Josep Rull

Josep Rull i Andreu, né le à Terrassa en Catalogne (Espagne), est un homme politique espagnol.

Josep Rull

Josep Rull, en 2016.
Fonctions
Conseiller au territoire et à la durabilité de la Généralité de Catalogne

(1 an, 9 mois et 14 jours)
Président Carles Puigdemont
Gouvernement Puigdemont
Prédécesseur Santi Vila
Successeur Damià Calvet
Troisième secrétaire du Parlement de Catalogne
Législature IXe et Xe
Groupe politique CiU
Prédécesseur Jordi Miralles (ca)
Successeur Joan Josep Nuet (ca)
Député au Parlement de Catalogne
pour la circonscription de Barcelone
Élection 19 novembre 1995
17 octobre 1999
16 novembre 2003
1er novembre 2006
28 novembre 2010
25 novembre 2012
27 septembre 2015
Législature Ve, VIe, VIIe, VIIIe, IXe, Xe et XIe
Groupe politique CiU (1997-2015)
Junts pel Sí (2016)
Président du groupe de CiU au conseil municipal de Terrassa
Élection 2003, 2007, 2011
Groupe politique CiU
Secrétaire général de la Joventut Nacionalista de Catalunya
Élection 1994, 1996
Prédécesseur Carles Campuzano
Successeur Jordi Xuclà
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Terrassa (Catalogne, Espagne)
Nationalité espagnole
Profession Avocat

Militant de la Joventut Nacionalista de Catalunya (JNC), dont il est le secrétaire général de 1994 à 1998, il adhère à Convergence démocratique de Catalogne (CDC) en 1989. Il est le candidat de Convergence et Union (CiU) à la mairie de Terrassa à trois reprises, et chef de l'opposition municipale entre 2003 et 2014. Député au Parlement de Catalogne à partir de 1997, il accède à la notoriété dans les années 2000 depuis les bancs de l'opposition parlementaire. Lorsque Convergència revient au pouvoir, il devient troisième secrétaire du Parlement de 2010 à 2015. Il occupe des fonctions dirigeantes au sein du parti, dont il est secrétaire à l'organisation en 2012, secrétaire général par intérim en 2013, puis coordinateur général de 2014 à 2016. Depuis 2016, il est conseiller au territoire et à la durabilité dans le gouvernement de Carles Puigdemont.

Biographie

Formation et carrière professionnelle

Josep Rull i Andreu est né le à Terrassa, dans le Vallès Occidental, en Catalogne. Il poursuit des études de droit à l'université autonome de Barcelone (UAB). Il est avocat de profession, membre de l'Il·lustre Col·legi d'Advocats de Terrassa[1].

Il travaille comme collaborateur des services juridiques de l'Associació Catalana de Municipis (ca) de 1993 à 1995, puis comme responsable des relations institutionnelles de la Junta de Residus (ca) de la Généralité de Catalogne de 1995 à 1997[1].

Jeunesse militante

Josep Rull s'engage très jeune en politique. Il adhère à la Joventut Nacionalista de Catalunya (JNC), l'organisation de jeunesse de Convergence démocratique de Catalogne (CDC), en 1986, à l'âge de dix-sept ans, et à CDC en 1989[1]. Il est un indépendantiste convaincu à une époque où cette idée est très minoritaire[2].

En , la JNC décide de quitter la Federació Nacional d'Estudiants de Catalunya (ca) (FNEC) pour créer son propre syndicat étudiant, nommé Estudiants Nacionalistes (EN). Josep Rull, alors étudiant en droit, fait partie de ses membres fondateurs, et il est élu coordinateur général lors du premier congrès de la nouvelle organisation en [3]. EN s'implante rapidement dans toutes les universités catalanes, mais connaît un succès limité et disparaît quelques années plus tard[4].

