Hervé Hasquin

Hervé Hasquin, né le à Charleroi, est un universitaire, historien et homme politique belge membre du Mouvement réformateur (MR).

Hervé Hasquin
Fonctions
Ministre-président de la Communauté française de Belgique

(5 ans et 4 jours)
Gouvernement Hasquin
Législature 2e
Coalition PRL-PS-Ecolo
Prédécesseur Laurette Onkelinx
Successeur Marie Arena
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Charleroi (Belgique)
Nationalité Belge
Parti politique MR
Père René-Pierre Hasquin
Conjoint Michèle Hasquin-Nahum
Profession Universitaire
Résidence Graty, Silly

Ministres-présidents de la Communauté française de Belgique

Fils du journaliste René-Pierre Hasquin, il est docteur en lettres et en philosophie diplômé de l'université libre de Bruxelles (ULB). Entre et , il est l'un des principaux responsables de l'ULB. Ce franc-maçon spécialiste du XVIIIe siècle et de l'histoire des religions crée en la chaire Théodore Verhaegen, première chaire universitaire dédiée à la maçonnologie.

Il participe en à la fondation du Parti réformateur libéral (PRL), dont il sera notamment vice-président et secrétaire général. Il est élu sénateur en , puis député régional bruxellois deux ans plus tard. Après les élections régionales de , il devient ministre-président de la Communauté française de Belgique à la tête d'une « coalition arc-en-ciel ».

Ayant cédé le pouvoir à la socialiste Marie Arena en , il siège comme député fédéral jusqu'en et met un terme à sa carrière politique. Il sera ensuite secrétaire perpétuel de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique entre et , et président du Centre pour l'égalité des chances de à .

Origines et jeunesse

Né le à Charleroi, il est le fils du journaliste et écrivain René-Pierre Hasquin, qui sera notamment directeur commercial du Journal-l'Indépendance, propriété de la Fédération générale du travail de Belgique (FGTB) et fondateur du magazine carolorégien Le Métropolitain[1].

Il s'inscrit à l'université libre de Bruxelles (ULB), où il étudie les lettres et la philosophie. Il obtient sa licence en . Après avoir passé son agrégation de l'enseignement secondaire en , il accomplit entre et son service militaire obligatoire[2].

En , il réussit son doctorat en philosophie et lettres (histoire), devenant alors chargé de recherche au Fonds national de la recherche scientifique (FNRS)[2] et historien[3].

Carrière universitaire

A partir de cette même année, il enseigne à l'Université libre de Bruxelles (ULB)[4],[5].

Il est promu chercheur qualifié au FNRS en , devenant en parallèle vice-recteur délégué aux Affaires étudiantes de l'ULB, où il est professeur extraordinaire à temps partiel. Ayant dirigé entre et les tomes historiques de La Wallonie, le Pays et les Hommes, il obtient en un poste à titre définitif à l'ULB et quitte donc le FNRS. L'année le voit accéder au rang de professeur ordinaire et aux fonctions de président de la faculté de philosophie et lettres[1],[2].

Il est nommé en recteur de l'université libre de Bruxelles. Franc-maçon, il crée l'année suivante la chaire Théodore Verhaegen, nommée en référence au fondateur de l'ULB et première chaire universitaire dédiée à la maçonnologie, avec le soutien du Grand Orient de Belgique[6],[7]. Il est porté en à la présidence du conseil d'administration de l'université[2].

Parcours politique

Parlementaire

Il compte en parmi les fondateurs du Parti des réformes et de la liberté de Wallonie (PRLW), devenu trois ans plus tard le Parti réformateur libéral (PRL). Il en devient vice-président en [1].

À l'occasion des élections législatives anticipées du , il remporte à 44 ans son premier mandat électoral en tant que sénateur du Brabant[8]. Il est désigné dans le même temps président de l'Institut d'étude des religions et de la laïcité de l'université libre[2].

Il postule aux élections régionales du dans la région de Bruxelles-Capitale et remporte un siège de député au Conseil. Ayant confirmé sa présence au Sénat à l'occasion des élections législatives du , il est choisi par ses pairs bruxellois comme chef du groupe PRL au Conseil de Bruxelles-Capitale, qui siège dans l'opposition. Il quitte l'année suivante son poste de secrétaire général du PRL[2],[8].

