils de politiciens leur succédant dans le fief électoral familial[18].

Le phénomène est particulièrement marqué dans le cas du Parti libéral démocrate (PLD) mais se retrouve aussi, à un degré moindre, au Parti démocrate (PDJ). La moitié des députés du PLD pour la mandature 2005-2009 appartiennent à des dynasties politiques, tout comme cinq des six premiers ministres qui se sont succédé depuis 1996[18].

Avec l'argent, le "capital d'influence" – le statut social– sont des éléments clés pour faire carrière en politique. La plupart des premiers ministres japonais présentaient des liens avec l'aristocratie[18].

Notes et références

  1. Le Japon abaisse l'âge du droit de vote à 18 ans, AFP sur L'Obs, le 17 juin 2015
  2. (ja) Ligue Libérale
  3. (ja) Parti Japonais des Travailleurs
  4. (ja) Nationaliste du Japon
  5. (ja) Parti pour une Nouvelle Société
  6. (ja) Parti pour une Économie Mondiale
  7. (ja) Parti pour la Paix
  8. (ja) Parti Féministe
  9. (ja) Parti pour les Sports et la Paix
  10. (ja) Parti pour le Progrès Public
  11. (ja) Parti du Renouveau
  12. (ja) Club Dainīn
  13. (en) HISTORY OF JAPAN, historyworld.net
  14. (en) Biographical Notes - Sebastian Vizcaino, inn-california.com
  15. Des "manœuvres" chinoises inquiètent le Japon, Le Figaro, le 28 novembre 2015
  16. « Kôtoku Shûsui (1871-1911) : Un communiste libertaire au Japon »,
  17. (en) Tim Weiner, « C.I.A. Spent Millions to Support Japanese Right in 50's and 60's », The New York Times, (lire en ligne, consulté le ).
  18. « Au Japon, la politique est une affaire de famille », Le Monde.fr, (lire en ligne)

Voir aussi

Bibliographie

  • Eric Seizelet, Monarchie et démocratie dans le Japon d'après-guerre, Maisonneneuve Larose,
  • Eric Seizelet et Régine Serra, Le pacifisme à l'épreuve : Le Japon et son armée, Les Belles Lettres,
  • Michael Lucken, Emmanuel Lozerand, Anne Bayard-Sakai, Le Japon après la guerre, Picquier,
  • Eric Seizelet, Les Petits fils du soleil : la jeunesse japonaise et le patriotisme, Publications orientalistes de France,
  • Thierry Guthmann, Shintô et politique dans le japon contemporain, L’Harmattan,
  • Thierry Guthmann, Précis de politique japonaise, L'Harmattan, 2011.

Articles connexes

Et également :

Liens externes

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