Il est membre du comité exécutif national de la JNC pendant plusieurs années : responsable de la politique d'enseignement de 1989 à 1992, puis responsable de la politique municipale et de la coordination d'Estudiants Nacionalistes de 1992 à 1994. A partir de 1991, il est également responsable de l'action externe de la JNC[5]. Au VIIIe congrès de la JNC à la Platja d'Aro de , Josep Rull est élu secrétaire général avec 95 % des voix. Il succède à Carles Campuzano, qui devient président de l'organisation. La nouvelle équipe, réunie sous le slogan « Generation Llibertat », souhaite ouvrir le débat sur l'indépendance de la Catalogne au sein de Convergència[6]. Au IXe congrès de la JNC à Sabadell, en , Josep Rull est réélu secrétaire général avec 96,3 % des voix. La fonction de président est supprimée, ce qui donne plus d'autonomie au secrétaire général, et deux postes de secrétaires généraux adjoints sont créés. La JNC poursuit l'objectif d'atteindre la libération nationale de la Catalogne par un accès progressif à la souveraineté, mais renonce à l'idée de débattre de l'indépendance au congrès de Convergència[7]. Il quitte ses fonctions après le Xe congrès de la JNC à Vila-seca en . Jordi Xuclà i Costa lui succède[8].

Jeune député de la majorité

Aux élections au Parlement de Catalogne de 1995, Josep Rull est candidat de Convergence et Union (CiU) dans la circonscription de Barcelone. Il occupe le 38e rang de la liste, où il représente la JNC. CiU remporte les élections mais perd 10 députés, et Josep Rull n'est pas élu. Deux ans plus tard, Macià Alavedra (ca) démissionne, ce qui permet à Josep Rull de devenir député[9]. Au Parlement, il est membre de la commission de la justice, de la commission de la politique territoriale et de la commission de la politique culturelle[10].

Réélu aux élections législatives de 1999, il siège à nouveau au Parlement pendant la VIe législature. Il est membre de la commission de la justice, de la commission de la politique territoriale, de la commission de la politique culturelle, de la commission du règlement, de la commission du Síndic de Greuges, de la commission d'étude sur la situation de la jeunesse en Catalogne, de la commission d'étude sur la politique de l'immigration en Catalogne et de la commission d'étude sur la mondialisation[11].

Au cours de ses deux mandats dans la majorité parlementaire, il se distingue comme l'un des députés les plus prometteurs de la nouvelle génération de Convergència. En , un article resté célèbre du journal La Vanguardia le cite parmi les « talibans », un surnom donné à des jeunes cadres de Convergència, plus radicaux que leurs prédécesseurs, qui pourraient favoriser la candidature d'Artur Mas comme successeur au président Jordi Pujol. La prédiction s'avère correcte pour la plupart d'entre eux, dont Josep Rull, qui ont par la suite appartenu à l'entourage immédiat du président Artur Mas[12],[13]. En , Josep Rull fait partie des soutiens à Artur Mas pour succéder à Jordi Pujol[14]. En , lors du congrès extraordinaire de Convergència qui décide de poursuivre la fédération Convergence et Union (CiU), il est signataire d'un manifeste dans le journal Avui qui réclame une alliance entre CiU et Gauche républicaine de Catalogne (ERC)[3].

Candidat à la mairie de Terrassa

Aux élections municipales de 2003, Josep Rull est tête de liste pour Convergence et Union (CiU) dans sa ville natale de Terrassa. Le maire sortant, Pere Navarro (PSC), est réélu avec 13 conseillers. Convergence et Union (CiU) obtient 5 sièges au conseil municipal[15].

Josep Rull est à nouveau candidat aux élections municipales de 2007 avec une liste presque identique à celle de 2003[16]. Il obtient 6 conseillers, tandis que le PSC de Pere Navarro remporte à nouveau les élections[17].

Il présente une troisième candidature aux élections municipales de 2011. CiU améliore son score avec 24,4 % des voix et 9 sièges, mais reste devancée par le PSC qui obtient 32,3 % des voix et 11 sièges[18].

Ascension politique dans l'opposition

Lors des élections au Parlement de Catalogne de 2003, Josep Rull est candidat pour la troisième fois sur la liste de Convergence et Union (CiU) dans la circonscription de Barcelone. La candidature de CiU, profondément renouvelée par son nouveau leader Artur Mas, établit un équilibre entre différentes courants internes de Convergència : Josep Rull, de tendance souverainiste, est placé au 17e rang, aux côtés de candidats modérés et de partisans de Miquel Roca[19]. Au Parlement, il est membre de la commission de la politique territoriale, de la commission de contrôle de la CCMA jusqu'en , de la commission sur l'immigration à partir de , et de la commission d'enquête sur la ligne 5 du métro[20].