Responsable exécutif

À la suite des élections régionales du , l'alliance PRL-Front démocratique des francophones (PRL-FDF) entre dans la majorité régionale avec les socialistes francophones, et les chrétiens-démocrates et les nationalistes flamands. Au sein du gouvernement de Charles Picqué, Hervé Hasquin occupe les fonctions de ministre de l'Aménagement du territoire, des Travaux publics et du Transport, et de président du collège de la Commission communautaire française (COCOF). Alors seul libéral détenteur d'un poste ministériel dans toute la Belgique, il siège également au Conseil de la Communauté française[8].

Les élections régionales du permettent au PRL-FDF de devancer d'un seul siège le Parti socialiste (PS) à l'assemblée de la Communauté française. Ayant établi au niveau communautaire une « coalition arc-en-ciel » identique à celle formée au niveau fédéral, Hervé Hasquin devient le ministre-président à l'âge de 57 ans. Il est élu conseiller communal de Silly, dans le Hainaut, à l'occasion des élections du , puis porté à la présidence du CPAS[2].

Il postule aux élections fédérales du en tête de liste du Mouvement réformateur (MR), qui a pris la suite de la coalition PRL-FDF, dans le Hainaut. Bien qu'il totalise 28 531 préférences[9], il ne siège pas à la Chambre des représentants, étant empêché du fait de ses responsabilités à la Communauté française.

Fin de vie politique

Il doit céder la présidence de la Communauté française à la socialiste Marie Arena après les élections régionales de , et prend en conséquence acte de son mandat de député fédéral[8]. Il est nommé en administrateur du Centre Jean Gol, centre d'études du Mouvement réformateur, puis réélu l'année suivante au conseil communal de Silly[2] : troisième de la « liste du bourgmestre PS-MR », il en réalise le cinquième score personnel avec 442 suffrages[10].

Lors de cette même année , il renonce à présider l'Institut des religions et de la laïcité de l'université libre de Bruxelles. Il ne se représente pas aux élections fédérales de . En , il abandonne la direction du Centre Jean Gol, devient secrétaire perpétuel de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique et président du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme[2].

Démissionnant de cette dernière responsabilité en , il renonce à un troisième mandat d'élu municipal à Silly l'année qui suit, puis à ses fonctions au sein de l'Académie royale en [2].

Distinctions

Scientifiques

Honorifiques

Publications

Auteur ou coauteur

  • Une mutation : le « Pays de Charleroi » aux XVIIe et XVIIIe siècles. Aux origines de la Révolution industrielle en Belgique, Bruxelles, Éditions l'Institut de sociologie, ULB, 1971 (publié avec le concours de la Fondation universitaire).
  • L'Intendance du Hainaut en 1697, Édition critique du Mémoire « pour l'instruction du duc de Bourgogne », Paris (Bibliothèque nationale), 1975 (Comité des travaux historiques et scientifiques).
  • Les "Réflexions sur l'état présent du commerce, fabriques et manufactures des Pays-Bas autrichiens" (1765) du négociant bruxellois Nicolas Bacon (1710-1779), Conseiller député aux affaires du Commerce, Bruxelles, Commission royale d'histoire, 1978.
  • Historiographie et politique. Essai sur l'histoire de Belgique et la Wallonie, Charleroi, 1981 (éd. Institut Jules Destrée); 2e éd. revue, 1982.
  • Historiographie et politique en Belgique, 3e éd. revue et augmentée, Bruxelles-Charleroi, 1996 (Éd. Univ. Bruxelles - Institut J. Destrée).
  • Églises et Sociétés d'aujourd'hui, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles (col. Laïcité, série Actualités no 4, 1986.
  • La Wallonie. Son histoire, Bruxelles, éd. Luc Pire, 1999.
  • Les Séparatistes wallons et le gouvernement de Vichy (1940-1943). Une histoire d’Omerta, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2004.
  • Louis XIV face à l'Europe du Nord, Bruxelles, Racine, 2005.
  • Joseph II, catholique anticlérical et réformateur impatient, Bruxelles, Racine, 2007.
  • Population, commerce et religion au siècle des Lumières, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles (Études sur le XVIIIe siècle, HS 12), 2008.
  • Les Catholiques belges et la franc-maçonnerie, Waterloo, Belgique, Avant-Propos, 2011.
  • Les pays d'Islam et la franc-maçonnerie, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2013.
  • Diplomate et espion autrichien dans la France de Marie-Antoinette, le comte de Mercy-Argenteau (1727-1794), Avant-propos, Waterloo, 2014
  • Déconstruire la Belgique ? Pour lui assurer un avenir ?, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2014