Aux élections au Parlement de Catalogne de 2006, il occupe la 16e position de la liste de CiU[21]. Au Parlement, il devient porte parole de CiU à la commission de la politique territoriale, et il est membre de la commission de la coopération et de la solidarité, et, jusqu'en , de la commission de la protection sociale et de l'immigration[22].

Ses deux mandats dans l'opposition sont une période d'ascension politique. Brillant orateur, il acquiert une certaine notoriété grâce à ses interventions véhémentes au Parlement. Spécialiste de la politique territoriale et des infrastructures, il est le principal opposant au conseiller à la politique territoriale et aux travaux publics, Joaquim Nadal (PSC)[23].

Au sein de Convergència, il fait partie de l'aile rénovatrice, dirigée par Lluís Recoder (ca), qui est critique envers la direction du parti et défend la priorité du discours programmatique sur le discours identitaire[24]. En , Artur Mas le nomme porte-parole adjoint de CiU, en même temps qu'Oriol Pujol devient porte-parole. Cette décision est symboliquement importante, car le secteur rénovateur du parti soutenait la nomination de Josep Rull comme porte-parole, alors qu'Oriol Pujol était proposé par la direction. Josep Rull lui-même ne s'était pas porté candidat, et est resté en retrait du conflit entre les deux courants[25]. En , il est inclus sur la liste de CiU pour les élections générales espagnoles au huitième rang, juste après les candidats éligibles, dans l'espoir que sa candidature permette d'augmenter le score de la fédération nationaliste[26]. Lors du congrès de Convergència de , il entre au comité exécutif avec plusieurs autres membres du secteur des rénovateurs, qui se voient confier des fonctions mineures dans l'équipe dirigeante du parti[27]. Il obtient le troisième meilleur score, après le président Artur Mas et l'ancien président Jordi Pujol[24].

Troisième secrétaire du Parlement

Josep Rull au Parlement de Catalogne, en décembre 2011.

Aux élections au Parlement de Catalogne de 2010, Josep Rull est à nouveau candidat en 16e position sur la liste de CiU dans la circonscription de Barcelone[28]. CiU remporte les élections et Artur Mas devient président de la Généralité. Josep Rull est nommé troisième secrétaire du Parlement[23]. Pendant la IXe législature, il est également deuxième secrétaire de la députation permanente, troisième secrétaire de la commission du règlement, membre de la commission du territoire et du développement durable, de la commission de contrôle de la CCMA et, jusqu'en , de la commission de la justice. D'octobre à , il est rapporteur du projet de loi sur l'agilité et la restructuration administrative[29].

Aux élections au Parlement de Catalogne de 2012, il occupe le 15e rang de la liste de CiU à Barcelone[30]. Pendant la Xe législature, il est à nouveau troisième secrétaire du Parlement, et membre des mêmes commissions parlementaires. De février à , il participe à la commission conjointe qui rédige la proposition de loi sur les consultations populaires non référendaires[31].

Numéro 2 de Convergència

Josep Rull lors du congrès de Reus de Convergència, en mars 2012.

À partir de 2012, Josep Rull se voit confier des responsabilités déterminantes au sein de Convergència, au moment où le parti évolue d'un nationalisme modéré vers l'indépendantisme. Au congrès de Reus de , il est nommé secrétaire à l'organisation, une fonction nouvellement créée dans l'équipe de direction conduite par le secrétaire général Oriol Pujol pour assurer le bon fonctionnement interne du parti[32]. En tant qu'indépendantiste de longue date, il incarne la prise de pouvoir au sein du parti par une nouvelle génération acquise aux thèses souverainistes[33]. Sa mésentente profonde avec le président d'Unió, Josep Antoni Duran i Lleida, est la raison pour laquelle il n'a pas été nommé pas porte-parole du groupe parlementaire de CiU[2]. À partir de 2013, il est la figure visible des désaccords croissants qui divisent CiU, entre Convergència devenue indépendantiste et Unió qui défend des positions modérées. Il est fréquemment réprouvé par Unió en raison de ses critiques publiques envers Josep Antoni Duran i Lleida[34],[35].

En , le secrétaire général de Convergència, Oriol Pujol, abandonne ses fonctions après avoir été mis en cause dans le cadre de l'affaire ITV. Son poste est provisoirement assumé par Josep Rull conjointement avec Lluís Corominas, tandis que le porte-parole parlementaire Jordi Turull assure la présidence du groupe parlementaire de CiU[36]. En , Oriol Pujol renonce à tous ses mandats. Le président Artur Mas souhaite réorganiser rapidement l'équipe dirigeante du parti pour le préparer à la campagne pour la consultation sur l'indépendance du 9 novembre. Deux options sont envisagées : Josep Rull, qui incarne le mieux le virage indépendantiste, et le président du groupe parlementaire de CiU, Jordi Turull, qui bénéficie de nombreux soutiens[37]. Artur Mas choisit de conserver ce dernier comme leader parlementaire, et nomme Josep Rull comme numéro 2 de Convergència au poste de coordinateur général. Celui-ci se voit déléguer des responsabilités très larges au sein du parti : fonctions exécutives, représentation politique et légale, présidence du comité exécutif national et du secrétariat permanent[38]. Sa nomination est ratifiée par le conseil national élargi de Convergència en , avec 92 % des voix[39]. Dans les semaines qui suivent, il annonce qu'il renonce à être candidat à la mairie de Terrassa aux élections municipales de 2015, pour pouvoir se consacrer à la direction de Convergència et à la défense du processus souverainiste[40]. Il démissionne du conseil municipal en [41].

Aux élections au Parlement de Catalogne de 2015, Josep Rull est le quatrième candidat de Convergència après Artur Mas, Neus Munté et Jordi Turull[42]. Il est placé en numéro 12 sur la liste indépendantiste unitaire de Junts pel Sí (JxSí), où Convergència se présente en coalition électorale avec Esquerra Republicana (ERC) et des candidats indépendants[43]. Il s'agit de sa sixième législature au Parlement, ce qui fait de lui l'un des plus anciens députés en activité[44]. Junts pel Sí remporte les élections et obtient 62 députés, mais dispose seulement d'une majorité relative. Pour former un gouvernement, elle a besoin du soutien de la Candidature d'unité populaire (CUP), un parti de gauche radicale indépendantiste qui dispose de 10 députés. Josep Rull fait partie de l'équipe de négociation de Junts pel Sí où il représente Convergència, avec Marta Rovira (ERC) et Raül Romeva (indépendant)[45]. Les discussions se poursuivent pendant plusieurs mois sans aboutir, car la CUP refuse de voter l'investiture du président sortant et candidat de Junts pel Sí, Artur Mas. Au début de , Josep Rull joue un rôle essentiel dans les derniers jours de négociation, au moment où les discussions sont rétablies en secret alors que le délai pour former un gouvernement est sur le point d'expirer et qu'un accord semble impossible. Junts pel Sí et la CUP concluent un pacte qui prévoit le retrait d'Artur Mas et l'investiture de Carles Puigdemont comme président de la Généralité[46],[47].

En , après la formation du gouvernement, Artur Mas se consacre à la refondation de Convergència dont il reprend la direction effective. Josep Rull, qui avait été imaginé comme possible successeur, est écarté de la direction du parti par son poste au gouvernement. Il renonce à ses fonctions de secrétaire général[48]. Il est néanmoins l'un des protagonistes de la création du nouveau Parti démocrate européen catalan (PDECAT), qui voit s'affronter les différents courants internes du parti pour en prendre la direction. Josep Rull est à la tête du secteur le plus rénovateur et le plus proche de la social-démocratie. Ses idées ont gagné un poids croissant dans les dernières années, ce qui s'est traduit par une évolution vers une politique plus sociale du gouvernement à la fin du deuxième mandat d'Artur Mas. Deux autres candidats sont en lice pour les primaires du PDECAT : le président du groupe parlementaire, Jordi Turull, qui est reconnu pour sa direction efficace et qui bénéficie de la confiance de l'entourage d'Artur Mas, et l'ancien conseiller à la justice Germà Gordó qui incarne l'arrière-garde du parti et son secteur modéré[49].