Directeur ou codirecteur

  • La Wallonie. Le Pays et les hommes. Histoire, économies, sociétés, Bruxelles, 1979-1980, 2 tomes.
  • Histoire de la laïcité, principalement en Belgique et en France, La Renaissance du Livre, Bruxelles, 1979; 2e éd. revue, Éditions de l'Université de Bruxelles, 1981.
  • Communes de Belgique. Dictionnaire d'Histoire et de géographie administrative, Crédit Communal de Belgique et Renaissance du Livre, Bruxelles, 1980-1982, 2 vol. (aussi en version néerlandaise)
  • Histoire et historiens depuis 1830 en Belgique, Revue de l'Université de Bruxelles, Bruxelles, 1981 (nos 1-2); 2e éd. revue, 1982.
  • Hommages à la Wallonie, Mélanges d'histoire, de littérature et de philologie wallonnes offerts à Maurice A. Arnould et Pierre Ruelle, Éditions de l'Université de Bruxelles, Bruxelles, 1981.
  • Visages de la franc-maçonnerie belge du XVIIIe au XXe siècle, Éditions de l'Université de Bruxelles, Bruxelles, 1983.
  • Magie, sorcellerie, parapsychologie, Éditions de l'Université de Bruxelles, Bruxelles, 1984.
  • La Belgique autrichienne, 1713-1794 : les Pays-Bas méridionaux sous les Habsbourg d’Autriche, Crédit communal, Bruxelles, 1987. (aussi en version néerlandaise)
  • Dictionnaire d'Histoire de Belgique : Vingt siècles d'institutions. Les hommes. Les faits, Didier Hatier, Bruxelles, 1988; 2e éd. revue et augmentée : Dictionnaire d'histoire de Belgique. Les hommes, les institutions, les faits, le Congo belge et le Ruanda-Urundi, Namur, 2000.
  • Le Libéralisme en Belgique. Deux cents ans d'histoire, Delta et Centre Paul Hymans, Bruxelles, 1989. (aussi en version néerlandaise)
  • La Belgique française 1792 - 1815, Crédit Communal, Bruxelles, 1993 (aussi en version néerlandaise).
  • Histoire de la laïcité en Belgique, Bruxelles, Espace de Libertés, coll. "Laïcité", 364 p., (ISBN 2-930001-14-3). (page consacrée au livre sur le site de l'éditeur)
  • L'Académie impériale et royale de Bruxelles. Ses académiciens et leurs réseaux intellectuels au XVIIIe siècle, Académie royale de Belgique, Bruxelles, 2009.
  • Aedes Academiarum. Les Académies et leur palais, Racine, Bruxelles, 2010.

Notes et références

  1. « Hervé Hasquin », sur connaitrelawallonie.wallonie.be (consulté le ).
  2. Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, « Hervé Hasquin Curriculum vitae », sur academieroyale.be (consulté le )
  3. Maxime Dumoulin, « L'ancien ministre MR Hervé Hasquin: "Le penseur le plus brillant du paysage politique actuel? Bart De Wever" », sur RTBF,
  4. « Hervé Hasquin - Biographie », sur Babelio (consulté le )
  5. « Hervé Hasquin », sur Persée,
  6. « Trois siècles de franc-maçonnerie... et après ? Hervé Hasquin. Entretiens avec Eddy Caeckelberghs », sur ulb.ac.be (consulté le ).
  7. « Hervé Hasquin:«On me traite encore de crapule de maçon!» », Nord Éclair, (lire en ligne, consulté le ).
  8. Sénat, « Hervé Hasquin », sur senaat.be (consulté le ).
  9. « Élections 2003 – Chambre », sur elections2003.belgium.be (consulté le ).
  10. « Élections 2006 – Communales », sur electionslocales.wallonie.be (consulté le ).
  11. Ambassade de France en Belgique, « L’ambassadeur décore Hervé Hasquin », sur be.ambafrance.org, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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