Josep Rull est écarté des primaires en raison de ses fonctions ministérielles. Ses partisans sociaux-démocrates et sociaux-libéraux, emmenés par Carles Campuzano, publient un manifeste politique intitulé 15 idées pour un Manifeste lors du congrès fondateur du nouveau parti[50]. Initialement favori, Jordi Turull, jugé trop proche de l'ancien parti, renonce finalement à briguer la fonction de secrétaire général. Peu avant le vote, Marta Pascal et David Bonvehí présentent une candidature qui prétend incarner la relève générationnelle, à la tête d'une équipe issue de plusieurs secteurs de Convergència[51]. Ils sont soutenus par Josep Rull, et remportent les primaires avec 87 % des voix en [52],[53].

Conseiller au territoire et à la durabilité

Josep Rull prenant ses fonctions de conseiller au territoire et à la durabilité, avec son prédécesseur Santi Vila, le 14 janvier 2016.

Le , Josep Rull est nommé conseiller au territoire et à la durabilité dans le gouvernement de Carles Puigdemont. Il succède à Santi Vila, qui avait poursuivi une politique de maintien de l'investissement public et le dialogue avec l'État espagnol. Outre la poursuite des projets d'infrastructures, le principal défi posé au nouveau conseiller est la défaillance du transport ferroviaire exploité par la Renfe et Adif. Celui-ci entend également employer les 18 mois de son mandat à contribuer au processus indépendantiste catalan, en préparant les structures d'État qui permettront, au lendemain de l'indépendance, que « ce pays fonctionne bien, et mieux »[54].

Au gouvernement, il fait de la mauvaise qualité du transport ferroviaire géré par l'État espagnol en Catalogne une priorité politique. Dès sa première réunion avec la ministre espagnole de l'équipement, Ana Pastor, en , il réclame le transfert de la responsabilité des trains de banlieue, Rodalies de Catalunya, et des trains régionaux, Media Distancia Renfe, à la Généralité[55]. Il se montre très critique envers l'exploitant du service, la Renfe, et le gestionnaire du réseau, Adif, qu'il accuse de ne pas respecter leurs engagements de service. Il dénonce également le manque d'investissement, qui est la cause de la forte dégradation des infrastructures. Josep Rull affirme que seulement 2 % des investissements promis par le gouvernement espagnol ont été réalisés au cours des dernières années. Ces accusations sont repoussées par celui-ci : selon la ministre Ana Pastor, sur les 306 millions d'euros d'investissement prévus, 247 millions ont été exécutés. Dans un contexte de conflit entre le gouvernement catalan et le gouvernement espagnol sur la question de l'indépendance, la mauvaise qualité du service ferroviaire est une source récurrente de plainte des autorités catalanes envers l'État espagnol, qui est accusé de freiner volontairement les investissements[56].

Le , Josep Rull présente son programme politique au Parlement de Catalogne. Les transports ferroviaires y occupent une place importante, avec un plan en trois phases pour que la Généralité assume la gestion de tous les transports ferroviaires de Catalogne : le transfert complet de Rodalies de Catalunya, les trains régionaux trains régionaux, et les lignes à grande vitesse AVE. Le conseiller prévoit également la rationalisation des investissements dans les autoroutes, et la modernisation du système de billettique des transports publics. En matière environnementale, il annonce diverses mesures pour augmenter les dotations des parcs naturels, créer des zones de protection de l'air, adopter une loi de lutte contre le changement climatique, dépolluer les aquifères ou encore développer le recyclage[57].

Les relations de la Généralité avec Adif et la Renfe sont conflictuelles. En , Josep Rull annonce que le gouvernement catalan va engager des procédures de sanction contre les deux entités, pour leur « gestion inadéquate » du réseau ferroviaire. Elles sont accusées de « négligence » à la suite de divers incidents attribués au manque d'entretien des infrastructures[58]. En octobre, il préside un acte unitaire pour réclamer le transfert de Rodalies, auquel participent des représentants des partis politiques, des maires, des syndicats, des chambres de commerce et des associations d'usagers des transports. Dans les jours qui suivent, le gouvernement catalan intente un recours contentieux contre Adif, en raison de l'inexécution des engagements pris par le gouvernement espagnol d'investir 306 millions d'euros pour les Rodalies[59]. En novembre, le secrétaire d'État espagnol aux infrastructures refuse d'envisager le transfert des Rodalies, au motif que sa gestion serait moins efficace si elle était assurée par la Généralité[60].

Josep Rull lors de l'inauguration de la partie sud de la ligne 9 du métro de Barcelone, avec le secrétaire aux infrastructures Ricard Font (ca), en janvier 2016.

En parallèle, le gouvernement catalan poursuit le développement du réseau ferroviaire géré par la Généralité à travers l'entreprise publique Chemins de fer de la Généralité de Catalogne (FGC). En , le conseiller Josep Rull annonce l'achat de quinze nouveaux trains pour augmenter la fréquence de passage sur les lignes de FGC, ce qui représente un investissement de 130 millions d'euros[61]. Il inaugure également deux nouvelles gares souterraines qui améliorent la desserte de la région du Vallès[62]. Par ailleurs, il annonce la reprise des travaux de la ligne 10 du métro de Barcelone pour relier les quartiers de la Marina (ca) et de la zone franche en , juste après l'inauguration de la partie sud de la ligne 9 jusqu'à l'aéroport d'El Prat. Le développement de son réseau de transport public permet aussi au gouvernement catalan de critiquer, par comparaison, l'absence d'investissement de l'État espagnol pour le réseau qu'il gère encore en Catalogne[63].

Josep Rull présente deux projets de loi au Parlement en 2016. Le projet de loi sur le changement climatique, préparé par le gouvernement précédent et adopté par le conseil des ministres en , organise la transition vers une économie moins génératrice d'émissions de gaz à effet de serre[64]. Le projet de nouvelle loi sur les ports, adopté en , vise à moderniser le cadre législatif des activités portuaires qui datait de 1998[65]. Son action au gouvernement est également marquée par la décision du Tribunal constitutionnel de , qui annule la loi interdisant la corrida en Catalogne depuis 2010. Cette décision est fortement critiquée en Catalogne, et Josep Rull annonce que le gouvernement prendra des mesures pour empêcher le retour de la corrida[66].

Emprisonnement

Il entre en prison le après avoir déclaré devant l'Audience nationale le matin, accusé des délits de rébellion, sédition et malversation de fonds publics[67].

Le , Joaquim Forn, Josep Rull et Jordi Turull sont transférés au centre pénitentiaire Lledoners situé dans la commune de Sant Joan de Vilatorrada à km de Manresa[68].

Le , le Parquet fait savoir qu'il requerra seize ans d'emprisonnement pour délit de rébellion tandis que le Bureau de l'Avocat général de l'État annonce qu'il requerra onze ans de réclusion pour délit de sédition[69].

Le , il est condamné par le Tribunal suprême à 10 ans et 6 mois de prison pour sédition, assortis de 10 ans et 6 mois d'inéligibilité[70].

Notes et références

  1. (ca) « Josep Rull, del planter de la JNC al govern de Carles Puigdemont », Nació Digital, 11 janvier 2016.
  2. (ca) « Josep Rull, en Tintín es torna indepe », Nació Digital, 19 juillet 2013.
  3. (ca) Josep Lluís Martín i Berbois, Història de la Joventut Nacionalista de Catalunya (1980-2003), Universitat Autònoma de Barcelona, 2010, pp. 136-137.
  4. Ibid., pp. 220-223.
  5. Ibid., pp. 266-270.
  6. Ibid., pp. 165-167.
  7. Ibid., pp. 168-170.
  8. Ibid., pp. 170-174.
  9. Ibid., p. 202.
  10. (ca) H. Sr. Josep Rull i Andreu, Ve législature, Parlement de Catalogne.
  11. (ca) H. Sr. Josep Rull i Andreu, VIe législature, Parlement de Catalogne.
  12. (ca) Josep Lluís Martín i Berbois, Història de la Joventut Nacionalista de Catalunya (1980-2003), Universitat Autònoma de Barcelona, 2010, p. 174.
  13. (es) « Los “talibanes” de Convergència que ahora han llegado al poder », El Confidencial Autonómico, 29 juillet 2014.
  14. (es) « Los hijos de Pujol organizan un acto de promoción de Artur Mas », El País, 29 juin 2000.
  15. (ca) « Pere Navarro és reelegit alcalde de Terrassa », La Xarxa, 16 juin 2003.
  16. (ca) « CiU de Terrassa presenta una llista gairebé «mimètica» a la del 2003 », VilaWeb, 29 mars 2007.
  17. (es) « Terrassa elige a Pere Navarro (PSC) con el pacto del tripartito », El Periódico 16 juin 2007.
  18. (ca) « El PSC guanya les eleccions municipals tot i perdre dos regidors », Terrassa Digital, 22 mai 2011.
  19. (es) « Mas renueva la mitad de las listas de CiU al Parlament y triplica el número de mujeres », El País, 28 juillet 2013.
  20. (ca) H. Sr. Josep Rull i Andreu, VIIe législature, Parlement de Catalogne.
  21. (ca) « La llista barcelonina de CiU per les eleccions al Parlament inclou nou vallesans però cap sabadellenc », Radio Sabadell, 22 septembre 2006.
  22. (ca) H. Sr. Josep Rull i Andreu, VIIIe législature, Parlement de Catalogne.
  23. (ca) « Josep Rull, el número 2 de CDC que torna a les infraestructures », La Vanguardia, 14 janvier 2016.
  24. (es) « "Me falta mala leche" », El País, 10 mai 2009.
  25. (ca) « Mas nomena portaveu Oriol Pujol i ascendeix Josep Rull », El Periódico, 26 octobre 2007.
  26. (ca) « Mas inclou Josep Rull a la llista per Barcelona com a número vuit amb l'objectiu de créixer a la circumscripció », El Punt Avui, 14 janvier 2008.
  27. (es) « Mas diluye el peso de los renovadores en la ejecutiva de CDC », El País, 10 juillet 2008.
  28. (ca) « Josep Rull continuarà com a diputat de CiU al Parlament de Catalunya », Terrassa Digital, 6 août 2010.
  29. (ca) H. Sr. Josep Rull i Andreu, IXe législature, Parlement de Catalogne.
  30. (ca) « Montse Playà, Pere Torres i Josep Rull, candidats locals de CiU al Parlament », Terrassa Digital, 19 octobre 2012.
  31. (ca) H. Sr. Josep Rull i Andreu, Xe législature, Parlement de Catalogne.
  32. (ca) « Rull, enginyer en cap de la Convergència sobiranista », Nació Digital, 24 mars 2012.
  33. (es) « Josep Rull, un independentista precoz de CDC para Territorio y Sostenibilidad », La Vanguardia, 13 janvier 2016.
  34. (ca) « Pelegrí acusa Rull de "sortir a mossegar" cada vegada que parla Duran », El Periódico, 26 mars 2013.
  35. (es) « UDC pone cara al culpable de la crisis con CDC: Josep Rull, segundo de Artur Mas », El Confidencial, 14 mars 2015.
  36. (ca) « El comitè executiu de CDC ratifica la decisió d'Oriol Pujol de delegar les seves funcions », El Periódico, 19 mars 2013.
  37. (es) « Mas refuerza la dirección de CDC con vistas al 9-N y tras la marcha de Pujol », El País, 25 juillet 2014.
  38. (ca) « Josep Rull, el nou «home fort» de CDC en substitució d'Oriol Pujol », Nació Digital, 25 juillet 2014.
  39. (ca) « CDC ratifica Rull com a 'número dos' després de la marxa d'Oriol Pujol amb el 92% de vots », El Periódico, 6 septembre 2014.
  40. (ca) « Josep Rull no repetirà com a alcaldable de CiU a Terrassa », El Periódico, 9 septembre 2014.
  41. (ca) « Josep Rull, coordinador general CDC, s'acomiada de l'Ajuntament de Terrassa », La Vanguardia, 26 septembre 2014.
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  43. (ca) « Dos egarencs, Josep Rull i Sonia Sierra, diputats al nou Parlament », El Periódico, 29 septembre 2015.
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